DE LA RÉUNION
C'est cette partie d'un' pansement qui a pour objet de maintenir les parties rapprochées. On l'emploie dans toutes les plaies simples, où, la maladie étant sans complication, la guérison doit être obtenue le plus tôt possible. Une perte de substance n'est pas une contre-indication pour rapprocher. On ne doit point réunir immédiatement les plaies fortement contuses ou dilacérées, lorsqu'il y a à extraire des corps étrangers qui ont échappé aux recherches, ou que la plaie donne issue à des matières ou des liquides qui s'amasseraient en foyer si l'on s'opposait à leur expulsion. La réunion s'obtient par la position , la compression, les bandelettes aggluti natives, les sutures et les bandages unissants. Nous avons vu d'une manière générale que la position consiste à mettre les parties dans l'état le plus complet de relâchement. On ne peut plus rien spécifier à cet égard qu'en traitant des plaies elles-mêmes en raison de leur siège. Nous avons déjà parlé des bandelettes agglutinatives, et de la manière de les employer, et nous renvoyons à d'autres articles pour ce qui a rapport aux sutures et aux bandages unissants. ïl ne nous reste donc à parler ici que de la compression et de ses effets. Nous allons en traiter un peu plus loin.
Pour que les lèvres d'une plaie demeurent écartées, il suffit, dans la plupart des cas, de ne point réunir-, mais souvent aussi l'on doit s'opposer aux efforts de la nature par l'interposition de corps étrangers. Les mèches, les bour-
donnets , sont les moyens d'écartement les plus employés. On les applique lorsqu'il y a des liquides à évacuer, soit du sang ou du pus, soit des liquides étrangers qui s'échappent par une ouverture fistuleuse qu'il convient d'entretenir jusqu'à ce que leur cours puisse se rétablir à travers leurs conduits naturels. On pose les plumasseaux à la surface même de plaies dont ils maintiennent la division, lorsque ces plaies offrent des eschares gangreneuses dont il faut attendre l'élimination. Le tampon, les boulettes, dans les cas d'hémorrhagie, s'opposent à la réunion en même temps qu'ils compriment. Enfin les bandages divisifs, par la position forcée que l'on imprime aux parties au moyen des bandes et des attelles, empêchent la rétraction qui, sans ces moyens, accompagne la cicatrisation des larges brûlures.