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CATAPLASMES ASTRINGENTS ET TONIQUES

Toutes les substances astringentes peuvent être mises en usage pour confectionner ces cataplasmes. Les plus usitées

sont le quinquina, l'écorce de chêne, celle de saule, la noix de gale, les racines de bistorte, de tormentille,les nèfles vertes^ la plupart des fruits sauvages, les feuilles de ronces, les pétales de roses de Provins. Toutes les écorces et racines doivent être séchées pour les pulvériser, ou, si elles sont fraîches, coupées en fragments et bouillies pour en permettre la réduction en pulpe par la trituration. Dans la plupart des cas, on se contente de saupoudrer un cataplasme émoi lient de poudres astringentes , ou de se servir pour véhicule d'une décoction de ces substances, assez concentrée pour déterminer une astriction suffisante. Si l'on veut produire un effet plus considérable, on se sert des poudres mêmes comme excipient , et on les arrose de liquides astringents tirés du règne végétal. Si l'on emploie les astringents minéraux, tels que les sulfates de zinc ou de fer, on doit être très réservé sur les doses, et, si les solutions sont très concentrées , se contenter d'en répandre seulement une faible quantité à la surface du cataplasme tout préparé. L'alun est plus commode, en ce que l'on n'a point à craindre d'accident de son emploi.

On fait usage des cataplasmes astringents pour obtenir un effet local ou général.

Comme effet local, ils conviennent pour les brûlures, dans les cas d'œdème, d'emphysème*, pour empêcher les progrès de certaines gangrènes, pour arrêter une h émorrhagie passive: on les a conseillés pour faciliter, parla rétraction des téguments, la rentrée d'une hernie récente, lorsque le taxis a échoué, et avant de se décider à l'opération. Mais cette dernière médication, qui déjà par elle-même peut augmenter l'irritation produite par la hernie, offre en outre le danger plus grave de perdre un temps précieux en tentatives au moins inutiles dans le plus grand nombre des cas.

Employés comme agent thérapeutique de l'économie, en général, on s'est quelquefois servi avec succès de cataplasmes saupoudrés de quinquina, dans les fièvres intermittent tes, chez des individus faibles, et lorsque l'irritabilité de l'estomac ne permettait pas l'administration de ce médicament à l'intérieur.

Exemple de cataplasmes astringents.

Mie depaiii.

Poudre de bistorte ou dé \ parties égales. tormentille.

Gros vin rouge q. s.

\ parties égî

On supprime le vin, et on le remplace par de l'eau avec quelques grains d'alun, quand on craint que l'alcool ne produise de l'irritation.

Ce cataplasme peut remplacer comme astringent celui que l'on fait avec le quinquina, mais il n'en a pas les propriétés fébrifuges. Si l'on se propose de faire face à cette dernière indication, on doit sur le cataplasme de mie de pain ou de graine de lin tout préparé étendre le quinquina en poudre en quantité suffisante pour que toute la surface soit recouverte. Si l'on veut produire un effet astringent très fort, on emploiera à froid, en poudre ou en pulpe, la bistorte ou la noix de galle pures, ou même le quinquina.

Les cas où les astringents ont les meilleurs effets sont les brûlures. Presque toutes les substances qui produisent l'as triction réussissent dans ces maladies-, mais l'épithème dont l'application convient le mieux est la pomme de terre crue et râpée. En raison de ses propriétés, elle est à la fois astringente, émolliente et narcotique, Répandue fraîche sur les brulu*

res , elle suspend promptement la douleur et les progrès de l'inflammation. Elle doit être renouvelée toutes les fois qu'elle se sèche, ce qui survient ass,ez promptement. Avec ces précautions, quand une brûlure n'est ni très profonde, ni très étendue, elle guérit promptement sans vésication produite. C'est ici le cas de parier d'une autre sorte d'épithènie, qui, en raison de restriction qu'il procure, est analogue par ses effets aux cataplasmes astringents, quoiqu'il en diffère beaucoup sous d'autres rapports: c'est l'application de la glace pllée.

Ce moyen s'emploie comme un puissant répercussif dans les cas les plus variés. Sur une brûlure plus ou moins éten-. due ou profonde, sur un phlegmon ou un érysipèle, pour empêcher le développement de l'inflammation; sur une hernie que l'on n'a pu réduire par le taxis , pour opérer sa rentrée par la rétraction du scrotum et du muscle crémaster ; sur la tête, pour y diminuer l'afflux du sang dans les inflammations cérébrales j depuis quelque temps même on commence à en faire usage avec succès pour prévenir le gonflement inflammatoire dans les fractures. Néanmoins on doit surveiller l'emploi de ce moyen énergique. S'il produit de très bons effets par l'action sédative du froid , il faut bien prendre garde aussi que son contact trop prolongé ne détermine la gangrène par congélation de quelques parlies très sensibles, comme par exemple le cordon des vaisseaux spermatiques, quand on l'applique pour les hernies.

Les appositions de glace se font avec une vessie que Ton remplit de ce corps concassé et pilé ou de neige*, le froid , par ce moyen, agit sans mouiller, et son action est bornée aux parties sur lesquelles elle doit être sentie,

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