‹ Traité de petite chirurgieChapitre 27 sur 96 · CATAPLASMES NARCOTIQUES · texte numérisé non relu

CATAPLASMES NARCOTIQUES

Le pavot, la morelle, la ciguë, la jusquiame, la bella-

MÉDICAMENTS TOPIQUES. g5

doue et les teintures, les électuaires, les cérats et les emplâtres qui contiennent les principes médicamenteux de ces plantes sont les parties actives dont on compose cette variété de cataplasmes, soit que l'on emploie ces plantes elles-mêmes ou que l'on se serve seulement de leur décoction.

Les effets des narcotiques sont d'engourdir et de rendre obtuse la sensibilité, de ralentir la circulation , en un mot de diminuer l'activité des fonctions organiques de la partie sur laquelle on les applique, ou de tout l'organisme, lorsqu'à lieu l'absorption de leurs principes médicamenteux. On voit déjà que l'on ne doit point mettre de trop grandes quantités de médicaments narcotiques dans les cataplasmes qui recouvriront de larges plaies, l'absorption y étant très active, lorsqu'elles ne sont pas trop enflammées. On en fait usage dans tous les cas où il s'agit de calmer une douleur vive ou de provoquer le sommeil, et par exemple sur le ventre, lorsqu'il y a des coliques nerveuses, sur les parties affectées de goutte ou de rhumatisme, sur le trajet des nerfs affectés de névralgie, sur les joues dans ces sortes de fluxions qui dépendent de la carie des dents, sur les ulcères cancéreux, à la surface de certaines dartres ou efflorescences accompagnées de douleurs ou d'un prurit souvent très incommode, etc., etc.

Malgré les bons effets que déterminent les narcotiques , et la sensation de calme qu'ils procurent après de vives douleurs, on doit éviter cependant d'en faire un usage trop fréquent ou immodéré. En effet, sous l'influence de ces médicaments, et par suite de l'état de langueur qu'ils impriment à l'ensemble des fonctions organiques, les parties long -temps soumises à leur action s'engorgent facilement par l'état de dilatation anévrysraatique de leurs ca-

pillaires.Get état se manifeste par une couleur violacée, la mollesse, la flaccidité et l'œdème. Une fois dans cet état, les solutions de continuité, s'il en existe, tendent à rester stationnâmes, et ne guérissent qu'en s'abstenant de nouvelles applications narcotiques.

Les cataplasmes émollients servent d'excipient aux médicaments narcotiques. Ces derniers sont mêlés aux fécules en pulpe ou en décoction; la durée de leur application est limitée par l'intervalle des pansements.

Exemples de cataplasmes narcotiques.

Têtes de pavot blanc coupées en menus morceaux % j. Feuilles de jusquiame noire fraîche § ij.

Faites bouillir dans deux livres d'eau que vous réduisez à une livre et demie ; passez et faites bouillir jusqu'à consistance convenable sur farine de graine de lin. 3 iv.

Dans les cas de névralgie sans plaies, et lorsque les douleurs sont très vives, on peut user du cataplasme suivant :

Faites bouillir dans deux livres d'eau :

Têtes de pavot N° iv.

Feuilles de ciguë. |

— de morelle. > 52 § j.

— de jusquiame. ) Passez et faites cuir jusqu'à consistance convenable avec farine de lin ou mie de pain § ij.

Dans les cas les plus ordinaires , où Ton n'a pas besoin de produire un effet narcotique aussi prononcé , l'on se contente d'arroser la surface d'un cataplasme émoliient avec quelques gouttes de laudanum, ou de faire bouillir la fa=

rine de graine de lin ou la mie de pain dans une décoction de têtes de pavot.

Page 1