DES FOMENTATIONS
Les fomentations sont des applications sèches ou humi-
des que l'on fait à la surface des parties pour les réchauffer, ou y entretenir la chaleur. Elles se distinguent des cataplasmes, en ce que ces derniers n'existent que sous la forme de pite ou de bouillie, et que l'on peut les poser froids, tandis que les fomentations, outre qu'elles sont nécessairement chaudes, ne consistent, lorsqu'on les applique humides, que dans une imbibition de tissus par des liquides.
Toutes les matières préalablement échauffées, les tissus de lin, de coton, de laine, les sachets de sable, de son, les briques ou les plaques de différents métaux entourées de linge, les bouteilles et boules d'étain remplies d'eau chaude, etc., sont employées comme fomentations sèches.
Les fomentations humides, et ce sont celles que l'on comprend le plus ordinairement sous cette dénomination, se font avec des morceaux de toute espèce d'étoffe, mais plutôt de linge, et surtout de flanelle, trempés dans des décoctions ou infusions jouissant des diverses propriétés émolliente, tonique, aromatique, narcotique, etc.
L'objet des fomentations sèches est seulement d'entretenir la chaleur. Elles servent surtout à l'état de sachet , pour entourer les membres après la ligature de leur artère principale. Ou les applique sur les pieds dans la période de frissons des fièvres intermittentes; souvent sur les parties affectées de rhumatisme, et en général, sur tous les lieux que l'on veut réchauffer, ou bien où l'on craint les effets d'un refroidissement. Lorsque l'on veut provoquer la transpiration cutanée, les corps échauffants devront être formés de matières absorbantes, telles que les étoffes, ou en être enveloppés.
Les fomentations humides ont des effets analogues à ceux des cataplasmes*, elles leur sont préférables, en raison de leur légèreté, lorsque les parties sur lesquelles on les ap-
plique sont à ia fois très douloureuses et d'une grande étendue, comme par exemple, sur le ventre dans la péritonite. On doit éviter de les placer très chaudes sur les parties dont la peau elle-même est enflammée. On aura soin de les renouveler assez souvent pour que le tissu qui reçoit les fomentations soit toujours humide; mais lorsqu'il existe quelque inflammation, soit rhumatismale, soit d'un organe contenu dans les cavités splanchniques. on prend les plus grandes précautions pour que, dans le changement, les surfaces ne soient pas frappées par le froid -, et pour cela, 011 retire les anciennes fomentations, et l'on replace les nouvelles sans découvrir le malade, et eu passant seulement les mains sous les couvertures.
Nous avons dit que les décoctions ou infusions des différentes substances qui servent à former les cataplasmes étaient employées en fomentations. Nous allons en donner quelques exemples.
Fomen ta tion êinoliien te.
Elle se compose d'une décoction de racine de guimauve, ou de graine de lin mêlée à une infusion de fleurs de sureau, et dans lesquelles on trempera une flanelle ou un linge que l'on appliquera sur les parties.
En général, les fomentations laissant entre elles et la surface qu'elles recouvrent une légère couche d'air qui se sature de la vapeur humide, il est bon que les liquides contiennent autant qu'on le peut un véhicule facile à se vaporiser, et qui puisse dissoudre les principes médicamenteux , ou quelque substance volatile dont les propriétés soient en rapport avec l'effet que l'on veut produire, comme est dans
ÎOO MÉDICAMENTS TOPIQUES,
l'exemple cité plus haut l'infusion de sureau. Ces émanations volatiles en suspension dans la couche d'air humide pénètrent mieux les pores de la peau que les principes fixes doués des mêmes propriétés,
Fomentation tonique et astringente , ou résolutive.
Vin rouge îfe j.
Racine de bistorte * % * •
Eau de grenade } aa ° l]-
Hydrochlorate d'ammoniaque § ij.
Fomentation irritante ou sinapisèe.
Eau chaude fè> j.
Farine de moutarde ? iv.
Fomentation narcotique ou calmante*
Feuilles de morelle
Têtes de pavot
N° ij.
Décoction émolliente
ftj.
Nous avons négligé de préciser les circonstances dans lesquelles ces diverses sortes de fomentations conviennent, les cas étant les mêmes que pour les cataplasmes qu'elles remplacent.