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MANIÈRE DE FAIRE LES FUMIGATIONS DÉSINFECTANTES

Fumigation guytonienne.

Premier procédé.

Sel marin (ou chlorure de soude) en poudre, 7 parties en poids.

Manganèse ou peroxyde de manganèse, 1 id.

Eau commune, 4 *&-.

Acide sulfurique à 66°, 4 zc^

( Codex. )

On mêle les trois premières substances dans un vase de verre ou de faïence vernissée, et on verse l'acide par dessus en remuant avec une baguette de verre ou de porcelaine 5 le chlore se dégage abondamment.

Ce procédé convient lorsque, l'air d'un appartement ou d'une salle étant très vicié, l'on veut obtenir en peu de temps une grande quantité de chlore. On ferme exactement toutes les portes et fenêtres qui pourraient donner issue au gaz , on fait le mélange , et l'on se retire. Une demi-heure ou une heure au plus suffisent pour purifier complètement l'air. En entrant dans la chambre, on doit retenir sa respiration pendant que l'on ouvre la première fenêtre, de peur quele chlore, qui doit se trouver en excès, ne soit inspiré , auquel cas il produirait une toux violente.

On referme ensuite la porte, et Ton attend pour occuper la chambre que les gaz étrangers à l'air atmosphérique soient dissipés.

Deuxième procédé.

Si Ton ne veut obtenir qu'un dégagement de chlore lent et peu abondant, au lieu de la formule précédente on emploiera de préférence.

Acide hydrochlorique concentré, 5 parties. Peroxyde de manganèse, 1 partie.

On mettra le manganèse dans un vase largement ouvert, et on versera par petites portions l'acide hydro-chlorique en remuant de temps à autre. Ce procédé permet de pouvoir rester, les fenêtres étant ouvertes , dans la chambre où se fait la fumigation. Il est très commode dans les salles de malades, les amphithéâtres d'anatomie, etc. On retire le vase lorsque le chlore, facile à distinguer par son odeur piquante, se fait sentir en excès.

Dans les salles de malade qui ont de l'étendue , lorsque l'air n'est point trop vicié ou que les circonstances ne permettent pas de faire évacuer la salle, on promène le vase qui dégage le chlore, ou l'on établit dans plusieurs points de ces petits appareils*, mais il faut veiller à ce que le dégagement ne soit jamais assez abondant pour incommoder les malades.

Fumigation de Smith.

Acide sulfurique à 66°, 2 parties.

Eau, i id.

Nitrate de potasse très pur réduit en

poudre, 2 id.

(Codex."

On mêle l'acide et l'eau, et l'on attend que la chaleur qui en résulte soit passée. On élève modérément la température sur des cendres chaudes ou un bain de sable, puis on projette le sel par petites portions, que l'on renouvelle de temps à autre. De cette manière, l'acide nitrique se dégage sans mélange de gaz nitreux.

Au reste il convient de prendre, en faisant cette fumigation, les mêmes précautions dont nous avons parlé en traitant de l'autre.

LINIMENTS ET EMBROCATIONS.

Les liniments sont des médicaments que l'on étend, ou dont on fait des frictions à la surface de la peau. Leur étymologie, tirée du verbe linire , fait supposer qu'ils servent à adoucir; cette dénomination a été empruntée de l'effet des huiles qui en font la base. Néanmoins, comme l'on emploie souvent de préférence des huiles qui sont acres , et que l'on fait entrer dans la composition des liniments des substances irritantes et autres, l'objet le plus général de ces médicaments est d'enduire et oindre les parties, de servir à frictionner, et de faire adhérer à la surface de la peau les agents thérapeutiques qui modifient la sensibilité de cette membrane, ou qui sont susceptibles d'être absorbés par elle. C'est surtout dans cette dernière vue que l'on compose des liniments narcotiques, purgatifs, etc.

Cependant, lorsque l'on se propose principalement de faire absorber un médicament, les liniments, en raison de leur huile qui bouche les pores de la peau, ne conviennent pas autant que les applications aqueuses, outre qu'il n'est qu'un petit nombre de substances solubles dans les véhicules huileux.

On donne aux liniments toute espèce de propriétés médicamenteuses, émolliente, excitante, astringente, narcotique. On y mêle les principes actifs sous forme de poudre, de teintures, d'extraits, ou dissous dans les corps gras. Les huiles fixes douces sont employées de préférence lorsqu'on veut obtenir un effet relâchant ou sédatif, tandis que l'on choisit des huiles acres ou mêmes rances lorsqu'il convient d'irriter.

En général, on applique les liniments sur la partie affectée, ou en regard de la maladie que l'on veut guérir. On s'en sert rarement comme onctions simples, et presque toujours, au contraire, en frictions, que l'on exécute doucement pour les liniments relâchants, et avec plus ou moins de rapidité pour ceux qui doivent irriter. Comme les matières qui entrent dans leur composition ne sont le plus souvent qu'en suspension, et que, par le repos, elles se séparent en plusieurs couches suivant leurs pesanteurs spécifiques , quand il faut employer un liniment, on agite la fiole qui le contient pour rendre le liquide homogène; on en verse ensuite une petite quantité, soit dans le creux de la main , soit sur un linge ou une flanelle, on le fait tiédir à la chaleur avant de l'appliquer sur la peau, et on pratique la friction. L'opération terminée, on essuie la partie, et on l'enveloppe chaudement.

Les applications de liniments doivent être renouvelées en proportion de l'objet que l'on veut remplir. Si l'on ne veut qu'assouplir la peau, ou déterminer l'absorption d'un médicament , on cesse lorsque l'effet que l'on se proposait a été obtenu; mais dans les cas beaucoup plus nombreux où le médicament est employé contre une maladie longue, telle que les paralysies, les affections articulaires, les applications doivent être renouvelées deux ou trois fois par

jour, et on devra laver de temps en temps avec du savon par propreté, et pour empêcher la formation d'un enduit gras, adhérent, qui empêcherait les fonctions de la peau, et à travers lequel les applications nouvelles seraient sans effet.

Les embrocations ne sont à proprement parler qu'une forme des liniments. L'huile d'olive en est ordinairement la base. On a quelquefois étendu ce nom à des mucilages , mais comme les embrocations s'appliquent tièdes, ce dernier mode d'emploi rentre dans les fomentations.

L'huile qui sert aux embrocations peut être pure, ou chargée de quelque principe sédatif ou aromatique, tel que le camphre, les huiles essentielles de camomille, de lavande, de romarin, etc. Pour pratiquer les embrocations, il suffit d'étendre l'huile légèrement chauffée à la surface des parties , et de recouvrir avec des linges ou de la flanelle. Ces médicaments conviennent pour relâcher et produire une excitation légère-, ils doivent être renouvelés fréquemment et exigent les mêmes soins de propreté que les liniments.

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