BANDAGE COMPRESSIF
Le bandage roulé, celui de Scultet, et le bandage à dixhuit chefs, sont les plus convenables pour exercer la compression. Nous ne reviendrons pas sur les usages de cette dernière, les ayant déjà décrits. Quant au bandage roulé, considéré tout le rapport de la forme , il trouvera sa place plus loin..
Bandage de Scultet ou à bandelettes séparées.
On en fait un fréquent usage dans nombre de maladies des membres, mais surtout des inférieurs. Il se compose de bandes séparées, de deux pouces et demi environ de largeur, et d'une longueur telle qu'elles puissent envelopper une
fois et demie la partie du membre sur laquelle on l'applique. 11 suit de là que, pour le membre inférieur par exemple, ces bandes seront de longueurs inégales 5 celles qui devront envelopper la partie inférieure de la jambe seront les plus courtes , et successivement les autres bandes deviendront de plus en plus longues jusqu'à la partie supérieure de la cuisse. On dispose les bandes transversalement sur une serviette ou drap-fanon pour les fractures*, celle qui correspondra au haut de la cuisse doit être placée la première*, la seconde sera couchée sur celle-ci de manière à la recouvrir du tiers ou de la moitié de sa largeur, puis chacune des autres bandes recouvrira de la même manière de haut en bas celle qui l'a précédée, jusqu'à la plus inférieure , qui sera libre. La série des bandes présente un carré long, dont la largeur , plus considérable à la partie supérieure qu'à l'inférieure, est déterminée par la longueur des bandes, et dont la longueur, formée de la succession des mêmes bandes , doit être calculée sur celle du membre qu'elles doivent envelopper.
Pour appliquer ce bandage, on étend sur un ou deux oreillers la serviette qui supporte les bandes, et on glisse le tout sous le membre malade convenablement soulevé par des aides.
Lorsque l'on n'a pour but que d'exercer une compression, on applique les bandes immédiatement sur les membres, mais dans les fractures, les plaies, les ulcères, les larges phlegmons , outre le pansement approprié, on étend auparavant sur le membre des compresses imbibées de diverses solutions émollientes, narcotiques ou résolutives, suivant l'indication et le besoin du moment. Dans tous les cas, les compresses doivent être exactement accolées sur la peau, sans déterminer de piis, dont la pression enflammerait les tégu-
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ments eu regard. Pour faciliter leur application, il est d'usage, après avoir humecté ces compresses, de les tendre fortement par les quatre angles, en se faisant aider par un des assistants. L'application des bandes se fait en commençant par la plus inférieure. Il est convenable qu'elles soient aussi humectées avec le même liquide que les compresses, ce qui se fait avec une éponge ou un linge mouillé, que Ton promène sur leur étendue. Le chirurgien, placé au côté externe du membre, saisit ensuite une extrémité de la bande tendue à l'autre extrémité par un aide, et il l'applique exactement à plat, en croisant obliquement l'axe du membre. Arrivé du côté opposé, souvent le chef libre, trop long pour le volume de la partie, formerait en dessous des plis irréguliers, dont la compression serait d'autant plus douloureuse, que le membre appuie dessus : dans ce cas> on tend de la main gauche l'extrémité libre du chef, en même temps que l'on déprime l'oreiller ou le matelas, pour permettre aux doigts de la main droite d'insinuer la bande sous le membre, et on relève latéralement l'extrémité repliée. Prenant ensuite des mains de l'aide le second chef de la bande, on l'applique de la même manière, en croisant obliquement le premier chef ; on pose ainsi successivement toutes les autres bandes, à cela près que la seconde recouvre la première de moitié ou d'un tiers de sa largeur, puis la troisième recouvre la seconde , et ainsi de suite, jusqu'à la partie supérieure du membre, en procédant toujours de bas en haut, c'est-à dire en sens inverse de la formation de l'appareil.
Ce bandage , tel que nous venons de le décrire , suffit pour établir une compression. Pour le transformer en appareil de fracture, où le membre doit être maintenu solidement, pour réprimer l'énergie des puissances musculaires
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on le complète par l'application des coussinets de balle d'avoine ; on pose sur ces derniers les attelles enveloppées ou non d'un drap fanon , suivant le membre sur lequel on agit , et l'on contient fortement le tout par les lacs ou rubans de fil noués sur les attelles.
Le bandage de Scultet est d'un usage commode. La facilité que l'on éprouve de l'appliquer en totalité, sans communiquer de secousses au membre, le rend, sous ce rapport , préférable au bandage roulé. En outre , si une ou plusieurs bandes ont été souillées par du pus, du sang, ou même des liquides étrangers, il est facile de changer chacune d'elles , sans être obligé de renouveler l'appareil en totalité ; il suffit de coudre à son extrémité le chef d'une nouvelle bande , celle- ci glisse sous le membre dans le mouvement par lequel on retire l'ancienne. De si grands avantages rendent l'emploi de ce bandage précieux dans tous les cas de fractures compliquées de plaies, d'inflammations accompagnées de vives douleurs, etc., où il importe de communiquer au membre le moins de mouvement possible, en même temps que les pansements doivent être fréquemment renouvelés. Les cas d'œdème, de varices, de larges cicatrices, d'ulcères aux jambes, sont les seuls où la compression devant être forte et long-temps soutenue , et les mouvements causés par le pansement sans aucun danger, le bandage roulé doit être préféré à celui que nous décrivons.
Le bandage à dix-huit chefs n'est que l'analogue de celui de Scultet, et comme, sans avoir plus de solidité, il offre cet inconvénient, que l'on est obligé de le chauger en totalité lorsqu'une partie en est salie, nous n'entrerons point dans sa description spéciale.
Nous ne croyons pas non plus qu'il soit nécessaire de décrire à part le bandage rétentifj son action n'étant que de main-
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tenir réduites les luxations et les hernies, il rentre absolument sous le chef plus général des bandages dont l'objet est de contenir.
BANDAGE CONTENTIF.
Ce titre générique est tellement vaste, qu'il comprend véritablement tous les bandages , Faction) contentive étant inséparable de toute application de linges sur une partie malade 5 seulement, on a réservé spécialement le nom de contentif aux appareils où l'indication principale est de contenir. Ainsi, il y a des bandages contentifs des plaies, des exutoires, des luxations, des fractures, etc. Mais ici même apparaît encore le peu de précision des distinctions scolastiques ; les deux premiers de ces bandages , par exemple, sont en outre préservatifs, et celui des plaies en particulier est presque toujours unissant ; le troisième est le même que le bandage rétentif , et le quatrième est en même temps compressif. Au reste , pour ce qui est de l'arrangement des bandages contentifs, on conçoit qu'il varie à l'infini, suivant la forme et le volume des différentes parties du corps, le siège et l'étendue des maladies pour lesquelles on les applique, et les indications qu'il s'agit de remplir. La section suivante nous en offrira un grand nombre spécialement affectés à certaines parties *, mais il est bon de faire observer que dans la plupart des circonstances, c'est à l'intelligence du chirurgien à prévoir les nombreuses modifications que réclament les cas particuliers.
Par rapport à la forme , M. Gerdy a divisé les bandages en simples et en composés 5 ils se rapportent aux formes principales ou genres suivants. Parmi les bandages simples se trouvent les circulaires , les obliques, les spiraux, les
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croisés y les noués, les récurrents ou capelines , les liens les bandages pleins. Les bandages composés comprennent les T3 les croix, les frondes , les suspensoires , les gaines, les bandages lacés ou bouclés,
BAXDVGES CIRCULAIRES.
Ils sont formés avec une bande qui décrit autour de la partie des circonvolutions horizontales , qui se recouvrent les unes les autres plus ou moins complètement. Ils sont ordinairement préservatifs et contentifs des pièces d'appareil ou des médicaments topiques; ils ne doivent être que médiocrement serrés, de manière à ne point gêner la circulation veineuse et les fonctions des différentes parties. Voici les lieux de leur application. A la tête, les circonvolutions en décriront le contour, du front à la nuque. Au cou, elles formeront une sorte de cravate. Pour la poitrine et l'abdomen, on peut faire le bandage avec quelques tours d'une large bande, ou, plus simplement^ avec une serviette pliée en trois, et dont le plein enveloppe le dos en arrière, tandis que les extrémités, ramenées en avant, sont fixées avec des épingles. Cet appareil constitue le bandage de corps employé dans tous les cas de fractures des côtes pour s'opposer au déplacement des fragments : dans les plaies du tronc, les rhumatismes: après la paranthèse; dans certaines grossesses où les femmes sont fatiguées par le poids de l'utérus: pour attacher l'extrémité des liens qui fixent une soude, un pessaire, etc. Enfin, le bandage circulaire, comme préservatif et contentif , est fréquemment employé au bras , à l'avant-bras , et aux doigts , à la cuisse , à la jambe et aux orteils, dans nombre de cas d'érysi pèles, de phlegmons ou de brûlures, ou lorsqu'il s'agit de protéger des plaies, des ulcères ou des exutuires.
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