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BANDAGES EN FRONDE

On les fait avec une pièce de linge ou compresse , dont là longueur l'emporte beaucoup sur la largeur; on les fend longitudinalement, par moitié ou par tiers, des deux extré* mités jusqu'à deux pouces de la partie moyenne, de manière à avoir un plein intermédiaire et quatre ou six bandelettes terminales. Les frondes s'appliquent par le milieu du plein;, on en contourne les extrémités à l'entour des parties , et on les noue du côté opposé.

La fronde de la tète s'emploie ordinairement à six chefs. Après l'application des pansements, on prend le bandage des deux mains par le plein intermédiaire , les doigts le soutenant par sa face int rne ou inférieure , et les pouces faisant opposition sur sa face externe ou supérieure; on le pose ainsi à plat de manière que sa partie moyenne soit posée sur le sommet de la tête. Les trois bandelettes terminales retomberont ainsi de chaque côté de la face. Saisissant les deux bandelettes moyennes, on les applique* la~ téralement sur les tempes, sur les oreilles, sous le menton-, où on les entrecroise ; on relève chaque extrémité sur le côté opposé delà mâchoire inférieure, et, suivant leur lonr gueur, on les fixe dans ce point ou sur les tempes. Si les. oreilles étaient gênées par la compression, on engagerait ces organes dans une fente ou boutonnière pratiquée longitudinalement dans la partie moyenne de chacun des chefs. Prenant ensuite les deux chefs antérieurs , on les croise horizontalement sur le front, et ou les amène à l'occiput, où.

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on les fixe» Enfin , les chefs postérieurs sont croisés de la même manière à l'occiput, et conduits horizontalement sur le front ; des épingles serviront à fixer les deux chefs terminaux dans les deux cas. La fronde de la tête, en raison de sa légèreté et de la solidité de son application, est préférable non seulement au grand couvre-chef, mais même à la capeline, ces deux derniers bandages ayant l'inconvénient d'échauffer trop le cuir chevelu.

Appliquée au menton, la fronde est employée à quatre chefs; elle sert à maintenir une luxation ou une fracture transversale de la mâchoire inférieure-, pour les fractures obliques, on doit lui préférer le chevestre double. Le plein intermédiaire appliqué sur l'angle du menton , de manière à l'emboîter, les chefs supérieurs sont dirigés sous les oreilles , à la nuque, où on les entrecroise en changeant de main, puis ramenés par dessus les oreilles, sur les tempes, jusqu'au front, où on les fixe ensemble avec une épingle. Prenant ensuite les chefs inférieurs, on croise verticalement la direction des supérieurs en passant sur les branches de la mâchoire au-devanr de l'oreille, sur les tempes, jusqu'au sommet delà tête, où on les entrecroise en changeant également de main, pour redescendre, suivant le trajet primitif, sous le menton , où on les fixe.

On fait pour les brûlures de la face , dans une grande étendue, un bandage qui a reçu le nom de masque, et qui a beaucoup d'analogie avec les frondes. C'est une pièce de linge d'une largeur et d'une longueur convenables pour envelopper tout le visage. Elle est perforée de trous en regard des ouvertures naturelles , les yeux , le nez, la bouche, pour permettre les fonctions de ces parties. Aux quatre angles supérieurs et inférieurs sont attachées des bandelettes qui servent à maintenir le bandage : les supérieures

seront portées puis entrecroisées à la nuque, et, de là, ramenées et fixées sur le front; les inférieures, moins longues, seront simplement nouées à la nuque. Le masque contient les médicaments topiques sur la face; souvent on enduit sa face interne de substances médicamenteuses. Il est léger, mais sujet à faire des godets, surtout à la partie moyenne -, on rend son application plus exacte dans ce point, en attachant latéralement des rubans qui passent par dessus les oreilles, et sont noués derrière la tête: ce qui fait une sorte de fronde à six chefs.

La fronde à quatre chefs est encore employée pour les plis articulaires. Son plein, appliqué sous Faisselle , tandis que les deux chefs inférieurs entourant la poitrine sont fixés sous l'aisselle opposée, et que les chefs supérieurs sont amenés et maintenus sur la partie inférieure du cou, du côté sain, elle sert à contenir les médicaments et les pièces d'appareil sous le creux axillaire, et remplace dans ce cas le croisé ou le spica de l'aisselle. Dans le cas où un cataplasme ou un pansement quelconque doit être contenu audevant du genou , le plein de la fronde placé sous le jarret, les extrémités sont ramenées obliquement, et entrecroisées au-dessus et au-dessous du genou, puis fixées sous le jarret. Enfin, on conçoit que l'on remplacerait de la même manière le 8 de chiffre dans nombre de circonstances : ainsi , pour une maladie de l'épaule , le plein reposant sur cette partie, les deux chefs inférieurs envelopperaient l'aisselle et le bras du même côté, et les supérieurs, entrecroisés sous l'aisselle du côté sain, seraient ramenés et fixés sur l'épaule malade. A la hanche, le plein y étant appliqué, les chefs supérieurs décriraient le tour du bassin, se croiseraient du côté opposé, et seraient ramenés et fixés au point de départ, et les inférieurs, passés sous la cuisse du côté

malade, puis entrecroises, envelopperaient le membre, et seraient noués sur sa face externe. Nous croyons inutile d'insister plus au long, en décrivant le mode d'application de la fronde au pied et à la main.

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