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INSTRUMENTS DES PANSEMENTS

Différents instruments sont nécessaires pour les pansements. Les principaux sont la pince à anneaux, les ciseaux , la spatule, le porte-mèche.

Pinces à anneaux. — La pince est formée de deux branches planes, croisées à la manière des ciseaux et rivées comme ces derniers, de manière à partager l'instrument en deux parties. L'extrémité postérieure présente en dehors des branches deux anneaux dans lesquels on introduit le pouce et le médius d'une main, tandis que l'indicateur, étendu sur les branches, sert à les diriger. L'extrémité libre est aplatie et garnie de petites dentelures qui, en fermant l'instrument, facilitent la préhension des corps déliés. La force de pression de la pince à anneaux est d'autant plus grande que l'extrémité postérieure l'emporte davantage en longueur sur l'antérieure. Cet instrument est le plus utile de tous : il sert à enlever les différentes parties de l'appareil , et à nettoyer avec une boulette de charpie la surface des plaies. Fermé et tenu comme une plume à

écrire, on l'introduit, soit seul , soit garni d'un petit bourdonne! , dans la profondeur des clapiers fistuleux , pour les absterger ou en extraire un corps étranger.

Spatule. — La spatule est une tige plate d'acier légèrement recourbée en sens contraire à ses deux extrémités , dont Tune , évidée et garnie de dentelures sur sa concavité, sert quelquefois en guise d'élévatoire pour soulever les corps solides adhérents, comme par exemple une dent mobile dans son alvéole , une portion enfoncée des os du crâne, etc.; l'autre extrémité est élargie; on se sert de sa convexité pour étendre les médicaments mous sur les pièces d'appareil; ses bords , qui offrent un tranchant obtus , conviennent pour enlever, en raclant légèrement, le pus concrète ou les topiques desséchés et adhérents au voisinage des plaies.

Porte -mèche. — Le porte - mèche est un fil métallique bifurqué à l'une de ses extrémités, et élargi en plaque ou en bouton à l'autre extrémité. On l'emploie, comme son nom l'indique, pour glisser une mèche entre les bords d'une solution de continuité dont on veut empêcher la réunion. Dans l'angle de la bifurcation on introduit la mèche, formée de quelques filaments de charpie ; on en rabat sur la tige les bords enduits de cérat. Pour s'en servir, on appuie le bouton contre la paume de la main, et on le maintient avec le petit doigt et l'annulaire ; le médius et le pouce, qui se font opposition, maintiennent les bords de la mèche contre la tige; et l'indicateur, alongé sur l'instrument, en dirige l'introduction. Pour le retirer sans la mèche , il est quelquefois utile d'appuyer légèrement sur cette dernière avec l'indicateur de l'autre main.

Ciseaux. — Les usages des ciseaux sont très nombreux. Tl est bon d'en avoir de trois formes , des ciseaux droits et d'autres courbés sur le dos et sur le plat.

Indépendamment de ces instruments, plus particulièrement nécessaires dans les pansements, il en est encore quelques autres dont l'emploi journalier est indispensable pour l'exécution d'une foule de petites opérations qui font partie des pansements. Dans la nécessité de les avoir toujours sur soi, ils composent , avec ceux dont nous venons de parler , ce que l'on nomme la trousse du chirurgien : ce sont les pinces à disséquer , la sonde cannelée , la sonde dite de femme, le rasoir, les bistouris. Ces derniers sont de diverses formes*, les principaux sont le bistouri droit, le convexe sur son tranchant, le droit boutonné. Enfin la trousse se complète avec le porte-pierre, les lancettes, des aiguilles , du fil, simple ou ciré, quelques morceaux de taffetas d'Angleterre et de toile de diachylum gommé.

Pinces à disséquer. — Les pinces à disséquer sont formées de deux brandies d'acier de cinq pouces environ de longueur sur un tiers à une demi-ligne d'épaisseur. Elles sont soudées entre elles à l'une de leurs extrémités, et vont en s'eflilant jusqu'à leur autre extrémité, qui se termine en pointe. A partir de leur soudure commune, les deux branches, d'abord appliquées l'une contre l'autre, vont ensuite en s'écartant, de manière à décrire deux courbures qui se regardent d'abord par leur convexité, puis par leur concavité, et deviennent de nouveau parallèles dans une étendue de trois lignes qui forme les pointes. Le ressort de la première courbure fait que les extrémités sont écartées d'environ un pouce. La pince se ferme en la comprimant entre le pouce et l'indicateur et le médius, qui la

tiennent comme une plume à écrire. Les deux pointes, par leurs faces correspondantes , présentent des dentelures transversales qui se reçoivent exactement, chaque sommet de l'une dans le sillon de l'autre , et réciproquement. Les usages de cette pince sont extrêmement nombreux; dans beaucoup de circonstances elle supplée avec avantage la pince à anneaux. Par sa forme elle est susceptible de maintenir solidement les filaments les plus déliés. On s'en sert aussi pour saisir isolément, dans la profondeur des tissus, une artère dont on veut pratiquer la ligature. Tenue de la main gauche , elle fixe et soulève les corps adhérents dont on veut faire l'excision avec les ciseaux ou le bistouri.

Sonde de femme. — La sonde de femme est un tube creux d'argent de deux lignes de diamètre intérieur et de sept pouces environ de longueur. Une de ses extrémités est béante et garnie en dehors de deux petits anneaux pour la maintenir. L'autre extrémité forme une légère courbure; elle est terminée en cul-de-sac arrondi, afin de ne pas blesser les parties à travers lesquelles on l'insinue; latéralement elle est percée de deux trous pour permettre l'introduction des liquides dans l'intérieur du tube, et leur émission au dehors. Indépendamment de ses usages comme sonde de femme, on l'introduit parfois dans les conduits fistuleux pour donner issue aux collections purulentes situées profondément.

Rasoir. — Le rasoir est trop connu pour exiger une description : on l'emploie fréquemment pour raser les poils au voisinage des plaies ou sur les parties où l'on veut opérer. Parfois même, en raison de la largeur et de l'aplatissement de sa lame , il sert à enlever d'un seul coup , par

leur base, les excroissances saillantes à la surface de la peau.

Porte-pierre. — Le porte-pierre est un étui d'ivoire ou d'argent qui se dévisse. Il contient un porte-crayon de même métal , garni d'un petit cylindre de nitrate d'argent fondu. On se sert journellement de ce caustique pour déprimer les bourgeons celluleux et vasculaires trop proéminents, et les fongosités à la surface des plaies ou des ulcères. Il suffit de passer le nitrate d'argent sur les parties pour les cautériser. On l'essuie avec soin chaque fois qu'on s'en est servi.

Fil et aiguilles. — Le fil et les aiguilles sont d'un usage continuel pour coudre ensemble les extrémités des chefs et des bandes. Nous décrirons, à mesure que l'occasion s'en présentera, les autres instruments qui appartiennent moins aux pansements.

DES IJNGES.

Les linges dont on se sert pour panser doivent être de lin ou de chanvre fin à demi usés et blancs de lessive. On les emploie à l'état de charpie, de compresses et de bandes.

§ Ier. — Charpie.

Il y a deux sortes de charpie , brute et râpée.

La charpie brute est composée de filaments entrecroisés et intriqués dans toutes sortes de directions; elle se fait en effilant brin à brin de petits morceaux de linge coupés carrément. Ou se procure la charpie râpée en raclant avec le tranchant d'un couteau la surface d'un linge fortement tendu, de manière à former une espèce de duvet.

Les qualités d'une bonne charpie sont d'être molle , douce, fine, tomenteuse, peu pressée, très blanche et inodore, exempte de nœuds et de toute espèce de corps étrangers*, les filaments auront de deux à quatre pouces de longueur, et quelquefois plus. Mais, pour réunir ces conditions, la charpie doit avoir été faite avec soin et être nouvelle. Conservée pendant long-temps, elle devient compacte en s'affaissant-, dans cet état on a besoin, pour s'en servir, de la peigner et de l'éplucher, ce qui se fait en l'isolant brin à brin. On rejettera celle qui serait poudreuse, ou aurait jauni et contracté quelque mauvaise odeur.

Les usages de la charpie sont des plus importants. Immédiatement appliquée sur les parties, elle les préserve de tout contact qui pourrait les offenser, y entretient une température égale, les excite légèrement et en absorbe les liquides et les miasmes. La charpie râpée jouit surtout de ces dernières propriétés*, mais elle a parfois l'inconvénient d'adhérer trop fortement à la circonférence de la plaie, et de former d'abord, par la dessiccation des liquides, une plaque imperméable au pus sécrété ultérieurement. La charpie offre en outre une sorte d'épongé qui s'imbibe des décoctions médicamenteuses , et une surface que l'on enduit ou que l'on saupoudre de divers médicaments à l'état mou ou pulvérulent.

Il résulte de quelques expériences de M. Gerdy sur la faculté absorbante de la charpie que celle qui est faite avec de la toile neuve absorbe davantage et plus vite que celle qui provient de linge médiocrement usé , ce qui est contre les idées généralement reçues. Pour ce qui est des liquides, ils sont absorbés d'autant plus facilement qu ils sont plus aqueux, et d'autant moins qu'ils sont plus oléagi-

Tieux: ce résultat explique la sécheresse si fréquente de la face externe des gâteaux de charpie dont la face interne , en contact avec la plaie, est recouverte d'une couche abondante de suppuration.

Enfin Percy a employé, sous forme de plumasseaux , la charpie imprégnée de gaz et de vapeurs au contact desquels il l'avait exposée, et en a retiré des avantages pour la çuérison de plaies et d'ulcères.

On emploie la charpie sous les formes les plus variées ; les principales sont :

Plumasseau. — C'est un gâteau de charpie de forme alongée, et dont les brins parallèles sont disposés longitudinalement. Avec un peu d'habitude on fait promptement un plumasseau régulier. On tient la charpie brute entre les doigts de la main droite, et on la présente sur le bord externe et à la base de l'indicateur de la main gauche, dont le pouce, s'abaissant dans l'adduction, saisit les filaments saillants ; la main droite s'éloigne ensuite promptement, et laisse étendue, sur la face palmaire gauche, une rangée de fils parallèles. La même manœuvre étant exécutée rapidement un certain nombre de fois, on obtient bientôt un plumasseau. Il y en a de plusieurs grandeurs et de différentes figures, carrés, rectangles, ronds ou ovales , suivant la forme et l'étendue des parties sur lesquelles on les applique. Par propreté on en égalise parfois les extrémités, non en reployant en dessous les filaments qui débordent , ce qui expose à former des nodosités qui pourraient blesser , mais en les tondant avec des ciseaux. Le plumasseau doit être léger et plein d'air, ce qui le rend spongieux; son épaisseur sera proportionnée à ses autres dimensions. Les avantages de cette forme de charpie sont de présenter une

large surface facile à enduire des divers topiques, et de se détacher facilement en masse lorsqu'on lève les appareils.

Boulette, — Roulée dans la paume de la main , la charpie forme des boulettes légères ou denses. Les premières servent comme autant de petites éponges à absterger le pus contenu dans des clapiers profonds *, les secondes , accumulées sur la plaie d'une artère ouverte, arrêtent la sortie du sang, d'abord par compression, ensuite en formant avec le cruor un magma solide qui s'oppose à tout écoulement ultérieur. Les boulettes servent également de conducteurs aux médicaments.

Bourdonnet, — Le bourdonnet est une masse de charpie formée de filaments parallèles , et que Ton contourne entre les mains pour leur donner une forme ovoïde. On l'introduit entre les bords d'une solution de continuité dont on veut empêcher la réunion. S'il convient de le faire pénétrer profondément , on l'entoure préalablement d'un fil ciré que l'on noue. On le retire ainsi facilement. On meta profit cette disposition pour arrêter l'hémorrhagie dans le tamponnement des fosses nasales , de l'extrémité inférieure du rectum, et de la plaie du périnée après la taille. Le volume considérable que l'on est obligé de donner au bourdonnet dans ce cas lui a fait donner le nom de tampon. On augmente le nombre de fils qui maintiennent le tampon en proportion de son volume. Ces fils, que Ton porte parfois à six ou huit, seront réunis en un seul et cirés ensemble j fortement noués sur le tampon , leur extrémité libre sera ramenée au dehors pour faciliter l'extraction de ce dernier. '

Tente* — La tente n'esl qu'un bourdonnet noué et renversé sur lui-même, et formant une masse arrondie et dure. On s'en servait autrefois pour dilater les ouvertures fistuleuses; les inconvénients qu'elle présentait de contendre les parties et de former un bouchon qui s'opposait à la sortie des liquides en on fait abandonner l'usage.

Mèche, — La mèche est un amas formé de longs fils adossés longitudinalement à la manière d'un écheveau ordinaire 5 sa forme est aplatie. On l'insinue profondément, seule ou enduite de substances médicamenteuses, pour favoriser la suppuration , et s'opposer à la cicatrisation ou en nécessiter la marche de la profondeur des parties au dehors, comme après l'opération de la fistule à l'anus.

Pelotte. — La pelotte est un amas de charpie que l'on amoncelle dans un linge dont on relève et noue les bords en forme de sac ; on peut remplir le même objet avec tous les corps doux réduits à un petit volume, tels que de petits morceaux de linge, de l'étoupe, de la filasse, du son, etc. On peut s'en servir pour comprimer au-devant d'une ouverture herniaire ou d'une fistule, ou médiatement sur le trajet des gros vaisseaux, dans l'absence de moyens mieux appropriés. La pelotte remplace aussi avec avantage le tampon pour arrêter les hémorrhagies. Dans ce cas les extrémités du linge étant ramenées au dehors, on augmente facilement le volume de la pelotte à l'intérieur en y entassant de la charpie en même temps que l'on tire sur les extrémités-, de cette manière, la charpie ne peut s'égarer dans la cavité que l'on veut tamponner. Lorsque l'on vient à lever l'appareil , il est facile d'enlever cette charpie brin à brin après avoir dénoué et écarté les extrémités du linge.

L'enveloppe, ainsi réduite à son épaisseur propre, est retirée elle-même sans causer ni pression ni ébranlement qui pourrait rappeler l'hémorrhagie.

La charpie telle que nous venons de la décrire est le meilleur moyen pour protéger les plaies, mais il faut savoir y suppléer quand on en manque. En Angleterre, on fabrique sous le nom de charpie une toile de lin rare et légère. Une de ses faces est tomenteuse et destinée à absorber, l'autre est lustrée 5 ce tissu est disposé par longues pièces, à la manière de la ouate de coton. Pour s'en servir , on en coupe des morceaux de grandeur convenable. On reproche à cette charpie de n'être ni assez absorbante ni assez perméable.

Enfin dans les cas extrêmes on se sert, en guise de charpie , d'étoupe , de filasse , de ouate de coton , de soie , en un mot de toute substance sèche, molle et absorbante.

§ IL — Compresses,

Les compresses sont des pièces de linge à demi usé, dont on recouvre et enveloppe les parties; leur surface doit être lisse et unie, sans plis, sans ourlets ni reprises.

On en fait de toutes sortes de grandeurs , suivant le volume et l'étendue des parties, et les usages auxquels elles sont destinées 5 cependant la grandeur la plus ordinaire est de douze à quinze pouces de côté.

Leur forme générale est le carré ; de cette figure dérivent toutes les autres. Elles s'emploient simples , ou ployées en deux ou quatre doubles.

Carrée, Ployée en quatre ou en huit , la compresse sert aux pansements les plus simples des plaies et des exutoires. En deux , elle forme un carré long qui s'applique habituel-

lement par-dessus la première, qu'elle déborde, ou à îa surface des grandes plaies, dont elle maintient la charpie. Triangulaire, Appliquée sur elle-même d'angle en angle , à la manière d'une cravate , la compresse carrée devient triangulaire -, elle s'adapte facilemeut sur les plis des articulations.

L'un des côtés alongé de deux fois la grandeur de l'autre donne un rectangle, qui, replié sur lui-même, forme le carré double-, ils servent aux mêmes usages que la compresse carrée, mais surtout lorsque l'on veut donner plus d'épaisseur et de solidité à l'appareil.

Longuette. Un des côtés étant trois ou quatre fois plus long que l'autre , on obtient la compresse longuette. On s'en sert simple ou pliée longitudinalement sur elle-même pour maintenir les autres pièces d'appareil , en l'appliquant circulairement aux membres.

La compresse longuette, ployée de manière à offrir à la manière d'une bande une grande longueur et peu de largeur , sert à former la compresse graduée. Celle-ci affecte deux formes principales, la prismatique tronquée , et la pyramidale. La première fait un angle droit dont la diagonale est formée par les décaissements; c'est à la réunion de cette diagonale avec le côté qu'existe la troncature qui forme la face étroite de la compresse graduée. Dans la forme pyramidale, la troncature est à la partie moyenne, et les décroissements latéraux doivent être régulièrement symétriques. On appelle face interne de la compresse celle qui est la plus étroite et s'applique sur la peau-, la face la plus large est dite externe parce qu'elle est tournée en dehors. Pour faire une compresse graduée, on plie transversalement une extrémité de la compresse longuette dans une largeur de six à huit ligues, par exemple-, sur ce pli on en

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couche un autre qui dépasse le premier de quelques lignes, puis successivement de la même manière un troisième, un quatrième, etc., jusqu'à ce que toute la longueur soit épuisée 5 on obtient ainsi une pyramide formée de décroissements du sommet à la base. La compresse graduée se fait aussi de petites portions de linge isolées, de même longueur, mais de largeurs différentes, qui se recouvrent et se débordent les unes les autres, et que l'on coud ensemble : faite de cette manière, elle est et plus solide et plus régulière. Les compresses graduées servent à rapprocher des parties écartées , comme les lèvres d'une plaie transversale 5 à écarter des parties rapprochées, comme dans les fractures des os de l'avant- bras 5 à accoler aux tissus sous-jacents une portion de téguments dénudés; à comprimer sur le trajet d'une artère lésée, etc. Dès lors, on conçoit que leur longueur est déterminée par la largeur des plaies , et leur épaisseur par la profondeur des solutions de continuité. On fend parfois les compresses pour rendre plus exacte leur application, sans former de plis ni de godets.

Croix de Malte. La compresse carrée fendue des quatre angles vers le centre s'appelle croix de Malte j elle se moule facilement sur les extrémités libres des parties, telles que les doigts, la verge, les moignons des membres amputés.

Fendue. La compresse longuette, fendue dans le milieu de ses petits bords, s'appelle fronde 5 elle donne son nom à un bandage particulier à quatre chefs. Divisée sur un seul côté en deux ou trois laciniures , c'est la compresse fendue proprement dite: un de ses usages particuliers est de servir à relever les chairs et à environner l'os avant de le scier dans les amputations.

Fenêtrêe. Enfin on nomme fenêtrée une compresse cri-

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blée de petits trous faits avec l'extrémité de ciseaux courbes sur le plat, ou même avec des ciseaux plats, en présentant le linge à l'instrument avec l'extrémité du doigt indicateur gauche. On l'applique seule ou enduite d'un médicament, mais le plus souvent de cérat , sur les larges surfaces ulcérées , comme dans les brûlures , ou on l'introduit entre les lèvres d'une plaie profonde quand il y aurait de l'inconvénient à mettre de la charpie en contact immédiat : telles sont les solutions de continuité qui pénètrent dans le crâne, la poitrine, l'abdomen, et les grandes articulations. La charpie dans ce cas ne s'applique qu'après la compresse criblée. Les trous dont cette dernière est parsemée permettent l'écoulement des liquides.

§ III. — Pièces de linge ou linges pleins.

Sous cette dénomination on comprend des draps et des serviettes que l'on emploie sans les couper.

La serviette ployée en trois ou en quatre sert à faire des bandages circulaires pour la poitrine ou l'abdomen-, ces bandages sont maintenus par des bouts de bandes nommés sous-cuisses et scapulaires, qui, en s'attachant antérieurement et postérieurement sur les bords supérieur et inférieur du bandage, et formant une anse à la manière des bretelles par-dessus l'épaule ou dans le pli de la cuisse, empêchent la serviette de pouvoir monter ou descendre. Cette sorte de bandage , que l'on maintient simplement en réunissant les extrémités de la serviette avec des épingles, est commode pour maintenir les parties en contact quand il y a fracture aux cotes , ou qu'il existe une plaie aux parois thorachiques ou abdominales.

Les draps ployés en six ou huit doubles portent le nom

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d'aièzes-, ils sont d'un usage continuel pour recouvrir les coussins et les oreillers, recevoir les liquides qui découlent des plaies, ou placés sous le bassin pour empêcher que le lit ne soit souillé par les urines ou les matières fécales, et par les lochies chez les femmes, etc. La facilité de renouveler ces alèzes autant de fois qu'il en est besoin en fait un des moyens de propreté les plus précieux.

§ IV. Bandelette découpée.

Il est une sorte de bandelettes très usitée dans le pansement'des plaies : on les taille sur une petite compresse enduite de cérat, par languettes de quelques pouces de longueur, et de huit à dix lignes de largeur, et on les incise sur un côté à des distances très rapprochées. Ces bandelettes s'appliquent sur les bords des solutions de continuité, de manière à les recouvrir; leur bord frangé, tourné en dehors, par le plus ou moins d'écartement des dentelures, forme des courbes qui suivent les contours sinueux des plaies. Elles ont en outre l'avantage de s'enlever facilement 5 tandis que, si la charpie est appliquée seule, par la dessicaticn des liquides ses filaments adhèrent sur les bords des plaies, les tiraillent et les font saigner lorsqu'on lève les appareils , et souvent même détachent la pellicule légère des cicatrisations commençantes.

§ V. Bandes.

Les bandes sont des morceaux de linge coupés à droit fil , d'une grande longueur et de peu de largeur. Sans être de linge neuf, ce qui les rendrait dures , glissantes et difficiles à appliquer , elles doivent être plus résistantes que les compresses, n'avqir comme ces dernières ni ourlets ni lisières , être surfilées sur les bords •, et les parties surajoutées dont on les allonge seront cousues en points de bou-

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tonnière. Les extrémités portent le nom de chefs. Les chirurgiens allemands commencent à faire usage de bandes fabriquées de toute pièce. Elles se composent d'un tissu lâche, clair et léger, de deux à plusieurs travers de doigt de largeur. Leurs bords présentent une série de petites boucles ou anses formées par le fil de tramé, réfléchi sur luimême chaque fois qu'il a parcouru la largeur de la chaîne ; la longueur de cette dernière détermine celle de la bande. La flexibilité et la mollesse de ces bandes en rendent l'emploi commode et facile , et les avantages qu'elles ont d'être formées d'un tissu neuf et de ne point s'effiler font que leur durée est supérieure à celle de nos bandes de linge usé, outre que leur application exacte donne plus de solidité et d'élégance à l'appareil.

Les bandes varient pour leurs dimensions suivant les parties qu'elles doivent recouvrir. Elles s'appliquent d'autant mieux qu'elles sont plus étroites. On donne huit à douze lignes de largeur aux bandes qui enveloppent les doigts, et plusieurs pouces à celles qui entourent le tronc ou la cuisse; la largeur la plus ordinaire est de trois travers de doigt. Elle convient pour envelopper la tête . les membres , et dans une foule d'autres circonstances. La longueur des bandes varie également de quelques pieds à sept ou huit aunes. Cette grande dimension met dans la nécessité de rouler les bandes pour s'en servir. On replie sur elle-même en quatre ou huit doubles une des extrémités de la bande pour former un axe central , sur lequel on roule d'abord quelques tours pour le fixer -, puis , se servant du pouce et de l'index de la main droite comme d'un pivot , on tourne avec rapidité la bande dans la paume de la main gauche, sur le bord externe de laquelle le chef vient s'offrir à mesure entre le pouce et l'indicateur ; on serre les tours les uns sur

comme pour les rubans, et l'on continue de même jusqu'à ce que toute la longueur soit épuisée.

La bande ainsi roulée a l'une de ses extrémités au centre, et l'autre libre à la circonférence*, elle se nomme à un seul globe. Des deux extrémités ou chefs , celui qui occupe le centre, devant être appliqué le dernier, s'appelle terminal; celui qui est libre à la circonférence, et s'applique par conséquent le premier, prend le nom d'initial. La bande est à deux globes lorsque les deux extrémités enveloppées de la même manière partagent sa longueur en deux rouleaux , ordinairement de grandeur inégale 5 la partie qui les réunit est appelée le plein ou le centre.

Application des bandes. — - Pour employer la bande à un seul globe, on applique la face externe du chef libre ou initial sur le côté de la partie opposée à la maladie, et on le maintient avec l'extrémité des doigts de la main gauche, pendant qu'on l'affermit par quelques circulaires. Dans cette manœuvre, le globe, tenu légèrement entre le pouce et l'indicateur, qui se font opposition, se déroule en tournant sur son axe. On l'amène ensuite sur la partie circulairement ou obliquement, selon la forme du bandage que l'on veut faire, forme qui, indépendamment de l'indication que l'on se propose de remplir, est déterminée par celle de la partie elle-même, comme par exemple le huit de chiffre pour les articulations, et le bandage circulaire pour la partie moyenne du bras. A mesure que l'on change de côté , la bande passe d'une main dans l'autre. Lorsque toute la longueur est épuisée, on fixe par une épingle le chef terminal sur le côté sain, comme on avait commence d'appliquer l'autre.

La nature du tissu dont les bandes sont formées, sa rigi-

dite ou son élasticité, le poli ou la disposition tomenteuse des surfaces, et, pour le même tissu, l'état de sécheresse ou d'humidité, le degré de tension , etc. , ont la plus grande influence sur l'exactitude et la netteté de l'application des bandes. C'est ainsi que les bandes de flanelle, dont les Ecossais font usage, forment des bandages très propres en raison de leur surface villeuse et de leur élasticité, qui les font adhérer à la peau. Les bandes de calicot, employées en Angleterre, et dont on commence à se servir en France, tiennent le milieu. Les plus mauvaises seraient celles faites avec une toile de lin neuve et lisse: aussi a-t-on soin de choisir du linge déjà usé, parce qu'il est tomenteux. On humecte ordinairement les bandes pour faciliter leur application.

Il est , en outre, divers préceptes qu'il convient de suivre dans l'application des bandes : i° quoique le globe doive être tenu légèrement, cependant il faut prendre garde de le laisser échapper, cequioccasione le relâchement de tout l'appareil , force à rouler de nouveau la bande, et expose à imprimer des mouvements plus ou moins fâcheux à la partie malade*, 2° la bande doit toujours être exactement tendue, et il ne faut en dérouler que ce qui est nécessaire pour recouvrir la surface du membre sur laquelle on agit*, 3° chaque fois que l'on change de face, on imprime au plein, de la bande la direction qu'il doit parcourir-, 4° l'application doit se faire bien à plat , et la plus régulière possible , en évitant de faire ni plis ni godets, qui pourraient blesser la peau, et nuiraient à la solidité de l'appareil-, 5° on prendra garde de ne causer ni choc ni secousse au membre, ce qui peut amener les plus mauvais résultats dans les cas de fractures ou de cicatrice commençante*, 6° enfin, il ne faut pas trop serrer une bande, surtout si elle n'est appliquée qu'à la

partie moyenne d'Un membre dont l'extrémité serait libre, la constriction pouvant avoir pour effet un engorgement œdémateux violacé, et même la gangrène, comme M. Percy en cite des exemples. Dans les cas où la compression doit être maintenue dans une partie, on devra la commencer dès l'extrémité du membre, les orteils par exemple, en remontant jusqu*au point de la jambe ou de la cuisse où elle doit cesser.

Là circonvolution décrite par la bande autour d'une partie a reçu différents noms.

Si , en partant d'un point, le chef contournant la partie perpendiculairement est ramené au même point, ce tour se nomme circulaire. Il en résulte qu'une série de circulaires doivent se recouvrir complètement les uns les autres : c'est ce qui arrive dans l'espèce de bandage que l'on fait au cou, en forme de cravate, pour maintenir un vésicatoire appliqué à la nuque. Mais si, après les premiers circulaires, on dirige la bande obliquement de manière à s'éloigner du point de départ , soit en montant, soit en descendant, ou les tours se recouvriront les uns les autres d'une certaine quantité de leur largeur, ce qui produira des doloires] ou ils seront isolés entre eux, et le bandage prendra le nom de spiral II esta peine utile de faire remarquer que le spiral offre moins de solidité que les doloires , et que ces dernières en auront doutant plus qu'elles se recouvriront davantage.

Bande à un globe. — Comme les différentes parties sur lesquelles on applique les bandages ont des formes plus ou moins îrr'égulières, augmentant ou diminuant alternativement de volume , l'application des bandes ne saurait être toujours uniforme. En prenant la jambe pour exemple , ce membre augmente progressivement de volume depuis les

malléoles jusqu'au mollet, où sa dimension devient encore beaucoup plus considérable. Si on suppose que l'on fasse des doloires en partant de l'extrémité inférieure, il est évident que, à mesure que les diamètres du membre augmenteront, le bord supérieur des doloires toucbera seul la peau 5 l'inférieur et une partie de la largeur de la bande en seront écartés , et formeront une cavité que l'on appelle godet. Pour empêcher la formation des godets , qui occasioneraient le relâchement de l'appareil et des inégalités de compression, on renverse la bande sur elle-même , de manière que sa face interne devienne externe et son bord supérieur inférieur, et on fait un pli dont le dos est tourné en haut et la cavité en bas : ce pli se nomme renversé. On en fait autant à chaque tour, jusqu'à ce que l'on ait gagné la partie la plus volumineuse du mollet. Au-dessus de ce point, la jambe venant à diminuer de volume jusqu'au genou, on a de nouveau recours aux renversés, mais déjetés en sens inverse, c'est-à-dire que c'est le bord inférieur qui deviendra supérieur, le dos du pli sera tourné en bas et la cavité en haut. On se conduira de même dans toutes les circonstances analogues.

Bande à deux globes. — La manière d'appliquer la bande à deux globes diffère peu de la précédente. On a recours à deux procédés pour l'entrecroisement des globes dans les deux points opposés.

Premier procédé. On tient un globe de chaque main 5 on applique la face externe du plein intermédiaire sur un point de la circonférence de la partie que l'on veut envelopper-, on amène les deux globes sur le point diamétralement opposé, et on les croise en les changeant de main 5 on les dévie légèrement pour que les bandes s'appliquent l'une à

côté de l'autre, mais sans former de plis. On reporte les globes de l'autre côté, où on les entrecroise à plat et de la même manière. On répète ces circulaires jusqu'à ce que les globes soient épuisés, mais en déviant un peu pour les entrecroisements, de sorte qu'ils ne se trouvent pas tous sur le même point, où ils formeraient, par leur superposition, une niasse dure qui pourrait blesser la peau. Lorsque le globe le plus court est achevé, on en maintient le chef terminal par les derniers circulaires du plus long.

Deuxième procédé. Il diffère du précédent en ce que, au lieu d'entrecroiser les pleins l'un à côté de l'autre, on produit ce que l'on nomme un entrecroisement par renversé, ce qui se fait delà manière suivante. Les deux globes, que, pour mieux nous entendre, nous appellerons A et B, étant amenés au point opposé à celui sur lequel est appliqué le plein intermédiaire, le globe A suit la première direction perpendiculaire, en même temps que l'on fait passer entre lui et la partie sur laquelle on agit le globe B, que l'on dirige obliquement en haut ou en bas. Lorsque le plein du globe A est appliqué, on renverse le globe B, ou de haut en bas , ou de bas en haut, sur le bord supérieur ou inférieur de A, suivant le sens dans lequel avait eu lieu l'obliquité donnée à B; et ce dernier plein se trouvant ramené comme l'autre à la direction perpendiculaire, tous les deux sont conduits vers le point de départ, où on les entrecroise de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à épuisement des globes. Ce mode d'application des bandes est extrêmement solide. Modifié de manière que le globe B soit toujours réfléchi à angle droit sur le globe A, qui décrit continuellement des circulaires transversaux , mais de sorte que le dos du renversé soit tourné en sens contraire de l'extrémité libre, il constitue les différentes cape-

Jines à deux globes employées pour la tête et les moignons des amputations.

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