‹ Traité de petite chirurgieChapitre 80 sur 96 · ULCÈRES PAR CAUSE LOCALE · texte numérisé non relu

ULCÈRES PAR CAUSE LOCALE

Les ulcères de cette espèce peuvent se rencontrer sur Un grand nombre de parties; cependant, en raison de l'irritation continuelle déterminée par la marche, les jambes et en particulier la région malléolaire interne en sont le siège le plus commun. Les dimensions des ulcères sont très variables *, en général leur étendue est d'autant plus considérable qu'ils existent depuis plus long-temps : aussi les larges ulcères se rencontrent-ils le plus ordinairement chez les vieillards. La quantité de pus qu'ils fournissent n'est pas loujours en proportion de leur largeur. La mesure de leur ancienneté est la condition qui a le plus d'influence à cet égard. Généralement les ulcères de nouvelle formation suppurent beaucoup , ceux au contraire qui existent depuis un

grand nombre d'années ne fournissent presque toujours qu'un suintement peu abondant» Au reste, la nature de la cause première, le tempérament, le régime, les habitudes du malade, modifient à l'infini la marche des ulcères ainsi que les qualités et la quantité des sécrétions doutils sont le siège. Là guérison des ulcères exige de la part du chirurgien des soins tout particuliers. De tout temps on a reconnu l'influence qu'ils exercent sur la santé générale après qu'une longue habitude les a convertis en une sorte d'exuloire que l'on ne saurait supprimer immédiatement sans danger pour le malade. Ainsi donc, lorsque l'on veut obtenir la guérison d'un ulcère, on devra soumettre en même temps le malade à un régime, ou lui faire prendre quelques purgatifs pour opérer une dérivation sur le canal intestinal, et même, si l'ulcère est très ancien, on fera bien d'établir un exutoire artificiel pour suppléera son action. Ces précautions seraient plus encore de rigueur si le malade avai.t, en outre, quelque affection organique d'un des principaux viscères, car alors on devrait craindre que les progrès de la phlegmasie ne fussent activés par la guérison de l'ulcère. Le plus grand nombre des praticiens, dans ce cas, ont conseillé de ne traiter cette dernière maladie qu'autant qu'elle donnerait lieu à une suppuration assez abondante pour épuiser les forces du malade; mais alors même ils établissent en précepte de ne point guérir complètement l'ulcère, afin de laisser pour l'affection principale un exutoire naturel. Enfin s'il arrivait qu'une maladie organique se déclarât après la guérison d'un ulcère, de telle sorte que l'on pût légitimement supposer que la suppression de l'un a déterminé l'invasion de l'autre , il faudrait se hâter de reproduire l'ulcération par l'application, sur la cicatrice, d'un vésicatoixs ou d'un caustique.

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