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TRAITEMENT

IL existe un grand nombre de moyens thérapeutiques recommandés par les auteurs pour la guérison de la brûlure. Bien que ces moyens, extrêmement variés, agissent, d'une manière très différente , tous cependant ont pour objet de remplir une indication qui leur est commune : prévenir le développement de la douleur et de l'inflammation dans les brûlures au premier ou au second degré 5 et, dans celles où il y a formation d'une eschare , diminuer l'intensité de ces accidents , et. modérer l'abondance de la suppuration , ou même en empêcher la production lorsque la portion désorganisée n'a que très peu d'étendue. Nous allons énumurer ces diverses sortes de traitement.

i° Parles corps gras, — Nombre de personnes sont dans l'usage de couvrir une brûlure qui vient d'être produite de linges enduits de cêrat ou trempés dans l'huile d'olive. Ce moyen ne peut certainement avoir, par luimême, aucun mauvais résultat*, mais il est insignifiant, et ne saurait produire aucun autre effet que de préserver les parties brûlées des frottements.

2° Par les échauffants. ■■ — Le feu a été employé presque de tout temps pour la guérison des brûlures. Les personnes qui, par état, sont exposées à se brûler fréquemment, les cuisiniers, les forgerons, les verriers, etc., exposent pendant quelque temps à l'action d'un feu vif la partie qui vient d'être brûlée. Nous avons vu souvent employer ce moyen. L'épiderme et le corps muqueux deviennent rugueux et racornis 5 mais, au demeurant, la douleur cesse , aucune inflammation ne se développe. Au bout de quelque temps , l'eschare se détache sans suppu-

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ration $ à la manière d'une production épidermique. Au reste, nous pensons qu'une nouvelle cautérisation ne peut convenir que dans les brûlures très peu étendues, de quelques lignes par exemple; et encore, dans ce cas-là même, ce moyen est-il tellement douloureux, que beaucoup de personnes n'oseraient l'employer.

Cependant M. Kentish , en Angleterre , a fait des échauffants un système complet de thérapeutique. Personne n'accorde de confiance aux théories émises par ce praticien ; mais toutefois on prétend que son mode de traitement compte de nombreux succès. M. Kentish expose de nouveau les brûlures au feu. Lorsque leur siège ne le permet pas,, il y fait de fréquentes lotions d'alcool rectifié, chauffé jusqu'à la température que peut endurerlemalade.il fait, pendant ce temps, usage à l'intérieur d'un traitement jstimulant pour élever l'ensemble de l'économie au même degré d'excitation que la partie brûlée. 11 abaisse ensuite peu à peu la température et le degré de concentration de l'alcool, et diminue progressivement l'excitation générale et locale. Il finit, lors de la période de suppuration, par traiter le malade par les anliphlogistiques.

Nous ne voyons pas quels avantages si grands on obtient de cette méthode, puisqu'en définitive, il faut passer par les différentes périodes d'irritation, d'inflammation et de suppuration, comme si la maladie était abandonnée à elle-même $ et , de plus , la vive excitation et la fièvre symptomatique que l'on détermine peuvent avoir les effets les plus funestes, sans que Ton voie clairement le bénéfice qui en résulte pour le malade. Quant à nous, il nous paraît que ce traitement est dangereux et de nature à causer des congestions funestes ; ou même , lorsque ce

premier effet n'a point lieu , il peut, en usant la sensibilité, hâter la période d'épuisement.

3° Par les réfrigérants. — De tout temps on a appliqué sur les parties brûlées des compresses trempées dans de l'eau très froide, ou des vessies remplies d'un mélange d'eau et de glace pilée. Nous avons vu plusieurs fois ce dernier moyen être suivi du plus grand succès, entre autres à l'Hôtel-Dieu, sur un jeune enfant qui avait eu toute la face brûlée par une déflagration de poudre. Les applications froides ne conviennent qu'à la tète et aux membres. Sur le bas-ventre et la poitrine, elles peuvent déterminer un frisson précurseur de quelque congestion viscérale. Il convient en outre de surveiller attentivement l'action de la glace, de peur qu'elle ne produise la congélation. Sous ce rapport, il est convenable de suspendre de temps à autre son emploi , et de la remplacer par des compresses imbibées d'eau froide. Les applications réfrigérantes sont un des meilleurs moyens dans les brûlures : lorsque celles-ci ne sont qu'au premier ou deuxième degré, elles font avorter la douleur et l'inflammation. Ordinairement la maladie se termine, dans le dernier cas, par la desquamation de l'épidémie sans vésication. Lorsque la brûlure a produit une eschare, si cette dernière est très limitée , elle sèche, et forme une croûte qui tombe après douze ou quinze jours. Mais, pour peu qu'elle ait , en étendue, au-delà d'un pouce carré , il y a nécessairement suppuration et détachement de l'eschare , comme pour toutes les ulcérations déterminées par les caustiques.

4° Par les astringents et répercussifs. — Les médicaments qui appartiennent à ces deux ordres sont ceux que, de tous temps, l'on a le plus employés dans le traitement

des brûlures. Ainsi nombre d'auteurs recommandent l'application de compresses trempées dans une faible solution d'alun, de sulfate de fer ou d'acétate de plomb. Cette dernière substance est également usitée à Fétat de pommade connue sous le nom de cérat de Goulard. Parmi les substances végétales, on se sert fréquemment de toutes celles qui contiennent de l'acide gallique ou du tannin, telles que la noix de galle, l'écorce de grenade, la racine de bistorte, l'écorce de chêne, etc., employées à froid, sous la forme de décoctions.

Tous ces moyens comptent de nombreux succès , employés immédiatement après une brûlure ; tous ont également pour objet de prévenir le développement de l'inflammation , lorsque la maladie n'a pas dépassé le second ou tout au plus le troisième degré. Ils ont alors fréquemment pour effet de faire avorter complètement la réaction inflammatoire. On facilite ce résultat en associant au^ astringents de légers narcotiques, tels que les feuilles de morelle ou les têtes de pavot. La nature nous offre dans la pomme-de-terre crue un moyen qui semble réunir ces diverses propriétés. Nous avons parlé, à propos des cataplasmes, de Temploi de cette substance râpée. Nous pouvons assurer en avoir fait usage un grand nombre de fois, et toujours avec beaucoup de succès. La seule précaution qu'il y ait à prendre pour obtenir le meilleur résultat possible est de renouveler la pulpe de pomme-cle-terre à mesure qu'elle se sèche.

Tels sont les divers traitements dont on fait usage pour les brûlures. Les deux meilleurs à notre avis sont ceux où l'on emploie les réfrigérants et les astringents. Mais quelle que soit la méthode que l'on ait cru devoir préférer, elle ne saurait être absolument curative qu'autant que la mala-

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die ne dépasse pas les trois premiers degrés. Dès que Peschare affecte le corps de la peau , et, à fortiori, à mesure qu'elle atteint plus profondément, les médicaments qui, dans les trois premiers degrés, pouvaient avoir pour effet de faire avorter l'inflammation et la douleur, ne peuvent plus ici qu'en modérer l'intensité : d'où il suit que , dans les brûlures des trois derniers degrés , les divers modes de traitement ne sauraient appartenir qu'aux deux premières périodes d'irritation et d'inflammation. Dès que s'établit la suppuration qui doit détacher les eschares, le seul traitement rationnel consiste à modérer l'inflammation par des cataplasmes émollients et anodyns, et par un traitement général antiphlogistique. C'est alors aussi que le chirurgien doit porter toute son attention à combattre la gastro-entérite qui accompagne les brûlures d'une certaine étendue.

A mesure que s'avance la période de suppuration , les eschares sont soulevées sous la forme de lambeaux 5 elles se détachent d'abord par la circonférence, et adhèrent plus long-temps par le centre. On doit abandonner leur expulsion complète à la nature, l'expérience ayant appris que les adhérences sont souvent formées par des vaisseaux ou des nerfs dont la section pourrait être suivie de vives douleurs ou d'hémorrhagie.

La période de suppuration est, en général, l'époque critique pour les malades dans les brûlures étendues. Beaucoup d'entre eux succombent soit par l'abondance de la suppuration en elle-même , soit en raison des complications qui accompagnent cette période, ou de l'épuisement dont eiie est suivie. Il nous est impossible d'entrer dans les diverses modifications de traitement que peuvent nécessiter ces divers accidents.

La période de cicatrisation n'exige pas moins que les au-

très toute l'attention du chirurgien. Dans les deux premiers degrés de la brûlure, la maladie se terminant par une simple dessiccation, il n'y a point, à proprement parler, de cicatrice ; dans le troisième degré, cette dernière laisse rarement des traces sensibles-, mais lorsqu'il y a eu des eschares profondes, elle tend, par le rapprochement forcé des bords de la plaie, à former des coutures étroites plus ou moins difformes, et à déterminer l'adhérence des parties contiguës, comme les doigts, par exemple, lorsque leurs faces correspondantes ont suppuré. Le but du chirurgien, dans la formation des cicatrices, doit être de combattre la tendance vicieuse des parties à se rapprocher, et, par leur écartement, de forcer la nature à remplacer la perte de substance par un tissu cutané accidentel. On emploie à cet effet la position, les bandages et les bandelettes agglutinatives.

La position doit être telle que îa peau soit maintenue dans un état de tension. Elle est d'autant plus nécessaire que les parties ont, par le fait de leur structure et par leurs mouvements habituels, plus de tendance à se rapprocher : tels sont, en particulier, les plis de flexions. Elle est moins utile au contraire dans les points peu mobiles et où la peau adhère aux parties subjacentes par un tissu cellulaire dense, comme sur les parois latérales des articulations ginglymoïdales. En général, les brûlures sur la face postérieure du cou et du tronc, et sur les faces des membres qui correspondent à l'extension, se guérissent d'elles-mêmes, sans froncement de la peau, la position deuii-fléchie. qui nous est naturelle dans l'état de repos, étant la plus favorable pour maintenir les téguments écartés.

Nous ne saurions entrer dans des détails concernant la construction des bandages propres aux brûlures, suivant

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leurs différents sièges *, nous ne croyons pas du reste qu'il soit nécessaire d'insister a ce sujet, rien n'étant plus facile que la construction d'un bandage, une fois que l'indication qu'il s'agit de remplir est connue.

Les bandelettes agglutinatives sont fréquemment employées, surtout lorsque la brûlure affecte des parties où l'on ne saurait obtenir aucun avantage de la position : telles sont en particulier les brûlures de la face. Mais dans ce cas on reproche aux bandelettes de ne s'opposer que faiblement à la force par laquelle les téguments tendent à se rapprocher. Nous pensons que cet inconvénient tient à la manière vicieuse dont on les emploie. En effet on les applique d'un bord à l'autre de la plaie en croisant sa surface. Évidemment la plaie, en se fronçant, doit entraîner avec elle la bandelette, dont les extrémités se replient vers le centre. Il est beaucoup plus rationnel de les poser en sens contraire. Supposons, par exemple, une brûlure delà partie inférieure de la joue : on s'opposera au rapprochement transversal par une ou plusieurs bandelettes qui, appliquées d'abord sur l'un des côtés de la plaie, passeront sur l'une et l'autre lèvres, sur la joue saine, derrière la nuque, et viendront s'accoler sur le côté opposé de la brûlure. On s'opposera également au rapprochement suivant le diamètre vertical par une série de bandelettes, les unes s'étendant du bord supérieur de la plaie sur la joue et la tempe , et les autres du bord inférieur de la brûlure sous la mâchoire et sur le cou. On conçoit qu'appliquées de cette manière les bandelettes agglutinatives s'opposent très efficacement au rapprochement des bords de la plaie. Nous pouvons assurer avoir obtenu plusieurs fois par ce moyen la formation de cicatrices larges et d'une surface unie.

ULCÈRES, 46û,

L'ulcère est une solution de continuité dans une partie quelconque, entretenue par une cause locale ou générale.

De ce que l'ulcère est toujours symptoma tique, il se distingue naturellement, sous ce rapport, des plaies, ces dernières étant toujours idiopathiques.Mais, d'après les auteurs, une autre différence bien caractéristique sépare ces deux sortes de lésions :1a plaie tend d'elle-même à se guérir, pourvu que l'on éloigne les causes d'irritation 5 tandis que l'ulcère ou reste stationnaire, ou envahit tant que l'on n'a point enlevé la cause qui l'entretenait •, d'où il suit que le traitement delà plaie sera plutôt mécanique et chirurgical , tandis que celui de l'ulcère se composera plus fréquemment de moyens empruntés à la médecine. Néanmoins, quelque soin que l'on mette à établir une définition rigoureuse qui sépare nettement l'ulcère de la plaie, il est bien difficile, en comprenant tous les cas particuliers, de poser une ligne de démarcation bien tranchée. C'est ainsi que, parmi les ulcères dont la cause est locale , il en est un grand nombre qui ne sont que des plaies anciennes long-temps irritées.

La nature de la cause locale ou générale permet de diviser les ulcères en deux grandes séries.

A la première appartiennent Y ulcère fistuleux , le calleux, le variqueux 3 le fongueux 3 le verruqueux , le vermineux , le cancroïde.

4fO ULCÈRES.

La deuxième série comprend Y ulcère scrophuleux , le syphilitique y le scorbutique, le dartre ux , le psorique, le cancéreux , le cachectique.

Tous ces ulcères peuvent être simples ou compliqués. L'ulcère est simple toutefois que, réduit à ses conditions propres, il ne présente d'autre danger que celui qui résulte de son existence marne sous l'influence de la cause qui l'entretient. L'ulcère est compliqué lorsqu'il s'y ajoute soit une maladie locale, telle que l'excès d'inflammation, la pouriture d'hôpital ou la gangrène 5 soit une maladie générale d'une nature quelconque.

Le siège des ulcères est sur les deux surfaces tégumeataires, la peau ou les membranes muqueuses : la peau peut présenter indifféremment des ulcères de toutes sortes, que leur cause, soit locale ou générale 5 mais les membranes muqueuses ne sont guère affectées que d'ulcères symptomatiques d'une cause générale.

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