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ULCÈRES PAR CAUSE INTERNE

Les différents ulcères vénériens, scrophuleux, dartreux, cancéreux, scorbutiques, etc., ont reçu ces noms variés en raison de ce que chacun d'eux est considéré comme étant un des symptômes d'une maladie spéciale. Leur traitement, d'à-

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près ce motif, est, comme nous l'avons vu, principalement du ressort de la médecine.

Les formes qu'affectent ces ulcères sont tellement variées que pour les faire connaître ii faudrait entreprendre l'histoire de chacune des affections auxquelles ils appartiennent. Ces différents ulcères cependant ne sont pas tou jours reconnaissantes à des caractères propres, et souvent il faut , pour distinguer leur nature, avoir recours aux signes commémoratifs. C'est ainsi que fréquemment, dans la pratique , tel chirurgien obtient par un traitement général et un régime convenable la prompte guérison d'un ulcère qui semblait incurable, abandonné aux soins d'un premier chirurgien qui l'avait traité comme une maladie locale.

Nous ne croyons pas devoir parler de ces diverses maladies, vu qu'elles ressortent de notre sujet -, nous le ferons d'autant moins que nous serions contraint d'aborder la question des virus, dont l'existence est aujourd'hui mise en doute par un grand nombre de praticiens.

A fiC ES.

Pris rigoureusement dans son ancienne acception chirurgicale , le mot abcès désigne toute collection de pus dans une cavité accidentelle. Toutefois on a récemment étendu sa signification aux collections formées dans un. point des grandes cavités naturelles et circonscrites par des adhérences , par opposition aux vastes épanchements qui occupent toute l'étendue de ces cavités. Ainsi la collection partielle formée dans un espace limité des plèvres, en. prenant le nom d'abcès , se trouve distinguée de l'empyème proprement dit.

L'abcès , quels que soient sa nature et son siège, est toujours le produit d'une inflammation, puisque cette cause est la seule qui puisse donner lieu à la sécrétion du pus. L'inflammation qui donne naissance à ce liquide a été appelée suppuratipe pour la distinguer des autres variétés qui se terminent par résolution , délitescence, etc.

Tout abcès présente trois périodes bien distinctes : dans la première, période d 'accroissement, le pus, à mesure qu'il est sécrété, se rassemble en un foyer commun, en écartant les tissus voisins. La seconde , nommée période d'état, est celle où l'abcès étant formé produit une tumeur qui gène plus ou moins l'exercice des fonctions. Si l'abcès est sous-cutané, la tumeur est proéminente et présente au toucher de

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la fluctuation. Enfin, dans la période de terminaison , ou "abcès est résorbé , et alors la maladie se termine par résolution , ou bien il tend par l'ulcération des parties qui l'avoisinent à se pratiquer une issue sur l'une des surfaces tégumentaires , ou dans l'intérieur des grandes cavités. L'art prévient le plus souvent l'ulcération naturelle pour les abcès superficiels. Cette pratique fait éviter l'inconvénient des dénudations qui précèdent l'ouverture de l'abcès , outre que la cicatrice linéaire qui succède à l'incision est à la fois plus solide et moins diiForme que celle qui se produit à la suite de l'ulcération spontanée.

Tous nos tissus peuvent être affectés d'inflammation suppurative ; mais ils ne sont pas tous également susceptibles d'offrir le pus rassemblé en collection -, une certaine laxité de tissu est nécessaire à cet égard. C'est ainsi que l'on a trouvé du pus disséminé en gouttelettes , mais non des abcès , dans l'épaisseur même des membranes séreuses et synoviales, des tissus fibreux, cartilagineux et osseux, dans la substance du cœur; on trouve au contraire assez fréquemment des abcès dans celles du cerveau, du foie. Il est douteux que le poumon présente de véritables abcès par écartement ou destruction d'une partie de son tissu. Enfin on en rencontre très fréquemment dans les glandes salivaires,les glandes mammaires , les reins, la prostate et les testicules, dans les ganglions lymphatiques, dans le tissu même de la peau. Quant aux cavités , il n'en est pas qui ne puissent présenter des abcès ou des épancliements purulents : telles sont les cavités séreuses, celles des synoviales articulaires et tendineuses, les cavités médullaires des os longs ; et parmi celles que tapissent des membranes muqueuses, le sac lacrymal, les sinus frontaux, maxillaires, sphénoïdaux, la caisse du tympan et les cellulles mastoïdienes. Quant aux

surfaces mêmes des membranes muqueuses, le pus, y trouvant une issue libre, ne saurait se rassembler en foyer.

Mais de toutes les parties de notre organisation le tissu cellulaire est incomparablement celui dans lequel se forment le plus grand nombre de foyers purulents. Leur fréquence est telle, que l'on s'est demandé si le tissu cellulaire n'était pas le siège unique des abcès, et si l'on ne devait pas considérer comme dus à cet élément générateur de toute aggrégation organique les foyers purulents que l'on rencontre dans la substance des viscères. Quoi qu'il en soit de cette opinion , en ne considérant comme abcès du tissu cellulaire que ceux qui se développent dans les points où il existe seul, ces abcès, tant aux membres qu'aux parois des cavités splanchniques, étant principalement ceux que le chirurgien est appelé à soigner, c'est d'eux surtout que nous allons avoir à nous occuper.

Les abcès du tissu cellulaire diffèrent entre eux sous le rapport de la situation. Les plus communs sont les abcès sous-cutanés. Ceux-ci , en raison de la saillie qu'ils forment, et des phénomènes inflammatoires qui les accompagnent, sont toujours assez faciles à reconnaître. Il n'en est pas de même des abcès profondément situés aux membres, sous les aponévroses et entre les muscles. A la poitrine, le siège le plus ordinaire des abcès extérieurs à cette cavité est la région axilïaire; il s'en trouve aussi fréquemment entre les muscles pectoraux et sous l'omoplate 5 audedans, les abcès se rencontrent dans l'intervalle des mé-

diastins. A l'abdomen, la région inguinale est le siège le plus ordinaire des abcès superficiels, et la région Joqi-

baire celui des abcès profonds.

Aux abcès superficiels se rapportent encore ceux du tissu

sous-muqueux. On sait combien, dans les angines, sont

communes ces sortes de collections au pharynx et aux amygdales. On en rencontre aussi quelquefois à l'estomac et à Sa vessie. Placés entre les membranes muqueuse et musculaire , ces abcès tendent à se faire jour le plus ordinairement sur la surface muqueuse, mais quelquefois à la peau, lorsque leur siège le permet : c'est ainsi que les abcès du pharynx s'ouvrent quelquefois sur les parties latérales et supérieures du cou.

Considérés sous le rapport de leur aetiologie, on distingue les abcès en idiopathiques , symptomatiques et sympathiques, M. Roux a cru devoir établir un dernier genre j qu'il nomme constitutionnels.

D'après le temps que chacun de ces abcès met à parcourir ses périodes, on les a distingués en aigus > chauds on phlegmoneux, et en chroniques ou froids.

ABCÈS IDIOPATHIQUES.

On nomme ainsi toute collection purulente développée accidentellement, et indépendante de toute autre maladie.

La formation des abcès n'étant qu'une des terminaisons de l'inflammation, toute cause capable de produire cette dernière est par cela même susceptible de donner lieu au développement des abcès : telles sont , pour les parties situées superficiellement, une contusion, une blessure quelconque i le frottement prolongé de Corps durs , etc.

D'après la fréquence de ces sortes d'accidents , on concevra que l'abcès idiopathique superficiel est celui qui se rencontre le plus souvent -, il n'est pas toujours aussi facile de déterminer la cause de ceux qui sont situés profondé" ment*

ABCÈS SYMPTOMATJLQUES.

Ce sont ceux qui reconnaissent pour cause première l'existence d'une autre maladie. On en distingue de plusieurs sortes. i° Les uns sont produits par la présence de corps étrangers solides ou liquides. De ces corps étrangers , les uns proviennent du dehors : tels sont des projectiles, des portions de vêtements, upe épine, une écharde, toute espèce de corps solides avalés ou introduits par les ouvertures naturelles, des injections irritantes, etc. J^es autres ont appartenu à notre organisation, ou sont sortis des cavités OR des vaisseaux destinés à les contenir. Cette dernière série de corps étrangers est très nombreuse. Tels sont, parmi les corps solides et mous, les esquille^ détachées des os, lés calculs biliaires, intestinaux, v.ésicaux, les matières fécales et alimentaires épanchées, soit dans l'abdomen , soit à la marge de l'anus % etc. : et parmi les liquides, la salive, le lait, la bile, Furine, le sangim-mê-me, etc., qui donnent lieu à autant d abcès de nature différente, et dans le détail desquels il serait trop long d'entrer,

2° D autres sont consécutifs à une autre inflammation , quelle que soit du reste la manière dont celle-ci se termine. Tels sont les abcès des parois thoraciques après une pleurésie, ou des parois abdominales après une péritonite ; ceux qui se forment aux joues, dans les odontalgies, dans le voisinage des muscles affectés de rhumatisme , autour des articulations dont la synoviale est enflammée, etc.

5° Il est très commun que des abcès soient le symptôme d'une nécrose ou d'une carie. Leur marche est presque toujours chronique ; c'est sous ce chef que se rangent les abcès par congestion!

4° Enfin nous considérons comme abcès symptomatiqucs et non sympathiques, comme on les a décrits, ceux qui se développent dans une partie par continuité de tissu, ou, en d'autres termes, par propagation de l'inflammation. Tels sont les abcès qui surviennent au pli du bras ou à l'aisselle après une piqûre aux doigts, les abcès inguinaux ou bubons consécutifs soit à une irritation dans un point quelconque du membre inférieur, soit à une blennorrhagie , etc. Il serait facile de multiplier à l'infini les citations de ce genre.

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