‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 110 sur 142 · DES EXTRAITS PAR DÉCOCTION · texte numérisé non relu

DES EXTRAITS PAR DÉCOCTION

Ils sont nombreux et peuvent se tirer de presque toute plante sèche ou fraîche. A beaucoup d'égards, in diffèrent des extraits des suCs1; car, dans les végétaux secs, les principes sont en un autre état de combinaison qu'étant frais. La dessication y produit une sorte de maturation; plusieurs parties volatiles se dissipent, d'autres s'oxydent; l'albumine végétale devient insoluble avec le tannin; des acides réagissent sur le parenchyme vert, et s'y combinent.

Il est certain qu'une décoction prolongée noircit les extraits, \ei chârbbne, rend plus sèche, plus cassante leur substance, et décompose une grande partie du corps muqueux. De là vient qu'une portion de l'extrait perd de sa solubilité, et se précipite en pellicules. Les extraits de racines ou d'écorces déposent cette combinaison de tannin et d'albumine que M. Vauquelin y a trouvée; car, en perdant par l'ébullition une partie des acides qui la tenaient en dissolution, tels que l'acide gallique, et du corps niuqueux qui la divisait, elle se dépose en couches sur les parois des vases , comme on le remarque en faisant les extraits de quinquina. L'on prenait jadis ce dépôt pour une sorte de résine, quoiqu'elle ne soit pas soluble dans l'alcool. L'oxygène atmosphérique, ou celui de l'eau, ayant parla chaleur plus d'affinité pour le carbone que pour l'hydrogène qu'il préfère dans les basses températures, il change les combinaisons végétales les plus délicates. On doit donc préparer les extraits par la moindre chaleur possible, et même en vaisseaux clos. Cela est si manifeste, que de l'extrait de ciguë fait à une

EXTRAITS GOMMfiUX. 3i3

chaleur assez forte peut être mangé à haute dose sans incon*. vénient. , . .. f

La plupart des extraits, obtenus surtout avec des plantes en sève , contiennent des sels végétaux, et notamment des maîates et acétates de potasse et de chaux, sels déliquescensr attirant une humidité qui fait moisir et gâter les extraits. Il est nécessaire de les tenir dans un vase bien fermé. Lorsqu'on les délaie dans quelques potions, leurs sels y produisent souvent des décompositions que l'habile pharmacien doit prévoir et connaître. Par exemple, avec le tartrate de potasse neutre, plu-r sieurs extraits donnent du tartrate de chaux. Plus les extraits sont préparés par forte décoction et chaleur, plus il s'y produit de l'acide acétique.

Les extraits se combinent avec les oxydes d'étàin, s'unissent à la chaux, à l'alumine , précipent le fer éti Vert. On doit, autant qu'il se peut, les écarter de toutes ces substances.

On tire les extraits savonneux de saponaire , de garance , de salsepareille, de houblon, de fumeterre, de scabieuse, de, pissenlit, etc., par décoction de ces plantes sèches : leur dose, est depuis 9 j jusqu'à 5 fi qu plus. Leurs propriétés sont çejles de la plante, mais plus actives. On peut aussi .prendre le6 sucs dépurés de quelques-unes de ces plantes pour former çes extraits.

Les extraits <.< v. Mil \ si/grés de racines de réglisèe^ d& galéga , de polypode , de chiendent > ôni- les vertus de cos plantes. Leur dose est de 5 ij ou plus. - L'extrait <oé smc(d&réi\ glisse noir, en magdaléons, de i à 2 décimètres ( 4 à 6 pouces ), est envoyé d'Espagne, enveloppé dans des jfeuilles de laurier Il est, sec, assez fragile , dTun saveur douceâtre^<aveç;de i'acreté, et souvent un goût de brûlé, parce qu'il a/jçté- mal préparé^ Comme, on le fait dans des chaudières de, cuivre, les spatules de fer avec lesquelles on l'agite, en râclent des paillettes q*H s'incorporent dans cet extrait, et s'y trouvent jusqu'à 8 grammes sur 5oo (3 ij par ftj ). On le purifie en le faisant dissoudre dans de l'eau froide; on le passe, et on le rapproche ^sur, un feu ménagé. L'on peut ajouter à cet extrait purifié, pu une décoction de jujubes, ou de la gomme, ou d'autres corps doux et sucrés, pour le rendre plus agréable. On l'aromatise avec l'huile d'anis, ou de citron, ou de roses, ou la vanille, l'ambre, etc. Mais si l'on prépare soi-même l'extrait de réglisse avec des racines ratissées, incisées, macérées à froid dans l'eau, on obtient un beau suc de couleur du succin, de saveur douce, sans âcreté. Il sert pour la teinture de F uller et autres préparations; il se

3i4 EXTRAITS PÛRGÀTIFS.

découpe eu petits morceaux. On le prend comme adoucissant' dans les affections de la poitrine, des reins, de la vessie, les dartres, etc. ' •

Les extraits amers toniques sont ceux de quinquina, de chamœpitys , de petite centaurée , de gentiane , de chamœdrys , de mille-feuilles , de chardon-bénit , ài absinthe, etc. Ils ont les qualités de leurs végétaux, mais sont plus actifs.

L1 extrait d'absinthe se prépare avec les sommités sécliées de rande absinthe, qu'on infuse, pendant »4 heures, dans de eau bouillante. On passe et on réduit en extrait à la manière ordinaire : il en est ainsi des plantes qui précèdent. On les prend depuis 9 j jusqu'à 3 j ( i à 4 granit)* Ceux de domptevenin et de petite centaurée contiennent du soufre.

Quant à l 'extrait de quinquina , le Codex prescrit de faire bouillir 6 kilogrammes (nft) d'eau sur i kilogramme (îbij) de quinquina concassé, pendant un quart-d'heure. On passe; on jette surle résidu huit livres ou quatre kilogrammes encore d?leau qu'on fait bouillir un quart-d'heure. Les deux liqueurs réunies, passées à la chausse, sont réduites en extrait au bainmarie, en agitant continuellement. Il en résulte un extrait mou qui contient tbus les princi^ès'du' quinquina; il faut le faire à grande eau et filtrer les liqueurs avant de les évaporer.

Les extraits aromatiques stomachiques sonl, ceux de canm mille, d'armoise, d'aristoloche ronde , de petite galanga, de scordium, de valériane , d'année, de zédoaire, etc. Le safran donne les trois quarts de sa substance en extrait gommeux. Sa dose est de a à 4 grains. On prend les autres à une dose double : ils sont fofr-t actifs et résineux.

f 'Lés extraits ^uroatifs sont ceux de séné, de rhubarbe (')> d'ellébore nàir';ld' agaric, dé coloquinte, etc. Faits par infusion-, ils sont préférables à ceux tirés par ébullition : ils contiennent de la résine. On verse, par exemple, sur une livre de rhubarbe concassée , quatre livres d'eau froide qu'on laisse macérer 5*4 heurtes, en agitant de temps en temps; on pas^e; on verse de nouvelle eau sur le résidu. Cette seconde macération fournit autant de liquide que la première ; on mêle ces liquides qu'on évapore en extrait après les avoir passés à la chausse. Le Codex prescrit la même méthode pour les extraits de racines de réglisse, d'aunée, de patience, de valériane, de gentiane ; pour les fleurs du narcisse des prés, les fruits de

coloquinte , le séné, les follicules et l'agaric blanc.

À") Les extraits de rhubarbe, d'aloès, de safran» d'absinthe, etc. , sont savonneux , soluble? dans Palcool comme dans Veau.

EXTRAITS SEGS.

Le se'né et la rhubarbe fournissent moitié de leur poids1 d'extrait, qu'on doit aussi prescrire à moitié dose de ces végétaux1. Les autres, comme l'ellébore, l'agaric, la coloquinte, Fournissent le quart d'extractif, qui est résineux, drastique, et ne doit pas s'employer seul. L'extrait de coloquinte doit se débarrasser par une seconde solution et filtration de son excès de résine. Leur dose est depuis 6 grains jusqu'à 18, en pilules. Le séné, la coloquinte, fournissent ensuite, par ébullition, un mucilage inerte.

Les Heurs de coquelicot sèches fournissent moitié de leur poids d'extrait pectoral, adoucissant. Les testes xle pavot blanc, sans graines, donnent un quart d'extrait par décoction. Par l'infusion prolongée^ on obtient' un huitièma d extrait plus pur et plus actif que le premier, qui ressemble davantage au laudanum dans ses effets, et dont la dose est la même; mais l'extrait par décoction se prend à double dose.

De V extrait panchymagogiie. ,

C'est une réunion de plusieurs extraits faits en même temps, auxquels pu incorpore des. pottdres.

If Coloquinte mondée de ses semën'cés, g'amm. '5 f 6-

Séné mondé. . . ... . . • \*>.\«-v» t.. v»» , nlftfl , . I

Hacine. Ellébore uoir.. . . . . } rt «4 B'""»- Pi- Agaric.' 3» gramm. W. Scammouéc en poudre. *'V/;lc . .. ' . i> 5a gratrim. Extrait d'aloèa ....... 64 gramm. i ij. ,

Xoùdt * diarhodon.. v« * ' ■> 3a gréfctn! $ ). * > > '

On' fait digérer au bain-wa^ie/dins l'eau , à6o°, Tèîlél)orc, la coloquinte, lè séné et -l'agaric, pendait deux jours ; on passe l'infiisum; On fait bouillir dé 'nouvelle' eau* sur le résidu ; on passe avec expression; Les liqueurs réunies, clarifiées et concentrées en consistance^ miel^ on y incorpore les poudres de scammonée, d'extrait d'aloès-, de diarhodon , lorsque Tex-.' trait est refroidi. On dessèche 1# tout ad bain-marié. C'est un violent hydragogue et drastique, usité dans les maladies lymphatiques, l'hydropisie , tes empâtemens. Sa dose est de 12 h 18 grains en pilules. Panàiymagogue signifie qui pur£e' toutes

les humeurs. • •

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