‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 111 sur 142 · DES EXTRAITS SECS PAR MACÉRATION A FUOID · texte numérisé non relu

DES EXTRAITS SECS PAR MACÉRATION A FUOID

Ceux-ci, formés par le procédé de La Garaye, se distinguent de ceux tirés par ébullition , qui sont plus chargés en principes et plus bruns ( Voyez 1 article des Extraits , p. 9.90 ). En effet, la macération ne dissolvant guère que le principe gommeux extractif et les sels plus solubles, on obtient un. extrait

3i6 EXTRAITS RÉSINEUX, etc.

plus pur ou moins résineux, demi-transparent, et qui s'humecte à l'air. On n'emploie plus les moussoirs horizontaux de La Garaye et la machine qui les faisait mouvoir, pour extraire plus vite les principes des corps en macération; il vaut mieux obtenir des liquides chargés de matière extractive , par le moyen du filtre-presse de M: Réal (décrit p. 1 17, note 3). On évapore au bain-marie jusqu'au huitième , ou en consistance sirupeuse, et ensuite on met desséchera l'étuve ou au soleil, sur des assiettes plates de faïence. L'extrait se réduit en écailles brillantes, que l'on conserve bien sèches dans un flacon fermé.

U extrait sec de quinquina ainsi préparé, en mettant d'abord 6kilog. d'eau froide sur 5 kilogrammes de quinquina concassé, ensuite 4 kilogrammes d'autre eau froide sur le résidu; en agitant de temps en temps, selon La Garaye, est moins tonique et moins fébrifuge que l'extrait ordinaire ou la poudre de cette écorce; mais il a des qualités plus douces et plus utiles pour les personnes délicates. Cet extrait sec conserve peu de kinate de cinchonine et beaucoup de kinate de chaux; il est peu fébrifuge. Jl tient la gomme, les matières colorantes; mais trèspeu de sel cinchonique et de quinine. Sa dose est de ta à 36 grains. On forme de même des extraits secs de réglisse (qui est fort agréable), de pareira-brava , de rhubarbe, de séné, de fumeterre •> d'ognons , etc. Quoique tombés en désuétude, ces extraits méritent encore d'être employés.

Des extraits résineux obtenus par des menstrues spiritueux»

Quoiqu'on emploie de l'alcool pour ces extraits, il n'est pas tellement rectifié qu'il ne dissolve aucune substance gommeuse et extractive, avec la résine. Mais si -l'on emploie de l'éther , l'on retire de la résine plus pure. Il est vrai qu'on l'obtient aussi plus difficilement et en njoindre quantité, parce que toute celle qui est trop enveloppée par les matières végétales, n'est point extraite par ce menstrue. Baumé a extrait, au moyen de lether, des résines vertes de la pariétaire, de la mercuriale, delà morelle, des feuilles de violettes, de plantain, de chardon-bénit, et de la résine brune de la pulpe de casse. Ces résines se sé-

Earent de l'éther, moins par son mélange avec IVau, que par ^distillation ou l'évaporation qui laisse à sec ces résines. Aucune n'est encore usitée.

Extrait d'ipécacuanha, dit émétine colorée, selon le procédé

de J. Pelletier.

y il arme d'ipécacuanha en poudre, sans

le médilullium ligneux 3a granim. $ j.

Eiher sulfurique (de 5o à 6o° Baumé). 64 gramm. 3 ij.

EXTRAITS ALCOOLIQUES, etc. 317

Faites macérer la poudre dans cet éther en un flacon bouché; et pour ne pas perdre cet éther, on le sépare au moyen de la distillation; alors, on broie de nouveau la poudre, et on la fait macérer d'abord ; puis on la fait bouillir dans

Alcool (de 3o à 4o° Baume). . . . 128 gramm. 3 iv.

On passe la liqueur; le résidu est mis à macérer et ensuite bouillir dans du nouvel alcool, pour l'épuiser et afin qu'il ne fournisse plus rien.

On mêle les liqueurs alcooliques qu'on distille à siccité. On obtient un extrait alcoolique qu'on fait macérer dans de l'eau distillée froide, en suffisante quantité pour qu'elle en sépare tout ce qui est soluble. Cette dissolution aqueuse est filtrée et évaporée à siccité.

C'est cet extrait aqueux , d'un extrait alcoolique qu'on nomme émétine, qui lait tantôt le 0,16 ou le o,i4, tantôt un 6« ou un 7e de la racine d'ipécacuanha. On l'emploie en médecine , comme vomitive, à la dose de 3 à 4 grains; elle remplace fort bien l'ipécacuanha , et n'a presque pas de saveur. Quoiqu'on puisse la considérer comme pure pour les usages de la médecine, il est certain qu'elle conserve encore environ 0,00 5 d'acide gallique qu'on pourrait enlever par une analyse plus exacte.

Parvenue au plus grand état de pureté, en la traitant par la magnésie caustique, l'émétine devient blanche à la manière des alcalis organiques; mais alors son activité est extrême et même susceptible de causer des accidens d'empoisonnement,

La cephœlis tient 0,16 d'émétine, la psjchotria 0,1 4-

Extrait alcoolique de quinquina.

Tfi Teinture alcoolique saturée de quinquina,

faite avec eau-de-vie à 22° Baumé. . Q. v.

Distillez au bain-marie l'alcool > aux trois quarts, et ensuite évaporez le résidu à l'état d'extrait sec que vous conserverez en des vases bien fermés; on peut faire ainsi les extraits de plusieurs espèces de quinquinas , et de la racine de ratanliia.

Les extraits alcooliques de quinquina contiennent bien tous les principes actifs de cette écorce , tels que la quinine et la cinchonine , avec les matières colorantes et un peu de ma^ tières grasses; mais ils ne contiennent ni kinate de chaux, ni gomme, ni amidon, etc. surtout si ces extraits sont préparés avec un alcool plus fort que celui indiqué ici par le Codex,

Extrait alcoolique de noix vomique.

y Noix voroiques râpées. . . 5o gramm. §jfi3j. Alcool à 3*° Baumé. ... Q. s.

3io EXTRAITS ALCOOLIQUES, etc.

Faites ciwufter pendant a4 heures dans une cucurbite Fermée, passez au Manchet, et exprimez le re'sidu à la presse ; sur ce résidu versez

Autre alcool à B*i°. ... Q. s.

Faites de même que pour la première opération , mêlez les liqueurs, tirez par la distillation les trois quarts de l'alcool, et formez un extrait du résidu. L'alcool retiré ne doit servir que pour un pareil emploi ; car il serait nuisible pris à 1 intérieur. On emploie l'extrait de noix vomique, d'après M. Fouquier , à l'intérieur, à la dose d'un quart ou d'un demi-grain, et ensuite davantage , pour exciter des contractions nerveuses chez les paralytiques. Mais cette médication ne paraît pas sans danger, et a été peu à peu négligée.

Extrait sec alcoolique de noix vomique.

D'abord on prend ce qu'on veut de noix vomique râpée qu'on soumet à l'action de l'alcool à 4°°, alcool qu'on renouvelle jusqu'à ce qu'il n'enlève plus rien à cette râpure. On évapore dans une cornue pour ne pas perdre l'alcool distillé par ce moyen, et qui peut servir à d'autres opérations. On obtient un extrait.

Si au lieu d'alcool si rectifié , on prend de l'alcool à 36°, l'extrait est bien moins actif; mais on l'obtient sec de la manière suivante selon M. Magendie.

Faites dissoudre dans de l'eau ce dernier extrait alcoolique; filtrez, puis évaporez sur des assiettes, comme pour obtenir les extraits secs de quinquina.

Cet extrait est un poison dangereux qui cause des secousses tétaniques violentes, même aux paralytiques; il suffit de commencer par la dose d'un grain, en pilules, avec précaution.

Strychnine obtenue selon le procédé de M. Henry.

On traite à plusieurs reprises par l'eau , dans un vase clos , la noix vomique pulvérisée. On réunit les décoctions qu'on évapore en consistance de sirop épais; on y ajoute de la chaux vive en un léger excès. Il se forme un igasurate calcaire insoluble (avec l'acide igasurique) qui se prend en masse gélatineuse avec la matière extractive. Après quelque repos, traitez la masse par de l'alcool à 38° chaud; la strychnine s'y dissout avec une matière colorante. On épuise par unè seconde quantité d'alcool les matières jusqu'à ce qu'on ait enlevé leur amertume, et on soumet le marc à la presse. Tout l'alcool est distillé au bain-marie ; il reste au fond de la cucurbite un liquide très-coloré et il se précipite des cristaux brillans dé strychnine,

EXTRAITS ALCOOLIQUES, etc. àûj

encore salis par des matières colorantes et huileuses. On peut la purifier par l'alcool, mais il est plus expéditif de la combiner à de l'acide nitrique très-étendu d'eau. S'il était trop en excès, ou concentré, il colorerait en rouge de sang la strychnine. Le nitrate de strychnine formé est très-soluble ; il doit être concentré, purifié par le charbon animal. Ge sel se crystaUise par le refroidissement des solutions. Pour en retirer la strychnine pure, on décompose ce nitrate par de l'ammoniaque dont on ajoute un léger excès. La strychnine se précipite en poudre blanche. Il faut très-peu d'eau si l'on ne veut pas que la strychnine s'y dissolve en partie.

Les eaux-mères contiennent encore de la strychnine colorée. On peut les traiter de même par de l'acide nitrique, ou par de la chaux vive pour saturer l'acide igasurique et précipiter la strychnine rendue soluble par les matières extractives qui l'accompagnent. ( Voyez Journal de Pharmacie , septembre 1822, p. 4oi etsuiv.)

Les résines extractives par l'alcool s'obtiennent en faisant digérer le végétal résineux en poudre dans six à huit fois son volume d'esprit-de-vin, en agitant de temps en temps. On décante la teinture, on ajoute de nouvel alcool; la seconde et même une troisième digestion est nécessaire. Les teintures filtrées, réunies, on distille au bain-marie jusqu'aux trois quarts; Je résidu se mêle à vingt ou trente fois son volume d'eau pure pour précipiter la résine. Le dépôt formé, on décante l'eau, et on le fait sécher. C'est ainsi qu'on obtient la résine de jalap , qu'on peut encore dissoudre dans l'alcool et purifier de nouveau, selon le Codex ; mais M. Planche donne une méthode pour obtenir cette résine plus pure. 11 épuise d'abord par la macération aqueuse à froid toutes les parties solubles de la racine de jalap contusée, dont on peut former un extrait aqueux, légèrement sucré et acidulé, déliquescent. Le marc^est pilé en un mortier ; une partie de sa résine s'attache au pilon, en ajoutant de l'eau. On sépare cette résine, qu'on agite dans l'eau froide; l'on dissout ensuite dans trois fois son poids d'alcool chaud. On obtient une belle résine demi-transparente, jaune verdâtre ; si l'on n'emploie que l'intérieur du jalap, sans son écorce brune, on obtient par le même procédé une résine presque blanche, car c'est l'écorce qui en donne une colorée en brun, et moins active. Cette racine contient jusqu'à un tiers de résine. C'est un violent purgatif, drastique, très-acre, qui se prend depuis 6 grains jusqu'à 16. On le divise dans du sucre , ou du jaune d'oeuf, ou des poudres, des potions, etc.

La résine de jalap précipitée par l'eau , de sa teinture con-

3*o EXTRAITS GOMMO-RÉSINEUX , etc.

centrée, contient encore une portion d'extractif qui la rend molle comme la térébenthine; c'est pourquoi il est utile de la lavera grande eau pour en séparer l'extrait , et ensuite on la dessèche à l'étuve. Ce lavage est d'autant plus nécessaire, qu'on s'est servi d'alcool moins déphlegmé. Si l'on traite, par l'ébullition dans l'eau, du jalap qui a été digéré dans l'alcool, il fournit un extrait gommeux cmi tient encore un peu de résine, mais il est bien moins purgatif. On l'emploie jusqu'à 5 fi.

On obtient les résines extr actives de scammonée , de turbith végétal, de coloquinte , de gayac, etc., par le même procédé avec l'alcool. A l'exception de celle de gayac , elles sont de puissans hydragogues dans l'hydropisie et autres maladies. On les prend à la même dose et de la même manière ( Boulduc, Mém, acad.Sc, 170 1 , page 16). Toutes sont très irritantes et acres; en les pulvérisant, leur poudre affecte les yeux, le nez et la gorge.

L'on peut séparer les résines de quinquina et des autres écorces ou racines, comme celle de jalap, excepté par le procédé de M. Planche, qui ne leur serait pas applicable.

Des extraits gommo-résineux par le vin , ou par les menstrues

aqueux et alcooliques.

Il y a des substances qui se dissolvent également bien dans l'eau et dans l'alcool ; tels sont les principes colorans du safran, de la cochenille, du café rôti , des racines qui fournissent les brunitures ou pieds de couleur, etc. Ce sont des extraits gommo-résineux, de nature particulière.

/ Les extraits préparés par le vin sont de plusieurs sortes. On tire ainsi un extrait vineux d'absinthe avec

Absinthe récente incisée. . . 1 ~ M

Vin rouge ) B

Eau. Q. s.

On fait bouillir le tout pendant trente minutes, on passe avec expression ; le marc est soumis à une seconde ébullition avec de l'eau. Les décoctum réunis, on évapore en consistance d'extrait, lequel sert pour la composition des -pilules balsamiques de Stahl. Les extraits vineux de chardon-bcnit, de fu~ meterre , se font de même.

U extrait vineux et alcoolique d'ellébore noir de Bâcher se prépare avec la racine d'helleborus hjemalis L. , ou Ykelleb. niger, concassée, 5oo grammes ou Ifej. ; on verse dessus quatre fois son poids d'eâu-de-vie à ao°, avec a5o grammes de solu-

CONSE1WES, etc. 3*i »

iioïi de souscarhonate de potasse ('). Après vingt-quatre heures de digestion, Ton décante la liqueur; on verse sur le marc environ une ou deux livres de vin blanc du Rhin ou de Grave. Cette infusion, après quarante-huit heures, se passe avec expression, se mêle à la première liqueur, et doit être évaporée en consistance d'extrait. Celui-ci attire l'humidité et ne sert que pour des pilules (Voyez Pilules toniques de Bâcher). La potasse agissant sur la résine de l'ellébore , en corrige beaucoup la violence et l'âcreté. L'extrait alcoolique pour les pilules catholiques (ou universelles oupanchymagôgues) deKudius, est résino-gommeux, aromatique.

Page 1