DE QUELQUES EXTRAITS ANIMAUX
Le fiel de bœuf délayé dans une quantité d'eau égale à son poids, puis bouilli, despumé, passé, et enfin épaissi sur un feu doux, forme un extrait stomachique, convenable contre les obstructions; il se prend en pilules de 4 a H grains, deux fois le jour.
La frangipane se fait en desséchant le lait au bain-mai ie; le sucre de lait existe dans ce composé, ainsi que la partie butyr reuse et caséeuse. On prépare un extrait d'urine pour obtenir
11 * uree.
Le sang de bouquetin desséché et pulvérisé Remployait jadis comme antipleurétique, etc.
Extrait alcoolique de cantharides , du Codex.
y Teinture de cantharides saturée faite ayee
de Falcool faible ( à ao ou ii° Baume ). . Q. v.
Distillez au bain-uiarie , aux trois quarts et même davantage; ensuite évaporez au même bain pour obtenir un extrait fort vésicant en application sur la peau II faut avoir soin de ne point se servir de l'alcool obtenu par distillation , qu'à* un nouvel emploi sur des cantharides, car il retient des principes vésicans. L'alcool faible dissout plus de ces principes vésicans des cantharides qu'un alcool trop concentré.
DES CONSERVES, CONDITS, CONFITURES, TABLETTES, PASTILLES, PATES > etc.
Ces médicamens se distinguent de tous les autres, en ce qu'ils contiennent une grande quantité de sucre qui les rend agréables à prendre. L'intention de ceux qui les inventèrent
■>■■■■■■■' 1i.il! ■ ■
») Liqueur de nitre fixé , on huile de tartre par défaillance , contenant moitié de son poids, ou ia5 grammes de souscarbonate de potasse.
3^2 CONSERVES, etc.
fut de garantir de la fermentation et de la décomposition les substances médicinales par le moyen du sucre. Les anciens ne connaissaient que quelques condits au miel et au sapa.
Les conserves contiennent le double au moins de sucre des substances qu'on veut conserver. Elles ont une consistance molle «omme les électuaires. On était jadis dans l'usage de les préparer par la cuite du sucre à la plume. On préfère maintenant de les faire à froid avec le sucre en poudre. On employait aussi les substances végétales à l'état de pulpes ; maintenant Ton préfère les poudres de ces substances desséchées. Nous en dirons les raisons ci-après.
Ce qu'on appelle condits ou confitures est bien analogue aux conserves ; mais on emploie d'ordinaire des fruits ou d'autres parties nutritives des végétaux. La plupart des confitures se préparent par la cuite du sucre; elles sont plutôt des mets agréables que des médicainens, ou servent dans l'un et l'autre cas, comme celles de groseilles, etc. Nous avons laissé à l'article des Bobs les gelées de fruits unies au sucre ; car quoique ce soient aussi des confitures, elles se rapportent aux robsque les anciens combinaient toujours avec des matières sucrées.
Nous donnons le nom de condits aux tiges confites d'angélique, aux fruits confits et secs, aux pénides, au sucre d'orge; et le mot de confitures s'appliquera plutôt aux condits mous , comme les marmelades et les confitures proprement dites.
Les tablettes et les pastilles sont des médicamens sucrés secs; il y en a de beaucoup d'espèces. Les unes se composent d'un assez grand nombre de médicamens, et sont peu agréables au goût; plusieurs sont même purgatives. Ce sont des sortes d'electuaires solides. On les fait ou à froid ou par la cuite du sucre, avec les précautions indiquées en leur lieu; quoique la proportion du sucre n'y soit pas fixée, celles faites à froid en contiennent davantage.
Les tablettes simples ou avec un seul médicament portent souvent le nom de pastilles; on les prépare aussi par la cuite du sucre, ou plus fréquemment à froid et à l'aide d'un mucilage, pour incorporer les poudres. On les aromatise aussi pour l'ordinaire. Le mot tablette, qui vient de tabula, désigne la forme de petite table qu'on leur donne, car c'est une pâte qu'on étend en galette et qu'on découpe de diverses manières. Les morceaux desséchés sont secs et cassans. S'ils ont la forme de petites roues épaisses, ils prennent le nom de rotules (à rotd). On les nomme encore morsulis (à morsu) , parce qu'on les met fondre dans la bouche en les mâchant. Le nom de pastille dérive de posta, pastilla, petite portion de pâte.
CONSERVES. 3a3
Les pâtes sucrées diffèrent des 'tablettes par leur consistance un peu molle, et parce qu'elles contiennent moins de sucre que d'autres substances. On les prépare toujours aussi à l'aide de la chaleur. Elles doivent avoir la consistance de la pâte de pain , et viennent du mot grec Elles ont pour base,
outre le sucre, de la gomme ou des fécules délayées avec des infusums ou décoctums émolliens.