CHOCOLAT
les partions de l'arille qui restent; enfin on monde ces amandes une à une sur une table, et même on enlève leur germe, qui est ligneu*- et se pile mal. Ce germe a aussi l'inconvénient de donner Une saveur plus âpre au chocolat; car les germes des semences sont leur partie la plus sapide et h plus active.
Ces amandes nettes sont jetées de nouveau dans une marmite en fer, chauffée ; et on les agite pour qu'elles ne brûlent pas. On les vanne vivement , et encore chaudes, pour les mieux nettoyer; on les pile dans un mortier de fer bien chauffé avec de la braise ardente qu'on y a mise , et après l'avoir essuyé. On ne remplit qu'aux deux tiers de cacao. Lorsque l'action du pilon a réduit celui-ci en pâte; et quë le pilon s'y enfonce par son seul poids , on la met refroidir sur un papier ou un marbre.
Il s'agit alors de faire le chocolat. On â une pierre à broyer ou porphyre, sous lequel on place dé la braise allumée et à demi couverte de cendres. On met sur cette pierre la pâte de cacao, qui s'y ramollit et s'y échauffe pendant six à huit heures ; on ne laisse qu'une portion de cette pâte sur le porphyre (ïfcj environ), et le reste est déposé dans une marmite posée sur des cendres chaudes. Avec un cylindre de fer poli l'on broie successivement toute la pâte sur la pierre, qui doit toujours être assez chaude pour n'y pouvoir pas laisser la main. Enfin on mêle dans une bassine , avec le sucre prescrit, cette pâte bien broyée , et on la repétrit sur la pierre , afin ide la bien mêler. Tel est le chocolat sans aromates, appelé mal à propos de safttè, puisqu'il est alors moins facile à digérer, et que l'estomac a besoin d'être aidé dans son action sur cet aliment oléagineux. Il est vrai que trop d'aromates peut échauffer, et les Mexicains y mêlent du gingembre ou du piment, qui est âcre; mais la vanille, la cannelle et le girofle, qu'on mêle au chocolat ordinaire, lui conviennent.
Pour incorporer ces aromates, il faut découper la vanille et la triturer, ainsi que le girofle, avec du sucre. Ce mélange se passe au tamis avec la cannelle en poudre , pour être mieux uni, et s'incorpore avec le chocolat dé santé déjà fait, sur le porphyre chaud. Le chocolat fini et placé dans une bassine échauffée, on le remue bien, et on coule cette pâté à demi liquide dans des moules de fer-blanc. Sa surface s'unit en frappant ces moules sur une table. On marque, si Ton veut, les tablettes d'un cachet.
La pâte refroidie , on la détache des moulés en tordant légèrement Ceux-ci , et les tablettes se conservent dans du papier , en lieu sec. Il faut une once (3à gramm.) de chocolat pour une tasse ; on le râcle et on le délaie dans une tasse ou d'eau
348 ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. |
chaude ou de lait, avec l'agitation d'un moulinet oumoussoir, ou d'une cuillère. Quelques personnes y mêlent des jaunes d'œufs.
Les quantite's de cacao et de sucre ici établies donnent 1 1 kilogrammes de chocolat, ou ce qu'un ouvrier peut broyer par jour. La torréfaction enlève au cacao l'odeur de moisi.
On prétend qu'il est plus avantageux de griller le cacao au printemps, de laisser la pâte séjourner en été, et de faire le mélange du chocolat en automne. Alors le beurre du cacao s'incorpore mieux. La cassonade serait préférable au sucre trop raffiné, quoique le sucre blanc ordinaire soit le meilleur.
On falsifie le chocolat, soit en prenant du cacao déjà prive d'une portion de son beurre, soit en y ajoutant de l'amidon, ou de la farine, ou de la pâte d'amandes.
Les chocolats communs en Espagne se font avec la semence huileuse à'arachis hypogœa, ou pistache de terre, et la farine de maïs. Le storax calamité remplace la vanille.
De toutes les farines dont on se sert pour les chocolats |jïisifiés, celles de pois ou de lentilles s'y lient le mieux. Les fécules rendent le chocolat cassant et pesant.
Le bon chocolat est un aliment très-nutritif, pectoral, restaurant. Avec le lait, il est plus pesant et moins digestible. 11 nuit à quelques personnes, carie beurre végétal qu'il contient fatigue les estomacs trop délicats.
Le mot chocolaté est mexicain. On prétend qu'il vient de choco, son ou bruit , et de latté, eau ; car les Mexicains qui l'ont inventé le prenaient en le faisant mousser dans l'eau chaude.
DES ÉLECTUAIRES, CONFECTIONS, OP1ATS.
Ces compositions pharmaceutiques, que l'on confond souvent dans leurs dénominations, sont certainement celles qui reçoivent le plus de ces mélanges incongrus , imaginés par l'ignorance ou la charlatanerie. La preuve s'en trouve même dans les noms de plusieurs de ces électuaires. On appelle les uns saints (hiéra), les autres athanasie ou immortalisant, d'autres célestes , comme une sorte de thériaque; d'autres universels, ou contre tous les maux (catholicon); d'autres sublimes ou bénits, bénédicts; d'autres délicieux (tryphera); enfin Torviétan, les antidotes, etc., qui sont même devenus l'objet des plaisanteries des poètes comiques. Quelques électuaires conservent pourtant une réputation vénérable, comme la the'riaque, la confection d'hyacinthe, le diascordium, etc., qui jouissent en effet de propriétés bien marquées, quoiqu'il soit
ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. 349
possible de les dégager encore d'un vain fatras de drogues inutiles. Nous proposerons plusieurs de ces suppressions, laissant au temps et au jugement de chacun le soin de les adopter si elles sont convenables.
On nomme électuaire (du verbe eligere, choisir) un choix de plusieurs médicamens de propriétés différentes, qu'on mêle ensemble, et qu'on incorpore au moyen d'un liquide, comme les miels, ou les sirops, ou les vins, en consistance de conserve. Ceux qui sont plus secs se rapportent aux tablettes, aux bols ou aux pilules. On y fait entrer d'ordinaire des poudres qu'on incorpore au moyen de sirop ou de miel, ou d'extraits mous, de pulpes, etc.
Ces composés, nommés aussi confections (du verbe confiformer, achever), ou appelés opiats , parce que plusieurs contiennent de l'opium, avaient pour objet, selon leurs inventeurs : i° d'augmenter les propriétés des drogues par leur union ; 2° de les combiner plus intimement au moyen de la fermentation qui s'excite ; 3° de tempérer l'action des remèdes trop violens; 4° de conserver plus long-temps ceux qui s'altèrent; 5° de les rendre plus faciles à prendre, en masquant par d'autres drogues celles qui seraient trop déplaisantes; enfin 6° d'avoir toujours prêts, au besoin, des remèdes aux maux imprévus.
Ces motifs seraient excellens si leur objet était rempli ; mais l'expérience a trop montré que ces mélanges, en réagissant les uns sur les autres, formaient des composés nouveaux et peu connus ; que ces sortes de conserves se décomposaient en partie par la fermentation qui tôt ou tard s'y établit, et que cette prétention de faire des remèdes catholiques, ou propres à tout, ne produisait le plus souvent que des composés propres à rien , parce que leurs qualités opposées se neutralisent réciproquement.
Il serait plus convenable, d'ailleurs, de préparer à part toutes les poudres d'un électuaire, et de ne les mêler et incorporer qu'au moment du besoin. On n'aurait point ainsi un médicament fermenté, à moins que cette fermentation ne fût jugée nécessaire, comme on le recommande pour la thériaque. Cette fermentation n'est point simultanée pour toutes les drogues du même électuaire; les matières mucilagineuses se décomposent avant les substances extractives ; et les pulpes, les corps sucrés, avant les autres principes. Il n'en est pas de même des électuaires aromatiques, ou qui tiennent des résines et des astringens.
Les précautions essentielles à prendre sont d'abord de bien
35o ELECTUAIRES, CONFECTIONS, etc.
mélanger, en sorte qu'il n'y ait pas de grumeaux; il faut même souvent agiter les mixtions qui pourraient se séparer dans leurs vases en deux portions , dont lune est plus liquide. Il faut éviter aussi de placer ces compositions en des lieux chauds qui les font fermenter, ou trop humides qui les font moisir. On doit préparer ces électuaires en petite quantité (excepté la thé* riaque, etc.); car la plupart se détériorent en vieillissant, ou perdent beaucoup quand ils fermentent.
Le diascordium, le mithridate, les orviétans, la thériaquc, les confections hamech et d'hyacinthe fermentent long-temps à la vérité, mais sans se moisir ou se décomposer entièrement Ceux même qui contiennent des matières animales, comme la vipère, le seine, et qui devraient être entraînés par elles à la putréfaction, n'y passent point, parce qu'ils contiennent des corps tannans et astringens qui rendent ces matières animales imputrescibles. Ils se dessèchent et noircissent; la portion de sucre ou de miel qu'ils contenaient passe presque seule à la fermentation. Cette quantité de matière sucrée varie selon la nature des corps.
Les poudres végétales ligneuses (celles des bois, racines, feuilles et fleurs ) absorbent trois parties de sirops ou de miel, pour être réduites en consistance d'électuaires; et quoiqu'elles paraissent d'abord trop liquides , elles se renflent bientôt et absorbent toute l'humidité.
Les gommes-résines sèches prennent leur poids de sirop, et les résines pures moins que leur poids; les substances miné* raies (non sol u Mes, comme les sels) demandent moitié de leur poids, et les sels neutres un peu moins encore. On conçoit que les pulpes, les extraits , les sels déliquescens qui entrent dans les électuaires doivent diminuer les proportions de sirops, ou de miel, ou d'autres liquides.
Quantités de sirops absorbées dans les électuaires et opiats , par diverses substances , d'après Baumé.
i partie de poudres végétales absorbe. . 3 parties de sirop. . i de gommes résines. . . . ' . i
i de résines %
i de substances minérales, comme
antimoine mercure doux. »/.
i de sel» neutres. ! '/3
j de sels déliquescent et alcalins. . •/, 9
i d'extraits , pulpes , électuaires. . o
Dans le tartrate acidulé de potasse et de fer, en mêlant des quantités égales de crème de tartre et de limaille de fer, il siiflit d'abord de mettre une partie seulement de sirop ; le lende^ main il en faut ajouter encore une partie; puis, jbrpis jours
ELECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. 35 1
après, une troisième partie, pour lui donner la consistance d'électuaire , à cause de la réaction mutuelle des deux substances.
Les anciens admettaient souvent dans leurs électuaires des matières terreuses ou bolaires qui paraissent inertes, et ce* pendant ce n'était pas sans utilité ; car elles divisent davantage les substances végétales et les répartissent plus également dans toute la masse. En outre, ces terres forment une cohérence ou liaison plus exacte, plus similaire dans toutes les parties. En supprimant enfin ces terres inertes, les médicamens plus actifs étant plus rapprochés, exercent une action moins douce, moins tempérée sur l'économie animale.
De même que les méridionaux admettent dans leurs alimens et boissons des aromates et des substances échauffantes, de même ils en ont prodigué dans leurs compositions médicamenteuses, comme on le remarque pour les électuaires de Mesué et d'autres arabistes. .
Les réformes à opérer dans les électuaires doivent moins porter sur ceux qui contiennent des substances aromatiques purgatives , astringentes , etc. , que sur des matières plus inertes, sur les terres, pierres, os et cornes, ou d'antres objets de superstition médicale.
Si Ton emploie des miels grenus ou des sirops de beau sucre , au lieu de miels et sirops plus muqueux , le sucre est sujet à se candir dans l'électuai re , ce qui est un inconvénient. Il vaut donc mieux employer des sirops de cassonade ou des, miels liquides, qui conservent mieux la consistance à ces électuaires.
On les divise en altérons et en purgatifs, division suivie par le Codex* mais qu'il vaut mieux remplacer par celle d' électuaires avec ou sans pulpes. Le mot opiat s'applique surtout aux électuaires magistraux.
y Hyacin Terre s
ÉLECTUAIRES SANS PUINES.
Confection d'hyacinthe, ancienne.
the gemme porphyrisée. . 16 gramm. ^ fi.
Terre sigillée 1 ~ ~ » ...
Pierres Prévisses f aa 9^ gramm. |u,.
Cannelle fine. ....... 3 j gramm. \ j.
Feuilles 4e dictame de Crète. . . i ~ *ramm % a:
Santal citrin. ïaa Ia 8ramm- S nj.
Myrrhe choisie 8 gramm. S ij.
Safran pulvérisé 16 gramm. * fi.
ftj-
Camphre '4 «ïécigr. Gr. viij.
Huile volatile de citron. .... Gouttes , N° 6.
Sirop de limon ou d'oeillets. . . 5oo gramm. ft>j
Miel de Narbonne 3?5 gramm. j*
Camphre A décitir. (Si
On a conseillé d'employer l'hyacinthe ( dès long-temps re-
35a ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc.,
jetée de cette confection avec d'autres gemmes), parce que cette pierre contient de la zircone. Mais la zircone combinée à la silice dans l'hyacinthe , quoique porphy risée , n'en peut être bien séparée que par la fusion avec des alcalis. Le sirop de limons n'a pas assez d'action pour détruire cette combinaison. C'est donc une substance inerte , qu'il est inutile d'employer. Si la zircone pure avait des propriétés cordiales, on pourrait l'introduire dans cette confection. Le sirop de limons peut former avec les yeux d'écrevisses un citrate calcaire. Ainsi le sirop d'oeillets me paraît préférable ; le miel peut se remplacer par ce sirop. La trop petite quantité de camphre se dissipe avec le temps, mais communique une odeur déplaisante : on peut le supprimer. Au lieu de l'huile de citron qui s'évapore aussi , l'on doit préférer , avec Lémery, 3 ij d'écorces de citron, ou d'orange en poudre.
Toutes les substances pulvérisées à part, on mêle d'abord le safran au sirop, et on l'y laisse macérer; on y incorpore peu à peu les poudres bien mélangées. Le camphre, si l'on en met, doit être dissous dans l'alcool ; le miel peut se délayer dans l'électuaire, soit à froid, soit despumé et encore chaud. Quelques praticiens sont encore dans l'habitude d'y mêler des feuilles d'or ou d'argent : ce qui n'est plus regardé aujourd'hui que comme un objet d'agrément, pour donner à la confection 1 aspect de l'aventurine, de loin. Sa couleur jaune brunit avec le temps; les matières astringentes noircissent à la longue le fer contenu dans la terre sigillée.
La confection de safran, réformée par le Codex , remplace celle d'hyacinthe ainsi :
% Terre sieillée préparée. ...»-» Q ' .
Yeux ou concrétions d'écrevisses } a a Ia8 Sramm' l |v
Cannelle fine en poudre. . . . 44 gramm. "> j 5 iij.
Feuilles de dictamc de Crète. • l ~ * » n
Santal citrin / a a 6 * I *•
Myrrhe choisie 8 gramm. 5 ij-
Faites du tout une poudre fine, puis prenez
Miel de Narbonne \
Sirop de capillaire . . . . > a~a i5o gramm. $ viij. Sucre blanc "
Préparez un sirop avec suffisante quantité d'eau. Mêlez-y, quand il refroidit :
Safran pulvérisé i ~ H ...
Santal rouge en poudre. . . . / aa '* Sramm- *
Incorporez toutes les autres poudres ensuite, et enfin ajoutez
Huile volatile d'écorces de citron. . 6 gouttes, à l'état d'celéo-saccharura.
ÉLECTU AIRES , CONFECTIONS, etc. 353
Cette confection, assez agréable, est un bon cordial et un puissant stomachique dans les aigreurs, les dévoiemens, etc. Elle est diapliorétique, utile dans la petite - vérole. La dos« est d'un à 6 grammes O j à 5 ) G).
Confection alkermes de Mésué.
If. Gallinsecte de kermès , dit graine
d'écarlate. 3a graram. * j.
. Santal citrin. 48 ffyarnm. | ] fi.
• Bois d'aloès. ....... 16 granim. S j v.
de Rhodes 6 graram. 5 j 15.
Roses fottcefl gramm. 3 vj.
CanneRe fine <)6 gramm. -j iij.
Cassia lignea 13 gramm.. 5 iij.
Cochenille S gramm. 3 ij.
Perles du Levant préparées. . . 1 ^ ja „ramm * :
Corail rouge préparé / g 3 J-
Feuilles «For ia decigr. 3 j.
Faites une poudre de chacune de ces substances, que vous mêlerez exactement dans les quantités prescrites; puis,
1£ De cette poudre. .... a56 gramm. % viij. Sirop de kermès purifié. . . 1 kiiogr. ftij.
On évapore cette quantité de sirop en consistance épaisse pour former l'électuaire. Il est vanté comme un puissant cordial, stomachique, fortifiant, aphrodisiaque. C'est aussi un diapliorétique dans les maladies éruptives. La dose est celle du précédent.
La cochenille est superflue ; les perles se peuvent remplacer par autant de corail ou tout autre carbonate calcaire ; les feuilles d'or ne servent à rien. La cassia lignéa se peut remplacer par autant de cannelle. Les graines de kermès ne sont pas sans vertus; elles agissent sur les organes urinaires. On applique aussi cette confection en épithème> sur le cœur, dans les palpitations et syncopes. Quelques pharmacopées prescrivent d'y ajouter du musc ou de l'ambre gris. Dans les départemens méridionaux de France, on fera mieux d'employer Je kermès récent que ce gallinsecte desséché. On a, depuis longtemps, réformé la recette de Mésué, son auteur.
Thériaque d'Àndromachus, ou électuaire opiatique poljpharmaque du Codex.
Nous avons déjà parlé (pag. 175, sq. ) de ce fameux électuaire, que le médecin de Néron composa d'après le mithridate, environ cent quarante ans après Ja victoire de Pompée sur le roi de Pont. Andromachus décrivit la thériaque sous le nom de galène, c'est-à-dire, calmante, en vers élégiaques. Elle ne reçut que long-temps après, de Nicander, médecin et
354 ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc.
poète grec, le nom de thériaque, qui vient de fl^iov, bête fe'roce, soit à cause des vipères qu'on y admet, soit parce quelle s'emploie contre les morsures des animaux venimeux.
Ce fut afin de prévenir Tenet des poisons, que Ne'ron, inquiet pour sa vie, chargea Andromachus de Crète, son médecin, de perfectionner Félectuaire de Mithridate, que nous donnons ici dans sa composition originelle.
If Trocbisques de scille (0 \ 19* gramm. | vj.
de vipères I *
Po^ong/r^0'' : : : : : - *«<«"-
Opium du Levant choisi. ...../
Agaric blaac
Iris de Florence
Cannelle fine
Feuilles de scordium. . . . . . . v a~ 45 gramm. * j
Roses rouges secheea , mondées. . . . / ^ a
Semences de roquette sauvage.
Suc de réglisse purifié
Baume de \& Mecque
Bois d'alocs \
Sommités de marum 1 a~a 9 ^raram. 4 dée. ou 48
de marjolaine. . ... . . J
Racine de quinte-feuille
de costus d'Arabie > . . . .
de gingembre
de rhapontic
Cassia lignéa &
Calament de montagne
Feuilles de dictamc de Crète.
Sommités de marrube
Nard indien (4'
Fleurs de steeebas d'Arabie > a a ^ ^amm' 3 Y'-
Jonc odorant ou squénantbe l*\ . . .
Safran. 6)
Semences de persil de Macédoine. .
Poivre noir.
Myrrhe choisie ou troglodytiqur 7\ .
Encens en larmes
Térébenthine de Chio
Écorces sèches de citron
0 Voyez aux Trochisques; mais la plupart des ingrédiens de ceux-ci entrant
1e les emploie plus pour cela, et ils sont tombés ei
dans la ihériaque , on ne tude. Le Codex les remplace par
Pulpe de scille. . n5 gramm. £ iij. 3 iv et 60 grains.
Racine d'asarum. . a gramm. 4 decig. § ij.
Mie de nain. . . aa gramm. 5 décig. 3 v. et 5o grains.
Farine «forobe. . 7a gramm. 75 décig. | ij 3 iij et 1 5 grains.
Chair de vipère. . 73 gramm. j ij 3 ij et ao grains.
(*) Ou a8 gramm 3 vij selon le Codex*
(3) Le Codex en admet 3a gramm. $ j.
(4) Le Codex en admet 3a gramm. 3 j.
5) Le Codex en admet 56 gramm. | j 3vj. (*») 3a gramm. § j selon le Codex.
7) Le Codex en admet 3a gramm. §j. /
ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. 355
Racine de gentiane *
d'acorus calamus C
de méum d'Alhamanthe. . . .
de ralériane majeure *A . . .
de nard celtique
Feuilles de chamaepitys
de chamœdrys
de malabathrum ' M
Sommités de millepertuis
de pouliot de montagne. .
Amome en grappes 4)
Fruit du baumier ou carpobalsamum. .
Cardamome mineur V a~a 16 graram. | /$.
Semences Jammu .......
de thlaspi
d'anis
de fenouil.
de séséli de Marseille. . . .
Sucs dhypociste. . .
d'acacia
Storax calamité
Gomme arabique
sagapénum
Terre de Lemnos
Chai ci ti. s brûlée (ou sulfate de fer calciné)
ou colcothar
Racine de petite aristoloche. . . .
Sommités de petite centaurée. . .
Daucus de Crète ,
Opopanax ^ a~a 8 gramm. 3 ij.
Galbanum.
Castor éum t
Bitume de Judée
Xylobalsamum 4 gramm. 3 j
Mastic o.\ grains.
Miel de Narbonne, trois fois le poids du
total, ou 5 kilogr. q5o gramm. flw fi.
Vin d'Espagne, a liv. '/., ou i kilogr. 5oo gramm.
On prend toutes les racines, les ëcorces, les feuilles, fleurs, sommités, semences; on les pulvérise séparément, et on les réunit dans leurs quantités recommandées, excepté le safran en poudre.
Ensuite on triture les gommes, les gommes - résines et les résines, les vipères par portions, avec des parties de la poudre mélangée , afin de mieux diviser toutes ces substances. La terre de Lemnos ( argile blanche ferrugineuse ) est divisée par trituration dans Feau, avant son emploi. L'on remplace par du sulfate de fer pur, desséché, le chalcitis naturel. Le baume de Judée, la térébenthine de Chio, s'incorporent à la poudre gé-
(ȕ Ou io gramm. 3 v selon le Codex.
(*) Le Codex en admet ao gramm. 3v.
i3) Le Codex en admet a4 gramm. 3 vj. (4) Le Codex en admet 3a gramm. $ j.
îr,<> ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc.
néralc par portions : Ton râpe d'abord l'opium très-sec, avant de le pulvériser avec les poudres. Les sucs d'acacia et de réglisse bien secs se peuvent pulvériser à l'aide des autres poudres, plutôt que de les dissoudre à part dans le vin d'Espagne avec l'opium et les gommes -résines, comme le prescrivent quelques pharmacopées; car cette manipulation, plus longue et plus embarrassante, ne serait pas meilleure que la pulvérisation. D?ailleurs les résines et gommes-résines, bien choisies en larmes et séchées, sont friables et se divisent sans difficulté.
La poudre de toutes ces substances faite et bien mêlée au tamis, on pèse trois fois plus de miel de Narbonne, qu'on fait liquéfier à feu doux et qu'on despume; on ajoute du vin d'Espagne, dans lequel on a délayé la poudre de safran. On incorpore peu à peu, à l'aide d'un bistoitier, dans un grand mortier de marbre, la poudre avec le miel, jusqu'au complet mélange; on ramollit suffisamment la masse avec du vin d'Espagne, car les poudres, en se renflant, donnent plus de consistance à la composition après quelques jours.
De couleur marron qu'est d'abord cet électuaire, il noircit par la précipitation du fer, au moyen des astringens. L'odeur, qui était aussi celle de plusieurs substances dominantes, devient plus homogène, à mesure que les diverses parties dé l'électuaire se combinent davantage ensemble. Il s'établit une fermentation qui modifie ses propriétés. Lorsque la thériaque est récente, elle est plus somnifère que la vieille.
Le laudanum tutissimum de quelques auteurs est l'extrait de cette nouvelle thériaque, fait par l'alcool. La vieille thériaque, qui a fermenté et qui peut se garder près d'un siècle sans être détruite , possède encore des qualités.
Les augmentations que prescrit le nouveau Codex pour divers ingrexhens, n'ont heu que par la suppression des divers trochisques. Le Codex divise ainsi les substances de la thériaque :
i° Ingrédiens dores.
Total. . . 339 4
2° Ingrédiens amers'.
Myrrhe des troglodytes 3a gràmin. « déoigr.
Sommités <le petite centaurée. ... 8 • m r -
ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. 357
De l'autre part. . . 4° Kramrn n décigr.
Racines de gentiane. ...... 16 »
derh*ponfo a4 »
Feuille* de scordium \8 »
de chamaedrys 16 »
de chamaepithys 16 )/
Sommités de millepertuis 16 »
Total. . . 176 1»
3° Ingrédient styptiques ou astringent.
Pétales'dc roses rouges 48 gramra. » décigr.
Racines de quintefeuille ■ 1 \ »
Suc d'hypocistis. 16 »
d'acacia 16 *
Chalcitis ou colcothar 16 »
Total. . . 120 w 4° Aromates exotiques.
Cannelle de €eylan 80 gramm. » décigr.
Cassia lignéa. . 3a 2
Racine de gingembre 24 w
Fruits de poivre long 96 »
noir 24 »
Amome en grappes 32 »
Petit cardamome 16 »
Feuilles de malabathrum 24 »
Herbe de squénanthe 56 »>
Nard indien » 3a »
celtique 16 »
Racine de Costus arabique 28 »
Acorus calamos 20 »
Bois d'aloés. a 4
Total. . . [fii 4
5° Aromatiques indigènes.
Stigmates de safran 3a gramm. » décigr.
Écorces de citrons sèches 24 »
Herbe calament de montagne. . . . a j »
dictame de Crète a4 »
Feuilles de stœchas d'Arabie aj »
de marrube a4 »
Sommités de pouliot de montagne. . . 16 »
de marum 2 4
de marjolaine a 4
Racine d'iris de Florence 4$ »
Total. . . aao 8 6° Aromatiques ombelliferes.
Semences de persil de Macédoine. . . a4 gramm. » décigr.
d'ammi 16 »
de fenouil 16 »
d'anis. ... ... 16 »
de séséli de Marseille. .16 »
de daucus de Crète. 8 »
Racine de meum d'Atharaan te. .... 16 m
'.. •* F M «~ v %^ Ij ' • * f •* w i - ..
Total. . . j 12 »
358 ELECTUÀlRES, CONFECTIONS, etc.
70 Baumes et substances résineuses.
Bois de baume ou xylobalsamum. . . 4 gramm. » décigr.
Fruits de baume ou carpobalsamum. .16 »
Opobalsamum, ou baume de La Mecque. 60 »
Oliban , encens mâle a4 w
Térébenthine de Chio *4 M
Mastic en larmes 1 a
Bitume de Judée ou asphalte. ... 8 »
dît storax calamité 16 ■
Total. . . i53 a
8° Ingrédient fétides.
Racine de valériane, grande. . . . ao gramm. »
Petite aristoloche 8 »
Gomme-résine galbanum • • 8 »
opopanax. .... 8 »
sagapenum. . .
Castoréum 8 » •
Total. . . 68 »
90 Substances vireuses.
Opium thebaique 06 gramm. » décigr.
io° Substances terreuses insipides.
Terre de Lemuos 16 gramm. .» décigr.
ii° Gommeux et amylacés.
Gomme de Sénégal ou arabique. . . 16 gramm
. » décigr.
Total. . . 187
12° Substances sucrées.
Miel de Nar bonne.
Total. . . 6298
Total général. . . 8409 6
On voit que l'opium fait un 88e, ou qu'il s'en trouve un peu moins d'un grain par chaque gros. Si l'on emploie l'extrait d'opium, ce qui vaudrait mieux, on nen mettrait alors que la moitié: ce qui ne ferait plus qu'un 176e.
M. Guilbert a fait sur deux onces de thériaque des expériences relatées dans le Codex. L'alcool distillé sur elle en sépare une huile volatile peu appréciable en sa quantité. L'alcool en infusion extrait, des résine, baume, térébenthine et huile
ÉLECTUAIKES, CONFECTIONS, etc. 359
verte, environ 4 grammes 4 à 5 décigrammes. L'eau extrait par lessive, du miel, l'odeur du safran, un principe amer comme la gentiane, environ 43 grammes. Use sépare de l'eau des principes extractifs environ 5 décigrammes, et il en reste en „ dissolution à peu près 4^5 grammes dans Feau froide. L'eau bouillante retire une sorte d'extrait insipide, qui se précipite en lamelles brillantes environ 8 à 9 décigrammes, et des Hocons en suspension à peu près deux décigrammes. Ce qui est insoluble à l'eau et à l'alcool, les parties ligneuses, la chair de vipères, etc. , est d'environ 6 à 7 grammes , ce que dissout avec effervescence l'acide hydrochlorique. Ce qui demeure après la combustion du résidu est en partie silicieux et alumineux, et les cendres pèsent i5 centigrammes. Enfin, la perte est de 4 décigrammes. Les sels qui se trouvent dans la thériaque sont, outre l'oxyde de fer sulfaté, de l'hydrochlorate et du sulfate de cbaux, point d'acétate. La partie extraite par l'eau contient du tannin; on y rencontre aussi de l'amidon. Lorsqu'on brûle les résidus, on remarque une odeur végéto-animale. La plus vieille thériaque conservée par M. Boudet, et âgée de plus de cent ans, n'a pas fourni d'autres résultats que la plus récente. Le miel y a présenté de même sa partie crisiallisable ; ce qui fait penser que la fermentation ne décompose pas la thériaque, comme on l'a dit.
Il y aurait bien des réformes à faire dans cette monstrueuse composition , mais nous l'avons rapportée conforme à son ancienne prescription, à laquelle on tient par opinion et confiance. Il vaut mieux que chacun soit libre de faire les suppressions qu'il croira les meilleures, puisqu'on ne suit pas celles que Baumé et d'autres auteurs ont indiquées. Depuis dix-huit siècles, cette même formule a été conservée en Egypte et dans tout l'Orient, jusqu'aujourd'hui encore, sans la moindre altération.
Il nous semble que ce qui a fait entasser tant de drogues * dans cet électuaire, c'est la crainte que tel ou tel médicament ne suffit pas, et afin d'obtenir, par le concours de plusieurs, ce qu'on n'attendait pas de quelques-uns ; c'est pour mettre à couvert la responsabilité du médecin, qui se rejette alors sur l'insuffisance des remèdes. On crut frapper un coup héroïque contre les maladies, en réunissant, dans cette composition , presque toutes les puissances de la thérapeutique.
La thériaque est un cordial, un stomachique, nu céphalique> un sudorifique, et surtout un calmant très-estimé. On la vante dans toutes les maladies contagieuses, les fièvres nialignes, ataxiques; elle arrête les flux du ventre, suspend les
S6o ÉLECTUAlKES, CONFECTIONS, etc.
toux violentes, tue les vers, pousse à la peau dans les maladies exanlhématiques, fortifie, échauffe; elle se prend depuis 3j t jusqu'à 3 j. Elle contient, à peu près, un grain d'opium par dragme, ou un tiers de grain par scrupule. A l'extérieur, elle s applique en épitlième confortatif , et s'emploie aussi contre les piqûres d'animaux venimeux. Elle neutralise l'effet de l'émétique, et, unie à ce sel, passe pour un bon fébrifuge.
La théri aq ue, selon Avicenne, a différens âges coir une l'homme; dans son enfance, ou jusqu'à trois ans depuis sa confection, elle est narcotique et stupéfiante, parce que l'opium n'y est pas encore dénaturé en partie. Ensuite vient sa puberté ; elle est alors efficace contre les venins, les morsures des animaux et d'autres affections ; cette époque est depuis trois à neuf ou dix ans, ou depuis 5 jusqu'à quinze selon d'autres auteurs. Après cet âge, elle entre dans la vieillesse et produit alors les
glus merveilleux effets, surtout depuis l'âge de 20 à 3o ans. ientôt après elle tombe dans la décrépitude, puis la mort, car ses erfets ne sont presque plus sensibles, tant elle a perdu de ses propriétés. Du temps d'Archigène, comme la thériaque était surchargée d'une plus grande proportion d'aromates que maintenant, elle conservait plus long-temps sa force. Au reste, elle n'est bonne qu'après sa fermentation qui unit et assimile ses divers élémens; ce qui n'a lieu parfaitement qu'après cinq ans.
Thériaque diatessaron, de Mésué.
Uacine de gentiane \
d'aristoloche ronde. . . > a~a i6 gramm. $ (y. Baies de laurier '
ïàâS£,à^.-. •. •. : ; } «va>* *— ■ §*
L'extrait ou rob de genièvre seul est appelé theriaca Germanorum , parce que les Allemands l'emploient fréquemment dans beaucoup de maladies, en place de thériaque.
Au reste, le diatessaron, mot qui signifie de quatre substances, ou ingrédiens, est aussi nommé la thériaque des pauvres. On incorpore les racines et les baies en poudre au miel et au rob.
C'est un remède propre contre les spasmes et l'épilepsie , dit-on ; un alexitère contre les morsures d'animaux venimeux. Du moins elle est un bon stomachique, diaphorétique et emménag )gue. La dose est de 4 grammes ( 3 j à 5 j fî).
Diascordium de Fracastor, ou électuaire opiatique astringent
du Codex.
Tf Feuilles sèches de scordium. . , . 48 giatnm. f j fî. .
ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. i6i
Rosct» rouges
Racines de historié
de gentiane. ......
de tormentillet
Cassia lignéa .
Cannelle , . . . \ a~a 16 gramm. J 6.
Dictante de Cséte
Semences de berbéris ou d'oseille. .
Storax calamité.
Galbanum.
Gomme arabique
Bol d'Arménie préparé 64 gramm. § ij.
Extrait d'opium préparé par le vin. \
Gingembre \ a~a 8 gramm. 3 ij.
Poivre long /
Miel rosatdépuré et cuit en consistance
d'opiat mou i kilogr. ftij.
Vin d'Espagne de bonne qualité. . . Q. s. a5o gramm. ou $ viij.
L'extrait d'opium et le galbanum doivent se dissoudre dans le vin d'Espagne et se mêler au miel; on incorpore ensuite les autres poudres bien mélangées d'avance sur un porphyre. L'électuaire, d'abord un peu mou , acquiert plus de consistance lorsque les poudres se gonflent. On peut prendre du benjoin ou du baume de tolu, en place de storax calamité.
Cest un remède très-estimé contre les dévoiemens et les dysenteries; il est stomachique et un peu diaphorétiqué. On le prend depuis i jusqu'à 6 grammes (Q j à 3 j 6. ) Il y a i grain d'opium sur 184 de cet électuaire.
La bistorte, la gomme arabique , peuvent être supprimées , ainsi que les semences dë berbéris ou Celles d'oseille. La cannelle remplacera la cassia lignéa.
céleste.
y Extraits de racines d'angéïiquc.
d'aristoloche ronde. .
de contrayerva. . . .
aunee
de gentiane
de valériane sauvage. .
de tormentillc ) aa .la gramm. 3 iij.
de dompte -venin
de vipérine
de zédoairc
de feuilles de charbon -bénit.
de centaurée min.
de scordium. . .
d'opium 3a gramm. $ j
Késine de cascarille 1 ~ / * •
lalXum i " * 5 '■
Storax calamité.
Myrrhe. . .
Galbanum } aa « gramm. 3 i
OjH>pauax.
36a ELECTU AIRES, CONFECTIONS, etc.
Résine de gayac 4 g»"amm. 3 jj.
Camphre • • la décigr. 3 j.
Safran du Gàtinois 4 gramm. 3 j.
Castoréum. a gramm. 3 fi.
Poudre de vipère \ ~ ifi „„Qmm x ,
CinnabredWirnoineC») porphyrisé. } aa '<> gramm- 3 *>•
Sels volatils de corne de cerf. . . . l ~ * tfrtxmm xia
desuccin ) aa 6 «rMDm* 5 « *
Ambre gris * . . îa décigr. 3 j.
Baume du Pérou liquide la gramm. 3 iij.
Huile volatile de girofles.
de citron. . f
re. »... 1
d'écorecs uc <»wu. . . a~ Gutt ^ de genièvre.
Huile de succin rectifiée Huiles volatiles de cardamome.
(de cubébes. . . I
l de macis. ... I ' de noix muscades. J
Cet électuaire est remarquable en ce qu'il ne contient point de matière sucre'e, mais les poudres de ses ingrédiens s'incorporent aux extraits et aux autres substances liquides. Ainsi l'on divise le safran en poudre dans le baume du Pérou liquide ; on triture le camphre avec un peu d'alcool, les sels volatils de corne de cerf ( carbonate ammoniacal huileux empyreumatique) et de succin (acide succinique huileux) ensemble, ce qui fait un succinate d'ammoniaque. Les résines, gommes, gommes-résines et l'opium se pulvérisent ensemble. On ramollit, au bain-marie, les extraits des plantes, et on incorpore le tout dans un mortier, par la percussion. Sur la fin, on ajoute les huiles et les sels volatils. Cet électuaire, solide comme une masse de pilules, se conserve dans un parchemin mou et dans un pot bien fermé. 11 ne fermente pas. C'est une composition très-estimée, qui se donne dans les mêmes cas que la thériaque , et lui est même préférée. On la prend à une dose moindre, et depuis 4 jusqu'à 24 grains (de a à 12 décigrammes), en pilules.
On pourrait y réformer plusieurs extraits de plantes, les vipères, le cinnabre, etc.
Mithritlate de Dainocrates.
% Myrrhe.
Safran.
Agaric
Gingembre
Cannelle } a a 40 gramm. 3 »•
Nard indien
Encens
Semence de thlaspi
Fait par sublimation du résidu de l'opération du beurre d'antimoine; ne diffère pas du cinnabre ordinaire; ingrédient inutile ici.
ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. 36 î
Semences de sésélî. \
Baume de La Mecque.
Stœchas d'Arabie
Costus d'Arabie
Galbanum
Térébenthine de Chio ,
Poivre long f a~a 3a gramra. $ j.
Castoréum
Suc d'hypociste
Storax calamité
Opopanax
Malabat li rura
Cassia lignéa
Pouliot de montagne
Poivre blanc
Scordium \ a"a a8 gramm. 3 rij
Semences de daucus de Crète. . .
Fruit du baumier. ......
Trochisques cyphéos
Nard celtique
Gomme arabique
Semences de persil de Macédoine.
Opium de Thébes
Semences de fenouil. ! '.'.'.'.) ™ i a gramm. &
d'à ni. s
Racine de gentiane
d'acorus vrai
de valériane majeure. . . .
Sagapénum
Méum alhamantique
Suc d'acacia \ a~a ,o gramm. 3 ij fi.
Seine marin
Sommités de millepertuis. . . .
Miel de Narbonnc le triple en poids de la poudre
ci-dessus.
Vin d'Espagne Q. s.
La préparation de cet électuaire est la même que celle de la thériaque; la dose est la même, les propriétés sont semblables. Il convient dans les fièvres malignes et pestilentielles, dit-on; il se donne dans les paralysies, l'apoplexie, l'épilepsie; il résiste au scorbut; il excite la diaphorèse dans les maladies éruptives; enfin c'est, à ce qu'on assure, le contre-poison de la ciguë, de l'aconit, du napel et des autres venins froids, comme les piqûres de serpens, de scorpions, etc. ; mais il serait fort inutile, je pense, contre les poisons minéraux.
Cet électuaire porte le nom du fameux Mithridate , roi de Pont, qui causa tant de mal aux Romains, et se soutint si glorieusement contre eux, jusqu'à ce qu'il succombât sous la fortune de Pompée. En butte au poison des nombreux ennemis qu'il s'attirait par ses cruautés et ses soupçons, il inventa cet antidote pour s'en garantir. On ajoute qu'il s'était tellement
3(4 ÉLECTU AIRES , CONFECTIONS, etc.
familiarisé avec les venins, ou tellement rendu inattaquable à eux , qu'il ne put pas s'empoisonner lorsqu'il se vit sur le point de Ire pris et conduit en triomphe à Rome, il se fit tuer par un de ses esclaves. Pompe'e apporta à Rome la description de l'antidote, écrite de la main de Mithridate , et le médecin Damacrates la mit en vers.
Ceux qui recherchent les compositions très^compliquées trouveront bien leur compte dans le mithridate, l'orviétan, la thériaque, etc. Matthiolea composé un autre antidote qui contient, outre la thériaque et le mithridate qu'il y faitèntrer, plus de cent cinquante autres espèces de drogue^. Aujourd'hui ces compositions sont, avec raison, tombées en désuétude.
If Racines dacorus vrai. . .
d'angclique. . . .
d'aristoloche ronde, d'asarum ou cabaret de bistorte. .
de carline.
d'aunec. .
de gentiane.
d'itiipératoirc.
d'iris de Florence.
de patience sauvage
de méum.
Racines de valériane majeure
de gingembre. . .
Feuilles d'absinthe majeure.
de cliardon-bénit.
de chamœdrys. . .
de dictame de Crète
de rhue
de scordium. . .
de laurier. . . .
de menthe des jardins
d'origan. ...
de marrube blanc.
de romarin
de sauge.
de thym. . . .
Fleurs de lavande. . . .
de roses rouges. .
Feuilles et Heurs de tanaisie Feuilles et racines de nard tique. . ... . .
Baies de Laurier ou de genièvre Poivre de la Jamaïque. .
Semences d'anis.
d'ache doux. .
de cumin, de carotte, de moutarde.
cel
a~a 3a gramm. % j.
16 gramm. ? fy 64 gramm. jj ij.
a~a 3a gramm. % j.
64 gramm. $ ij.
3a gramm. % j.
48 gramm. j j fi.
a~*a 16 gramm. 5 f>.
a~a 64 gramm. t ij.
4 gramm. & j.
3a gramm. g j.
64^gramm. J 1).
au 3a gramm. * j.
ÉLECTL AIRES , CONFECTIONS, etc. 565
Baume du Pérou \
Noix muscade. ...... I
Cannelle fine ) ft 16 gramm. 3 iv.
blanche 4
Àssa fœtida J
Bol d'Arménie I ~ ,
Myrrhe. ) a a 3a gramm. | ,.
Suc de réglisse „ 19* gramm. | yj.
Poudre de vipères
Sulfate de fer desséché à blancheur
Gomme arabique. .....
Térébenthine claire
Opium choisi;
Extrait de genièvre. . . .• .
Miel blanc .
Cet électuaire, ainsi que le suivant, se fait comme la thériaque, dont il a les propriétés, et il se prend à la même dose. Apporté à Paris par un charlatan d'Orviète, ville d'Italie, au dix-septième siècle, et vendu en place publique sur des tréteaux, cet antidote retint le nom de la ville. Des expériences faites en public procurèrent la vogue et l'enthousiasme au marchand d'orviétan. On crut ce remède miraculeux contre les poisons. Cette vogue est tombée aujourd'hui , et la thériaque le remplace.
Orviétan sublime , orvietanum praestantius.
Racines de dompte-venin. . . .
de carlin e
d'angéliqne. . . . . , d'authora
d'aunée ) a~a 96 gramm. 3 iij.
de serpenlaire de Virginie.
de pétasite
de valériane
de fraxinelle
FeuUJes de diqtame de Crète. . .
de scordium y- a a ia8 gramm. % iv.
de rhue. ...... j
Myrrhe choisie. . . . . . . .y
Terre sigillée . . \ a~a 3a gramm. | j.
Soufre lavé. . }
Galbanum 4^ gramm' )
Safran 56 gramm. f j 3 vj.
Cannelle . 1 ~ ~ * „
Girolles } a a 16 gramm. $ fi.
Laudanum opiatum, • • • A gramm. % vj.
HuUe t^zmTrfr: : } * *~ * >• 6-
Sel volatil àe vipères ( carbonate
ammoniacal ] , . a8 grammf o vij.
Poudre de vipère*. ...... 64 gramm. ? ij.
Extrait de genièvre. ..... 5 kilogr. ftx.
Vin d'Espa-ne Q, s.
a~a S gramm. 3 ij.
a~a 16 gramm. 3 tv.
36(î ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc.
Faites an électuaire selon l'art. Il est plus actif que le précédent, et se prend depuis 12 grains jusqu'à 3 j.
Opiat de Salomon , de Joubert.
y Racines d'acorus vrai . . . \
d'aunée > aa ia5 gramm, J iv.
de fraxiuetle. . . , '. . /
de contrayerva. ... 4 g™mïn- 3 j.
degentiane. . .
Bois d'à lot s
Cascarille
Cannelle fine
blanche. . . .
Écorces sèches de citrons.
Macis l~ t. % '
Graines de petit cardamome. . J 8 a • gramm. 3 j.
Girofles
Semences de santoline. . .
de chardon -bénit.
de citron. . . .
Feuilles de dictante de Crète.
Fleurs de roses rouges sans glets
Faites une poudre de chaque substance séparément, puis une pulpe avec les substances suivantes :
% Sucre rosat I ~ * 5 „••■
* Écorces de citrons confits. . / a 8 a5° 8ramm- 2 v»)-
Conserve de fleurs de buglosse. \
de romarin. . . . > a"a 64 gramm. \ ij.
d'oeillets. . . . . j Thériacroe ou mithridate. . 3a gramm. ? j.
Extrait de genièvre. ... 16 gramm. $ &
Sirop de limons Q. s.
L'écorce de citron s'épistera avec du sirop de limons, et on passera la pulpe au tamis de crin ; on incorporera la poudre générale bien mêlée avec les conserves, le sirop, le mithridate, le sucre rosat. A qaoi servent dans cette composition la conserve de buglosse, le sucre rosat, et quelques autres substances?
Cet électuaire, très-estimé du reste, est stomachique, digestif. Il ranime les forcés abattues, arrête le vomissement, les diarrhées, etc. La dose est de 2 à 6 grammes ou de 3 fi à 5 ij. Salomon est le nom du médecin auquel Joubert a emprunté cette composition.
Electuaire antihydropique , de Quarin.
% Rob d'Yéble
de genièvre. . . .
Oxvmel scillitique. . .
Racine de jalap en poudre Sulfate de potasse. . .
Sirop de nerprun.
| a~a 64 gramm. ? ij.
3a gramm. 3 )•
16 gramm. 3 fi.
8 gramm. ^ ij.
ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. 367
Formez un électuaire. La dose est d'un gros, à des intervalles rapprochés, pour obtenir des évacuations suffisantes. Quand on a évacué de la lymphe on prendra 1 électuaire suivant, du même auteur.
y Quinquina en poudre. . . 24 gramm. 3 vj
Ethiops martial, ou limaille, i ~ 0
Thériaque diatessaron. . . / a a 8 gramm. 3 1,. Sirop de cannelle. ... Q. 8.
La dose est d'un gros matin et soir.
Electuaire ou opiat stomachique , d'Helvétius.
y Citrons confit*. . . .
Noix muscades confites.
Girofles confits. . . .
Gingembre confit. . .
Opiat de Salomon. . .
Cannelle. .....
Cascarille
Huile volatile de cannelle.
de girofle.
Sirop d'œillets. . . .
On épiste dans un mortier, avec un peu de sirop d'oeillets, les substances confites ; on en tire la pulpe par le tamis de crin , ensuite on incorpore les poudres et les autres substances; on met vers la fin les huiles volatiles. C'est un médicament fort stomachique, échauffant, aphrodisiaque, diaphorétique. On en prend depuis 3 j jusqu'à 3 j , ou d'un à 4 grammes.
Opiat somnifère , ou requies Nicolai Myrepsi.
If Roses rouges sans onglets. . . \ „ M ...
Fleurs de violettes. . . . . / aa » a gramm. S uj. Semences de jusquiame blanche.
de laitue
de pavot blanc. . .
; de pourpier. . . .
de psylliun
de scariole. . . > a~a a ^amm, 3 j fi. Ecorce déracine de mandragore, f
Laudanum
Gingembre
Noix muscades
Cannelle fine
3a gramm. ? j.
1 a gramm. f, iij.
3a gramm. 3 j.
64 gramm. | ij.
16 gramm. $ ft.
ta gramm. 3 iij.
a gramm. 3 fl.
Gutt. x.
a4 décigr. 3 ij.
rott^e. ......
citrm
blanc
Spode d'ivoire, ou ivoire calciné ( aa a gramm. 6 decig. 5 1,.
à blancheur
Gomme adragante. . „ . .
Miel rosat Q. s.
Faites un opiat avec les poudres de toutes les substances. l'est un remède calmant qu'on prend depuis demi-gros jusqu'à
368 ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc.
3 ij fi. On l'applique aussi sur les tempes. Le spode et plusieurs semences sont inutiles.
Philonium romain, autre opiat somnifère.
% Semences de jusquiame blanche. \ ~ • • de pavot blanc. . . f a a ao 8wmm- 5 v'
Opium du Levant choisi. . . . io gramm. S ij fi.
CanneÙlfin;. '. . i A 6 Srttmm * ! *
Semences d'ache. ... . . . j
Castoréum > aa 4 gramm. $ j,
Costus d'Arabie. ..... 1
Semence de persil x
de fenouil I £k 3 gramm. $ ij.
Daucus de Crète j
Nard indien. v
Pyrètiire J à~a 7 décigr. xv. gr.
Zédoatre )
Safran 1a décigr. 3 j*
Miel blanc de Narbonne. a 85 gramm. 3 xi.
On mêle toutes les poudres au miel despumé. Cet opiat est très-calmant dans les convulsions, les coliques, la toux férine. On le prend en lavement ou par la bouche, depuis 3 fi à 3 J, ou de 2 à 4 grammes. Son inventeur est le philosophe et médecin Philon, de Tharse en Cilicie. Voyez dans Mésué, de electuariis, lib. 1 ; et Galien, lib. 9 de compos. pharm. perloca. Le demi-gros de cet opiat contient deux grains de semences de jusquiame et un graiq df opium. Il y a d'autres philonium , tous somnifères.
Eleetuaire de baies de laurier, de Rhasis. ■
1f> Baies de laurier /,8 gramm. 3 j fi.
Feuilles sèches de rhue. ... 3a gramm. J j.
Sagapénum ï ^ . „
Opopanax. . . . . . . . J a a ,6 8ramm' I *
Semences d'aunée. . . . . \
de cumin. .
de nielle romaine, de liveche. .
de carvi. . . .
de daucus de Crète. I
Acorus cal am ils ) a"a 8 gramm. % ij.
Origan entier
Amandes amères mondées. .
Poivre noir
long
Menthe d'eau !
Castoréum. .
Miel de Narbonne ' ria5 gramm. ftj. § jv.
Les semences huileuses se doivent pulvériser avec les matières plus sèches. De la poudre générale, bien uniforme, on fait un élecluaire avec le mielliquéné.
ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc. 369
C'est un bon caruiinatif, utile dans les coliques, les vapeurs hystériques; il est aussi emménagogue et diurétique. On en prend depuis demi-gros jusqu'à 2 gros, ou de 2 à 8 grammes. Baume prescrit de liquéfier le sagapénum avec le vin d'Espagne, ce qui n'est pas nécessaire. Cette gomme-résine se pulvérise fort bien avec les autres matières.
Électuaire hiéra diacolocjnthidos de Rufus , reformé par
Pachius.
If Stœchas d'Arabie. . . . \
Marrube blanc. . „ . . I
Chamaedrys lai» |o gramm. 3 x.
Agaric 4
Coloquinte ;
Scamraonée d'Alep. m . >
Racine dMlébore Soir. . / a " *4 g™mm. * »!•
Castoréum 12 gramm. S iij.
Opopanax
Sagapéniun
Semences de persil. . . ^ a~a 20 gramm. | Aristoloche ronde. . .
Poivre blanc
Cannelle fine
Spica-nard. . ; . . .
Myrrhe. . . .' . . . J a~a 16 gramm. J fi.
Pouliot. ... . .
Safran
Miel blanc. ..... i5 hectog. , ILnj.
Le sagapénum se pulvérisera avec les autres substances. La poudre générale, faite et bien mêlée, s'incorporera au miel despumé. , . „ .- .
C'est un violent purgatif usité contre l'apoplexie, la paralysie, la léthargie, la manie ; il excite le flux menstruel. On en prend d'un à 4 gros (4 à 16 grammes). Il entre aussi dans des lavemens. Chaque gros contient plus de 2 grains de coloquinte et autant d'agaric, moitié moins d'ellébore et de scammonée.
Électuaire hiérapicra, de Galien. (Lib. VII, Therap. )
Cannelle fine.
Macis.
Safran.
Mastic.
a~a a4 gramm. $vj.
Aloës succotrin. . . 384 gramm. $ xij.
Miel blanc. . . . . 1600 gramm. h>iii.
Le mot hiera signifie sacrée, et picra, a mère . Toutes les poudres faites et mêlées s'incorporent au miel. C'est un puissant stomachique, irritant, apéritif, dit-on. Il excite les flux hémorroïdal et menstruel. La dose est d'un à 4 gros. Chaque gros contient ii grains d'aloès. La hiéra simplex fut inventée par Antonius Musa, selon Scribonius Largus.
37o ÉLECTU AIRES, CONFECTIONS, etc.
La teinture sacrée est tirée de cet électuaire, sur lequel on fait digérer du vin blanc.
Électuaire vermifuge de Spielmann.
* M«cuPrerpurifii. \ ) * 3î &*mm l »
Amalgamez; ajoutez :
Carbonate calcaire. . 1 «. «
Magnésie calcinée. . J a a 3a Sraram' * >'
Mêlez et incorporez le tout en poudre exacte, dans
Conserve d'absinihe. 96 gramrn. $ iij. Sirop de menthe. . s.
Pour former un électuaire. On en prend de deux jours l'un, un gros, le matin.
Électuaire caryocostin.
y Costus arabique Girofles. Gingembre.
Cumin. . • Scammonée.
Hermodactes.
Miel blanc.
a~a 8 gramrn. 3 ij.
| a~a 16 gramrn . 3 fi.
Q. s., ou 19a gr. $vj.
Toutes les substances en poudre s'incorporent au miel. Cet électuaire purge, se donne contre la goutte, la mélancolie, rhydropisie ; est aussi céphalique. La dose est d'un à six gros. Son nom luïtiênt du costus et du girofle. Chaque gros contient 3 grains etdemi dediagrède, et d'hermodactes autant.
Électuaire de poivre composé.
. % Poivre noir. . . . ï ~ -, m,tknw„ i * Racine d'année. . / aa gramm. »,.
A: v, -b Semences de *mmiil.! î5oo gramm. ftiij.
Mêlez toutes les substances pulvérisées, dans les matières sucrées réduites à l'état de» sirop. Préparez un électuaire s. a.
On en fait usage dans les affections' le ucophlegnia tiques avec atonie des viscères.
( New. Medico- Chirurgical Pharmacop.
de Londres, 1822.)
Confection d'anacarde , de Mesué, ou d'Hothnann 9 ré formée.