‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 129 sur 142 · DES TROCHISQUES POUR L USAGE INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

DES TROCHISQUES POUR L USAGE INTÉRIEUR

Us sont simples ou composés. Ceux-ci, formés du mélange de plusieurs objets, sont d'anciennes compositions peu usitées et qu'on peut réformer; les autres sont des substances simples, en poudre, qu'on incorpore à un excipient propre à modérer leur action. Au reste, ces sortes de compositions sont à présent la plupart inusitées.

Trochisques musqués , ou alipta moschata.

V?. Storax calamité. i?5 gramm. 3 ir.

L'ihdanum »•

Benjoin. } a a 3a giainui. % J.

Bois d'alors a4 gramm. 5 vj.

Sucre très-blanc 4^ gramm. ^ ï tè-

Musc . 13 décigr. 7) j.

Ambre gris 4 gramm. 3 j-

Mucilage de gomme adraganie à

l'eau rose. . Q. s.

Faites des trochisques ronds, du poids d'un grain. On les donne dans l'asthme, dans les embarras de la poitrine, et aux enfans. Ce remède, pris intérieurement, est fortifiant, stomachique. La dose est depuis 2 jusqu'à 20 grains. Ils servent aussi en fumigation, à cause de leur bonne odeur. Le mot alipta signifie friction, car on s'en parfumait après les bains, au lieu des frictions ordinaires.

TROCHISQUES. 4n

Trochisques de harabê , ou succin.

*if> Succin citrin 3a gramin. $ j.

Corue de cerf brûlée à blancheur.

Gomme arabique. . . . .. H

adraganle. . '. . .

Résine-lacque porphyriséc. . .

Suc d'acacia

de Thypoci.!». > • « '° S'" 6 dcc'V- 5 * » *

Balaustes.

Mastic

Corail rouge.

Semences de pavot blanc

Encens

Safran . | «a 3 gramui. 3>«j.

Opium choisi . *

Mucilage de psylhum Q. s.

Toutes les poudres faites à part, mêlées, sont incorporées au mucilage qu'on prépare avec l'infusion de plantain sur la graine de psyÙium. On fait des trochisques triangulaires. Ils sont très-astringens contre les hémorrhagies, l'hémoptysie, les flux de ventre, les hémorroïdes, la dysenterie, les gonorrhées. On les prend, ou par la bouche, ou délayés en injections, depuis 1 2 grains jusqu'à 3 j. La corne de cerf et le corail sont peu utiles; le mastic peut remplacer l'encens.

Trochisques de myrrlie.

Jt. Myrrhe choisie. . ifî gramm. ? fi.

Semences de lupins 4 gramm. 5 j-

Feuilles de rhue \

de menthe aquatique. . I

de pouliot \ „ e ...

Racines de garance / a a 8 S»mm- ù l»

. de valériane sauvage. . I

Semences de persil de Macédoine. J

Àsa-fœtida " • ) ~ /

Sagapéniun > aa 4 gramin. 3 |.

Opopanas "

Camphre j

Safran . . , , J a~a la décigr. 3j.

Huile etnpyreuma tique de succin. /

Suc dépuré d'armoise. .... Q. s.

Préparez toutes les poudres, mêlez et formez une pâte avec le suc d'armoise. On fera des trochisques en pyramide triangulaire. Ce sont des emménagogues et des antihystérique* actifs, surtout dans l'aménorrhée et la suppression des lochies. On en prend depuis i jusqu'à 3 scrupules.

Trochisques antihystériques.

R. Asa-fcetida. .«.*... *| '<%» *••/•

Galbanum . } a a ,o gramm. S «, f>.

Myrrhe. 8 gramm. S ij.

Casloréum. ...... 6 gramm. 7> j 6-

4 ia TROCHISQUES.

Racines d'asarum. .

«Paris toloche ronde Feuilles de sabirie.

de cataire.

de matricaire

de dictame.

Suc de rhuc. . .

a~a 4 gramm. 3 j.

Incorporez les poudres de toutes ces substances dans le suc de rhue, et formez des trochisques triangulaires. On les prend depuis 12 grains jusqu'à 3j, contre les spasmes et vapeurs hystériques, dans l'aménorrhée, la suspension des lochies, etc.

Trochisques d'alkèkenge, de Mesué.

64 gramm. 3 ij.

H. Pulpe d'alkekenge épaissie Gomme arabique.

adragante. . .

Extrait de réglisse. . .

Amandes ameres mondées Semences de pavot blanc.

d'acbe. . . .

Succin porpbyrisé. . .

Opium

Suc de feuilles d'alkékenge

a~a 16 gramm. S iv-

aa 8 gramm. 3 ij.

4 gramm. 3 j.

D'une part, on tire la pulpe des fruits d'alkékenge écrases j on l'épaissit au bain-marie. De l'autre, on pile les amandes et les semences de pavot et d'ache, en pâte; on y incorpore les poudres des autres substances : on arrose le tout du suc non dépuré de feuilles d'alkékenge, et on y mêle la pulpe ; la masse se divise en petites portions, qu'on fait sécher à l'étuve. Ces portions séchées sont de nouveau pulvérisées avec soin et arrosées de nouveau suc de la plante. On en forme des trochisques contre la dysurie, l'hématurie, les ulcères des reins et de la vessie , à la dose d'un à trois scrupules. On les délaie dans les potions huileuses ou mucilagineuses. Ces trochisques sont un peu somnifères. Si l'on pile deux fois la masse, c'est afin que les poudres en soient plus subtiles.

Trochisques hédychroôn , d'Androniachus.

JR. Marum \

Marjolaine ( „ .

Racines d'asarum / a a 8 gramm- 0 lh

Bois d'aloès )

Scbénanthe. ........

Calamus aromaticus

Rhapontic

Bois de baume

Baume de La Mecque / a a 12 gramm. 3 h,.

Cannelle fine

Costus d'Arabie

TROCHISQUES.

a~a 24 gramm. 3 vj.

Myrrhe.

Feuilles indiennes ou malabalhrutn.

Safran

Spica-nard

Cassia lignéa

Amomum en grappes. ...... 48 gramm. * j ft.

4 gramm. f j.

Vin d'Espagne q. s.

Toutes les poudres faites et mêlées, incorporez-les avec le baume de La Mecque et le vin d'Espagne. On leur donne la forme qu'on veut, et on les enduit, étant secs, d'un vernis à l'alcool, fait avec du baume de La Mecque. Leur nom grec signifie belle couleur, car ils sont d'un beau jaune. On ne s'en sert que dans la thériaque ( encore aujourd'hui les supprimet-on, puisque leurs ingrédiens entrent eux-mêmes dans cet électuaire). Ils sont vantés comme propres à chasser le mauvais air, comme alexipharmaques et diaphorétiques. La dose est d'un à trois scrupules. Cités par Galien , liv. J, de Antidot., chap. 10, et de Theriacd, chap. i3 ; et Paul d'Egine, lib. Yll chap. 11.

Trochisques cyphéos , de Damocrates.

If Santal citrin. . . . x

: : : ! rt 3î «ramm- * *•

Calamus aromaticus. . 36 gramm. % ix.

Bdelltiun \

Spica-nard I

Cassia lignéa. . . . > a~a la gramm. S iiî.

Souchet rond. . . . I

Baies de genièvre. . . /

Térébenthine de Chio. 96 gramm. $ iij.

Myrrhe > ~ /rt

ScVnanthe } a a 48 gramm. g , fi.

Cannelle 16 gramm. $ iv.

Bois d'aloés 10 gramm. 3 ij fi.

Safran 4 gramm. 3 j.

Miel de Narbonne. . 16 gramm. * fi.

Vin d'Espagne. . . . Q. s.

On prétend que ces trochisques servaient, au lieu d'encens, aux prêtres égyptiens dans leurs sacrifices, d'où ils ont passé à l'usage de la médecine; selon Dioscoride, liv. I, chap. 24, et Galien, de Compos. Medic. second, les. , lib. VIII, chap. 7. Le mot cjrphi, qui est arabe , signifie odorant.

Un ramollit, dans un mortier échauffé, la térébenthine, le bdellium; on ajoute le miel, le vin d'Espagne, et on incorpore par portion les poudres mêlées des autres substances. Le tout battu se divise en trochisques. Ils sont cordiaux, stomachiques, anticontagieux, à la dose de 12 grains à 3 j; mais on ne s'en sert que dans la composition du mithridate.

44 TROCHISQUES.

UF.S TROCHISQU ES RIMPUÎI.

Trochisques aUiandal.

y Poudre de coloquinte Q. v.

Mucilage de gomme adragante. Q. s.

Le mot arabe al handal signifie la coloquinte. On réduit sa chair sèche, sans graines, en poudre, que Ton incorpore avec le mucilage en troclnsques triangulaires. Ils purgent, depuis 2 jusqu'à a 4 grains, dans les maladies cutanées, l'hydropisie, la léthargie, l'apoplexie. 5 00 grammes ou ïbj de coloquinte, privée de ses semences, ne pèsent plus que 160 grammes ( ^ v), et donnent i3o grammes de poudre jv 5 ($). On ne répète plus les pulvérisations de ces troclnsques, comme on le prescrivait.

Trochisques d'agaric, de Mesué.

rîf Agaric blanc léger en poudre. 64 gramm. 3 ij. Racine de gingembre. ... a gramm. 5 fi. Eau de cannelle simple. . . Q. s.

L'agaric se pulvérise en le froissant contre un tamis de crin. Cette poudre se mêle avec l'eau de cannelle, dans laquelle un a fait infuser le gingembre concassé, et que l'on a passé avec expression. Cette infusion est choisie pour corriger la saveur de l'agaric. Les anciens préféraient l'infusion de gingembre dans le vin blanc. Ces préparations né se font plus aujourd'hui. Lémery donne l'hydrochlorate d'ammoniaque comme le meilleur correctif de l'agaric.

Ils servent comme les trochisques alhandal.

Trochisques du professeur Chaussier.

!2£ Camphre 4 gramm. 3 j.

Opium 1 gramm. 2 décigr. 3 j.

Gomme adragante. . . 6 décigr. 10 grains.

Sucre 36 gramm. 3 ïx.

Eau Q. s.

Pour faire i5o trochisques, dont on prend 5 à 6 par jour contre l'angine, la phthisie laryngée.

Trochisques de baies de sureau.

% Extrait de baies de sureau. Q. t.

Incorporez -y suffisante quantité de farine de seigle pour faire des trochisques triangulaires. Ils se donnent d'un à deux gros dans la dysenterie. Préparation peu utile, mais plus facile par ce procède' que par celui des autres praticiens.

On fait aussi des trochisques astringent de baies de myrte avec le sumach, les balaustes, la noix de galles et le bdelliuro

TBOCHISQUES. 4i5

Trochisques de scille,

PuJpe de scille cuite. ....... 384 gramm. $ xi).

Farine d'orobe très-fine a5o gramm. 3 viij.

Ou plutôt racine de dictame en poudre. a5o gramm.

La coction de la scille se fait au bain-marie, plutôt que sous la cendre, enveloppée dans de la pâte, selon l'ancienne méthode. Mais cette coction ôte beaucoup des vertus de la scille, ainsi que ce mélange de farine d'orobe. Il vaut donc mieux prendre de la scille sèche en poudre, et la mêler, non à la farine d'orobe, qui n'a presque aucune vertu, mais à la poudre de dictame blanc, comme le dit Lémery. Encore cette composition est peu utile, et ne sert que dans la thériaque. On se contente aujourd'hui de mettre dans cet élecluaire la scille en poudre. Ces trochisques étaient jadis empreints d'uû cachet portant la figure de la scille avec le nom du préparateur. On les enduisait d'un vernis fait avec le baume de La Mecque et l'alcool. On les vantait contre l'asthme, pour faire expectorer. La dose est d'un à deux scrupules. Ces trochisques, en forme de tablettes, s'humectent à l'air libre.

Trochisques de vipères.

Tfi Poudre de vipères Q. v.

Mucilage de gomme adragante. . Q. s.

La chair de vipères, séchée à l'étuve et pulvérisée, s'incorpore bien au mucilage. On fait des tablettes sur lesquelles on imprimait autrefois un cachet représentant la vipère. On les enduit d'un vernis de baume de La Mecque et d'alcool, dont on met plusieurs couches. Ces trochisques, destinés à entrer dans la thériaque, se prenaient aussi depuis 12 grains jusqu'à b ) y pour purifier le sang, pour rétablir les forces, pour chasser les venins, etc.

Les anciens, s'imaginantque le venin résidait dans toute la vipère, lui faisaient subir plusieurs préparations préliminaires. Ils la fouettaient d'abord dans une bassine chaude, ils en coupaient la queue et la tête, faisaient cuire le tronc avec l'eau salée et l'aneth, y mêlaient du pain, etc. La chair de vipères 1 se corrompant après quelque temps, ces trochisques doivent être renouvelés.

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