URÉE
MM. Thénaid et Gay-Lussac, de carbone 3c), et de 6 1 d'oxygène et d'hydrogène, dans la proportion pour l'eau. Quand on le mêle à de la cassonade pour la falsifier, il est aise' de Fy reconnaître par sa moindre solubilité' à l'eau, ou à l'eau-de-vie. 11 donne au feu du caramel, et une huile empyreumatique qui a l'odeur du benjoin. Traité par l'acide nitrique , il se précipite en pondre blanche acide, qu'on a nommée saclactique, ou du sucre de lait, le même que l'acide inucique, et se trouve mêlé à de l'acide oxalique également formé. Le sucre de lait paraît un sucre ébauché, peu sapide, mais que l'acide sulfurique rapproche de celui de la cassonade; il est décomposable par la potasse pure, en eau, en acide carbonique et acide acétique, avec une matière brunâtre. On s'en peut servir pour faire du petit-lait factice ; il passe pour rafraîchissant, laxatif. Le lait de femme contient plus de ce sucre que les autres laits. Il ne peut point passer seul à la fermentation alcoolique.
Willis a remarqué le premier, ensuite Méad, Cruikshanks et Hollo, que l'urine des personnes attaquées du diabète (maladie dans laquelle on urine encore plus qu'on ne boit, et le corps tombe en consomption) (0, contenait une sorte de miel ; on l'évalue à au nioins. Il est jaunâtre, et, selon M. Thénard , de nature saccharine. On présume qu'il provient des substances alimentaires, et quand le malade se nourrit de chair seulement, sa quantité diminue et disparaît. Joljn a trouvé, outre le sucre ou miel, de la gomme animale, de i'urate de potasse , des phosphates de potasse et de soude , de magnésie et de fer , des hydrochlorates de soude et d'ammoniaque dans ces urines. Le sucre diabétique peut être séparé en petits grains cristallins très-blancs, au moyen de l'alcool. L'urine des diabétiques ne contient pas d'urée.
Le picromel , l'osmazôme , la chair rissolée dont la saveur approche de celle du caramel, paraissent contenir aussi des élémens saccharins.
De l'urée.
Matière jaunâtre, grenue, tenace, attirant l'humidité, d'une odeur fétide, urineuse, d'une saveur acre, désagréable, piquante, nitreuse, ammoniacale, tirée de l'extrait d'urine, sur lequel on verse d'abord de l'alcool rectifié qui dissout Y urée. On sépare ensuite celle-ci des hydrochlorates de soude et d'à mm o-
(0 ïl y a aussi un diabète dans lequel l'urine est insipide et très-limpide; mais il est plus rare : Arétée Ta décrit.
URINE, HUMEUR, etc. 8g
niaque qu'elle retient, par de l'acide nitrique affaibli, lequel est séparé par de la potasse. Une seconde dissolution dans l'alcool donne l'urée pure en lames micacées, incolores, brillantes; formée d'oxygène 28, azote 32, carbone i4> hydrogène 11. Elle est soluble dans l'eau, à laquelle elle communique l'odeur et la saveur de l'urine. L'acide nitrique la fait d'abord cristalliser en lamelles rayonnantes , ensuite il la change en acide urique. Elle donne par fermentation de l'acide acétique. Le feu la fond ; il s'en exhale de l'acide urique, une huile empyreumatique et des gaz (carbonate d'ammoniaque, hydrogène carburé, acide prussique). Découverte en 1799 par Vauquelin et Fourcroy. Entrevue par Rouelle cadet en 1773. Employée comme médicament par quelques médecins; son acide entre dans les calculs et concrétions urinaires. L'urée contient plus d'azote que les autres matières animales, rend l'urine putrescible ; elle change la cristallisation cubique de l'hydrochlorate de soude , en un octaèdre , et l'octaèdre de l'hydrochlorate d'ammoniaque, en cube. L'acide nitrique faible forme avec elle une sorte de combinaison cristalline, qui, distillée, détonne, parce qu'il se forme du nitrate d'ammoniaque. Les alcalis, ne la décomposant qu'à chaud, en dégagent de l'ammoniaque. Le chlore la précipite aussi en flocons semblables à une huile concrétée , et il se dégage de l'azote , de l'acide carbonique , etc. MM. Prévôt et Dumas , de Genève, ayant ôté les reins à un chien , ont trouvé de l'urée formée dans le sang de cet animal; d'où il suivrait que l'action des reins se bornerait à sécréter celte matière.
GENRE V. Des produits d'excrétions ; des sels, des acides