‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 6 sur 142 · PS P · texte numérisé non relu

PS P

d'une étamine Monandric.

deux éumines Diandrie.

tro{s . Triandrie.

quatre. Tétrandne.

cinq. • • • • P^nlandrie.

„;„ Hexandrie.

Heplandrie.

Octantlrtc-

neuf. Ennëandrie-

dix . • • Dd'candrie.

douze. . Dodécandrie-

vin«t au plus adhérentes au ca- Kce . . Icosandrtc.

pl nsieurs iusqu a 100, non adhé-

V rentes Polyandrie.

six.

sept, thuit.

ine

«aies, deux courtes, avec deux

t<mgae«. Dulynamte.

avec quatre longues Tétradynanue.

unies par quelques parties.

par des filets unis en un corps. . . Monadelphie. en deux corps • • • 2, ? lien plusieurs corps Polyadelphie.

par les anthères, en forme de cy-

lindre Syngénéste.

étant unies et adhérentes au pistil. . Gynandrie.

étamines et pistils dans des fleurs séparées.

' sur un même pied Manœcie.

sur deux pieds différens. . . • Diœcte. sur deux pieds ou sur le même , avec

d'autres fleurs hermaphrodites. . Polygamie.

kà peine visibles, et qu'on peut difficilement dé-

crire, .... 7 Cryptogarme.

QO.

Les noms de ces classes sont dérivés du grec p°voç, un seul; wp, homme, mari, ou partie sexuelle maie; , deux; rpuç, trois; «rpi , quatre; mm , ci^ ; , ; en™ , se/?*; oxt'o, ewea, rcew/; 9m, dix; Mm, douze; vingt; iro>uff> beaucoup; ft* <Waîç, dt^r puissances; ûjp*, <7W*fre puissances; «7à?oç , frère ; wv, ytvwiç , ensemble,

SUR L'ART DE LA PHARMACIE

génération; yv Ai, femme; avi(o , homme; /ttvoj d^w, une maison ; &ixla > deux maisons ; nolv; , plusieurs ; y «pce , noce; *pvircoçy caché. Les mois monogynie 9 etc., viennent de yuv»3? et des noms de nombre. Quant à l'angiospermie , elle vient d'ayyuov, vase ou vaisseau, et ompti*, semence; gymnospermie , de yvpoç, razz, etc.

On distingue un système d'une méthode , en ce que le

{premier ne prend pour base qu'un caractère seul > commo es e'tamines , pour en former toutes les combinaisons de ses classes. Une méthode est y au contraire , londéé sur plusieurs caractères ou rapports ; et , quoique moins simple y elle donne lieu à des rapprochemens plus heureux , parce qu'elle compare les êtres sous un plus grand nombre de faces. Aussi le système sexuel , tout ingénieux qu'il est, disgrége un grand nombre de familles naturelles. La méthode de Tournefort fait moins violence à l'ordre des analogies. C'est pour cela qu'Adanson , dans ses Familles des Plantes , n'admettait précisément aucun système , aucune méthode , après en avoir imaginé soixante-cinq , et se bornait à rassembler les végétaux selon leur degré de ressemblance.

C'est ce qu'a exécuté le célèbre Bernard de Jussieu , dont le neveu, Antoine-Laurent de Jussieu, a perfectionne et publié en 1789 le travail dans son Gênera plaïUaritito* Cet ordre 9 le plus conforme à la nature , est le seul qui réunisse les êtres végétans convenablement ; et , bien o^ù'il existe encore beaucoup de lacunes et des imperfections que le temps pourra faire disparaître , il offre pourtant le plus de certitude et d'avantages en groupant les végétaux en familles. Cet ordre est même tellement approprié à la matière médicale, que chacune de ces familles présente souvent une qualité ou vertu médicinale très-distincte , témoins les crucifères, les malvacées, les labiées, les borraginées, les ombellifères , etc. Plus les familles sont distinctes , plus leurs propriétés sont remarquables et fortement tranchées.

Nous n'exposons ici que les principaux caractères de la méthode de Jussieu , que nous suivons dans notre histoire naturelle médicale végétale.

Cette méthode est fondée d'abord sur le nombre des lobes des semences qui fournit trois divisions principales : les acotylédones , ou sans cotylédons, du moins appareils;

lvi DISCOURS

les monocotylédones , qui en ont un seul ; les dicotylédones , qui en ont deux. Cependant il y a des auteurs, comme Gaertner ( de Fruct. et Semin. Plant. ) , qui admettent des polycotylédones s ou plusieurs cotylédons, comme sont les arbres conifères ; ce sont des exceptions (•).

Les divisions subséquentes de la méthode se basent sur l'insertion des étamines soit sur le pistil , ce qui forme Tordre des épigynes; soit au-dessous du pistil, d'où l'ordre des hypogynes ; soit autour du pistil et sur le calice qui l'environne , où Ton trouve les périgynes. Il v a ensuite des combinaisons ultérieures dont le tableau donnera l'explication.

C1) Le premier qui établit la division des végétaux d'après les lobes séminaux ou cotylédons, est Adrien Van Royen, botaniste hollandais, qui distingua ainsi lesunilobées ou monocotylédones des autres plantes. Bernard de Jussieu employa cette distinction , qui est devenue encore plus importante d'après les recherches de M. Desfontaines sur l'organisation des monocotylédones. {Mém de Ffnstit., 1. 1, p. 47"*)

Les bilobées, ou dicotylédones, selon M. de Jussieu (Mem. Âcad. scienc, 1774, p« I^3), sont comparables aux animaux ayant un cœur à deux oreillettes et à deux ventricules , comme les unilobées ou monocotylédones aux animaux à un cœur unil oculaire.

Les monocotylédones n'ont jamais toutes les parties de la fleur, car elles manquent ou de calice > ou de corolle , celle-ci étant souvent un calice coloré.

Les dicotylédones sont aussi exogènes, et les monocotylédones sont endogènes ; le* feuilles de celles-ci sont engainantes.

SUR L'ART DE LA PHARMACIE

Méthode naturelle de Jussieu.

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Nous donnons le détail des classes et les ordres des végétaux à uotre histoire naturelle des médicamens.

On doit remarquer ici que cette division du règne vé-

m m DISCOURS

gétal, d'après le nombre des lobes séminaux, n'est point exacte dans tous les cas. M. Mirbel cite plusieurs exemples d'exceptions ; ainsi la cuscute n'a point de cotylédons , quelques renoncules et des cactus n'en montrent qu'un , les palmiers cycas et zamia en ont deux , etc. Mais la division la plus frappante est celle des monocotrlédones et des dicotylédones y qu'a donnée M. Desfontaines. Ce savant observe que toutes les tiges des végétaux monpcotylédones n'ont point une moelle centrale , mais dispersée dans les interstices des fibres ; celles-ci , toutes longitudinales, ne s'accroissent point par couches , mais bien par renflement : aussi les tiges des palmiers , le chaume des graminées , les hampes de liliacées, sont de texture presque fistuleuse 0), n'ont pas une écorce proprement dite , sont rarement divisées en branches , ont toujours des feuilles simples, etc. Au contraire , les plantes dicotylédones ont des tiges à moelle centrale dont les utricules se répandent en rayons dans le bois ; celui-ci s'augmente par couches successives, et il est revêtu de l'aubier , puis d'une écorce : aussi le cœur est plus compacte et plus dur que la circonférence j c'est le contraire dans les tiges des monocotylédones.

Des méthodes de minéralogie.

Il ne paraît pas que les anciens aient fait de grands progrès dans l'histoire des minéraux, car, à l'exception des métaux usuels et de quelques autres substances , comme les gemmes où pierres précieuses , le cinnabre et des terres argileuses, ils ne se sont guère occupés de creuser plus profondément cette science. Nous n'avons d'eux que le livre de Théophraste sur les pierres, et ce que Pline le naturaliste nous a transmis dans son ouvrage.

Ce n'est qu'à la renaissance des lettres, et vers i54o, que le saxon Georges Agricola publia un ouvrage, excellent pour le temps , sur les minéraux. Un demi-siècle après , un habitant de Bruges , Boëce de Boot, donna un Traité des pierres et gemmes ; depuis cette époque , la minéralogie n'a pas cessé de faire des progrès , et la chimie est venue lui ajouter de nouveaux degrés de perfection.

En général, le plus sûr moyen de reconnaître les principes

(0 Cependant les tiges des ombclli fores sont aussi fistulcuscs , et pins spongieuse* à l'intérieur quVla circonférence.

SUR L'ART DE LA PHARiMACIE. ux

des minéraux, est de recourir à la chimie (i). Les caractères extérieurs > par eux seuls , sont souvent trompeurs , et demandent en outre une grande habitude d'observations pour les reconnaître. Le chimiste peut imiter d'ailleurs presque toutes les compositions minérales ; il fera des cristallisations , des minéralisations , des mélanges terreux , des fossiles doués des mêmes propriétés que ceux de la nature brute. Forme-t-elle des vitriols , par exemple? ce n est qu'un jeu pour le chimiste. Fait-elle du cinnabre , dissout-elle un métal ? le moindre artiste l'imite. Elle n'a presque aucun avantage que ceux du temps et des masses , dont elle peut disposer sans être bornée comme nous. Elle a confié entre nos mains les lois qu'elle a reçues pour les substances inorganiques , mais elle a réservé pour elle la puissance de la vie et l'organisation. Quoi de semblable à une plante végétante , à un animal mobile et sensible, sortira jamais du laboratoire du physicien ou de la cornue du

(0 Haùy ( Tableau comparatif des résultats de la cristallographie et de l'analyse chimique , relativement à la classification des minéraux; Paris, 1809, in-8°, 1 vol. , pag. 10, de l'introduction) parle delà différence entre les résultats de l'analyse chimique des minéraux et la cristallographie, qu'il regarde comme plus sûre que l'analyse, parce que, d'après Berthollet {Statique chimique, tom. 1, pag. 334 sq.) , les affinités varient selon diverses causes , sans que la molécule minérale change de configuration : de là vient que les mêmes minéraux , de même forme, donnent à l'analyse des produits variables en quantités. 11 s'ensuit, selou Haùy, qu'on doit restreindre l'influence de la chimie dans la détermination des espèces minérales.

Une même molécule peut appartenir à plusieurs espèces minérales, ce qui est d'observation , dit Haùy. Il y a une constance des angles dans les corps qui appartiennent à une même variété de cristallisation. Romé de Lisle a mis ce fait important en évidence {In- (roduct. cristallograph., pag. 70). Les molécules cristallines sont soumises à une même régularité de cristallisation que les mouvemens célestes. Les cristaux ne sont , dit-on , que les fleurs des minéraux. Cette comparaison ingénieuse cache une idée très-juste, ajoute encore Haùy.

Malgré tous ces raisonnemens en faveur de la cristallographie , il y a des faits tellement manifestes qui montrent combien les cristaux changent de figure par telle ou telle proportion chimique, comme l'alun, ou par interposition d'autres molécules, comme le sel marin dans l'urine, ou le sulfate de cuivre par l'addition de celui de fer , etc. , ainsi que l'a montré M. Beudant, que la chimie est toujours Je moyen le plus certain de connaître la nature des minéraux.

l* ' DISCOUBS

chinjiste? Aucune force humaine ne peut faire revivre l'arbre qu'on a brûlé.

Il s'est établi deux classes de minéralogistes ; ceux qui se bornent aux caractères extérieurs des minéraux, et ceux qui recherchent leurs principes constituais. *

Parmi les premiers, on compte Bromel en 1730, Henckel en 1747 > Vallérius à la même époque , Gellert , Cartheuscr , Lehman , Vogel , Valmont de Bomare , Linné, Rome de Lisle et Daubenton. Parmi les seconds, on trouve Cronstedt en 177 1 , Fourcroy, Bergmann, Sage, Kirwan, Lamélherie et Haùy. Werner et ses successeurs ont fondu, en quelque manière, dans leur méthode, Comme Jameson, ces deux genres de minéralogie. M. Berzélius a tenté de donner une classification toute chimique des minéraux; nous en exposerons les bases plus loin.

Comme aujourd'hui l'on suit principalement les deux systèmes minéralogiques , celui de Werner dans toute T Allemagne et l'Angleterre , et celui de Haûy en France , nous nous bornerons à les exposer.

Joseph Werner , professeur de minéralogie à Freybert , avait donné une méthode descriptive minéralogique en 1774. Il suivait les caractères extérieurs, mais sans classer les minéraux. En traduisant, en 1780, la minéralogie de Cronstedt , il les classa d'après leurs principes constituans. Il distingue la science minéralogique en cinq parties j l'o- , rjetognosie (0, ou connaissance spéciale de chaque matière minérale simple , d'après ses caractères physiques extérieurs. Elle présente quatre classes de minéraux, savoir : i° les terres et pierres ; 20 les substances salines ; 3° les matières combustibles non métalliques ,• 4° les métaux. Lehmann avait déjà divisé ainsi les minéraux.

La chimie minérale établit les propriétés de toutes ces substances , et enseigne quelle est la nature de leurs parties constitutives ; ensuite la géognosie examine le gisement des minéraux , leur gangue ou substance dans laquelle ils se déposent;la minéralogie géographique indique les minéraux qu'on trouve dans les divers lieux du globe; et enfin la minéralogie économique ou usuelle apprend

(0 Opuo-o-gZv, fouir, creuser; ytvw/xat, connaître : c'est-à-dire , étude des fossiles.

(a) Thf la terre ; yv&xrt;, connaissance.

SUR L'ART DE LA PHARMACIE. lxi

les usages et l'utilité des diverses substances tirées du sein de la terre.

Nous ne suivrons pasWerner dans le long détail de tous les caractères physiques, chimiques, etc., qu'il donne pour reconnaître chaque minéral.

Quoiqu'il forme ses classes d'après les principes constituans des minéraux, il distingue ces principes en prédominans par leur quantité , et en caractéristiques ou donnant des propriétés particulières : c'est pourquoi il ne place

Eoint le diamant avec les corps combustibles et le charon, bien que la chimie y trouve ce caractère, mais il le place parmi les pierres gemmes dont la base est la silice et l'alumine. De même , quoique la plupart de ces pierres

f précieuses aient pour base l'alumine , il les classe parmi es quartz et les pierres siliceuses. U range les sels d après la nature de leurs acides.

MÉTHODE M INÉR A LO GÏQUE DE WERNER.

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