PHARMACIE OPÉRATOIRE
La pharmacie est fondée sur l'histoire naturelle des trois règnes pour la matière médicale , et sur la chimie pour la connaissance de la nature intime des médicamens. Elle exige ainsi une étude plus ou moins profonde de la zoologie , de la botanique, de la minéralogie, ensuite de la physique générale et particulière , et de toute la chimie, indépendamment des connaissances préliminaires des langues savantes , de la géographie, des mathématiques.
La division de la pharmacie en galénique, du nom du médecin Claude Galien,de Pergame, qui vivait au deuxième siècle, du temps de Trajan (0, et en chimique, n'est plus convenable, parce que la pharmacie est inséparable de la chimie, sans laquelle on n'opère qu'en aveugle et à la manière des empiriques.
La matière médicale donne la connaissance des médicamens. . ■
l* Ses écrits sur la pharmacie sont ses livres des antidotes, delà ptisanne, de la thériaaiie , des facultés des purgatifs , des succédanés ou médicamens substitues, des euporistes ou préparations faciles , de la composition des remèdes scion les lieux et les genres. Voyez l'édition grecque et latine de ses œuvres, par René Char lier. Paris, 1639, i3 vol. iu-fol.
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Leur choix, ou élection, doit se faire, 1° relativement au climat. Ainsi les pays chauds fournissent toujours des végétaux plus aromatiques, plus sapides, plus actifs, ou plus sucrés, ou plus huileux, plus colorés que ceux des lieux froids; ceux-ci fournissent de meilleurs antiscorbutiques, de meilleurs produits des arbres verts, des huiles animales moins rances, de la rhubarbe plus compacte et plus riche en extractif. Les plantes vénéneuses au midi sont presque sans danger au nord.
20 La saison. Il faut cueillir les racines en automne (0, les tiges avant la .fin de la floraison, les feuilles avant l'automne , les écorces au temps de la sève, les fleurs avant qu'elles se fanent, les graines et les fruits après leur maturation. Les animaux doivent être préférés lorsqu'ils sont jeunes, vigoureux, et avant l'accouplement ou la gestation. Les écorces des racines debardane, de cynoglosse, de quinte-feuille, etc. , doivent se prendre sur des racines âgées.
Van Helmont appelle temps balsamique l'époque la plus convenable à la cueillette de chaque végétal, et qui est celle de la maturité particulière de la partie qu'on recherche. Ainsi la bourrache jeune ne contient encore que du sulfate de chaux ; plus âgée , elle contient beaucoup de nitre et de sulfate de potasse, lies jeunes pousses d'aconit, d'apocyn, se peuvent manger comme des asperges, surtout dans les pays froids; ces plantes, plus âgées, sont des poisons. Il y a bien plus d'acide malique et de sucs acerbes, de tannin, dans les fruits, avant qu'après leur maturité, où on les trouve sucrés , etc. Il y a d'ailleurs des temps dans lesquels les plantes contiennent plus d'eau de végétation et de corps muqueux qu'il ne faut; les extraits qu'on en obtient alors sont sujets à moisir et à s'aigrir, tandis qu'ils deviennent plus secs et plus ligneux , faits à une époque plus avancée de leur végétation.
Quant à la partie du végétal qu'il convient de préférer, elle est souvent indiquée par l'odeur et la saveur plus fortes , comme la racine dans les gentianées, les rumex et rtieum; les fleurs dans les labiées et les rosacées avec le calice même ; les semences dans les ombellifères, car elles contiennent beaucoup d'huile essentielle; les fruits et les fleurs dans les rosacées et les hespéridées ou citronniers; les écorces dans les rubiacées $ les sommités dans les corymbiferes, les feuilles dans les cruci-
(0 Elles possèdent alors plus de sucre, de fécule, de principes médicamenteux , tondis qu'au printemps elles tendent à une nouvelle germination; elles préparent des sucs autrement élaborés, une sève plus abondante , comme on l'observe par les pommes-de-terre , les betteraves commençant à germer. lies sucs végétaux les plus élaborés rétrogradent alors vers le mucilage, etc.
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fères pour le principe antiscorbutique , ou les graines pour l'huile ; les le'gumes ou gousses dans les papilionacées ; les sucs dans les térébinthacées, etc. Les bois se doivent prendre en automne ou en hiver comme les écorces.
La succulence. Elle est recherchée dans plusieurs fmits sucrés, dans les végétaux émolliens; mais elle est en général à rejeter dans plusieurs cas, parce qu elle résulte souvent d'une surabondance d'eau de végétation et de corps muqueux assez inertes. De plus elle est défavorable pour la dessication et la conservation des végétaux; les dispose à moisir, noircir et se pourrir.
La récolte. Au printemps, on peut recueillir d'abord les racines mucilagineuses et les bulbes, les bourgeons (peuplier, sapin, câpres, etc.), les premières fleurs ou les àlpines, telles que violettes, crucifères, tussilages, liliacées; ensuite celles des rosacées; plus tard, vers mai et juin , la plupart des fleurs et sommités. En été fleurissent la plupart des composées cinarocéphales et corymbifères, les malvacées, plusieurs labiées et les ombelliferes. On recueille alors les fruits horaires rouges , comme cerises, groseilles, fraises ; etc.; ensuite les graines céréales ou frumentacées. Vers la fin de l'été les semences d'ombelliferes, les cucurbitacées, les cary ophy liées, plusieurs fruits des rosacées, sont mûrs. En automne on a la plus grande par Lie des fruits et des baies, surtout les fuits secs, ou qui se conservent en hiver, principalement ceux des arbres amentacés et des conifères; on recueille les fougères, le safran, le colchique; c'est le temps d'arracher les racines tubéreuses , etc.
Toutes les fleurs vernales ou très-printannières sont celles des Alpes. Celles d'Amérique sont souvent automnales; celles de l'Afrique australe ne fleurissent que l'hiver, enserre chaude. Voyez le Calendrier de Flore , de Linné. On fera cette récolte par un temps sec, le matin, mais après la rosée dissipée.
3° Le lieu ou sol, soit pour y trouver les végétaux, soit pour connaître où il convient de les planter, soit pour distinguer les diverses qualités qui en résultent; car les plantes n'ont point les mêmes saveurs et les mêmes sucs dans tous les terrains et à toutes les expositions. La culture adoucit l'âpreté des fruits et des herbes, les ramollit, les rend plus succulens. Les lieux secs, aérés, stériles, les rendent plus ligneux, plus maigres, plus exténués. Les ombellifères , nées le pied dans l'eau , y prennent souvent des qualités très-vénéneuses. Les terrains incultes où l'on jette les immondices, font croître des solanées vireuses, la ciguë, l'ésule. On trouve dans les champs ouverts, arides, la plupart des plantes amèrcs, des chicoracécs et eu