‹ Traité de pharmacie théorique et pratique, contenant les élémens, l'analyse et les formules de tous les médicamensChapitre 68 sur 142 · PHARMACIE OPÉRATOIRE · texte numérisé non relu

PHARMACIE OPÉRATOIRE

rymbifères, gentianes, etc. Les prés fertilesd humides nourrissent des herbes douces, les trèfles, les lysimachies, les scorsonnères. On trouve dans les lieux sablonneux des plantes arides, les polygonées, les cary ophy liées, les bruyères. L'indication d'un terrain tourbeux se tire de l'abondance des pédiculaires, et des aira; les saxifrages annoncent un terrain sablonneux slérile; le violier jaune, les gaudes et réséda, une terre crayeuse. Dans les lieux inondés croissent les bidens, le riz, etc.; dans les marais, les nénuphars, le trèfle d'eau, les joncs; sur les rives des eaux on trouve des scrophulaires, des eupatoires, des salicaires; sur les bords de la mer, des salicornes et kalis, des panicauts, des chenopodium ; les fontaines donnent le beccabunga, le cresson. Dans les bois naissent le calament, les alléluia, les aspérules, les garons, la sanicle, les convallaria, des anémones et pulmonaires. Sur les montagnes viennent les arbousiers, les véroniques ( d'où les vulnéraires de Suisse), les gentianes et violettes> l'arnica, les pieds-dechat, etc. Près des roches, des lieux rocailleux, naissent les aloès, les scdum, et autres plantes succulentes, l'origan, la cymbalaire, etc. Le Dictionnaire des jardiniers , par Miller, traite de l'exposition et du sol propres à chaque végétal.

4° La substance propre falsifiée. On reconnaît par une pesanteur spécifique moindre, par une trace noire et oxydée, par un résidu de l'évaporation surtout, que le mercure coulant est amalgamé avec le bismuth et le plomb. On falsifie les baumes de Gopahu, de Canada, de La Mecque, avec des térébenthines limpides; celui du Pérou, noir, avec l'huile qu'on retire de la distillation du benjoin, digérée sur des bourgeons de peuplier, mais l'odeur est moins suave. Les gommes et les résines se mêlent souvent dans le commerce; la résine élémi se falsifie avec le galipot; la manne se pétrit avec du miel et de la farine et des substances purgatives , surtout les sortes qu'on nomme grasses. Le poivre blanc est souvent blanchi par 1 amidon et la céruse ; la résine* de jalap et celle du gayac s'imitent avec de la poix résine mêlée de colophone. Les fleurs de carthame se mêlent au safran; les salsepareilles sont entremêlées de celles de lianes. On fait du sang-dragon faux avec des résines qu'on colore en rouge de lacque ; les tamarins sont souvent mêlés de pulpe de pruneaux rendue acide parle lartre ou de l'acide sulfurique; la vanille est souvent enduite de styrax liquide et de baume du Pérou; diverses écorces se joignent à celles des quinquinas, etc. Plusieurs autres falsifications ou substitutions sont signalées aux articles de notre matière médicale, avec les moyens de les reconnaître. Mais il faut que le i. - 9

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pharmacien s'habitue aussi à voir et à manier souvent les divers médicamens.

5° Udge. On doit pre'férer les plantes émollientes dans la jeunesse , les racines compactes après plusieurs années de croissance , comme la rhubarbe. Les borraginéees et autres herbes insipides deviennent plus nitreuses et plus sapides en vieillissant , de même le gayac le plus compacte ou le plus âgé est le meilleur. Le vin se mûrit en vieillissant, et aussi les teintures alcooliques se mixtionnent mieux avec le temps. Au contraire, les huiles, les graisses, les matières animales, le miel, récens, sont préférables. La plupart des vieux médicamens, surtout les extraits, les robs, les électuaires, se détériorent par le temps; les racines, les poudres, se détruisent par les vers, l'air, la lumière, l'humidité, etc. Les eaux distillées simples se corrompent ; les sirops fermentent ou candissent ; les emplâtres s'endurcissent; les onguens rancissent, etc.

6° La forme, la couleur. Les végétaux qui prennent plus de volume qu'à l'ordinaire, et des couleurs moins intenses, tiennent plus d'humidité et des corps muqueux, sont plus sujets à moisir par la dessication, donnent moins de résine, d'arome , etc. , que ceux qui sont plus secs, plus minces, plus colores. Les plantes étiolées sont fades, adoucissantes. , 7° La saveur et l'odeur , moyens subsidiaires de connaissance. La plupart des médicamens sont d'autant plus actifs qu'ils ont davantage de ces qualités, excepté les humectans , les émolliens, etc. , chez lesquels le contraire a lieu. La solubilité est encore un caractère utile à examiner dans les sels.

8° La pesanteur ou la légèreté. On doit rechercher la plus grande densité ou pesanteur spécifique pour chaque espèce de métal, pour les acides, les bois, ou les diverses racines les plus résineuses ; la plus grande légèreté dans les alcools , les éthers , les huiles , etc. On peut étendre cet examen à toutes les autres qualités, comme dureté, sécheresse , friabilité , ou leurs contraires, etc.

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