BOUGIES
Les pessaires ( de maabç, un plumasseau) sont des tentes ou sortes de cylindres creux comme un doigt de gant, faits de toile fine ou taffetas, et remplis de poudres ou autres matières. Ils s'introduisent dans le vagin, pour guérir, ou les relâchemens de l'utérus, ou pour les hémorrhagies, ou pour exciter la menstruation. Il y a des pessaires en bois, en liège, en éponge, en coton. Plusieurs s'enduisent d'un liniment approprié à la maladie, comme de teinture de castoréum et de camphre, mêlés à l'onguentd'althaea,oude l'huile empyreumatique dejayet pour l'hystérie, ou de l'huile rosat et des poudres astringentes pour resserrer le vagin. On attache un petit ruban au pessaire pour le retirer.
Les bougies sont, ainsi que les sondes, plutôt officinales que magis traies , et nous ne les plaçons ici que par le rapport qu'elles ont avec les préparations préce'dentes. Il y a des bougies emplastiques, ou d'autres en gomme élastique. Les emplastiques se font en prenant une mèche conique, ou de coton, ou de fil, ou de toile, qu'on trempe dans une emplâtre liquéfié ( celui de Vigocummercurio, ou celui de Nuremberg, ou du diapalme, ou tout autre); ensuite on roule cette mèche, à peu près longue de deux à trois décimètres (6 ou 9 pouces), de l'épaisseur d'une petite plume à écrire. On s'en sert pour l'insinuer dans le canal de l'urètre, afin de le dilater, ou pour affaisser ses carnosités, ou pour en cicatriser les ulcères. On prépare maintenantdes bougies élastiques avec le caout-chouc, ainsi que des sondes creuses.
Pour faire celles-ci, on a un mandrin ou fil de fer uni, de grosseur égale et moyenne, auquel on donne la courbure convenable ; ensuite on découpe des lanières minces de caout-chouc, ramolli par l'eau bouillante. Ces lanières très-ramollies, ou même plongées dans l'éther (ou dans une solution de camphre par l'acide nitrique, avec addition d'eau-de-vie camphrée ) , s'appliquent en spirale autour de ce fil de fer, d'une manière très-uniforme. On serre ensuite cette gomme autour du mandrin, par une tresse ou un ruban de fil assujetti avec une ficelle qui comprime également partout. Quand cette gomme est sèche, on enlève la ficelle et la tresse, on trempe un instant la sonde dans l'eau chaude pour retirer le mandrin ; on fait deux ouvertures rondes près de l'extrémité de la sonde qui doit plonger dans la vessie; enfin l'on forme un rebord de cire à cacheter, à l'autre extrémité. Ce procédé de Grossart est plus simple et moins dispendieux que celui de Berniard, qui consiste à dissoudre le caout-chouc dans l'éther ou l'essence de tére'benthine, etc.; à en appliquer plusieurs couches sur un
SPARADRAPS. 243
tissu de toile fine qui renferme un mandrin de fer; enfin à former ainsi une bougie creuse par une toile bien imprégné» de gomme élastique. Macquer recommandait de faire ces bougies creuses en enduisant à plusieurs reprises un cylindre de cire de dissolution de caout-chouc, jusqu'à ce qu'on ait formé une couche épaisse. On fondait ensuite la cire en la plongeant dans l'eau bouillante, et le tube restait. Si l'on avait du caout-chouc frais ou encore liquide, il suffirait de l'appliquer comme on le voudrait. Au reste, on fait les taffetas gommés avec une solution de caout-chouc dans les 'huiles grasses de noix ou de lin. L'huile de lin rendue siccative par l'oxyde de plomb demi-vitreux, et par l'action de l'air, forine aussi un enduit analogue à celui de la gomme élastique.
DES SPARADRAPS.
On donne ce nom, ou celui de Toile Gauthier, à des bandes larges de linge ou même de taffetas, et aussi de papier, qu'on imprègne ou recouvre d'emplâtre, d'un ou de deux côtés. On s'en sert pour appliquer sur des ulcères, des cautères ou des plaies ; et lorsque le sparadrap a servi d'un côté, on l'applique de l'autre face. Mais il vaut mieux, pour la propreté, n'employer que du sparadrap à une seule face.
L'une des qualités des sparadraps est de présenter des surfaces bien lisses, de n'être ni cassant ou trop sec, ni trop épais, ni de se détacher sur la peau ou l'on l'applique.
Lorsqu'on veut préparer toutefois de la toile Gauthier, on prend de la toile neuve de Troyes ou autre, en large bande; on l'immerge dans un emplâtre liquéfié à une douce chaleur jusqu'à ce qu'elle soit bien imprégnée. En la retirant du vase , on la fait passer entre deux règles de bois, plus ou. moins serrées, afin de faire retomber le superflu de l'emplâtre. La toile desséchée à l'air peut ensuite être lissée sur une pierre polie, humide, avec un rouleau de bois aussi humecté.
Pour les sparadraps à un seul côté, on étendait sur une toile fixée à des clous, un emplâtre fondu, en se servant d'une palette pliante, ou d'un couteau à lame flexible, comme celui dont les peintres se servent pour étendre les couleurs sur leur palette; mais aujourd'hui on fait usage du sparadrapier. C'est une tablette de bois avec deux montans dans lesquels s'einboîte un châssis parallélipipède. A la partie antérieure du châssis est une lame en métal ou en bois, qui ne presse pas immédiatement sur la tablette. On fait glisser la toile entre la tablette et le châssis, lorsqu'on a versé dans l'intérieur de celuici de l'emplâtre liquéfié. La lame rejette en dedans le superflu
244 SPARAWâPS, etc.
de l'emplâtre, lequel enduit également le dessus de la M. Grammaire et d'autres pharmaciens ont proposé divers sparadrapiers plus ou moins ingénieux dont on trouve les descriptions et les figures dans le journal de pharmacie.
L'on fait ainsi des sparadraps de diachylon gommé, d'emplâtre de Nuremberg, pour appliquer sur les plaies.
Sparadrap h deux faces.
Celui dont on donne ici la formule, est un bon dessicatif. On le coupe par disques ronds de diverse étendue, selon la plaie où il s'applique.
, fi. Cire jaune 191 gramm. 3 vj.
Suif de cerf ou de bœuf. . . f>:\ gramm. * ij.
Térébenthine 1 ~ ,« » .
Huile d'olives } a a 4» gramm. | , fi.
Minium en poudre. . . . , 118 gramm. $ jv.
Faites liquéfier, et mêlez. '
Sparadrap ordinaire. ,
% Cire blanche, coupée menu ... 64 gramm. J ij. Huile d'amandes douces ou d'olives. 3a gramm. % j.
. Térébenthine. . 8 gramm.- 3 ij-
Faites liquéfier ensemble pour appliquer sur la toile. En hiver, on augmente la proportion d'huile, et on la diminue en été.
Toile dite de Mai, selon le Codex.
H. Cire blanche j5o gramm. ftj fi. v
Huile d'amandes douces . . a5o gramm. ? viij.
Alcool faible à aa° Baume. . ia5 gramm. f jv.
Beurre récent a5o gramm. | viij.
La cire ramollie par l'alcool, sera mêlée au beurre et à l'huile ; ils seront liquéfiés ensemble à une chaleur douce. Le mélange étant bien intime et chaud, on y plongera des bandes de toile que l'on fera passer entre deux cylindres ou baguettes, pour en séparer le superflu. Nous observerons toutefois que cette composition est sujette à rancir avec le temps, et loin d'adoucir les plaies sur lesquelles on l'applique, elle ne peut alors que les irriter; mais elle convient tant quTelle reste récente.
Toile emplastique.
B. Emplâtre diapalme. . . . 138 gramm. | jv. Suif de mouton 16 gramm. 3 jv.
Elle est également siccative ; mais on ne l'enduit que d'un seul côté par le sparadrapier.
SPARADRAPS, etc.
Taffetas d'Angleterre de JVadstook.
If Colle de poiMM . • ... 36 gramm. $ j. y \.
w) Alcool à 220. . • 386 gramm. £ xij.
Teinture de benjoin ou de baume
du Pérou 64 gramnk 9 ij.
i*) Teinture de benjoin. . ... . 19? grainm* §. vj.
Térébeuthine fine liquide ... 1 28 gramm. | jv.
Cette espèce de sparadrap applique' sur le taffetas blanc ou noir se prépare , en tendant celui»ei sur un châssis garni de pointes. On applique dessus une couche épaisse de colle de poisson, dissoute dans de Peau bouillante, et a. laquelle on ajoute de la teinture alcoolique de benjoin, à chaud et bien passée (a). Cette couche séchée , on em applique successive^ ment encore cinq autres, le Ioul au moyen d'un pinceau. Ensuite on applique deux couches de teinture forte de benjoin, unie à de la térébenthine pure M, ce qui la rend flexible; mais d'autres pharmaciens y mettent, en place de cette seconde teinture, celle du baume noir du Pérou dans l'alcool. Quoique plus sujette à s'écailler, elle paraît plus agréable; Ce taffetas ensuite est roulé sur lui - même v On s'en sert jpour agglutiner les lèvres des plaies par solution de continuité. Il adhère trèsbien à la peau.
Des Taffetas vésieatoiresi . îo<! , in
On fait concentrer dans une cornue ou autre vase de verre, de la teinture alcoolique de cantharides,bien chargée et filtrée [ Quand la teinture est très-rapproçhée , onf étend , à Taide d'un pinceau et à chaud, sur un tafîètas gommé, tendu au moyen d'un châssis; on fait ensuite sécher ce taffetas, et on l'enduit d^une seconde et troisième couche de cette teinture, afin qu'il agisse fortement sur la peau lavée auparavant avec du vinaigre. On. l'applique à la manière d'un vésicatoire : on peut rendre ce taffetas odorant , en y ajoutant de la teinture du baume du Pérou ou quelque autre. H' vaut mieux étendre cette teinture de eantharides sundu taffetas gommé qui est plus solide. . "
On prépare aussi un papier fort pour mettre sur lés Cautères , en place de feuilles de lierre. C'est du papier enduit comme un sparadrap à deux faces, avec un emplâtre adoucissant que l'on rend odorant si Poinveut. On*a soin que ce sparadrap de papier soit bien lisse : on le coupe en cadrés ou- en autre forme.
Autre Taffetas vésicant.
% Çaulhariole* en poudre fine. . 48 gfaœm. \ ,j & Éther acétique ...... 6\ gramm. $ ij.
*46 CATAPLASMES, etc.
Laissez infuser pendant huit jours. Décantez, faites y dissoudre :
Colophane ....... 8 gramm. S ij-
On applique cette composition sur un taffetas gommé.
On peut aussi faire une teinture avec écorce de garou J fi,' éther acétique § ij, qu'on laisse infuser pendant huit jours. Cette teinture seule n'est pas assez vésicante , mais unie à la précédente, et aromatisée, soit avec l'essence de roses ou toute autre, et étendue sur un papier bien lisse et collé, elle fournit un papier propre à panser les vésicatoires.
Des cautharides en poudre J iv (ia5 gramm.), dans éther sulfurique 5oo gramm. (ftS j), macérées pendant trois ou quatre jours, donnent un éther vésicant que l'on peut étendre avec un pinceau sur du taffetas, en plusieurs couches, pour le rendre bien vésicant. On peut lui communiquer une bonne odeur avec un peu de baume du Pérou.
Taffetas vésicant, d'après M. Guilbeit.
Jfi Éoorce de earou. a4 gramm. 3 yj. v.
Faites bouillir dans eau i5oo gramm. feiij.
Passez et ajoutez , cantbarides en poudre. \
myrrhe en poudre . . > aa 34 gramm. S Yj.
euphorbe en poudre . *
Faites bouillir avec le liquide. Passez dans une toile double écrue, et concentrez assez pour appliquer ce liquide chaud, à l'aide d'un pinceau, sur le taffetas. Il ne faut pas laisser exposé long-temps à l'air ce taffetas quand il est assez sec , pour qu'il ne devienne pas tout fendillé et ne s'écaille pas. On le garde dans des papiers en le roulant : il est vésicant.
Papier à cautère.
% Cire blanche pure . . . . \ ~ , ft nmnimrn * ; n * Térébenthine pure. . . . J a a 4» g^m. I ■ G
Cétine ou sperma-céti. . . 3a gramm. $ j.
Liquéfiez le tout au bain-marie , et étendez sur du papier très-lisse. On peut aromatiser ces papiers agréablement, à volonté. .
DES CATAPLASMES, SINA.P1SMES, ÉPICARPES, PATES, POUDRES, etC
Le mot de cataplasme vient de xara, super, et TÙ*<Tit<>>,Jingo, parce que c'est un médicament mou et en consistance de pâte , qu'on applique et qu'on arrange sur quelque partie du corps. Il est des cataplasmes crus, d'autres cuits ; quelques-uns sont mêlés avec des corps gras, comme des huiles, des onguens. Ordinairement on les fait avec des farines, des pulpes de ra-
CATAPLASMES, etc. . *47
cines ou de feuilles cuites; on y incorpore diverses poudres; on les anitoe, en quelque cas, avec des teintures alcooliques, des sels , etc.
Il faut remarquer que les poudres des plantes émollientes sèches, préférées par Baume et d'autres auteurs à leurs pulpes faites par décoction, n'ont pas un effet aussi éinollient que celles-ci, qui ont peu à perdre dans la décoction. Il est donc utile de recourir à ce dernier moyen, quoique plus long. Mais,
f>our les planées aromatiques, il convient mieux de préfère» eur poudre; car on ne cherche point alors un médicament ëmollient, et on perd moins de principes volatils que par la décoction et la pulpation.
Dans les cataplasmes émolliens , on fera donc cuire à l'eau les herbes (si c'est l'ognon de lis, on le cuira dans du papier sous la cendre). Elles seront broyées dans un mortier, et on. les pulpera. On joindra des farines, ou d'autres substances prescrites, à cette pulpe. La plupart des cataplasmes s'appliquent chauds. Il est utile parfois d'y joindre de l'huile ou des graisses, qui enduisent les parties et les empêchent de prendre trop de froid.
Si l'on emploie des poudres de plantes , on les fera chauffer avec de l'eau pour les attendrir et amollir ; on ne met que sur la fin celles qui perdent facilement de leurs principes vojatils.
Le sinapisme , ainsi nommé parce qu'il y entre de la graine de moutarde, est un cataplasme rubéfiant ou irritant sur la peau, et qui a pour véhicule le vinaigre, et pour excipient la pâte fermentée ou levain. Uexutoire sert à ouvrir un cautère d'où exsudent les humeurs.
Uépicarpe et le suppédàne sont des sortes de cataplasmes qu'on applique, soit au poignet ou au carpe (d'où le nom d'épicarpe), ou à la plante des pieds (d'où le nom de suppédarie) : tel est le sinapisme le plus souvent. Ils s'appliquent crus et à froid.
Les pâtes sont destinées, soit à rendre la peau lisse et polie lorsqu'on la nettoie avec elles, soit pour faire tomber les poils, ou disparaître le hâle et les taches de rousseur. On y peut mêler des savons, des corps oléagineux qui donnent de la souplesse à la peau , ou des astrjngens pour la resserrer, pour en faire disparaître les rides, etc. Les pommades et quelques onguens rentrent dans cette classe.
Il y a aussi des poudres qu'on applique à l'extérieur sur la peau , soit pour diminuer la sueur , soit pour empêcher les froissemens, soit pour dessécher les écorchures. Nous ne parlerons ici que des poudres magistrales.
2|8 CATAPLASMES, etc.
Cataplasme de mie de pain et de
If, Mie de pain blanc émiettée ia8 gramm. î jv.
Lait ou déooctutn de racine de guimauve. ;5o gramm. lt> j fi.
Faites cuire le mélange en bouillie sur un feu doux, en ayant soin d'agiter, de peur qu'il ne brûle à son fond. Sur la , fin , on ajoute, s'il est prescrit :
Safran gâtînois en pondre a gramm. 3 fi.
On fait du tout un cataplasme qui s'applique tiède, sur un linge. Il est très - adoucissant et calmant pour les inflammations, les ophthalmies, les furoncles, les panaris, les érysipèîes , etc.