‹ Traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 11 sur 608 · DOUCE-AMÈRE · texte numérisé non relu

DOUCE-AMÈRE

La Douce-amère, Solarium dulcamara, doit son nom à sa saveur en même temps amère et sucrée.

Ce sont les tiges dont on fait usage en médecine, comme sudoritiques et dépuratives, contre les maladies de la peau et les rhumatismes chroniques. — C'est, dit M. Bretonneau, le dépuratif le moins infidèle. H faut commencer par une faible dose et l'élever jusqu'à ce que le malade commence à éprouver du trouble de la vue et des vertiges ; on le maintient longtemps dans ces conditions. C'est à la solanine contenue dans la plante que ces effets doivent être rapportés. Il survient aussi, pendant son emploi, de la sécheresse à la gorge et des démangeaisons à la peau.

Pfaff a découvert la matière sucrée , qu'il a appelée Picroglynion, que Pelletier croyait être un mélange de sucre et de solanine ; <*e qui me parait fort douteux. Le picroglycion de Pfatî a la forme de petits cristaux d'une saveur en même temps douce et amère ; ils sont parfaitement fusibles. L'eau, l'alcool et l'éther acétique les dissolvent facilement ; ils sont moins solubles dans l'éther sulfurique ; ils ne sont précipités de leur dissolution ni par les sels métalliques, ni par la noix de galle. Pour obtenir cette matière sucrée, il faut épuiser par l'alcool l'extrait aqueux de douce-amère, distiller, dissoudre le résidu dans l'eau, précipiter la dissolution par l'acétate basique de plomb, séparer l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré,

et évaporer à siccité. Le produit traité par l'éther acétique donne une solution, dont le picroglyeion se dépose en cristaux par l'évaporation spontanée.

La douce-amère n'est guère employée que sous forme de tisane ou d'extrait. Elle cède très-bien à l'eau, par infusion, ses principes solubles.

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