‹ Traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 153 sur 608 · VINAIGRE RADICAL · texte numérisé non relu

VINAIGRE RADICAL

On prend l'acétate de cuivre cristallisé bien sec ; on l'introduit dans une cornue de grès; on y adapte une allonge et un ballon surmonté d'un long tube ; on lute les jointures au lut gras, que l'on recouvre de lut de blanc d'œuf et de chaux ; on distille au fourneau à réverbère, en même temps que l'on tient le récipient refroidi par un courant d'eau.

On élève peu à peu la température de la cornue, que l'on augmente à mesure que l'opération avance ; à la fin, on chauffe fortement ; l'opération est terminée quand il ne se dégage plus rien. Le produit de cette première opération est de l'acide acétique qui contient de l'acétate de cuivre, qui le colore en vert ; on le rectifie par une nouvelle distillation faite dans une cornue de verre.

Les premiers produits que l'on obtient par la distillation de l'acétate de cuivre contiennent beaucoup d'eau, parce que l'eau de cristallisation du sel se sépare la première ; puis l'acide acétique devient plus abondant, puis il passe dans les derniers produits une quantité plus considérable d'un corps particulier qui est désigné sous le nom d'Esprit pyro-acétique ou d'Acétone. Il se fait en même temps de l'eau, de l'acide carbonique et quelques produits empyreumatiques. Il reste dans la cornue du cuivre très-divisé, mêlé de charbon.

La chaleur facilite la décomposition d'une partie de l'acide acétique par l'oxyde de cuivre, d'où il résulte du cuivre, de l'acide carbonique et de l'eau, mais comme une petite portion d'acide suffit à cette réaction, le reste de l'acide séparé de sa base prend l'état de vapeurs et vient se condenser dans le récipient ; il arrive cependant qu'une partie est détruite par le feu ; de là les produits empyreumatiques au nombre desquels est l'acétone, qui paraît résulter d'une réaction particulière entre les éléments de l'acide acétique. Si, en effet, on forme de l'acide carbonique avec les deux tiers de l'oxygène dp l'acide et une quantité correspondante de son carbone, les autres éléments seront en proportion convenable pour faire de l'acétone. Celui-ci a pour formule C3 H' O1, qui représentent l'acide acétique moins i proportion d'acide carbonique.

Cet acétone est un liquide incolore, très-fluide, d'une odeur aromatique particulière, d'une densité de 0,79, qui bout à 50° ; aussi, les premiers produits de la rectification du vinaigre radical en

sont-ils plus chargés que les autres. La présence de cette matière dans le vinaigre radical modifie son odeur et en fait une préparation particulière.

La présence de l'acétone dans le vinaigre radical donne le moyen de s'assurer si on ne lui a pas substitué l'acide acétique ordinaire. Il faut saturer l'acide et le distiller. La présence de l'acétone dans le produit est la preuve que l'acide a été obtenu par la distillation de l'acétate de cuivre.

La coloration en vert qui se produit pendant la distillation du verdet est due à ce qu'il se sublime pendant l'opération une certaine quantité d'acétate de protoxyde de cuivre qui s'attache à la voûte de la cornue sous la forme de petits cristaux. 11 est entraîné par l'acide acétique qui distille, et il se change en deuto-acétate au contact de l'air. On s'en débarrasse entièrement par la rectification de l'acide.

ACIDE ACETIQUE PUK.

Cet acide est fourni par le commerce. Il provient de la distillation du bois, ou plutôt de la décomposition des acétates qui résultent de la saturation de l'acide pyroligneux. L 'acide acétique de cette origine doit marquer 8 degrés à l'aréomètre, son odeur doit être franche , non empyreumatique, même après qu'il a été étendu d'eau ; il doit s'évaporer sans laisser de résidu. Il ne doit être précipité ni par Voxalate d'ammoniaque ni par l'azotate de baryte. L'hydrogène sulfuré ne doit pas le colorer. On est sûr, avec ces caractères, qu'il a été bien rectifié, et qu'il ne contient ni sels étrangers ni substances métalliques.

On prépare de l'acide acétique dans les laboratoires par le procédé suivant :

l»r. : Acétate de plomb cristallisé 16

Acide âulfurique 9

On met l'acétate de plomb dans une cornue tubulée que l'on place sur un bain de sable et à laquelle on adapte une allonge et un ballon muni d'un tube droit ; on verse l'acide sulfurique par la tubulure, on fait un mélange intime en remuant avec une baguette de verre, et l'on procède à la distillation à une douce chaleur, jusqu'à ce qu'il ne passe plus d'acide acétique.

On mêle le produit de cette distillation avec une partie de peroxyde de manganèse réduit en poudre fine ; on laisse en contact pendant

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