GLYCÉRINE
La Glycérine se produit pendant la sa ponification. Dansles huiles et les graisses, elle est combinée aux acides gras ; quand ceux-ci s'unissent à un alcali, la glycérine se sépare entraînant en combinaison une proportion d'eau, C6 H7 05 + Aq.
La glycérine est liquide, de consistance sirupeuse, incolore, inodore; sa saveur est sucrée; sa densité est de 4,25 à 4,27. Elle est
soluble dans l'eau et dans l'alcool en toutes proportions ; l'éther ne la dissout pas. La chaleur la décompose, et, au nombre des produits de sa décomposition, se trouve Vacroléine, sorte d'huile volatile, d'une odeur insupportable.
La glycérine dissout avec facilité un très-grand nombre de corps, en particulier les oxydes métalliques, et beaucoup de sels ; elle se combine aux acides : c'est son union avec les acides stéarique, margarique et oléique qui constitue les graisses neutres. On la trouve dans l'eau qui reste après la préparation de l'emplâtre de plomb ; il faut faire passer dans cette eau de l'hydrogène sulfuré pour précipiter l'oxyde de plomb et évaporer à une température douce.
Un procédé plus commode consiste à soumettre à l'action d'un courant de vapeur un mélange de 20 parties de corps gras et d'une partie de chaux que l'on a réduite en lait. Quand la saponification est complète, on sépare le liquide que l'on concentre au bain-marie ; puis on y fait passer un courant d'acide carbonique qui précipite la chaux. On fait bouillir pour détruire le peu de bicarbonate de chaux qui a pu se former ; on passe de nouveau et l'on achève la concentration à 28° de l'aréomètre. Ce procédé est de M. Morfit. Aujourd'hui la totalité de la glycérine du commerce provient des fabriques de bougies stéarîques. Il faut s'assurer qu'elle n'est ni acide ni chargée de chaux.
Le docteur Turnbull fait employer la glycérine dans le cas de rigidité du tympan. On humecte avec de la glycérine un peu de coton que Ton introduit dans le fond de l'oreille. La glycérine étant liquide et non évaporable, le coton reste toujours humide et n'a besoin d'être changé que de loin en loin.
Sur le conseil de M. Demarquay , la glycérine est employée, en guise de cérat, pour le pansement des plaies; elle a sur lui l'avantage de rendre le lavage et l'abstersion des plaies très-faciles. Suivant M. Demarquay, sous son influence, la suppuration est modérée, les plaies restent vives, et les bourgeons charnus se font régulièrement et sans qu'il soit nécessaire de les réprimer.
MM. Garot et Cap ont conseillé de se servir de la glycérine comme agent de dissolution des substances médicamenteuses sous le nom de glycérblés.
La glycérine dissout les oxydes métalliques, les sels, l'iode, les iodures, les alcaloïdes végétaux et leurs sels. Elle est très-propre à se charger du principe narcotique des solanées. On pourrait essayer, contre les maladies de la peau ces dissolutions qui, jusqu'à présent, sont restées sans usage.