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L'Acétate de potasse a joui longtemps en médecine d'une réputation justement méritée, bien qu'on en néglige beaucoup l'emploi aujourd'hui. Comme diurétique, à la dose de A grammes, il est préférable au nitrate de potasse, en ce qu'il ne cause pas d'irritation des reins et de la vessie. C'est surtout comme fondant que sa réputation était justement établie. Il faut en porter la dose à 2, 4 grammes et plus par jour et en continuer l'usage pendant longtemps. Comme les autres sels à acide organique, il est changé après son absorption en carbonate de potasse et agit à la manière des carbonates alcalins.
L'acétate de potasse ne contient pas d'eau. Il est blanc et a une saveur fraîche, il peut cristalliser en petits prismes aiguillés. 11 est très-déliquescent ; à peine a-t-il le contact de l'air qu'il en absorbe l'humidité et se fond en gouttelettes ; il est aussi excessivement sohible dans l'eau; l'alcool le dissout également en grande proportion.
Pour obtenir Facétate de potasse, on prend du carbonate de potasse purifié, on le fait dissoudre dans l'eau distillée, et Ton verse cette dissolution petit à petit dans de l'acide acétique à 3 ou 4 degrés, en ayant soin de laisser un petit excès d'acide ; on fait évaporer la liqueur à la moitié de son volume dans une bassine d'argent ; on y ajoute un peu de charbon animal purifié en poudre, on fait bouillir pendant quatre à cinq minutes; on filtre, on ajoute à la liqueur assez d'acide acétique pour la rendre légèrement acide, et Ton continue l'évaporation. Quand la liqueur est suffisamment concentrée, il se fait à la surface une croûte cristalline sans consistance ; au moyen d'une spatule, on la rejette constamment sur le côté jusqu'à ce que tout le liquide ait disparu; alors on laisse encore pendant quelques instants l'acétate de potasse sur le feu en le remuant doucement, pour qu'il achève de sécher et on l'enferme encore chaud dans des vases parfaitement bouchés.
La théorie de cette opération est des plus simples ; l'acide acétique chasse l'acide carbonique et le remplace ; le charbon animal enlève en s'y combinant un peu de matière colorante qui se trouve dans la liqueur; la filtration sépare le charbon et en même temps un léger dépôt siliceux qui provient de la silice contenue dans le carbonate alcalin ; on acidulé légèrement la liqueur, parce que l'acétate de potasse perd un peu d'acide par l'évaporation, et que, sans cette précaution, il resterait alcalin ; on évapore à siccité, parce que l'acétate de potasse forme par la cristallisation des cristaux sans consistance et que l'on séparerait difficilement de leur eau mère ; enfin, le mode de dessiccation est choisi de manière à laisser à l'acétate de potasse la forme de feuillets sous laquelle on le recherche.
Autrefois on préparait ce sel, en saturant du vinaigre distillé par du carbonate de potasse ; on avait soin de verser le carbonate dans le vinaigre, et non le vinaigre dans le carbonate ; car l'alcali de celui-ci aurait pu alors réagir sur la matière organique contenue dans le vinaigre distillé et se colorer; malgré cette précaution, on n'obtenait pas de l'acétate de potasse blanc, mais il était plus feuilleté que celui préparé par l'acide acétique pur. Pour blanchir cet acétate, on lui faisait subir la fusion ignée, à une température assez forte pour carboniser la matière végétale, mais assez faible pour ne pas décomposer l'acétate ; cependant, celui-ci devenait par là légèrement alcalin; depuis, on a blanchi successivement l'acétate de potasse par le charbon de bois, puis par le charbon animal ; enfin, on a remplacé le vinaigre distillé par le vinaigre de bois.
On peut obtenir dans la même opération l'acétate de potasse et le
bicarbonate de potasse par le procédé suivant qui est dû à Bchrus.
On met dans un vase étroit et profond, une dissolution de carbonate de potasse faite avec un poids d'eau égal au sien ; on y ajoute peu à peu de l'acide acétique. L'acide doit être mis dans une pipette dont l'ouveruture soit très-fine ; on la plonge jusqu'au fond de la dissolution alcaline et on agite légèrement pour faciliter l'absorption de l'acide carbonique par le carbonate de potasse; on opère ainsi jusqu'à ce que l'on ait employé la moitié de l'acide nécessaire à la saturation. On s'aperçoit qu'on est arrivé à ce point quand l'acide, ne trouvant plus que du carbonate dans la liqueur, fait naître une eflervescence très-vive... On lave le précipité cristallin qui s'est formé avec un peu d'eau froide. C'est du bicarbonate de potasse. Quant au reste des liqueurs et aux eaux de lavage, on achève de les décomposer par l'acide acétique pour faire de l'acétate de potasse. On pourrait de la même manière obtenir du bicarbonate de soude.
Le commerce fournit de l'acétate de potasse qui provient de la double décomposition de l'acétate de chaux par le sulfate de potasse, ou par du tartrate de potasse; quelquefois même on emploie l'acétate de plomb; la terre foliée obtenue par ces moyens est rarement pure, elle peut retenir du sulfate ou du tartrate de chaux et aussi de l'acétate de plomb. On reconnaît les sels de chaux à ce que l'acétate de potasse n'est plus entièrement soluble dans l'eau et dans l'alcool; quant au sel de plomb, sa présence est décelée par l'hydrogène sulfuré qui le précipite à l'état de sulfure de plomb noir ; c'est de lui qu'il faut surtout se garantir; le mieux encore est pour le pharmacim de préparer lui-même l'acétate de potasse dont il a la consommation.