PHOSPHATE DE CHAUX
(O. calciné*.)
Le Phosphate de chaux que Ton emploie en médecine est celui qui existe naturellement dans les os. Il est remarquable par sa composition; c'est un phosphate basique, dont la composition parait être variable, mais qui ne s'éloigne jamais beaucoup de la formule 3CaO -f- PO5, qui représente 45,5 de chaux et 55,5 d'acide phosphorique. Il est blanc, insipide, inodore, à peu près complètement insoluble dans l'eau, maisfacilementsolubledans lesliaueurs acides : il est associé dans les os à un peu de phosphate de magnésie, de carbonate de chaux et d'oxyde de fer.
Les os calcinés entrent dans la préparation de la décoction blanche de Sydenham, et pour ce seul usage, on en consomme de trèsgrandes quantités. Pour les obtenir, on se sert des os de mouton de préférence, parce qu'ils sont moins durs. On met sur un rang de briques, placées de champ, une grille ordinaire de fourneau, sur les côtés de cette grille, on élève avec de nouvelles briques et un peu de terre une espèce de tour carrée qui sert de fourneau, on place les os sur la grille en ayant le soin de ne pas les tasser trop, et l'on fait du feu au-dessous ; bientôt la graisse contenue dans les os s'enflamme et elle continue à brûler, en même temps que la matière animale est détruite. La chaleur se communique successivement aux couches supérieures, et, quand la combustion Hnit d'ellemême, l'opération est terminée. On trie alors les os avec soin, pour séparer toutes les parties qui sont restées noires, que l'on conserve pour les soumettre à une nouvelle opération : on pulvérise les os calcinés dans un mortier, on passe au tamis de soie, et on broie enfin sur un porphyre, jusqu'à ce que les os soient réduits en poudre impalpable. On fait avec cette pâte de petits trochisques que Ton fait sécher à l'étuve ou à l'air libre.
La porphyrisation des os calcinés est une opération fort longue; on peut arriver à les obtenir très-fins en les précipitant de leur dissolution dans l'acide chlorhydrique. Voici le procédé que j'ai employé :
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On pile les os et on les passe au tamis; on met alors en contact à froid 5 parties d'os avec 8 parties d'acide hydrochlorique à 22°.
On remue de temps en temps, et quand la matière s'est trop épaissie, on y ajoute un peu d'eau pour lui conserver une consistance de pâte. Après quelques jours, on délaye la matière dans l'eau, et l'on clarifie la liqueur par le filtre ou le repos.
On met alors dans une bassine de tole, 12 parties de carbonate de soude cristallisé dissous dans 40 parties d'eau ; la bassine ne doit pas être remplie à plus des deux tiers. On porte à l'ébullition ; alors, entretenant un feu violent sous la bassine, on y verse peu à peu la dissolution muriatique des os, de manière à ne pas interrompre l'ébullition. Quand toute la liqueur a été introduite, le liquide de la bassine doit être resté légèrement alcalin ; on laisse déposer, on décante, on lave le précipité à grande eau : on le reçoit sur une toile, on l'égoutte, on le divise en trochisques à la manière ordinaire.
Au moment du contact du carbonate de soude avec la dissolution des os, l'acide carbonique se dégage et il se fait du sel marin. Les os, n'ayant plus d'acide qui puisse les tenir en dissolution, se déposent. Si la décomposition était faite à froid, le précipité d'os serait extrêmement gélatineux, et deviendrait dur et corné par la dessiccation ; mais à l'ébullition, le phosphate de chaux, comme tous les précipités de chaux, se contracte et perd son état gélatineux. Le lavage en est facile, et il ne prend pas de dureté en séchant.