‹ Traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 239 sur 608 · T1TU · texte numérisé non relu

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Pour préparer la dissolution arsénieuse chlorométrique :

Pr. : Acide arsénieux pur.. . .

— chlorhydrique pur.

Kau distillée

4,4 grammes.

On porphyrise l'acide arsénieux ; on le sèche et on le pèse ; on l'introduit dans un matras avec l'acide chlorhydrique que l'on étend de la moitié de son volume d'eau ; on fait dissoudre sur un feu doux et l'on étend la liqueur avec de l'eau distillée, de manière à en obtenir exactement un litre.

Une pareille liqueur détruit un volume égal au sien d'une dissolution de chlore contenant un volume de ce gaz; c'est-à-dire que dans leur mélange tout l'acide arsénieux est changé en acide arsénique en même temps que tout le chlore passe à l'état d'acide chlorhydrique.

Il est indispensable que la dissolution arsénieuse soit faite avec un acide, et même qu'elle en conserve un excès après son mélange avec la dissolution de l'hypochlorite dont on veut déterminer le titre, car autrement la réaction entre l'acide arsénieux et l'hypochlorite resterait incomplète. Cette réaction est alors instantanée; l'acide arsénieux paraît même attaqué de préférence à l'indigo. Si, en effet, on colore légèrement en bleu avec la dissolution sulfurique d'indigo la liqueur arsénieuse, et qu'on y verse peu à peu l'hypochlorite, la couleur bleue persistera très-longtemps, et ne sera successivement détruite que là où tombe l'hypochlorite, par l'excès de chlore qui reste après la transformation de l'acide arsénieux en acide arsénique.

Cette persistance de la couleur de l'indigo, au milieu de la dissolution arsénieuse, fournit un moyen aussi simple que sûr de reconnaître les progrès de l'opération, et le moment précis où elle arrive

à son terme; car aussitôt que l'acide arsénieux est entièrement détruit, la couleur bleue s'évanouit instantanément par le plus léger excès d'hypochlorite, et le liquide devient transparent et limpide comme l'eau.

Il s'agit maintenant de décrire les instruments et les manipulations, ou, à proprement parler, de donner la description du chloromètre.

G, bocal destiné au mélange de la dissolution arsénieuse et de celle de l'hypochlorite. Il doit être à fond plat et avoir environ 7 centimètres de diamètre sur 42' de hauteur.

H, pipette contenant jusqu'au trait a un volume d'eau de 10 centimètres cubes, ou un poids de 40 grammes. Le trait, placé à la hauteur de l'œil, doit être tangent à la convexité du liquide. On emplit la pipette par aspiration ou par immersion.

Fig. s.

M, burette dont 400 divisions sont égales à 10 centimètres cubes, soit à la mesure H qui vient d'être décrite. Elle doit avoir à peu près le même diamètre que cette mesure, et porter de 480 à 200 divisions. Les traits qui forment les divisions seraient trop rapprochés si on les traçait tous. On se borne à n'en tracer qu'un sur deux, et par conséquent chaque division vaut 2 centièmes, mais à l'œil nu on en prend facilement la moitié. Comme la plus petite quantité de liquide qu'on puisse verser de la burette est une goutte, il est nécessaire d'en connaître la valeur par rapport à une division de la burette. On y parvient en comptant le nombre de gouttes que donne la burette pour un nombre connu de divisions. Si, par exemple, on a obtenu 15 gouttes de 0° à 40°, chaque goutte vaudra 40/45 ou 2/3 de degré. Il est à remarquer que, pour empêcher la burette de baver, on doit enduire le bec d'un peu de cire; ce qui se fait aisément en le chauffant assez pour que, frotté sur la cire, il en détermine la fusion.

P, flacon contenant de la dissolution sulfurique d'indigo, à un tel degré de dilution qu'il faille seulement une goutte de chlorure à 400e, pour en détruire 6 à 8 de dissolution. Le flacon est fermé par un bouchon de liège que traverse un tube plein de 3 à 4 millimètres de diamètre plongeant intérieurement dans l'indigo. Quand on

Fig. 4.

Fig. 6.

veut colorer en bleu la dissolution arsénieuse, on retire le tube, et, par une légère secousse, on fait tomber la goutte d'indigo qui lui est restée adhérente.

Tels sont les instruments nécessaires pour les opérations de la chlorométrie.

Décrivons maintenant avec soin l'essai des hypochlorites, en prenant pour exemple l'hypochlorite de chaux.

La dissolution normale arsénieuse étant préparée, l'essai de l'hypochlorite ne présente aucune difficulté. Après avoir prélevé symétriquement des échantillons dans lamasse de l'hypochlorite de chaux qu'on se propose de titrer, on en composera un échantillon moyen dont on prendra 10 grammes. L'hypochlorite sera broyé dans un mortier de porcelaine ou de verre, avec un peu d'eau, puis on ajoutera une nouvelle quantité de liquide, et on décantera. Le résidu, broyé encore, sera traité par de 'eau, et celle-ci décantée comme la première. Après quelques opérations semblables, l'hypochlorite sera épuisé ; le volume de la dissolution sera porté à 1 litre, et on l'agitera pour la rendre homogène dans toutes ses parties. Afin de mesurer exactement le litre, on se sert avec avantage d'un matras d une capacité telle, qu'ayant reçu un litre de liquide, le niveau de celui-ci arrive jusque dans le col du matras. On marque ce niveau d'un trait sur le verre, pour s'éviter de mesurer à chaque nouvelle opération.

Cette opération terminée, on remplira la burette M de dissolution d'hypochlorite de chaux jusqu'à la première division, zéro. D'une autre part, on mettra dans le bocal G une mesure H de dissolution arsénieuse colorée faiblement avec de l'indigo; et, pendant qu'on tiendra le bocal d'une main, dans un mouvement giratoire continu, on y fera tomber peu à peu l'hypochlorite de la burette, que l'on tiendra de l'autre main. Lorsque la couleur bleue se sera affaiblie au point de n'être presque plus sensible, on la rehaussera par l'addition d'une goutte de dissolution d'indigo. Dès ce moment on se tiendra sur ses gardes; on ne versera l'hypochlorite que lentement, par gouttes; car, au terme même de l'opération, la dissolution arsénieuse se décolore instantanément et ressemble à de l'eau. Supposons qu'il ait fallu 108 divisions d'hypochlorite pour détruire la mesure de dissolution arsénieuse, le titre de cet hypochlorite sera égal, d'après la table, à 92,0 degrés.

Ce titre peut être regardé comme suffisamment exact, puisqu'on n'a ajouté que deux gouttes d'indigo, équivalant à environ 4/3 de

degré ; mais si l'on veut un plus grand degré de précision, on recommencera l'essai sans colorer la dissolution arsénié use. On y versera 10t) à 107 divisions d'hypochlorite de chaux, et on y ajoutera alors une seule goutte d'indigo, qui suffira pour terminer l'opération.

Supposons toujours qu'il ait fallu 108 divisions d'hypochlorite de chaux pour détruire la mesure de la dissolution arsénieuse : la dernière goutte ajoutée était nécessaire, mais en partie seulement, puisqu'une autre goutte n'aurait produit aucun effet. Il est donc naturel de la diviser en deux parties égales, l'une qui a été employée, l'autre qui ne l'a pas été. Or, une goutte de la burette étant égale à 2/3 de division de la même burette, la moitié ou 1/3 devra être retranchée de 108; ce qui réduira ce nombre à 107 2/3, et le titre 92°,ti à 92°,4.

D'un autre côté, deux gouttes d'indigo peuvent bien exiger environ 1/3 de goutte d'hypochlorite, un peu plus ou un peu moins, qui sera conséquemment employé de trop. Ainsi, puisqu'il faut, d'une part, retrancher une demi-goutte d'hypochlorite qui n'a pas été utilisée, et que, de l'autre, la seconde moitié peut être considérée comme ayant servi à décolorer l'indigo, on ne doit pas tenir compte de la dernière goutte d'hypochlorite qui a produit la décoloration. L'hypochlorite empjoyé serait, dans ce cas, égal à 107 divisions 1/3 et son titreà93°,l.

Ces détails sont minutieux pour un essai de commerce ; ils n'ont été produits que pour fixer le degré de précision du procédé.

On doit se rappeler que le titre de l'hypochlorite de chaux est pris en opérant sur 10 grammes, qui font la centième partie du kilogramme. Ainsi le titre de 95°, par exemple, ayant été trouvé pour 10 grammes d'hypochlorite, 1 kilogramme ou 100 plus de cet hypochlorite aura 9500°.

D'après la graduation qui a été adoptée, 1 degré est équivalent à 1 centième de litre de chlore libre ; conséquemment, 95° pour 10 grammes de chlorite de chaux, représentent 0 lit. 95.

Pour 100 grammes, c'est 9 lit. 5, et, pour 1 kilogramme, 95 litres. Ainsi, en rapportant par la pensée le titre au kilogramme d'hypochlorite de chaux, le nombre de degrés exprimés par le titre représentera un égal nombre de litres de chlore sec, à zéro de température et à 0,76 de pression, représentant l'effet d'un kilogramme d'hypochlorite de chaux.

Un litre de chlore, dans cette circonstance, pèse 3, l(>89 grammes.

On aura donc, comme valeur d'un kilogramme d'hypochlorite, ce poids répété autant de fois qu'il y aura de degrés dans le titre.

Si, par exemple, le titre de l'hypochlorite est 108o, le kilogramme d'hypochlorite représente :

3,1689 gr. X 108 = 342 gr., 2 de chlore.

L'essai de l'hypochlorite de chaux liquide, des hypochlorites de soude ou de potasse, se fait de la même manière. Une dissolution de l'un de ces hypochlorites étant donnée, on l'emploie pour détruire la solution d'acide arsénieux, et l'on juge du degré par la quantité qui a été nécessaire. Soit qu'il ait fallu 100 volumes de cet hypochlorite pour détruire 100 volumes de dissolution arsénieuse, l'hypochlorite est à 100 degrés. On consultera d'ailleurs la table comme il a été dit.

Je dois faire remarquer que le degré chlorométrique d'une liqueur a longtemps représenté 1/10 de volume de chlore. M. Gay- Lussac a préféré le degré qui ne représente que i/100 de volume de chlore, parce que c'est la division qui a été adoptée dans les arts ; et, comme il est bon de n'avoir qu'un seul langage pour exprimer une même chose, on l'a adoptée également pour l'usage médical.

Dans les essais précédents, la force chlorométrique des hypochlorites est assimilée à celle du chlore ; c'est qu'en effet, dans l'essai, le chlore est mis à nu, et c'est lui qui agit.

En rapportant, au contraire, la force décolorante à l'acide hypochloreux, chaque degré représente 1/2 centième de volume de chlore uni à 1/2 centième de volume d'oxygène.

Comme il se fait dans les hypochlorites des chlorites quj ont la propriété décolorante, mais qui ne transforment pas l'acide arsénieux, pour avoir un essai à l'abri de tout reproche, MM. Fordoz et Gélis remplacent l'acide arsénieux par l'eau et l'hyposulfite de soude. Il faut 2,77 grammes d'hyposulfite de soude pour 1 litre; on l'acidulé légèrement avec l'acide chlorhydrique au moment de faire l'essai.

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