PROPRIÉTÉS MÉDICINALES DE L'IODE ET DES COMPOSÉS I0DIQUES
Bien que l'on ait employé contre le goitre des cendres de fucus, des éponges calcinées et des eaux minérales, que nous savons aujourd'hui contenir de l'iode, l'utilité de ce corps était restée inconnue lorsque l'emploi en fut conseillé en 1819, par Coindet, qui plus tard l'appliqua par analogie au traitement des maladies scrofuleuses. C'est une des plus belles découvertes dont la médecine moderne puisse s'enorgueillir.
L'iode et les composés iodiques, administrés à l'intérieur, sont un stimulant général; sous leur influence la circulation devient plus active et la peau plus chaude ; l'urine est augmentée, l'appétit s'accroît. Quelques symptômes cérébraux apparaissent. Ils déterminent de la céphalalgie, un engourdissement dans les membres supérieurs et une sorte d'ivresse. Si l'usage de l'iode est continué trop longtemps, ou que la dose soit portée trop haut, il survient une excitation exagérée du canal intestinal, des maux de gorge, du coryza, de l'insomnie, et plus tard de l'amaigrissement, la perte des forces, l'émaciation, l'atrophie des glandes et enfin la phthisie.
L'absorption de l'iode est rapide et sa disparition est prompte : au bout de minutes, on retrouve l'iodure de potassium dans l'urine ; au bout de quelques jours au plus, tout a été expulsé. Pendant son séjour, l'iode choisit son siège dans les glandes, dans le foie, dans le pancréas. Les glandes salivaires ont une aptitude spéciale ; si l'iode est donné à très-petites doses, il apparaît dans la salive, et rentre dans la circulation : si la dose est plus grande , l'iode sort aussi par
DE L'IODE. 28t
l'urine, les larmes et la sueur. Le procédé le plus commode pour redécouvrir, consiste à ajouter au liquide un peu de solution d'amidon; puis, goutte à goutte, de l'acide azotique azoteux.
Les maladies auxquelles ou applique l'iode, sont les goitres, les scrofules, l'engorgement et les tumeurs des glandes, la phthisie, et surtout la syphilis constitutionnelle, les maladies de la peau.
A l'extérieur l'iode pur est un topique irritant qui peut produire une eschare. En dissolution dans l'eau, on obtient les plus grands succès de son injection dans les cavités séreuses. On l'a appliqué avec succès encore au traitement de la dyssenterie chronique.
Le nombre des préparations iodiques que l'on trouve dans les formulaires a été singulièrement exagéré. 11 n'est pas douteux que toutes les préparations qui renferment de l'iode ne soient actives; mais avant de proposer de nouveaux composés ou de nouvelles préparations, on devrait s'assurer si elles ont un avantage incontestable sur les anciennes. Dans le cas [contraire, il est inutile de venir en encombrer la matière médicale.
J'étudierai successivement i© l'iodure de potassium qui est le plus intéressant des composés d'iode ; et comme appendice, quelques iodures alcalins dont on a prdposé l'emploi ; 2° l'iode lui-même y compris l'iodure de potassium ioduré ; 3° les composés dans lesquels l'iode est dissimulé par une matière organique ; 4° les iodures qui contiennent un élément actif autre que l'iode.
IODUHE DK POTASSIUM, lot) tare potassique, Hydriodate de potatse, Iodhydrate de potasse. )
Kl.
L'iodure de potassium est le meilleur de tous les iodiques. Il pénètre facilement dans l'économie, et l'on en règle l'action à volonté.
L'iode et le potassium forment trois combinaisons, savoir :
L'iodure de potassium, Kl ; le bi-iodure, Kl* ; le tri-iodure, Kl».
Les deux derniers s'obtiennent en surajoutant de l'iode à une dissolution d'iodurc ordinaire.
L'iodure de potassium est blanc; il cristallise en cubes qui ne contiennent pas d'eau ; sa saveur est àcre ; il est déliquescent et extrêmement soluble dans l'eau. 400 parties d'eau à + 18 dissolvent 443 parties d'iodure de potassium; il se dissout aussi dans l'alcool ; il en faut environ 5 fois son poids.
Pour préparer l'iodure de potassium, on prend une dissolution de potasse caustique marquant 30e; on y introduit de l'iode en agitant continuellement jusqu'à ce que la liqueur reste colorée par un petit excès d'iode; alors on ajoute un petit excès de potasse caustique qui amène la décoloration complète de la liqueur, et Ton évapore. Sur la fin de l'évaporation on ajoute du charbon végétal en poudre fine (40 p. 400 de l'iode employé), on évapore à siccité, et Ton chauffe au rouge dans une marmite de fer. 11 en résulte une déflagration tranquille. On coule la masse fondue , on la fait dissoudre dans A à 5 parties d'eau ; on filtre et Ton évapore dans une capsule de porcelaine ; on met la capsule sur un bain de sable et Ton y concentre les liqueurs, en ayant soin de remplacer la perte qui résulte de l'évaporation par une nouvelle quantité de dissolution; quand les liqueurs sont très-concentrées, on laisse refroidir la capsule sur le bain de sable même. On obtient de fort beaux cristaux cubiques d'iodure de potassium.
Les eaux mères fournissent, par des évaporations et des cristallisations successives, de nouveaux cristaux dont les derniers ont besoin d'être soumis à une nouvelle cristallisation.
Dans l'opération précédente, l'iode, en agissant sur la potasse, la change en iodure de potassium et en iodate de potasse. La réaction a lieu entre 6 pp. d'iode et 6 pp. de potasse.
5 pp. iode -f 5 pp. potassium forment 5 pp. iodure de potassium.
5 pp. oxygène provenant de la potasse et 1 pp. iode, constituent de l'acide iodique qui s'unit à la proportion de potasse qui n'a pas* été décomposée.
£U | Iodure de potassium
( Acide iodique )
11 * J Iodate de potasse.
iKO PoUsse )
La calcination du sel avec le charbon a pour objet de décomposer Tiodate de potasse qui perd l'oxygène de sa base et celui de son acide, en formant de l'acide carbonique, et qui se change en iodure de potassium.
On est dans l'usage d'employer un petit excès d'alcali caustique : le sel cristallise mieux, et les cristaux ont une opacité que l'on est habitué à leur trouver dans le commerce. Ils ne jaunissent pas à l'air comme le fait l'iodure de potassium pur.
M. Girault nous a appris qu'il est important d'employer de la potasse exempte de soude. L'iodure de sodium qui se formerait se décomposerait peu à peu en iode et en carbonate de soude au contact de l'air ; c'est surtout pendant la calcination du mélange que cet effet a lieu. On obtient alors un iodure de potassium mélangé (l'iodure de sodium et de beaucoup de carbonate de soude.
Turner a conseillé de faire passer un courant d'hydrogène sulfuré dans la liqueur pour changer l'iodate en iodure ; M. Barbet-Lartigue fait préparer l'iodure en faisant passer le gaz dans un mélange de carbonate de potasse et d'iode.
Ces deux procédés, qui réussissent bien quand on opère sur de petites masses, ne peuvent soutenir la comparaison avec le précédent, dès qu'on veut obtenir une quantité un peu notable d'iodure de potassium ; la préparation d'une grande masse d'hydrogène sulfuré est un embarras auquel on se soustrait facilement par la calcination avec le charbon.
MM. Baup et Caillot ont donné le procédé suivant qui a été longtemps suivi de préférence. On lui reproche avec raison de donner plus difficilement de l'iodure blanc, à cause du fer qui est retenu fortement, et surtout de faire perdre une portion d'iode qui reste obstinément attachée au précipité qui résulte de la décomposition de l'iodure de fer par le carbonate alcalin. Voici ce procédé :
Pr.m Iode 32
Limaille de fer 10
Carbonate de potns^e pur. environ. 2fi
On met dans une chaudière de fonte environ 40 parties d'eau froide ; on y ajoute successivement l'iode et le fer, et l'on agite avec une spatule de fer, jusqu'à ce que la liqueur soit en grande partie décolorée; on chauffe alors pour achever la décoloration. Quand au contraire on opère sur des masses considérables, il est bon de n'ajouter l'iode que par portions, car la chaleur qui résulte de sa combinaison avec le fer pourrait en volatiliser beaucoup.
La liqueur est d'abord très-foncée, parce qu'il se fait un iodure de fer ioduré, puis elle se décolore^parce que le fer métallique s'empare de cet excès d'iode ; on reconnaît que la réaction est terminée à ce que la liqueur est décolorée , ou du moins n'a plus que la légère teinte verte propre aux protosels de fer. Alors on filtre et on lave l'excès de fer avec de l'eau que l'on ajoute à la première liqueur. On a une dissolution d'iodure de fer. •
On verse dans cette dissolution un petit excès de carbonate de po-
tasse, de manière à ce qu'il cesse de s'y former un précipité. Il se fait de l'iodure de potassium qui reste en dissolution et du carbonate de fer ; on fait bouillir pendant un quart d'heure pour donner de la cohésion au carbonate de fer et faciliter sa séparation. Il se précipite par le repos; on le lave à plusieurs reprises à l'eau bouillante. Toutes les liqueurs sont réunies, et on les évapore à siccité dans une chaudière de fonte ; le produit est de l'iodure de potassium mélangé d'un peu de fer; on le fait redissoudre dans A à 5 parties d'eau; on filtre1 et on évapore pour faire cristalliser.
M. Girault a prouvé qu'il serait avantageux de remplacer le fer par le zinc ; les métaux étrangers et même le fer que le zinc peut contenir restent indissous, si l'on a soin d'employer un petit excès de zinc; de plus, l'hydrocarbonate de zinc qui se dépose et qui retient de l'iode le perd tout entier à la chaleur rouge, et laisse de l'oxyde de zinc blanc que l'on peut utiliser. On opère la décomposition de l'iodure de zinc en versant peu à peu sa dissolution dans une dissolution bouillante et maintenue telle de carbonate de potasse , en ayant soin de laisser un petit excès de carbonate alcalin; on filtre et l'on fait évaporer.
Essai de l'iodure de potassium. — L'iodure de potassium du commerce peut n'avoir pas la pureté nécessaire , parce qu'il contient des chlorures de potassium ou de sodium , parce qu'il est mélangé de bromure de potassium ou d'iodate ou de carbonate de potasse. *
Les chlorures se reconnaissent au moyen du nitrate d'argent et de l'ammoniaque.
Le meilleur procédé pour reconnaître la présence du bromure a été donné par M. Personne. On verse dans la dissolution d'iodure soupçonné un excès d'une dissolution de sulfate de cuivre, on y fait passer un courant d'acide sulfureux et l'on filtre. On sépare ainsi l'iode à l'état d'iodure de cuivre.. On met une portion de la liqueur surnageante dans un tube, avec un peu d'eau chlorée qui sépare le brôme s'il y en a, et qui se colore en jaune. Pour déterminer la proportion des deux sels, il faudrait sécher et peser l'iodure de cuivre. Pour avoir le bromure, il faudrait qyrater à la liqueur, après la séparation de l'iode, une nouvelle quantité de sulfate de cuivre et ti'a cide sulfureux, et faire bouillir.
Quand le carbonate de potasse, contenu dans l'iodure de potassium, ne dépasse pas 4 à 5 p. 100, il provient de l'usage où l'on est de laisser un petit excès defce sel dans les liqueurs, pour avoir un iodure de potassium en cristaux opaques et moins altérables. Au
reste, en traitant l'iodure de potassium mêlé de carbonate de potasse par de l'alccol dans un tube, le carbonate se séparerait en un liquide dense qui ferait une effervescence vive avec les acides.
Si Tiodure de potassium contient de l'iodate de potasse, l'alcool donnerait un moyen simple de séparer ce sel, qui se reconnaîtrait aisément à la propriété qu'il possède d'activer la combustion des charl>ons.
L'iodure de potassium est un sel très-soluble que l'on administre toujours en dissolution dans l'eau , dans une potion ou dans de la tisane, à la dose de 1,2 gramme à i gramme dans les maladies chroniques ; à la dose de 2 à 8 grammes par jour dans les affec- , tions syphilitiques où il s'agit d'enrayer promptement la maladie. L'iodure de potassium exerce parfois une action fâcheuse sur les voies digestives, de la douleur d'estomac ou de la diarrhée ; alors on l'emploie à l'extérieur en frictions.
SIROP d'iodure de potassium.
Pr. : lodure de potassium 30
Eau 30
Sirop de sucre 640
— d'écorces d'oranges amères. . . ^ 300
Faites dissoudre l'iodure de potassium dans l'eau, mélangez la dissolution au sirop.
32 grammes de sirop contiennent I gramme d'iodure.
EAU GAZEUSE IODURÉE.
Pr. : lodure de potassium 1,6 gramme.
Eau gazeuse 1 litre.
Ou
Pr. : lodure de potassium i gramme.
Kau gazeuse, une bouteille, soit 6Î& —
On met l'iodure dissous dans un peu d'eau au fond d'une bouteille que l'on remplit d'eau gazeuse à la manière ordinaire ;
Ou bien, on débouche une bouteille d'eau gazeuse, on y introduit vivement l'iodure de potassium et l'on bouche aussitôt.
Chaque bouteille contient 1 gramme d'iodure de potassium.
POMMADE HYDRIODATÉE.
Pr. : lodure de potassium Eau
m DES MÉDICAMENTS CHIMIQUES.
, Faites dissoudre l'iodure de potassium dans l'eau et mêlez à l'axonge. „.
Quand la graisse que Ton emploie est récente, la pommade est blanche au moment où elle vient d'être préparée, mais elle se colore peu à peu à l'air ; quand l'iodure est légèrement alcalin, la pommade est blanche encore et se conserve longtemps en cet état, parce qu'il ne s'établit aucune réaction entre la graisse et le sel.
Cette pommade est colorée môme au moment où l'on vient de la préparerai la graisse n'est pas très-fraîche. C'est que, sous l'influence de la graisse acide, le potassium s'oxyde et l'iode est mis en liberté et colore la pommade.
Pour éviter que la pommade hydriodatée ne se colore avec le temps, M. Deschamps conseille de la préparer avec la graisse benzoïnée qui ne rancit pas.
BAUME HYDRIODATÉ.
Pr. : lodure de potassium 2
Alcool à 56« (20« Oart.) 8
Faites dissoudre ; d'autre part,
l»r. : Savon animal 3
Alcool à 65* (2*> Cart.). 5
Dissolvez à une douce chaleur, mélangez la solution encore chaude à la précédente ; aromatisez avec quelques gouttes d'essence et partagez dans des flacons à large ouverture ; on obtient une espèce de gelée qui se conserve parfaitement.
Cette préparation nous vient de Lausanne, où elle est employée avec succès sous le nom de Gelée contre le goitre; on peut ajouter de l'iode (5 grammes) et faire ainsi un baume hydriodaté ioduré.
IODHYDHATE D'AMMONIAQUE.
(Hydriodaté d'ammoniaque.)
AzH*-+-IH. «
L'Iodhydrate d'ammoniaque cristallise en cubes; il est volatil, déliquescent, très-soluble dans l'eau; il s'altère très-promptement à l'air, parce que l'oxygène brûle une partie de l'hydrogène de l'acide iodhydrique, et met à nu de l'iode, qui se combine à Tiodhydrate d'ammoniaque et qui le colore.
On prépare une solution d'iodure de fer, ainsi qu'il a été dit à l'article Iodure de potassium, et Ton précipite cette dissolution par le carbonate d'ammoniaque, au lieu de la précipiter par le carbonate de potasse ; la bqueur filtrée est évaporée très-fortement jusqu'à forte pellicule, et on fait cristalliser.
. La difficulté est d'obtenir un sel blanc, à cause de l'altération que le contact de l'air lui fait promptement éprouver. Il faut, pendant l'évaporation, entretenir la liqueur légèrement ammoniacale, en y ajoutant de temps en temps un peu d'ammoniaque caustique ; c'est surtout au moment où la cristallisation va se faire, qu'il est important de tenir les liqueurs un peu alcalines.
On fait égoutter le sel, et s'il est coloré on le lave dans un entonnoir avec une eau légèrement ammoniacale.
lODUHE DE BAIlllM
Bal.
L'Iodure de barium est un sel blanc d'une saveur Acre, qui cristallise en petites aiguilles ; il est déliquescent et très-soluble dans l'eau; sa dissolution se décompose promptement au contact de l'air; il se sépare du carbonate de baryte, et il se fait une solution colorée d'iodure de barium ioduré. L'iodure de barium a été employé par M. Lugol contre quelques engorgements scrofuleux. Il est inusité aujourd'hui.
Pour l'obtenir, on prend le sulfure de barium obtenu par la calci nation du sulfate de baryte avec le charbon. Après chaque traitement par l'eau distillée bouillante on laisse déposer un instant dans le mat ras, puis on décante la liqueur limpide sans qu'il soit nécessaire de filtrer, et Ton y verse aussitôt de la solution de proto-iodure de fer (que l'on se procure avec facilité en mettant l'iode en contact avec de l'eau distillée et un léger excès de fer en limaille, p. 283.)
Le sulfure de barium et l'iodure de fer se décomposent réciproquement en iodure de barium soluble et en sulfure de fer insoluble, lequel est toujours mêlé d'oxyde de fer qui a été précipité par l'hydrate de baryte.
Quand on croit être près du point de saturation, on filtre un peu de la liqueur, et lorsqu'elle ne précipite plus ni par l'iodure de fer, ni par le sulfure de barium, ce qui indique que la décomposition est complète et qu'on n'a pas ajouté un excès d'iodure de fer, on filtre la liqueur qui est incolore, on la reçoit dans une capsule et Ton évapore au bain de sable jusqu'à pellicule ; alors on retire la capsule
et, par le refroidissement, il se forme des prismes à six pans d'iodure de barium; on sépare l'eau mère qui est incolore, on met les cristaux à égoutter dans un entonnoir en verre, et dès qu'il ne s'écoule plus de liquide on les renferme dans un flacon à l'émeri bien sec, et dont la grandeur doit être proportionnée à la quantité d'iodure que l'on veut y mettre, sans quoi les cristaux se colorent au bout d'un certain temps. Lorsqu'on ne veut pas avoir l'iodure cristallisé, il faut évaporer de suite les liqueurs jusqu'à siccité en agitant continuellement à une douce chaleur. Dans cette opération , il ne faut pas laisser longtemps les liqueurs exposées à l'air, sans quoi elles se colorent.
POMMADE DIODIRE DE BARIUM.
Pr. : lodure de barium 20
Axonge 30
Mêlez.
L'Iode a une action locale irritante qui lui fait souvent préférer l'iodure de potassium ; mais d'autre part on le considère comme plus actif et comme séjournant plus longtemps dans l'économie. Pour s'en servir avec avantage, il faut le délayer convenablement et le faire prendre au moment des repas. On se sert de la teinture d'iode, que l'on mélange avec du sucre ou du sirop de sucre. On se sert aussi d'une dissolution d'iode très-étendue, opérée au moyen de l'iodure de potassium. On l'a utilisé aussi sous forme de fumigations, que l'on obtient en laissant de l'iode s'évaporer lentement dans la chambre habitée par le malade, ou en lui faisant prendre une inspiration de temps en temps dans un vase contenant de l'iode.
EAU MINÉRALE IODURÉE.
(Eau iodée
Pr. : Iode.. 2(
lodure de potassium 40
Kau distillée 1000
dissoudre (Lugol).
Cette formule a été adoptée en dernier lieu par M. Lugol; décilitre contient 2 centigram. d'iode, chaque demi-décilitre en< tient 1 centigram. Dans cette préparation, comme dans toutes celles
qui suivent, la matière médicamenteuse que Ton emploie est un mélange d'iodure et de bi-iodure de potassium.
FUMIGATION IODÉE DB B Ait R ÈRE.
Dans une tabatière on met de la poudre de camphre et dans un sachet de mousseline au milieu, de l'iode, le 40e du volume du camphre. On remue de temps en temps. En quelques heures le camphre a pris la couleur de l'iode.
Le malade inspire de temps en temps dans sa tabatière. Il éprouve une sensation de fraîcheur agréable dans les voies aériennes et une grande facilité dans la respiration.
M. Hannon voulait qu'on fît absorber l'iode par la peau en le plaçant entre deux ouates de coton, moyen qui, au dire de M. D. Titon {Thèse inaugurale), irrite vivement la peau, produit lavésication et ne donne pas lieu à une absorption d'iode.