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DURE D'AMIDON

Nous avons déjà dit que l'iode s'unit à l'amidon dans ses divers états d'agrégation, en lui donnant une couleur bleue qui tire davantage sur le violet à mesure que l'état de désagrégation de l'amidon est plus avancé. M. Buchanan a eu l'idée d'appliquer l'iode sous cette forme à la thérapeutique.

L'amidon en grain que l'on traite par une solution alcoolique d'iode prend une couleur bleue qui le pénètre profondément; l'iodure sec est si foncé qu'il paraît noir. On s'est servi d'abord de ce premier iodure d'amidon, puis est venu M. Quesneville, qui a préconisé l'emploi de l'iodure d'amidon soluble qui résulte de l'union de l'amidon désagrégé avec l'iode. M. Magnes Lahens a donné un fort bon travail sur ce sujet ; il a montré que la désagrégation de l'amidon était hâtée par l'iode, et le premier il a fait connaître un procédé pratique pour la préparation de l'iodure d'amidon soluble et pour la préparation du sirop à base d'iodure d'amidon.

Cet iodure d'amidon ne méritait pas d'être tiré de l'oubli où il était tombé après quelques essais, car il ne satisfait pas à la première condition que j'ai signalée, savoir de dissimuler complète-

ment l'iode ; il a conservé l'odeur et la saveur de l'iode, et il est peu agréable à prendre pour le malade.

IODURB D'AMIDON INSOLUBLE.

Pr. : Amidon de froment 1

Iode 24

Dissolvez l'iode dans la plus petite quantité possible d'alcool à 95e. Mêlez à l'amidon et laissez sécher à l'air. Une partie de l'amidon se volatilise ; le produit est variable dans sa composition.

IODURB D'AMIDON SOLLBLE.

Pr. : Amidon nitrique (l) 9

Eau 2

Iode 1

Humectez l'amidon avec l'eau et broyez avec l'iode par petites parties dans un mortier de porcelaine. Introduisez le mélangeons un raatras que vous tiendrez plongé dans l'eau bouillante jusqu'à ce que l'iodure soit devenu entièrement soluble dans l'eau, ce qui exige 4 heure à 1 heure et demie de digestion.

On pourrait se servir d'amidon ordinaire, mais alors la transformation est plus longue à effectuer.

L'iodure d'amidon soluble se présente sous la forme d'une poudre noire très-fine , qui se dissout dans l'eau en donnant une liqueur d'une magnifique couleur bleue. Le produit est un mélange d'iodure d'amidon avec une proportion variable d'iodure de dextrine. Il est impossible d'obtenir jamais un composé qui contienne l'iode dans des proportions constantes; aussi ce médicament devrait-il être abandonné.

sirop d'iodurb d'amidon.

Pr. : Iode en poudre.

Amidon nitrique

Eau

Sucre

On met l'amidon nitrique dans un mortier de porcelaine ; d'autre part, on met l'iode dans un tube bouché avec un peu d'é-

(1) Pour faire l'amidon nitrique, on mélange à froid fOOO parties d'amidon et 300 parties d'eau aiguisée avec 2 parties d'acide nitrique ; on laisse sécher à l'air.

ther; on agite et l'on décante la liqueur éthérée, que Ton mélange à l'amidon ; on ajoute successivement de petites quantités d'éther pour achever de dissoudre l'iode et l'incorporer à l'amidon. Quand la majeure partie de l'éther s'est évaporée, on introduit l'iodure d'amidon avec l'eau dans un flacon à l'émeri dont on a fait la tare, et l'on expose à la chaleur du bain-marie, en laissant le flacon ouvert d'abord pour achever de dissiper l'éther. Plus tard on met un bouchon que l'on attache avec une ficelle lâche, pour qu'il puisse être soulevé par la vapeur sans être projeté. On agite de temps en temps.

Au bout d'une heure l'iodure d'amidon est entièrement soluble ; on pèse le flacon de nouveau , on y ajoute la quantité d'eau qui a pu s'évaporer, et l'on fait dissoudre le sucre pour faire un sirop par solution.

Un gramme de ce sirop, étant étendu dam 2500 parties d'eau, donne une liqueur encore sensiblement bleue.

Ce sirop contient à peu près 2 grammes 4/2 d'iode par kilog., dont une partie est à l'état d'acide iodhydrique. Il est impossible d'empêcher la formation de cet acide, non plus que la déperdition d'une partie de l'iode pendant l'opération.

Du reste, ce sirop a une saveur extrêmement forte qui le rend d'un usage désagréable pour les malades.

On divise l'iode dans une portion de l'huile par trituration, on mélange avec le reste de l'huile, et l'on place le tout dans un vase non métallique que l'on chauffe au bain-marie (ou sur le feu en se servant d'un thermomètre pour régler la chaleur, qui ne doit pas dépasser 95 degrés). On entretient à cette température pendant une heure ; on laisse refroidir, on filtre l'huile et onl'aromatise avec quelques gouttes d'huile essentielle d'amandes amères.

On reconnaît que l'opération est terminée lorsque, agitant l'huile avec un peu d'empois d'amidon, celui-ci ne se colore pas en bleu.

Cette formule est de M. Berthé, pharmacien à Paris.

Cette huile n'est pas acide, et ne le devient que si l'on fait intervenir l'action de l'eau.

L'huile iodée est un médicament peu agréable à prendre quand même sa saveur rance a été masquée par un peu d'essence d'aman-

HTILE IODEE.

Pr : Iode

Huile d'amandes douces

des amères, comme Ta fait M. Berthé. On la prescrit à la dose de 20, 50 et 400 gr. par jour. Comme tous les corps gras, elle a le désavantage de traverser le canal intestinal sans être absorbée en entier.

M. Marchai de Calvi avait fait employer l'iode en dissolution dans l'huile; mais l'iode n'était pas dissimulé dans le médicament.

M. Deschamps et M. Personne, chacun de son côté, ont proposé un composé d'huile et d'iode dans lequel l'iode a disparu et est entré en combinaison intime. Cette préparation a été faite dans le but de remplacer l'huile de foie de morue, dans la fausse supposition que l'iode et son état particulier de combinaison sont la cause principale de l'effet médicamenteux de cette huile. M. Berthé, pharmacien de Paris, a repris cette question ; il a donné un procédé plus simple de préparation que nous avons adopté ; il a même conseillé d'ajouter de plus à l'huile iodée une petite proportion de phosphore pour rendre la ressemblance avec l'huile de foie de morue plus approchée encore.

M. Personne pense que l'iode se substitue à l'hydrogène de l'huile et devient l'un de ses éléments par substitution, une moitié de l'iode entrant en combinaison et l'autre se séparant à l'état d'acide hydriodique. Ce serait une action semblable à celle que M. Lefort de Gannat a observée depuis avec le chlore et le brome. Cependant M. Berthé assure que l'on peut, par des lavages prolongés, enlever à l'huile de M. Personne la presque totalité de l'iode qui s'y était combiné; ce qui est peu favorable à la théorie admise par ce dernier. «

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