‹ Traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 261 sur 608 · SO · texte numérisé non relu

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L'Acide sulfureux est employé en fumigations; on l'obtient alors par la combustion du soufre , et l'on expose le malade à l'action du gaz dans un appareil disposé de manière à ce qu'il ne puisse en respirer. Ces fumigations excitent vivement la peau ; on les utilise contre quelques maladies de la peau, les rhumatismes apyrétiques, les névralgies, les scrofules.

En dissolution dans l'eau, on a conseillé l'acide sulfureux à la dose de quelques gouttes dans une boisson contre les fièvres aiguës ; il est à peu près complètement inusité sous ce rapport.— A l'hôpital de Londres, on profite de sa propriété parasiticide pour la guérison de la teigne ; on applique une compresse mouillée par une solution d'acide sulfureux contenant -4 volumes de gaz, et on la recouvre avec un taffetas gommé.

L'acide sulfureux est gazeux, incolore ; il a une odeur vive et piquante ; il devient liquide sous une forte pression et par un grand froid ; il est soluble dans l'eau, qui en dissout 37 fois son volume, suivant M. Thénard, et 43 fois, suivant M. de Saussure. Sa densité est 4,053; il marque 7° à l'aréomètre. Sa dissolution est liquide, incolore, d'une odeur piquante ; elle absorbe facilement l'oxygène de l'air. M. Jacquelain s'est assuré que l'acide sulfureux est brûlé d'abord et changé en acide hyposulfurique ; puis l'acide hyposulfurique disparaît à son tour et devient acide sulfurique. Cette facile altération oblige à conserver l'acide sulfureux dans des vases de petite capacité et bien bouchés.

Pour se le procurer, on décompose l'acide sulfurique par le mercure. On met dans une cornue de grès lutée 2 parties de mercure et 3 parties d'acide sulfurique concentré; on place cette cornue dans un fourneau à réverbère, et Ton y adapte la série de flacons de l'appareil de Woulf, en ayant soin d'établir la communication entre la cornue et le premier flacon par un tube à boule de Welter ; ce premier flacon doit contenir une faible couche d'eau ; elle est destinée à retenir l'acide sulfurique qui peut passer à la distillation ; les autres flacons contiennent chacun 2 parties d'eau distillée; ils sont tenus refroidis pendant tout le cours de l'opération pour faciliter la dissolution du gaz. On chauffe graduellement la cornue , et ce n'est que vers l'ébullition que le mercure est attaqué; il s'oxyde aux dépens de l'acide sulfurique, forme de l'oxyde de mercure, et par suite, du sulfate, tandis que l'acide sulfureux se produit. C'est le dégagement de celui-ci qui sert de guide pendant l'opération ; s'il est trop lent, on augmente le feu ; on le diminue, si le gaz se dégage trop vite. L'opération est terminée quand le gaz cesse de se produire. H faut avoir soin, toutefois, de ne pas élever beaucoup la température, de peur de décomposer le sulfate de mercure qui s'est formé.

On rejette l'acide du premier flacon comme impur; on conserve, dans des bouteilles de petite capacité et bien remplies, celui qui se trouve dans les flacons suivants.

On pourrait obtenir l'acide sulfureux plus économiquement, en chauffant des boulettes faites avec de la sciure de bois et de l'acide sulfurique, etc., ou bien encore en distillant un mélange de soufre sublimé (1 partie) et de peroxyde de manganèse (5 parties), ou en faisant bouillir l'acide sulfurique (6 parties), sur le soufre sublimé (1 partie). Mais dans nos laboratoires, où la consommation d'acide sulfureux est peu considérable, le premier procédé est plus économique, vu que le sulfate de mercure qui en résulte sert ensuite à la préapration du sublimé corrosif ou du turbith minéral.

§ 01. — SULFITES.

Le Sulfite de chaux et le Sulfite de soude sont employés en mécine. Ces sels ont sur l'économie une action excitante , pareille à celle des sulfures ; ils partagent les propriétés parasiticides de l'acide sulfureux ; de. là l'usage que l'on en fait pour muter les sucs végétaux et les préserver de la fermentation. Le sulfite de soude est un bon remède contre les aphtes. On emploie une solution faite avec

une partie de bisulfite et 8 parties d'eau. Une seule application suffit, suivant le professeur Jenner.

Les sulfites, ayant la propriété de dissoudre la plupart des composés métalliques, peuvent être employés pour faciliter l'absorption de ces sels. On leur préfère les hyposulfites qui ont une saveur plus douce.

SULFITE DE SOUDE.

On emploie le Sulfite neutre et le bisulfite de soude. Le bisulfite a pour formule NaO, 2S08.

On prépare ce sel en remplaçant l'eau de l'opération précédente par une dissolution de carbonate de soude cristallisé faite dans la proportion de \ partie de carbonate et 2 d'eau ; on fait passer un excès d'acide sulfureux, et l'on ne refroidit pas les flacons. Il se fait par le refroidissement des cristaux d'un sulfite qui contient 2 fois autant d'acide sulfureux que le sel neutre. C'est du bisulfite de soude qui a la saveur sulfureuse piquante propre à tous les sels de ce genre.

L'eau mère, soumise à Pévaporation dans une cornue, à l'abri du €ontact de l'air, fournit une nouvelle quantité de sulfite. On se sert de ce sel pour mùter les vins et les sucs végétaux.

Pour avoir le sulfite neutre de soude, NaO, SO1 + Aq10, il faudrait ajouter du carbonate de soude à la liqueur qui résulte de la première opération, jusqu'à ce qu'elle ait pris une réaction alcaline; le sulfite neutre cristalliserait par le refroidissement. Ce sel cristallise en prismes obliques; sa saveur est sulfureuse. On s'en sert aujourd'hui dans les amphithéâtres pour conserver les cadavres. On emploie 3 à A litres de solution à 2.*»° aréométriques que l'on injecte dans l'aorte. C'est à M. Sucquet que l'on doit ce moyen. Pour que le sel n'attaque pas les instruments du chirurgien, il le fait séjourner pendant i8 heures sur de la limaille de zinc.

On doit conserver le sulfite de soude dans des vases bien fermés, car il se transforme en sulfate par l'action de l'air.

M l I I I ». DE CHAUX.

Sulfite calcique.)

CaO, S0S+ 2Aq.

Pour préparer le Sulfite de chaux, on opère comme pour l'acide sulfureux, en ne conservant que le premier flacon de l'appareil de Woulf, destiné au lavage du gaz, et l'on reçoit celui-ci dans un vase qui contient du lait de chaux. On continue a faire passer du gaz sul-

fureux, jusqu'à ce que la liqueur soit manifestement acide et conserve l'odeur piquante d'acide sulfureux après l'agitation avec le dépôt ; c'est la preuve que la chaux a été saturée d'acide. On décante la liqueur que l'on rejette ; on reçoit le dépôt sur une toile ; on le soumet à la presse, et on le fait sécher promptement ; on le conserve dans des vases fermés.

Au lieu de délayer la craie dans l'eau, on préfère l'humecter en la plongeant quelques instants dans l'eau et la diviser en petits fragments dont on remplit un vase, au fond duquel arrive le tube qui amène le gaz sulfureux; on a soin de mettre un excès de craie, et quand l'opération est finie, on distingue facilement le sulfite de chaux de la craie non attaquée en ce qu'il a beaucoup de cohésion et une couleur jaunâtre, tandis que la craie reste peu cohérente et d'un blanc mat.

Le sulfite de chaux sert à muter les sucs végétaux. Il est blanc ou légèrement jaunâtre , presque insipide , soluble seulement dans 800 parties d'eau. Il est décomposé par la plupart des acides qui mettent l'acide sulfureux en liberté. Il se convertit lentement en sulfate de chaux à l'air; c'est pourquoi il faut le conserver dans des vases fermés.

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