DE L'ACIDE CYANHYDRIQUE
ce mélange est presque froid, on y mêle le suif un peu chaud et enfin le sucre.
Ces pâtes s'emploient étendues en couches peu épaisses sur des tranches de pain très-minces. Elles détruisent les rats, les souris, les mulots, qui les mangent avec avidité.
PRÉPARATIONS CYANIQUES.
Gay-Lussac découvrit, en 4814, que les corps connus sous les noms d'Acide prussique et de Prussiates, contiennent tous un composé particulier d'azote et de carbone, qu'il nomma Cyanogène, pour rappeler qu'il est l'un des éléments constituants du bleu de Prusse, le plus anciennement connu de tous ces composés. Le cyanogène est un corps gazeux formé de 1 volume de vapeur de carbone et de 1 volume d'azote condensés en un seul volume.
Le point le plus remarquable de l'histoire du cyanogène, est que, sauf quelques circonstances spéciales où ses éléments peuvent être désunis, il forme des combinaisons tout à fait correspondantes à celles qui sont produites par les corps simples électro-négatifs. Il se combine avec quelques-uns de ceux-ci en remplissant les fonctions de corps basique ; exemple : chloride, iodide, sulfide de cyanogène ; mais avec un plus grand nombre de corps, il remplit les fonctions de principe électro-négatif. Nous avons des cyanures comme nous avons des chlorures et des iodures, de l'acide cyanhydrique comme des acides chlorhydrique et iodhydrique ; un acide cyanique comme un acide iodique et un acide chlorique. La proportion chimique du cyanogène pèse 32,5 ; elle est composée de 1 proportion d'azote, de 2 proportions de carbone. Son signe chimique est Cy.
ACIDE CYAMIVDHIOI t Acide hydrocyanique, Acide prus.ique, Cyanure d hydrogène.
CyH.
V Acide hydrocyanique ou cyanhydrique est formé de 2 volumes ou 4 proportion cyanogène, et de 2 volumes ou 1 proportion hydrogène ; les deux gaz sont unis sans condensation. La proportion chimique de l'acide hydrocyanique pèse 35.
L'acide hydrocyanique pur est un liquide sans couleur, d'une odeur forte, qui a la plus grande analogie avec celle des amandes
arriéres ; sa saveur est âcre, mais il ne faut le goûter qu'avec précaution, car il est un des corps les plus délétères connus ; sa densité est de 0,705 à + 7°; sa vapeur pèse 0,9437; il entre en ébullition à -h 26,5; il est peu soluble dans l'eau; si on l'agite avec de petites quantités de ce liquide, il s'y dissout en petite proportion ; le reste de l'acide vient nager à la surface. Il est très-soluble dans l'alcool et l'éther.
L'acide hydrocyanique s'altère parfois en quelques heures, d'autres fois, il se conserve beaucoup plus longtemps sans décomposition ; on voit l'acide se colorer peu à peu et finir par déposer une abondante quantité de matière noire. Les produits de cette décomposition sont du cyanhydrate d'ammoniaque, et une matière noire que M. P. Boullay a nommée acide azulmique. La décomposition a lieu entre les éléments de 6 proportions d'acide; savoir : 6 proportions azote, 12 proportions car bone, et 6 proportions hydrogène. Les produits sont :
Cyanhydrate d'ammoniaque Az H9 -f- Al, H, Ca.
Acide azulmique Az*, C10, Ha.
On prépare l'acide prussique par plusieurs procédés.
I > Procédé de Gay-Lus.ac
Pr. • (îyanuie de mercure pulvérisé 3
Acide chlorhydrique I 22» . 2
On introduit le cyanure dans une cornue en verre tubulée, et l'on fait communiquer cette cornue avec un long tube de verre, placé horizontalement, et dont le premier tiers, voisin de la cornue, est rempli de fragments de marbre ; les deux autres tiers sont pleins de chlorure de calcium bien desséché. Le tube est fermé à son extrémité par un bouchon à travers lequel passe un petit tube courbé à angle droit qui va plonger dans un flacon. L'appareil étant disposé et la cornue placée sur un fourneau, on entoure de glace le tube et le flacon; on ajoute l'acide hydrochlorique en une seule fois, on le mélange exactement avec le cyanure, on ferme la tubulure de la cornue et l'on chauffe légèrement. Il se fait du chlorure de mercure et de l'acide cyanhydrique ; celui-ci passe à la distillation, entraînant avec lui de l'eau et du gaz chlorhydrique*. Ce gaz est arrêté par le carbonate de chaux, et l'eau est retenue par le chlorure de calcium. Les produits s'arrêtent dans le tube horizontal ; quand on s'aperçoit que la quantité de matière déposée dans le tube est un peu considérable, on suspend l'opération : on enlève la glace qui enve-
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loppe le tube, et on le chauffe doucement pour faire passer l'acide cyanhydrique dans le flacon. On recommence alors à chauffer la cornue, et ainsi de suite.
Dans cette opération, le chlore se combine au mercure, et l'hydrogène au cyanogène. Les proportions de cyanure de mercure et d'acide hydrochlorique que l'on emploie sont à peu près les nombres proportionnels chimiques nécessaires pour que la réaction s'opère sans résidu. 11 n'y aurait d'autre inconvénient à mettre un excès de cyanure que d'augmenter le prix du produit; mais un excès d'acide hydrochlorique aurait des résultats plus fâcheux; car en présence d'un excès d'acide, l'acide cyanhydrique et l'eau se décomposeraient mutuellement en formant aux dépens du produit de l'opération de l'acide formique et de l'ammoniaque : c'est ce qui résulte des expériences de M. Pelouze, et ce qui explique très-bien une observation ancienne de Vauquelin qui avait vu se former un muriate double de mercure et d'ammoniaque, et cet autre résultat de l'expérience que les quantités d'acide prussique obtenues varient avec chaque opération. Cette réaction a lieu entre 4 pp. d'acide et 3 pp. d'eau; il en résulte 4 pp. d'ammoniaque et 4 pp. d'acide formique.