II. — Ve ÉDITION. Si
On étend l'acide sulfurique avec l'eau, et quand il est refroidi, on l'introduit dans une cornue en verre tubulée, que l'on place sur un bain de sable ; on y ajoute le prussiate pulvérisé, et l'on agite avec une baguette de verre de manière à obtenir un mélange exact. On adapte à la cornue une allonge et un récipient, et on lute les jointures avec du papier et de la colle. Après 15 à 16 heures, on entoure le récipient de glace, et l'on distille à une douce chaleur, de manière à retirer la plus grande partie du liquide.
Dans l'action de l'acide sulfurique sur le cyanure de potassium ferrugineux, 7 pp. de ce sel sont décomposées (7 pp. fer, 7 pp. cyanogène + 14 pp. potassium, et 14 pp. cyanogène), ainsi que 12 pp. eau; 12 pp. oxygène forment de la potasse, et 12 pp. hydrogène de l'acide hydrocyanique. La potasse se combine à l'acide sulfurique, et l'acide hydrocyanique se dégage. 11 reste tout le cyanure de fer, qui, combiné avec les 2 pp. cyanure de potassium non décomposées, constituent ce même cyanure double qui se dépose par le mélange du ferrocyanate de potasse avec un sel de protoxyde de fer. Théoriquement, 100 parties de cyanoferrate devraient fournir 22,2 d'acide prussique. J'en ai obtenu 19; ce qui est très-satisfaisant. J'ai reconnu également que dans cette opération, il ne se fait pas d'acide formique, ce qui aurait lieu inévitablement, si l'on augmentait la quantité d'acide sulfurique.
Le procédé de Pessina est, à mon avis, le meilleur de tous ceux auxquels on puisse avoir recours ; il fournit de l'acide hydrocyanique à aussi bon compte que possible, et surtout il le fournit dans un état moléculaire particulier qui met un obstacle à la réaction spontanée des molécules de l'acide les unes sur les autres. M. Liebig attribue cette conservation de l'acide de Pessina, à ce qu'il contiendrait un peu d'acide minéral étranger ; une quantité extrêmement minime de ce dernier suffisant pour amener ce résultat.
Le procédé de G. Pessina est plus économique que celui de Gay- Lussac ; mais il donne de l'acide étendu d'eau en des proportions qui varient avec chaque opération. A cause de ces proportions variables d'eau, l'on ne saurait se servir de l'acide sans s'être assuré exactement par l'analyse de sa composition. C'est un inconvénient assez grave, malgré lequel la méthode de Pessina sera préférée à toute autre dans les laboratoires où l'on prépare des quantités assez considérables d'acide prussique ; car l'acide obtenu par ce procédé ne se décompose pas spontanément, ce qui a lieu presque constamment pour l'acide obtenu par toute autre méthode, lequel, au bout d'un temps très-variable et souvent très-court, se colore de
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plus en plus, et finit par former un dépôt abondant. La précaution que l'on prend de conserver l'acide prussique dans des vases bien bouchés, à l'abri du contact de la lumière, ne le préserve qu'incomplètement de ce genre d'altération.
L'analyse de l'acide prussique aqueux se fait d'ailleurs avec la plus grande facilité, en mettant dans un flacon un excès d'une dissolution étendue de nitrate d'argent, le tarant, et y pesant alors une certaine quantité d'acide prussique (soit 1 gramme). On recueille le cyanure d'argent ; on le lave, on le sèche, on le pèse, et de son poids l'on conclut la quantité réelle d'acide qui se trouvait dans l'acide employé. Chaque partie de cyanure d'argent représente 0,203 parties d'acide prussique pur. On étend en conséquence l'acide de Pessina.
M. Liebig a donné un très-joli procédé pour l'analyse de l'acide cyanhydrique et des composés qui le renferment.
On fait une liqueur d'essai avec 3,13 grammes d'azotate d'argent sec et 90,87 grammes d'eau distillée.
On fait dissoudre dans 5 à 0 grammes d'eau 10 centigrammes de potasse caustique pure, on y ajoute quelques gouttes d'une dissolution de sel marin et Ton pèse dans cette liqueur même 10 centigrammes de l'acide prussique à essayer. Cela fait, on verse dans cette liqueur la liqueur titrée jusqu'à ce que le précipité qui se forme cesse de se redissoudre ; on pèse pour savoir ce que l'on a employé de liqueur titrée : chaque gramme représente I centigr. d'acide prussique pur.
L'opération se fait plus commodément encore avec la burette du chloromètre. La liqueur doit être faite avec 3,13 grammes de nitrate d'argent pour 100 cent, cubes de liqueur. 100 degrés de la burette indiquent 10 centigrammes d'acide prussique.
Ce procédé est fondé sur ce que le cyanure de potassium qui s'est formé par l'action de l'acide prussique sur la potasse est décomposé par le nitrate d'argent ; mais le cyanure d'argent se redissout jusqu'au moment où la liqueur contient un cyanure double d'argent et de potassium à équivalents égaux ; à partir de ce moment 1 goutte de nitrate d'argent forme un précipité stable.
Chaque proportion d'argent dissoute représente 2 pp. d'acide prussique.
Propriétés médicinales. — L'acide cyanhydrique pur tue aussi rapidement que la foudre. Un peu moins concentré, il cause une stupeur profonde, pas de convulsion ; le pouls est à peine sensible, la pupille est très-dilatée. L'acide, rapidement absorbé, porte son ac-
tion sur le système de la circulation ; il anéantit instantanément la contractilité du cœur et des intestins.
S'il est à dose suffisante, il tue tout de suite ; il ne laisse pas le temps de porter remède ; parfois l'animal qui paraît mort revient peu à peu ; l'économie s'est débarrassée de l'acide cyanhydrique.
Ce qu'il y a de mieux à faire dans un cas d'empoisonnement, c'est de verser une colonne d'eau froide sur la région occipitale et le long de la colonne vertébrale. On a des exemples de succès.
A petite dose, l'acide cyanhydrique produit une sensation de chaleur à l'estomac, des palpitations de cœur, de la céphalalgie, des vertiges, de la tendance au sommeil. C'est un agent de médication qui promettait beaucoup et qui a peu donné. On s'en sert tout au plus dans quelques maladies nerveuses, encore avec des succès douteux.
SIROP d'acide cyanhydrique.
Pr. : Acide cyanhydrique médicinal 25 centigramme*.
Sirop simple blanc 32 grammes.
Mêlez.
Cette formule, qui est celle de M. Magendie, a été adoptée par le Codex. Elle a été fortement attaquée par M. Guibourt, parce qu'elle ne présente pas un rapport simple entre la quantité de sirop et celle d'acide cyanhydrique anhydre. Cet honorable pharmacologiste n'a pas fait attention que l'acide cyanhydrique anhydre est médicalement un être de raison, qui n'a jamais été et ne pourra jamais être employé en médecine. La dose la plus habituelle de ce sirop que l'on fasse entrer dans une potion (32 grammes) contient exactement un quart de gramme de l'acide prussique médicinal.
POTION d'acide cyanhydrique.
Pr. : Eau distillée 100 grammes.
Sirop simple 32 —
Acide prussique médicinal S gouttes.
A prendre par cuillerées à bouche. On augmente successivement de i à 2 gouttes d'acide.
LOTION HYDH0CYAN1QUE.
Pr. : Acide hydrocyanique 4 à 8 grammes.
Eau de laitue 1000 —
Mêlez (Magendie).
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On applique cette liqueur sur les dartres, les cancers ulcérés. On en fait des injections dans les cas de cancer de l'utérus.
CÉRAT HYDROCYANIQUB.
Pr. : Acide hydrocyanique Cérat blanc
Mêlez (Biet).
CYANURES MÉTALLIQUES.
Les Cyanures métalliques sont composés de i pp. de métal et d'une quantité de cyanogène correspondante à celle de l'oxygène contenue dans les oxydes métalliques ; aussi à chaque oxyde répond un cyanure contenant une pareille proportion de métal et de cyanogène que l'oxyde contient lui-même de métal et d'oxygène ; par exemple, le protoxyde de fer contient 1 proportion de fer et 1 proportion d'oxygène, et le deutoxyde 1 proportion I /2 d'oxygène ; le protocyanure de fer contient 1 proportion de cyanogène, et le deutocyanure 1 proportion 1/2.
Les cyanures alcalins et terreux et celui de mercure sont solubles dans l'eau; tous les autres sont insolubles. Les acides, en présence de l'eau, en décomposent plusieurs ; l'oxygène de l'eau s'unit au radical du cyanure et l'oxyde, tandis que l'hydrogène se combine au cyanogène ; il en résulte un sel et de l'acide cyanhydrique.