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BLEU DE PRUSSE BASIQUE

Quand le cyanure ferreux est exposé à l'air, il devient bleu; l'oxygène de l'air oxyde une partie du fer ; le cyanogène, qui était combiné à ce fer, se porte sur une autre partie de protocyanure, qu'il change en deutocyanure ; de là, du bleu de Prusse ; mais celui-ci retient en combinaison l'oxyde de fer qui s'est formé, de manière que ce bleu de Prusse basique pourrait être considéré comme une combinaison d'hydrocyanate de protoxyde de fer avec de l'hydrocyanate de peroxyde avec excès de base. Cette combinaison basique a, du reste, les mêmes caractères que le bleu de Prusse ordinaire. Elle se dissout dans l'eau pure et ne peut être précipitée par l'alcool, ce qui la distingue du bleu de Prusse soluble.

Le bleu de Prusse s'obtient en grand dans les arts ; on commence par calciner un mélange de sang et de fer, comme pour faire du prussiate ferrugineux ; l'on décompose les liqueurs que donne la masse calcinée, par un mélange de sulfate de fer et d'alun. Le précipité qui se forme est du bleu de Prusse mêlé d'alumine, mais dont une partie est à l'état de ferrocyanure blanc : celui-ci exige des lavages prolongés au contact de l'air pour devenir bleu. Chez quelques fabricants, on se sert, pour produire la double décomposition, de sulfate de fer au maximum d'oxydation. Alors le bleu se forme immédiatement. Il résulte de ce qui précède, que tantôt le bleu de Prusse du commerce est un cyanoferrate neutre, et que tantôt il contient du bleu de Prusse basique.

Quand le bleu de Prusse est destiné à être pris comme médica-

ment, on se sert de celui du commerce que l'on purifie ; à cet effet, on le pulvérise, et on le laisse en contact avec de l'acide hydrochlorique ou de l'acide sulfurique étendu ; l'acide dissout l'alumine qu est étrangère au bleu de Prusse, et souvent aussi l'oxyde de fer qui est en excès; on lave le bleu avec soin et on le fait sécher.

Le bleu de Prusse a été employé en médecine comme fébrifuge à la dose de quelques décigrammes ; on l'a conseillé aussi contre les névroses.

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