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EAU DISTILLÉE D' AMANDES AMÈRES

Pr. : Tourteau récent d'amandes amères Q. V.

Opérez comme il a été dit pour la préparation de l'huile volatile (p. 353), en retirant 2 fois autant de produit que vous aurez employé de tourteau ; filtrez l'eau distillée sur un filtre mouillé pour en séparer l'huile essentielle. Cette eau contient de l'huile volatile, de l'acide prussique et un peu de benzimine et de benzoïne. Il faut refroidir beaucoup le serpentin pendant la préparation pour éviter la déperdition de l'acide hydrocyanique qui abonde dans les premiers produits, et par suite la séparation d'une partie de l'huile essentielle.

Suivant une analyse de Geiger, 30 grammes d'eau d'amandes amères contiennent environ 36 milligrammes d'acide prussique anhydre correspondant à 30 centigrammes d'acide médicinal. On doit la conserver en flacons pleins, bouchés à l'émeri; encore.

suivant l'observation de MM. Geiger et Liebig, elle s'altère peu à peu.

L'eau distillée d'amandes amères est conseillée comme antispasmodique. On l'emploie à la dose de quelques gouttes à 10, 20 et 30 grammes dans un julep ou une potion. On lui préfère l'eau distillée de laurier-cerise, qui est plus agréable.

Faites avec les amandes et l'eau une émulsion dans laquelle vous ferez dissoudre l'amygdaline.

Cette mixture contiendra 5 centigrammes d'acide prussique anhydre (47 centigrammes d'acide prussique médicinal) et 16 centigrammes d'essence d'amandes amères. Nous avons expliqué déjà la formation de ces produits.

C'est dans l'intention d'avoir un médicament toujours identique qui remplace l'eau distillée d'amandes amères et celle de lauriercerise, que cette formule a été donnée. En effet, ces deux eaux distillées s'altèrent après leur préparation en perdant de l'acide hydrocyanique, même étant conservées en vases clos ; elles ne sont pas non plus toujours semblables au moment où elles viennent d'être faites : l'eau de laurier-cerise, suivant le moment où l'on en a fait la récolte, celle d'amandes amères, suivant la pureté des amandes, la méthode selon laquelle on l'a préparée et le temps depuis lequel elle est faite. (Inusitée.)

Le Laurier-Cerise est le Cerasus laxirocerasus (Drupacées). Les feuilles contiennent de l'acide cyanhydrique et un peu d'huile volatile toute formée. Il s'y trouve du tannin, de la chlorophylle, de l'extractif et un principe amer. Cette composition se retrouve dans la plupart des plantes de la famille des Pomacées et des Drupacées ; Wilke a vu en effet qu'elles donnent de l'acide prussique à la distillation avec l'eau.

Winkler a fait sur la matière amère des feuilles du lauriercerise quelques observations intéressantes; ce chimiste n*a pas trouvé d'amygdaline dans ces feuilles, mais le principe amer pa-

M1XTLRE OE LIEBIG ET WCEHLEK.

Pr. : Amandes douces

Kau, suffisante quantité Amyydaline

8 grammes.

1 gramme.

LAUIUER-CEIUSE.

DES CYAN1QUES. 357

rait avoir des propriétés analogues. En le mêlant avec un lait d'amandes douces, la saveur, après quelques heures, devient celle de l'amygdaline, plus tard celle des amandes amères et de l'acide prussique.

M. Simon, de Berlin, s'est assuré qu'en faisant agir l'alcool absolu sur les feuilles du laurier -cerise, on leur enlève le principe qui peut engendrer l'acide prussique et l'huile volatile. Il a retiré de ces feuilles épuisées par l'alcool, séchées et reprises par l'eau, une matière qui non-seulement agit comme l'émulsine sur l'amygdaline, mais aussi sur le principe qui dans les feuilles de lauriercerise, joue le même rôle que l'amygdaline dans les amandes amères.

Les feuilles de laurier-cerise fournissent à la distillation une huile volatile vénéneuse qui contient de l'acide prussique et dont les propriétés sont presque identiques avec celles de l'huile d'amandes amères (Voy. p. 354), et qui est employée aux mêmes usages.

La quantité d'huile volatile que ces feuilles peuvent fournir n'est pas la même à toutes les époques de Tannée. Brugnatelli a dit qu'elles en fournissaient le plus au printemps : je me suis assuré que, pour le climat de Paris, elles en donnent bien davantage vers les mois de juillet et août. C'est dans cette saison qu'il est le plus avantageux de les récolter.

Les feuilles de laurier-cerise perdent une grande partie de leurs propriétés par la dessiccation. M. Lepage a reconnu que toute l'essence et tout l'acide cyanhydrique y disparaissent ; mais elles contiennent encore tout le principe qui, mis en contact avec l'émulsine, peut être changé en huile volatile et en acide cyanhydrique.

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