II. — \* ÉDITION. Ï
le chapiteau et le serpentin, et Ton fait arriver au fond de la cucurbite, au moyen d'un tube, la vapeur d'eau produite par une chaudière, et Ton continue à faire arriver de la vapeur d'eau tant que le liquide qui passe à la distillation est très-odorant. On reçoit le produit dans le récipient florentin. Après avoir recueilli tous les produits, on sépare l'huile volatile, qui occupe le fond du vase, on met l'eau distillée dans la cucurbite d'un alambic, et on distille de nouveau. L'huile essentielle passe tout entière avec les premiers produits, ce qui vient ensuite n'en contient que de faibles quantités.
Les premiers produits qui passent lors de la distillation des amandes amères ont une odeur prussique extrêmement vive, et contiennent en effet une plus grande quantité d'acide hydrocyanique qui favorise la dissolution de l'huile dans l'eau ; aussi la première eau est-elle limpide, bien que très-chargée d'huile essentielle; les produits qui viennent ensuite sont moius odorants; l'eau est laiteuse, et cependant alors elle est moins chargée d'essence que les premières liqueurs; mais la matière cyanique y est moins abondante.
C'est Geiger qui a montré l'utilité de la macération des amandes avant la distillation; la proportion d'huile qui se forme est alors plus considérable. Ce sont MM. Boutron et Robiquet qui ont fait connaître la nécessité de redistiller les produits. de la première opération pour retirer une plus grande quantité d'huile essentielle.
L'huile d'amandes amères, obtenue ainsi que nous venons de le dire, a une couleur jaunâtre : elle contient toujours un peu d'acide benzoïque, un peu d'une matière cristallisée (Benzimiue), qui, parfois, s'en sépare en cristaux, de la benzoïne, substance solide, inodore, isomérique avec l'hydrure de benzoïle, enfin de l'acide prussique. Quelques chimistes pensent que cet acide ne se forme qu'à mesure que l'huile se décompose ; en tout cas, la présence de cet acide, ou celle du composé qui lui donne naissance, rend l'huile d'amandes amères médicinale fort différente de l'huile purifiée (hydrure de benzoïle). Cette huile non purifiée est un médicament fort énergique dont les propriétés médicinales sont analogues à celles de l'acide hydrocyanique, et qui ne devrait être employée qu'avec la plus grande circonspection.
Si l'on voulait débarrasser l'essence de l'acide prussique, il faudrait l'agiter avec de l'hydrate de chaux, puis avec une dissolution de chlorure de fer, et la distiller de nouveau. On la rectifierait par une nouvelle distillation sur de la chaux en poudre ; elle serait alors privée complètement d'acide benzoïque, d'acide hydrocyanique et d'eau (Liebig et Wœhler).
DES CYAN1QUES. 355
M. Laurent a fait voir que Ton arrive au même résultat en distillant de l'huile d'amandes amères et en fractionnant les produits. D'abord elle bout à 460°, et fournit de l'acide prussique et de l'huile essentielle ; puis, la température reste fixe à 480% et pendant tout ce temps le produit est de l'hydrure de benzoïle à peu près pur. Plus tard la température s'élève encore, et alors il reste dans la cornue un mélange d'huile épaisse, d'acide benzoïque et de benzimine.
L'huile volatile d'amandes amères, après avoir été purifiée, est incolore ; son odeur se rapproche de celle de l'acide hydrocyanique ; sa saveur est amère et brûlante. Elle est extrêmement vénéneuse ; sa densité, quand elle est pure, est de 4,043. Elle ne se décompose pas en passant à travers un tube incandescent.
V huile volatile d'amandes amère; peut avoir été mélangée denitrobenzine (huile de Mirbane du commerce); alors sa densité est augmentée, car la nitro-àenzinê a une densité de 4,2.
Le mélange de l'essence avec de l'alcool est accusé par un procédé que l'on doit à M. Redwood. L'essence pure mélangée avec 2 fois son volume d'acide azotique à 43°, se sépare de V acide, et ce n'est qu'après 3 ou 4 jours qu'il se fait des cristaux d'acide benzoique. S'il y a de l'alcool y il se fait après quelques instants une effervescence de vapeurs nitreuses. En se servant d'acide azotique monohydraté, on pourrait découvrir 2 à 3 p. 400 d'alcool ajouté à l'i