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TORTURE DE PERCHLORURE DE FER

(Teinture de fer muriaté, Alcoolé de fer chloruré.)

Pr. : Perchlorure de fer cristallisé 1

Alcool à80«(31«Cart.) 5

ou

Pr. : Perchlorure de fer liquide à 30° 4

Alcool rectiue 9

Mêlez. — Faites dissoudre.

Cette teinture contient le cinquième de son poids de chlorure terrique anhydre.

TEINTURE DE BESTUCHEF.

Pr. : Perchlorure de fer cristallisé l

Liqueur d'Hoffmann 7

On met le chlorure de fer dans un flacon à l'émeri qui est rempli de la liqueur d'Hoffmann ; la dissolution s'opère avec facilité. La liqueur contient le huitième de son poids de chlorure anhydre.

Le perchlorure de fer se dissout parfaitement dans l'éther et dans la liqueur d'Hoffmann. La dissolution est fortement colorée en jaune.

En exposant au soleil la teinture de Bestuchef, elle se décolore, parce que le deutochlorure passe à l'état de protochlorure ; si l'on se servait d'éther pur, le protochlorure se déposerait à mesure sous forme de cristaux blancs. En même temps que la liqueur se décolore, elle prend une odeur d'éther chlorhydrique ; en cet état, c'est la teinture blanche de Bestuchef. On conseillait autrefois cette décoloration, même pour la teinture jaune ; elle changeait l'odeur et la saveur du produit. Mais peu à peu, le protochlorure s'oxydait de nouveau par l'action de l'air, dans des vases mal bouchés, et devenait perchlorure et peroxyde de fer; l'acide hydrochlorique qui s'était formé sous l'influence des rayons du soleil, transformait cet oxyde formé en perchlorure qui restait dissous.

Le procédé que nous avons prescrit donne une teinture constante dans ses proportions, ce qui n'arrive pas avec la plupart des recettes qui sont employées : ainsi un grand nombre de pharmacopées prescrivent d'agiter, avec de l'éther, l'huile de mars ou le liquide que l'on obtient par la déliquescence du perchlorure de fer à la cave, de séparer la liqueur éthérée ferrugineuse, et de la mêler avec de l'esprit de vin. Les proportions de fer dans un produit obtenu par cette méthode, sont nécessairement variables.

C'est à Trommsdorf que l'on doit la connaissance exacte de la composition de la teinture de Bestuchef. H a montré le premier que le fer devait être employé saturé de chlore, et que le protochlorure de fer était d'un mauvais emploi. En effet la teinture éthérée, de même que la teinture alcoolique préparée avec ce dernier sel, se trouble sans cesse par l'oxydation du fer et le dépôt d'un oxydochlorure ; en outre, le protochlorure, qui est tout à fait insoluble dans l'éther pur, se dissout mal dans la liqueur d'Hoffmann.

Propriétés médicinales. — La teinture de Bestuchef a joui longtemps

d'une réputation méritée comme médicament ferrugineux. Cependant le chlorure de fer a été longtemps négligé à cause de sa saveur styptique. Elle devient un avantage quand le fer doit être donné comme astringent ; l'emploi en est fortement recommandé par le docteur Vicente contre l'hémoptysie et les hémorrhagies internes. Il le prescrit en potion, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, suivant la gravité de la maladie. M. le docteur Deleau prescrit ce même sel contre les scrofules et contre la blennorrhagie et la leucorrhée. MM.Hamiiton et Bell l'administrent dans le cas d'érésipèle : 20 gouttes de teinture toutes les heures, jusqu'à ce que l'économie soit saturée de fer ; sous son influence, la fièvre s'apaise et la peau s'humecte.

Mais c'est à l'extérieur surtout que le perchlorure de fer se montre utile. La teinture à 30 degrés, injectée à la dose de quelques gouttes dans les cavités anévrysmales ou variqueuses, détermine la formation d'un coagulum qui obstrue le vaisseau.

A la dose de 1 à 10 grammes pour 100 grammes d'eau, le perchlorure de fer est employé comme astringent local contre l'épistaxis ou pour des injections contre la leucorrhée ou la blennorrhagie. La dissolution plus concentrée est employée avec succès pour guérir les ulcérations syphilitiques; elle a môme été conseillée contre le cancer.

CHLORURE FEHUOSO- AMMONIACAL.

Mur,at, de fer et d'ammoniaque , Fleur, martiale, ammoniacale., Chlorhydrate, Hydroohlorate de fer et d'ammoniaque.)

Pr. : Protochlorure de fer desséché I

Sel ammoniac 3

On dissout les deux sels dans la plus petite quantité d'eau possible, et l'on évapore à siccité en remuant continuellement. On conserve le produit dans un flacon bien bouché. (Inusité.)

On faisait autrefois cette préparation par un autre procédé : on mêlait du fer métallique et du sel ammoniac, l'on humectait ce mélange, puis, après quelques jours de contact, on le séchait et on le sublimait. Le fer s'oxydait aux dépens de l'air, l'oxyde de fer chassait une partie de l'ammoniaque et formait avec l'acide hydrochlorique de l'eau et un chlorure de fer. Par la chaleur, il se sublimait du sel ammoniac, du chlorure ferreux combiné avec du sel ammoniac, et du chlorure ferrique qui communiquait au mélange une couleur jaune ; il restait dans la cornue un mélange de fer et

d'oxydochlorure vert. On concevra facilement la formation de tous ces produits, si l'on se rappelle la manière dont le chlorure de fer se comporte au feu.

On n'obtenait par cette méthode que des mélanges en proportions variables de sel ammoniac avec les chlorures de fer ; aussi estce avec juste raison que les pharmacopées ont abandonné ce procédé pour recourir au simple mélange des deux sels.

ACETATE DE FEU.

(Acétate ferrique.)

Fe*03+3Â.

L'Acétate de fer employé en médecine est l'acétate ferrique. Il est composé de peroxyde de fer, 1 pp. ; acide acétique, 3 pp. C'est un sel extrêmement soluble, qui abandonne facilement une partie de sa base. Pour l'obtenir, on ajoute à l'acide acétique concentré (vinaigre de bois) de l'hydrate de peroxyde de fer récemment précipité, jusqu'à ce que ce dernier cesse de se dissoudre ; à ce moment, on ajoute un petit excès d'acide pour rendre la dissolution complète, et l'on évapore à siccité à la chaleur du bain-marie.

U faut conserver ce sel dans un flacon bouché à l'émeri ; si on le met dans un vase mal fermé et même dans un flacon bouché en liège, si celui-ci n'est pas mastiqué, l'acétate laisse dégager lentement une partie de son acide, et alors il cesse d'être entièrement soluble dans l'eau. Cet inconvénient ne se présente pas avec l'acétate conservé dans un flacon bouché hermétiquement. Ce sel est toujours d'une conservation difficile et d'un emploi peu commode.

On prépare un acétate de fer liquide en saturant à une douce chaleur de l'acide acétique marquant 10 degrés à l'aréomètre, par de l'hydrate de peroxyde de fer ; 100 parties d'acide forment, à peu de chose près, 100 parties d'acétate supposé sec, et 134 parties d'acétate liquide. Celui-ci contient donc les trois quarts de son poids d'acétate sec.

L'acétate ferrique est peu usité, parce qu'il est très-altérable ; il a toutes les propriétés des sels de peroxyde ; c'est un puissant hémostatique.

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