ROULES DE MARS OU DE NANCY
Pr. : Limaille de fer 12
Espèces vulnéraire* 2
On fait une décoction des espèces vulnéraires; on passe avec expression ; on met la liqueur avec la limaille dans une grande bas-
sine de fonte; on évapore à siccité et l'on pulvérise. Cette première manipulation commence l'oxydation du fer et le rend friable. '
Pr. : Limaille préparée de l'opération précédente. la totalité.
Tartre rouge en poudre 12
Kspèces vulnéraires 3
On fait une nouvelle décoction des plantes ; on la met avec la limaille et le tartrate dans une bassine de fonte, et on évapore en consistance de pâte ferme. On abandonne la matière à elle-même pendant un mois, temps pendant lequel elle devient friable; on la pulvérise.
Pr. : Composition ci -dessus 25
Tartre rouge pulvérisé 25
Espèces vulnéraires 5
Kau 36
On fait une nouvelle décoction des plantes vulnéraires; on la met avec les autres matières d^ns une bassine de fonte, et Ton évapore à un feu modéré en agitant continuellement jusqu'à ce que la matière soit arrivée à pouvoir se durcir complètement par le refroidissement. On reconnaît que Ton est arrivé à ce point, lorsque le fond de la bassine se dessèche et qu'il se dégage de la masse une fumée odorante et noire. Tandis que la matière est encore chaude, on la roule en boules de 30 à 60 grammes que l'on enduit d'une légère couche d'huile.
On étend ces boules sur une table dans un lieu sec, à l'abri du soleil, afin qu'elles achèvent de durcir sans se gercer. Au bout d'un mois, on les enveloppe de papier.
Cette formule est celle du Codex. Elle a été empruntée à la Pharmacopée de MM. Henry et Guibourt. En raison de la matière extractive fournie par les plantes, les boules sont bien liées et forment une masse homogène qui ne se gerce pas. Ce qui importe encore beaucoup, pour la beauté du produit, c'est que le contact des substances soit très-prolongé.
Les boules de Mars sont un remède populaire contre les contusions. Mises en contact avec l'eau, elles la colorent en dissolvant le sel 4 (2K0, T) + (FeO, T) + (6Fe*03, T), observé par Frésénius.
CITKATE DE FER.
Il y a trois Citrates de fer employés en médecine, savoir : le citrate
ferrique, le citrate ammonico-ferrique et le citrate ferrique ammoniacal.
Citrate ferrique. — C'est un sel neutre dont la formule est Fe203 -+- Ci. 11 contient 32,2 p. 400 de peroxyde de fer ou 22 de fer p. \ 00. Ce sel a une couleur grenat; il est très-soluble dans l'eau, inaltérable à l'air. Sa saveur est faible. On le prépare en faisant digérer de l'hydrate de peroxyde de fer avec de l'acide citrique jusqu'à saturation ; on filtre et l'on évapore à l'étuve sur des assiettes.
Citrate ammonico-ferrique. — Ce sel ressemble au précédent, mais il a l'avantage d'être plus soluble. Sa composition n'est pas connue. On le prépare de la manière suivante :
Pr. : Kau distillée 10
Acide citrique cristallisé S
Ammoniaque liquide 2
Faites dissoudre dans une bassine de platine, et, après dissolution, placez le mélange sur le feu. Quand il sera bouillant, mêlezy peu à peu un excès de peroxyde de fer hydraté et humide. Quand l'oxyde sera dissous, laissez refroidir, filtrez, rapprochez en consistance de sirop ; distribuez le produit sur des plaques de verre et faites sécher à l'étuve, de manière à obtenir le citrate en écailles transparentes. Ce sel contient seulement 12 p. 100 de fer.
Citrate ferrique ammoniacal. — Je désigne sous ce nom un sel préparé par M. Repaire, qui est presque insipide, tandis que le précèdent conserve une saveur ferrugineuse assez désagréable.
On prend une solution saturée de citrate de fer obtenue par la digestion prolongée de l'hydrate de peroxyde de fer dans l'acide citrique; on y ajoute assez d'ammoniaque pour que la liqueur répande une odeur prononcée ; on fait sécher à une douce chaleur sur des assiettes à l'étuve. Le sel que l'on obtient est déliquescent, extrêmement solublè ; sa saveur est à peu près nulle, ce qui le reqd préférable aux deux sels précédents.