ÉTAIN MÉTALLIQUE
Sn.
L'Étain métallique est employé, en médecine , comme anthelmiuthique. On le prescrit de préférence contre le ténia. On l'administre à la dose de 4 grammes à 32 grammes. Il est important de se servir d'étain fort pur; une grande partie de l'étain du commerce contient du plomb qui peut lui communiquer des propriétés trèsnuisibles. On a recours à l'étain de Malaca, dit étain en chapeau. Au reste, on s'assure que l'étain ne contient pas de plomb en le traitant par l'acide nitrique fort, qui fait passer l'étain à l'état de peroxyde ; on évapore presque à siccité ; on étend d'eau, l'on filtre, et Ton verse dans la liqueur du sulfate de soude. Pour peu que l'é-
tain contienne de plomb, il se fait un précipité blanc de sulfate de plomb.
L'étain métallique est employé sous forme de poudre ou de limaille.
Limaille d'étain.)
On frotte l'étain avec une râpe à bois, de manière à le réduire en limaille. On administre cette limaille au malade, et, pour qu'il ait moins de difficulté à la prendre, on l'enveloppe avec quelque matière épaisse , du miel, par exemple, qui lui donne la consistance d'opiat.
Quelques médecins croient que c'est sous cette forme seulement que l'emploi de l'étain est efficace, et qu'il agit en quelque sorte mécaniquement. Le ver, disent-ils, est rendu en une pelote toute hérissée à sa surface par la limaille d'étain.
Comme l'étain est ductile, on est obligé, pour le réduire en poudre, d'avoir recours à des procédés particuliers.
1° On prend de l'étain en feuilles très-minces, on le broie avec du sel marin ou du sulfate de potasse jusqu'à ce que l'on ait obtenu une poudre impalpable; l'étain, quoique ductile, finit par se diviser parfaitement par l'intermède de la matière saline dure dont on a fait usage. On lave la matière à plusieurs reprises à l'eau bouillante, on reçoit l'étain sur un filtre, et on le fait sécher.
Ce procédé doit être rejeté, parce que les feuilles d'étain du commerce contiennent toujours du plomb.
2° On prend une botte en fer, sphérique, s'ouvrant en deux parties, à parois rudes; on la blanchit intérieurement en la frottant avec de la craie; on fait chauffer la boite modérément, on y verse l'étain fondu, on la couvre de son couvercle, également chauffé ; on l'enveloppe d'un linge, et l'on remue continuellement et vivement entre les mains, jusqu'à ce que la température ait assez baissé pour que l'étain se soit solidifié. Grâce à cette agitation, les particules d'étain restent séparées les unes des autres : on passe à travers un tamis de soie très-fin.
Cette manipulation est d'une exécution assez difficile, et il arrive souvent qu'une grande partie de l'étain est solidifié en masse et a besoin d'être traité de nouveau.
On peut remplacer la boîte de fer par une boîte de bois ; mais il
y a plus d'avantage à se servir de la boîte de fer, que l'on peut chauffer.
3° On fait chauffer un grand mortier de fer en y mettant des charbons ardents; on chauffe également la tête du pilon : le mortier doit être assez chaud pour que rétain y reste quelque temps fondu ; on agite vivement avec le pilon, que Ton tient avec des manipules, jusqu'à ce que 1 Y-tain soit solidifié ; on le passe à travers un tamis très-fin. Cette manipulation demande de l'habitude et ne réussit bien qu'autant que l'on opère à la fois sur de petites quantités de métal.
4° On fait chauffer un mortier, comme dans l'opération précédente ; d'autre part, on fait fondre du sel marin à la chaleur rouge dans un creuset ; on essuie bien le mortier, on y coule le sel marin, puis aussitôt l'étain fondu, et l'on triture vivement. Comme le sel est très-chaud, l'étain reste assez longtemps encore en fusion pour que ses parties aient le temps de se diviser entre les particules de sel ; on retire la matière du mortier, on la lave à l'eau bouillante, on la fait sécher et on la passe au tamis de soie. Ce procédé, que j'ai emprunté à la pharmacopée belge, réussit bien.
ÉLECTUAIRE d'ÉTAIN.
Pr. : Poudre d'étain.... 1
Miel I
Mêlez.