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SULFURE D'ÉTAIN

(Penulfure d'étain, Or mu.if )

SnS*.

L'étain forme, avec le soufre, trois combinaisons différentes formées de : étain 4 pp., et soufre 1 pp., 4 pp. 4/2 et 2- pp. On emploie plus habituellement en médecine le persulfure.

Il est d'un jaune d'or ; il est cristallisé en paillettes brillantes , douces au toucher ; il est insipide, inodore, insoluble dans l'eau. Sa formule est SnS2. .

On l'emploie en médecine pour combattre le ténia. On l'administre â la dose de 8 à 46 grammes, ordinairement mélangé avec du miel, sous forme d'électuaire. (A peu près inusité.)

On a plusieurs moyens de préparer ce sulfure. Celui destiné à l'usage de la médecine est obtenu ainsi qu'il suit :

Pr. : F. tain pur 12

i Mercure 6

Fleure de soufre 7

Sel ammoniac 6

On commence par amalgamer à chaud l'étain avec le mercure ; on broie l'amalgame avec le soufre et le sel ammoniac, de manière à faire un mélange intime ; on introduit ce mélange dans un raatras de verre, et on le chauffe doucement au bain de sable jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeur blanche et que l'odeur d'hydrogène sulfuré ne se fasse plus sentir ; on laisse refroidir, et l'on trouve dans le matras une couche inférieure de couleur de plombagine : c'est du protosulfure d'étain, et une couche supérieure assez épaisse formée par des écailles jaunes et brillantes d'or musif.

Dans cette opération l'étain se combine au soufre ; mais la formation de l'or musif ne pourrait avoir lieu d'une manière directe ; le mercure a pour effet de diviser l'étain et de permettre un contact intime entre ce métal et le soufre ; quant au sel ammoniac, son rôle, suivant M. Berzélius, est d'empêcher la température de s'élever beaucoup, car cet excès de chaleur aurait évidemment pour effet de transformer l'or musif en protosulfure d'étain ; comme le sel ammoniac est volatil, il absorbe, pour se réduire en vapeurs, une . grande partie de la chaleur qui se produit par la réaction du soufre sur l'étain ; cependant une partie est toujours décomposée dans l'opération et donne naissance à du protochlorure de mercure qui se sépare.

Quelques pharmacopées font préparer le sulfure d'étain médicinal en fondant de l'étain avec du soufre, mais l'on n'obtient ainsi que de l'étain mélangé de sulfure et quelquefois de soufre. On ne parvient à obtenir le protosulfure d'étain pur qu'en fondant à deux fois l'étain avec un excès de soufre. Van Mons conseille de verser de l 'hydrosulfate de potasse dans le protochlorure d'étain, ce qui donne du protosulfure d'étain pur; mais le persulfure est toujours employé de préférence.

CIILOItUllE D'ÉTAIN.

L'étain forme avec le chlore deux combinaisons : SnCl et SnCl*. Le premier de ces composés s'obtient en faisant dissoudre l'étain à chaud dans l'acide chlorhydrique ; on obtient un sel blanc, cristallisé, qui est connu dans les arts sous le nom de Sel d'étain ; c'est un mordant dont on consomme d'énormes quantités pour la teinture.

Le Bichlorure d'étain, ou Chlorure stannique, était désigné, par les anciens chimistes, sous le nom de Liqueur fumante de Libavius. Ils le préparaient en distillant, avec du sublimé corrosif, 1 etain amalgamé avec une petite quantité de mercure. C'est un liquide incolore, volatil, qui bout à 120°. Il répand à l'air des fumées épaisses provenant de ce qu'il se combine avec l'humidité atmosphérique. Quand on mêle ce chlorure liquide avec le tiers de son poids d'eau, il se prend en une masse cristallisée. Si on ajoute plus d'eau, tout se dissout, et l'on obtient des cristaux qui contiennent 5 pp. d'eau. On pourrait encore obtenir ce sel en faisant dissoudre l'étain dans l'eau régale et concentrant la dissolution.

Le chlorure stannique cristallisé a été vanté par M. Nauche, contre les affections cancéreuses. 11 le prescrit sous forme de solution ou de pommade ; il dit avoir obtenu d'excellents résultats de l'emploi de ces deux préparations dans les cas d'engorgements glanduleux, contre les affections squirrheuses, et même dans le traitement des cancers ulcérés.

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