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AZOTATE DE BISMUTH

(Nitrate de bismuth.)

Le bismuth se dissout dans l'acide azotique, et la dissolution donne, par la concentration, de gros prismes à quatre faces. Ils constituent l'azotate neutre de bismuth, qui est formé de 1 pp. de base, 4 pp. d'acide et 3 pp. d'eau. Ce sel est décomposé par l'eau, ainsi que tous les sels de bismuth; il se change en acide azotique hydraté qui retient en dissolution de l'azotate de bismuth, et en sel avec excès de base qui se précipite. C'est ce dernier sel qui est employé en médecine. On le désigne quelquefois assez improprement sous le nom d'oxyde de bismuth. Il a porté les noms de Magistère de bismuth, Blanc de fard.

Il a pour formule (3BiO) + ÀzO5 + 2Aq qu'il est plus convenable de représenter suivant M. Janssen par un sel double quintibasique et le nitrate neutre (5 BiO) Az05,2Aq -+- BiO, AzO*, 2Aq. Il est du reste variable dans sa composition.

Le sous-nitrate de bismuth est blanc, insipide, inodore ; il est un peu soluble dans l'eau : chauffé en contact avec l'eau, il devient le blanc de fard, qui est formé de 2 équivalents de nitrate quintibismuthique et d'un équivalent de nitrate neutre.

On prépare le sous-nitrate de bismuth de la manière suivante :

Pr. : Bismuth purifié I

Acide azotique à 3&° 3

On réduit le bismuth en poudre, d'autre part on met l'acide dans un matras, et l'on y ajoute le bismuth par petites parties. L'action est des plus violentes, il se développe beaucoup de chaleur, et il se dégage une abondante quantité de vapeurs hypoazotiques ; quand tout le métal a été introduit, on achève la dissolution sur un bain de sable à l'aide d'une douce chaleur; quand elle est terminée, on laisse reposer la liqueur, on la décante et on la fait évaporer dans une capsule de porcelaine jusqu'à ce que l'on voie se former un dépôt jaune grisâtre ; mieux vaut encore s'arrêter avant que le dépôt ne se forme. C'est un azotate basique, dont la proportion irait en augmentant et que Ton aurait grand'peine à redissoudre dans l'acide azotique. On verse la liqueur dans 40 fois son poids d'eau, puis on ajoute peu à peu et en remuant continuellement de l'ammoniaque trèsétendue, jusqu'à ce que les liqueurs ne rougissent plus que modérément le papier de tournesol ; on lave à plusieurs reprises le précipité par décantation; enfin, on le recueille sur un filtre ou sur une toile; on le laisse égoutter; on le met à la presse, et on le fait sécher.

Si l'on faisait sécher le magistère de bismuth sur le filtre où on l'a reçu, il faudrait avoir la précaution de le laisser sécher tranquillement sans le retourner, la surface qui a eu le contact du papier devenant violette à la lumière par l'effet de la substance organique du papier ; car le magistère de bismuth pur est inaltérable à la lumière.

Le bismuth, en se dissolvant dans l'acide azotique, donne lieu à un dégagement très-violent de vapeurs nitreuses. 11 s'oxyde et se transforme en azotate qui reste en dissolution dans l'excès d'acide.

La concentration des liqueurs a pour objet de vaporiser une grande partie de cet excès d'acide, qui augmenterait inutilement la propor-

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