EMPLOI MÉDICINAL
La strychnine et les autres alcaloïdes, ses congénères, ainsi que les matières qui les contiennent, ont une action redoutable sur l'économie. Elle a surtout été bien étudiée pour la strychnine.
Il se manifeste d'abord un sentiment de vertige, de la raideur dans les muscles et en particulier dans ceux de la mâchoire. Puis surviennent des secousses, d'abord faibles, mais qui se transforment bientôt en secousses terribles qui viennent coup sur coup ; le corps est immobile, la tète jetée en arrière ; l'intelligence est nette, la parole est entrecoupée. Peu à peu les mâchoires se resserrent, et le trismus s'ajoute à la rigidité du tronc.
Les malades font de vains efforts, sont cloués sur le dos; la respiration est courte, convulsive.
Puis tout se dissipe, et après un intervalle de calme survient un nouvel accès plus violent. Par les secousses, le corps est parfois soulevé à une certaine hauteur au-dessus du lit. Toute parole devient impossible; la plante des pieds est tournée en dedans ; la respiration de plus en plus oppressée semble par moments complètement suspendue; les battements du cœur sont irréguliers. I n dernier accès se termine brusquement par la mort. On trouve après la mort le cœur vide et contracté ; la rigidité des muscles se maintient plus longtemps que la rigidité cadavérique ordinaire. (Dr Tardieu.)
A petites doses, les mêmes effets se produisent, mais d'une façon modérée : il y a fourmillement dans les muscles et secousses plus ou moins violentes; les organes génitaux sont surexcités, et le pénis entre en érection.
La strychnine et la brucine sont des médicaments dangereux,
auxquels l'organisme ne s'habitue pas. On les applique surtout au traitement des paralysies qui sont sous la dépendance de la moelle et des conducteurs nerveux. M. Verdier croit avoir reconnu que la strychnine, même à petite dose, contre-balance et annihile l'effet de doses énormes d'opium. Ce serait un résultat fort remarquable.
La strychnine et ses sels, surtout le sulfate, sont presque toujours employés sous forme de pilules , à cause de leur excessive amertume. On commence par 2 milligrammes ; on élève successivement la dose et avec une grande prudence.
M. Trousseau adonné une formule pour la préparation d'un sirop de sulfate de strychnine :
Pr. : Sulfate de strychnine 1 centigramme.
Sirop de sucre 20
Une cuillerée de ce sirop contient 1 centigramme de sulfate.