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PRÉPARATION DE LA STRYCHNINE ET DE LA BRUCINE

Un procédé avantageux est celui qui a été donné par M. le voici avec quelques modifications.

On fait bouillir la noix vomique dans l'eau ; quand elle est samment ramollie, on la retire, et on la passe au moulin pour la diviser ; en cet état, on la remet dans l'eau d'où on l'avait tirée, et on la fait bouillir pendant au moins deux heures ; on passe avec expression ; on met la noix vomique dans de nouvelle eau ; on la fait bouillir encore, on passe, et l'on fait une troisième décoction. On évapore toutes les liqueurs en consistance de sirop, et l'on y ajoute de l'alcool jusqu'à ce qu'il cesse de former un précipité. Par ce moyen, toute la partie mucilagineuse se sépare, et la liqueur alcoolique ne retient que l'igasurate de strychnine et de brucine, de la matière colorante et un peu de matière grasse; on passe, et on lave le dépôt avec de l'alcool que Ton ajoute aux premières liqueurs ; on distille l'alcool, et on achève l'évaporation au bain-marie en consistance d'extrait. On redissout cet extrait dans l'eau froide qui sépare un peu de matière grasse ; on chauffe la liqueur, et on la décompose par un excès de lait de chaux, qui précipite la brucine et la strychnine avec de la matière colorante. On exprime, et l'on sèche le précipité calcaire ; on le reprend par de l'alcool fort et bouillant à deux ou trois reprises. On distille, et on a pour résidu une masse composée de strychnine, de brucine et de matière colorante. On verse sur cette niasse de l'alcool à 53e (30° Gart.) qui dissout la brucine et la ma-

tière colorante, et qui laisse la strychnine ; on purifie celle-ci en la faisant dissoudre dans l'alcool à 80e bouillant; elle cristallise par le refroidissement.

L'alcool faible qui a dissous la brucine et la matière colorante est évaporé en sirop, et Ton sature à froid avec de l'acide sulfurique étendu, en laissant un léger excès d'acide. Au bout de deux ou trois jours, tout est pris en une masse cristalline de sulfate de brucine, qui est salie par une eau mère noire. On la sépare à la presse ; on redissout le sulfate dans l'eau, on le décolore parle charbon, et l'on précipite la brucine par l'ammoniaque. L'essentiel est de faire le sulfate de brucine à froid; autrement le sel contracte avec la matière colorante une combinaison dont on peut difficilement la chasser. La liqueur ammoniacale dont la brucine s'est séparée, en retient encore beaucoup qu'elle laisse déposer à mesure que l'ammoniaque s'évapore à l'air.

M. Henry a donné comme préférable le procédé suivant : après avoir épuisé la noix vomique par plusieurs décoctions dans l'eau, il évapore en consistance de sirop épais, et il ajoute pour chaque kilogramme de noix vomique, 420 grammes de chaux vive délayée dans l'eau ; il fait sécher au bain-marie, traite cette matière par de l'alcool à 85e (33° Cart.), qui dissout la strychnine, la brucine et quelques matières colorantes. Il distille l'alcool, convertit le résidu en un nitrate de strychnine qu'il purifie par plusieurs cristallisations, et dont il précipite enfin la strychnine par l'ammoniaque. Le Codex a adopté ce procédé, en remplaçant la transformation en nitrate par des cristallisations successives de la strychnine dans l'alcool.

La strychnine du commerce est souvent mêlée de brucine; on les sépare l'une de l'autre par l'alcool faible, qui dissout la brucine ; on redissout la strychnine dans l'alcool bouillant ; on distille, et on a soin de laisser un peu d'eau mère alcoolique qui retient les dernières portions de brucine. On peut aussi transformer le mélange de brucine et de strychnine en nitrate, et faire cristalliser ; le nitrate de strychnine cristallise ; le nitrate de brucine est incristallisable, et il reste dans les eaux mères.

Pour reconnaître si la strychnine est exempte de brucine, M. Robiquet a donné le procédé suivant, qui est d'une exécution facile et d'un bon usage commercial : on délaye la strychnine soupçonnée dans un peu d'eau chaude, et l'on ajoute quelques gouttes d'acide. On porte à l'ébullition, et l'on précipite bouillant par l'ammoniaque. Si la strychnine est pure, le précipité est pulvérulent. S'il y a de la brucine, le précipité est poisseux ; il colle aux vases, et d'autant

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plus qu'il contient davantage de brucine. Ce procédé est fondé sur la grande différence de fusibilité des deux bases.

// arrive que la strychnine du commerce est falsifiée; si c'est par un mélange de brucine, nous venons de donner te moyen de le reconnaître. Une première garantie contre le mélange de matières étrangères est de ne se servir que de strychnine cristallisée. Elle doit être entièrement soluble dans l'alcool, ce qui exclut le phosphate de chaux y et le sulfate de chaux ; elle doit ne pas perdre sensiblement de son poids dans feau, ce qui exclut le sucre et quelques sels solubles et elle doit se dissoudre en entier dans l'eau acidulée, ce qui exclut les corps gras.

Les mêmes moyens sont applicables à l'examen de la brucine.

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