POUDRE DE SULFURE D'ANTIMOINE
Pr. : Sulfate d'antimoine Q V.
On le pulvérise dans un mortier de fer, et l'on passe la poudre au tamis ; on la met sur un porphyre, et on la broie avec de l'eau, jusqu'à ce que l'on n'aperçoive plus de parcelles métalliques ; on délaye alors cette poudre dans l'eau ; on sépare par dilution les parties les plus fines, et l'on remet sur le porphyre celles qui
n'étaient pas suffisamment divisées ; on continue ainsi l'opération jusqu'à ce que tout le sulfure d'antimoine ait été réduit en poudre impalpable.
TABLETTES ANTIM0N1ALE8 DE KUISKEL.
Pr. : Amandes douces . 8 grammes.
Sucre 50 —
Poudre de semences de petit cardamome. . . 4
Poudre de cannelle 2
Sulfure d'antimoine porphyrisé \
Gomme adraganthe i
On pulvérise les amandes à la faveur du sucre, on ajoute les autres poudres, et à l'aide du mucilage, on fait des tablettes de 1 gramme, qui contiennent chacune 10 centigrammes de sulfure.
Les pharmacopées varient toutes dans la formule des pastilles de Kunkel, soit pour la dose du sulfure d'antimoine, soit pour la dose ou la nature des aromates. (Inusitées aujourd'hui.)
OXYDOSULFUllE D'ANTIMOINE.
SbO3 + 2SbS3.
Le sulfure d'antimoine et l'oxyde d'antimoine peuvent former ensemble une combinaison définie qui est composée de : 4 pp. oxyde d'antimoine et 2 pp. sulfure d'antimoine.
Cette combinaison existe dans la nature, et l'on peut se la procurer artificiellement dans les laboratoires. C'est une poudre jaunâtre insoluble dans l'eau, qui est inusitée en médecine, mais qu'il est important de signaler, parce que nous la retrouverons dans la préparation du kermès minéral, et parce qu'elle fait partie d'autres préparations qui sont des mélanges en proportions diverses d'oxyde d'antimoine avec du sulfure ou de l'oxydosulfure, et qui étaient connues sous les noms de Verre d'antimoine, Foie d'antimoine, Safran des métaux, Rubine d'antimoine.
Le Verre d'antimoine est un mélange de beaucoup d'oxyde d'antimoine, avec un peu d'oxydosulfure ; il contient en outre, suivant l'analyse de Vauquelin, 40p. 400 de silice et de l'oxyde de fer. Il se présente sous forme de plaques demi-transparentes d'une couleur hyacinthe.
Pour préparer le verre d'antimoine, on grille le sulfure d'antimoine sur un tét en terre, de manière à brûler le soufre et à oxyder l'antimoine. Il faut agiter la matière pendant toute l'opération, et
ménager le feu avec attention, surtout vers le commencement de l'opération, afin que le grillage se fasse sans que le sulfure entre en fusion. A mesure que l'opération avance, on peut élever davantage la température, car la fusibilité diminue à mesure que le sulfure est remplacé par de l'oxyde. Quand la masse a acquis une couleur gris blanc, on la fond dans un creuset, et on la coule en plaques minces.
Le grillage à Pair a pour objet de brûler le soufre qui se dégage à l'état d'acide sulfureux, et d'oxyder l'antimoine. Il se fait du protoxyde, et aussi, suivant M. Berzélius, de l'acide antimonieux ; mais ce dernier est détruit à la fusion, car il réagit sur le sulfure restant, qu'il transforme en acide sulfureux et en protoxyde.
Le Foie d'antimoine diffère du verre d'antimoine en ce qu'il con tient plus de sulfure; on l'obtient par le même procédé; mais on ne pousse pas le grillage aussi loin; on s'arrête quand la matière a pris une couleur de cendre ; alors on la fond dans un creuset ; on obtient une masse presque opaque d'une couleur brune, de là son nom. Quand on réduit cette masse en poudre, elle prend le nom de Crocus metallorurn, ou safran des métaux. Cette poudre est fort employée dans la médecine vétérinaire comme vermifuge et purgative, à la dose de 30 à 60 grammes. Elle était la base du vin éniétique des anciens, qui se préparait en laissant en contact 1 partie de crocus et 8 parties de vin blanc; c'était un médicament variable, car le vin dissolvait des proportions d'oxyde d'antimoine différentes, suivant qu'il était plus oiLmoins acide.
On se procurait encore le foie d'antimoine en fondant le sulfure avec son poids de nitre, ou mieux, suivant Lemery, avec la moitié de son poids de nitre; quand la matière était en fusion, on la coulait dans un cône de fer pour faciliter la séparation des scories ; on réduisait le crocus en poudre et on le lavait avec soin. Le nitre avait pour effet d'oxyder l'antimoine et le soufre, tandis qu'une autre portion du soufre réagissait sur la potasse : de là, du sulfate de potasse, de Phypo-antimonite de potasse, du sulfure de potassium et du sulfure d'antimoine, qui constituaient la scorie ; puis un mélange d'oxyde d'antimoine et de sulfure double de potassium et d'antimoine, qui constituait le crocus ; aussi, ce médicament ainsi préparé était-il plus énergique que le Crocus ordinaire, malgré le lavage qu'on lui faisait subir, qui ne suffisait pas a enlever tout le sulfure alcalin. On devrait certainement préférer cette préparation au crocus préparé par la fonte ; mais cela n'est pas, par ce seul motif qu elle revient à un prix plus élevé.
La Rubine d'antimoine était un composé analogue au verre d'antimoine, mais plus chargé de sulfure.