SULFURE D'ARSENIC
Deux sulfures d'arsenic se trouvent dans le commerce ; l'un correspond à l'acide arsénieux, c'est l'orpiment; l'autre contient moins de soufre et n'a pas d'oxyde correspondant, c'est le réalgar.
Le réalgar ou sulfure hypo-arsénieux se trouve dans la nature en masses rouges; il a pour formule AsS1.
L'orpiment est d'une belle couleur jaune. Sa formule est AsS*. Il est fusible, volatil; quand on le fait bouillir avec de l'eau, une petite partie est décomposée et il se dissout de l'acide arsénieux. Dans le commerce, on trouve deux variétés d'orpiment : l'un est cristallisé en belles lames d'un jaune d'or, c'est le sulfure pur; l'autre est en masses jaunes opaques et ternes, il contient une très-forte portion d'acide arsénieux, et il doit être sévèrement banni de l'usage médical. L'orpiment a été Conseillé à très-petites doses contre les fièvres intermittentes; il entre dans la préparation de poudres et de pâtes dépilatoires.
POUDRE FÉBRIFUGE DE Hï
Pr. : Sulfure d'arsenic jaune
Sucre blanc
Huile d'aniR
PATE DÉPILATOIRE.
Pr. : Orpiment I
Chaux vive 16
Amidon 10
Toutes les matières étant réduites en poudre fine, on les mélange et on conserve la poudre dans un vase bien bouché ; au moment de s'en servir, on y ajoute assez d'eau pour faire une pâte molle que l'on applique sur les parties que l'on veut épiler ; on laisse sécher lentement, et on lave ensuite la partie avec de l'eau.
Félix Plater dit que le Rusma ou pâte dépilatoire des Turcs se prépare avec : chaux vive, 8 parties ; orpiment, 1 à 2 parties ; on délaye cette poudre dans un peu de blanc d'oeufs et de lessive des savonniers. Cette préparation est nécessairement plus active que la précédente, qui manque souvent son effet.
Voy. SULFHYDRATE DE CHAUX et SULFURE DE SODIUM.
DES ÉTHERS
DES ÉTHERS
Le nom d'Éther a été donné d'abord à l'un des produits de Faction de l'acide sulfurique sur l'alcool ; ce mot s'appliquait convenablement à un liquide subtil, qui dut frapper vivement l'attention par sa volatilité, son odeur pénétrante et son inflammabilité. Plus tard, on observa que l'alcool fournissait des produits analogues avec d'autres acides ; alors le nom d'Éther devint commun à tous ces produits ; puis l'on observa des corps qui se formaient dans des circonstances toutes pareilles, et qui n'avaient rien de la volatilité des premiers; il fallut cependant leur appliquer le même nom; alors le mot Éther n'exprima plus une série de corps remarquables par leur volatilité, mais il désigna des corps qui s'étaient faits dans des circonstances pareilles, savoir lors de l'action d'un acide sur l'alcool.
La composition élémentaire des éthers est bien connue ; mais on est loin de savoir de quelle manière leurs éléments sont combinés entre eux ; plusieurs théories ont été émises à ce sujet, sans qu'aucune d'elles se présente avec un degré suffisant de certitude. Relativement à leur composition, on distingue :
1 0 Les éthers du premier genre : ils ne contiennent aucune portion de l'acide qui a servi à les former ; exemple : éthers sulfurique, phosphorique, etc. Ils sont tous identiques, et ils peuvent être représentés par \ volume d'hydrogène percarboné (gaz oléfiant , éthylène), et 1/2 volume de vapeur d'eau;
2° Les éthers du second genre : ils ont été formés par des hydracides; et leur composition peut être représentée par des volumes égaux de Fhydracide et de gaz hydrogène percarboné; exemples : éthers chlorhydrique, iodhydrique, etc.;
3° Les éthers du troisième genre : ils ont été formés par des oxacides, et ils peuvent être représentés dans leur composition par une proportion d'un oxacide, de l'hydrogène percarboné et de l'eau, ces deux derniers corps s'y trouvant précisément dans les proportions dans lesquelles ils constituent Féther sulfurique.
La classification précédente est l'expression de faits d'expérience, et sous ce point de vue elle est assise sur de bonnes bases ; l'incertitude ne commence que lorsque l'on veut se rendre compte de la manière dont les éléments sont combinés.
Une théorie consiste à considérer l'éther comme un oxyde d'un radical inconnu ; dans cette théorie, on associe les éléments de Fé-