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CHLOROFORME

(Chlorure de métbyle bicbloré,)

Le Chloroforme, qui a été découvert par M. Liebig et par moi en 1831, est un liquide éthéré, dont la formule est C» H Cl8. 11 est incolore, d'une odeur suave et éthérée ; sa saveur est piquante et en même temps sucrée ; il est très-fluide, avec une forte densité, qui s'élève à 1,48. Il bout à 61°. Il est peu inflammable. L'eau en dissout peu, mais il est extrêmement soluble dans l'alcool et dans 1 éther.

Pour le préparer, on opère ainsi :

, Pr. : Chlorure de chaux 10 kilogramme*.

Chaux éteinte. 3 —

Eau ... 00 —

On délaye le chlorure de chaux et la chaux dans l'eau ; on introduit le lait calcaire qui en résulte dans un alambic en cuivre, qui ne doit en être rempli qu'au tiers au plus; on ajoute 2 kil. d'alcool à 85°. On adapte le chapiteau et un serpentin, et, les jointures étant bien lutées, on porte un feu vif sous l'appareil . Vers 80°, il se produit une réaction très-vive, qui soulève la masse et qui la ferait passer dans le récipient, si Ton ne se hâtait d'enlever le feu. C'est le seul moment difficile de l'opération. On est averti qu'il approche par la chaleur qui gagne le col du chapiteau. Quand celui-ci s'est fort échauffé vers son extrémité la plus éloignée, alors que les produits

DES ETHERS. m

de la distillation ne se sont pas encore montrés, on retire le feu (sous ce rapport un feu de bois est plus commode que tout autre). Quelques instants après, la distillation commence et marche avec rapidité; elle se termine presque entièrement d'elle-même. Quand on s'aperçoit que l'action se ralentit, on rétablit le feu pour la soutenir. Bientôt tout est terminé. On le reconnaît à ce que les liqueurs qui passent ne possèdent qu'à un faible degré la saveur sucrée du chloroforme. C'est à peine si 2 à 3 litres de liqueur ont distillé. On étend ce produit de son volume d'eau et l'on agite. Il se sépare en deux couches. La plus inférieure est dense et légèrement jaunâtre ; c'est du chloroforme mêlé d'alcool et souillé par un peu de chlore. La couche supérieure, plus abondante, est un mélange parfois laiteux d'eau, d'alcool et de chloroforme ; du jour au lendemain, elle laisse déposer une certaine quantité de ce produit.

Si l'on fait plusieurs distillations de suite, le mieux est de reverser cette liqueur aqueuse dans la cornue , pour l'opération suivante, ou bien on peut la distiller au bain-marie avec les eaux de lavage.

On sépare le chloroforme par décantation ; on le lave par agitation avec de l'eau, puis, une autre fois, avec une faible dissolution de carbonate de soude, qui le débarrasse du chlore; on y ajoute du chlorure de calcium, et, après 24 heures, on le rectifie par une distillation au bain-marie, en ayant soin de ne pas pousser l'opération rop loin ; c'est dans le but de laisser dans le récipient un produit plus chloré, moins volatil, d'une odeur vive et stupéfiante, qui ôte au chloroforme de sa suavité, et semble être la principale cause de l'irritation et de la toux qui ont été observées quelquefois.

Dans l'action de l'hypochlorite de chaux sur l'alcool, il se fait en outre du chloroforme, de l'acide formique et du chlorure de calcium.

L'alcool forme :

Du chloroforme C«HCI»

De l'acide formique C"HO»

Mais par une action secondaire, l'acide formique est détruit par l'hypochlorite de chaux, avec dégagement d'acide carbonique ; c'est ce qui cause la vive effervescence qui accompagne la réaction.

Le principal usage du chloroforme est de servir d'agent anesthésique au moment des grandes opérations chirurgicales. On le préfère à 1 et her parce que son action est plus rapide, plus complète et plus persistante. La période d'excitation est très-réduite et véritablement abolie. Il est de la plus haute importance, si l'on veut éviter

l'asphyxie, de faire respirer toujours la vapeur de chloroforme mélangée avec beaucoup d'air.

M. Arran a fait injecter la vapeur de chloroforme dans la cavité utérine pour calmer les douleurs des diverses affections de l'utérus. On l'a conseillé sous la même forme contre le ténesme et la dyssenterie.

A f intérieur, c'est un excellent anodin et antispasmodique trèspropre à combattre le symptôme douleur. Il réussit dans les névralgies, les coliques nerveuses ou néphrétiques, l'hystérie, les accès d'asthme.

On en fait un sirop par simple mélange. Pr. : chloroforme 25 centigrammes, sirop de sucre 40 grammes.

On l'emploie à l'extérieur en frictions, mélangé avec un poids égal au sien d'axonge ou d'huile, contre les douleurs névralgiques ou rhumatismales, et pour calmer le prurit causé par quelques affections de la peau. M. Cazenave donne la formule suivante :

Pr. : Chloroforme 12 grammes.

Cyanure de potassium 12 —

Axonge 60 -

Mêlez. — A employer aussi en application con tre les névralgies.

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