III. — LIMAÇONS
L'espèce de Limaçons la plus employée dans le Nord, c'est le limaçon des vignes (Hélix pomaiia) : on se sert aussi du limaçon chagriné (Hélix aspersa) et même de la livrée (Hélix nemoralis). Dans le midi de la France, où ces animaux sont plus nombreux et plus variés, on pourrait utiliser d'autres espèces.
Les limaçons dont se sert M. Oscar Figuier pour la préparation de la pâte sont les Hélix aspersa et vermiculata. C'est cette dernière espèce que les habitants de Montpellier désignent sous le nom de Mourgueta; elle est meilleure à manger que la précédente. En Provence les amateurs estiment beaucoup les Hélix melanostoma et aperta. La seconde passe pour la plus délicate de toutes. On mange encore en France les Hélix variabilis, pisana, hortensis, cespitum, ericetorum, arbustorum, et môme le Zonites algirus. Il faut tenir compte, dans les formules, non pas du nombre de ces animaux, mais du poids de leur chair. 100 limaçons de vigne, qui avec leur coquille pèsent 2 kil., fournissent à peu près 600 grammes de chair musculaire, quand ils ont été séparés de leur coquille et des intestins; 100 limaçons de jardin, de moyenne grosseur, ne m'ont donné que 320 grammes de produit.
Les muscles des limaçons ne contiennent ni phosphate acide de potasse, ni acide oléophosphorique, ni créatine, ni créatinine. M. Frémy y a trouvé de la taurine, principe de la bile très-sulfuré.
M. Oscar Figuier pense que les propriétés sont dues en partie à une huile odorante sulfurée qu'il a extraite par l'éther, et qu'il a désignée sous le nom d'Hélicine. Il admet que Ton doit s'efforcer, dans les préparations pharmaceutiques, de conserver ce principe sans altération. A cet effet, il fait employer le corps de ces animaux divisé avec du sucre, et autant que possible sans l'intervention de la chaleur. M. Mouchon de son côté a donné plusieurs formules pour éviter les changements que la coction entraîne dans la nature du principe mucilagineux, dans le but de conserver toutes les propriétés de ce principe, tout en évitant aux malades la répugnance que ne manquent pas de leur inspirer les limaçons entiers. M. Mouchon a donné dans ce sens plusieurs formules qui peuvent être adoptées. Je les rapporte pour les personnes qui conservent quelque confiance dans les propriétés curatives de ces médicaments.