GAROU
Sous le nom de Garou, sainbois, on désigne l'écorce des Daphne gnidium et mezereum (Daphnées).
On emploie surtout celle de ce dernier arbrisseau qui est commun dans le midi de la France et de l'Europe.
Cette écorce séchée est d'un jaune pâle à l'intérieur, d'un gris foncé à l'extérieur. L'épiderme demi-transparent est marqué de distance en distance de petites taches blanches tuberculeuses. Le liber est extrêmement tenace et résistant. L'odeur de l'écorce est presque nulle ; sa saveur est excessivement acre.
Les fruits du garou sont une petite baie qui a été quelquefois employée en médecine.
D'après une analyse de Gmelin et de Bar, l'écorce du Daphne mezereum contient :
Cire', résine acre, daphnine ; matière colorante jaune) extractif sucré ; extractif non sucré , gomme.
Ces chimistes ont obtenu la résine en traitant le garou par l'alcool et reprenant l'extrait alcoolique par l'eau qui laisse la résine. Celle-ci est d'un vert si foncé qu'elle paraît noire. Elle est sèche et cassante ; sa saveur est âcre, et ne se développe pas tout de suite dans la bouche. Elle est insoluble dans l'eau. Elle se dissout dans l'alcool et dans l'éther. Elle est altérée par les acides hydrochlorique et nitrique. Sa dissolution alcoolique est précipitée par l'acétate de plomb, qui y forme un précipité vert. Si l'on sépare l'excès de plomb de la liqueur par l'hydrogène sulfuré, elle fournit à l'évaporation une huile d'un jaune d'or, d'une saveur brûlante, qui fait venir des ampoules sur la peau, et qui contient le phosphore au nombre de ses éléments. Le précipité formé par l'acétate de plomb peut à son tour fournir, par un traitement convenable, une huile incolore et une matière résineuse.
Il résulte évidemment de ces expériences que la résine du garou est un composé de plusieurs matières différentes; elles laissent