ACIDE AZOTIQUE
(Adde miriqaef Stprii de nhref Bmi-forie.)
L'acide azotique est un liquide dont les propriétés varient notable, ment suivant qu'il est plus ou moins hydraté. Pour les besoins de la pharma(*ie on fait usage tantôt d'un acide dilué dont la composition est représentée par la formule A20*,llO-4-3HO, tantôt de Tacide monohydraté AZO»,HO. L'acide officinal AZO»,HO -i- 3H0 est incolore, doué d'une odeur forte particulière et d'une saveur excessivement caustique ; il teint l'épiderme en jaune, et la tache formée disparaît seulement quand le tissu se détache ; c'est un poison trés-énergique. 11 est volatil, décomposable par la chaleur et par tous les corps qui ont de affinité pour l'oxygène.
Cet hydrate d'acide azotique est remarquable par sa fixité ; il bout à 135 degrés et possède une densité égale à 1^43. Soumis à la distillation, il passe dans le récipient sans se décomposer; tandis qu'un acide plus dilué, traité de la même manière, se concentre jusqu'à ce que son point d'ébullition atteigne H- 123^, à ce terme il reste fixe. Lorsqu'on distille un acide plus fort, il s'affaiblit jusqu'à ce que son point d'ébullition parvienne à 125 degrés. Cet hydrate saturé par une base alcaline donne naissance à un azotate anhydre et perd sensiblement 40 p. 100 d'eau.
Voici, d'après les indications de Thénard, la composition de l'acide azotique amené à diverses densités :
^, aréom. D. 39
Densité.
Acide réel pour 100 p. 52
L'acide azotique du commerce marque ordinairement 1,33 à 1,58 au densim., 36 à 40 degrés aréom. B.
tns MKIIICAMKMS ClUMUjL'ES.
Dans les laboratoires pour préparer l'acide azotique, on opèi'e la manière suivante :
On réduit l'azotate de potasse en poudre ; on l'introduit dans une cornue de ^errc ; on verse ensuite dans la cornue l'acîde sulfurique, soil par la tubulure, soit k l'aide d'un tube qui pénitre jusque dans la panse, si la cornue n'est pas tubulée.
La cornue est posée sur un triangle, et l'on adapte ft son col un ballon que l'on rerroidit, au moyen d'un courant d'eau froi<)e s'écoulanl du n.icon, pendant tout le temps que dure l'opération {/ig. 7).
L'appareil étant monté, on place quelques charbons sous la cornue, rt l'on élève peu il peu la température : le feu doit être conduit de telle sorte, que l'acide distille goutte i. goutte. Si l'on cbaulTait plus fui-tenienl, on courrait le risque de faire passer la matière dans le récipit-nt; l'opération est lerminêe lorsque, la cornue étaut bien l'hnude, la distillation cesse.
Dans i-elte préparation, l'acide sulfurique décompose l'aiotalc de polnsso, et met l'acide azotique en liberté. IZelui-ci s'empare d'une partie de l'eau que l'acide sulfurique abandonne à mesure qu'il se combine fi la potasse, et il passe à la distillation. Le résidu conleon dans la cornue est constitué par du bisulfate de potasse. Au comuionci'uient de l'opération, il se dégage une quantité asseï grande de
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ÀCIDK AZOTIQUE. 199
produits nitreux, parce que les premières parties d*acid& azotique mises en liberté rencontrent l'acide sulfurique libre, qui, en raison de sa puissante affmité pour Teau, la fixe énergiquement. L'acide azotique dans ces conditions se décompose en oxygène et en vapeurs hypoazotiques ; mais bientôt la masse contenue dans la cornue se liquéfie, la décomposition s'opère sur tous les points, et la proportion de composés nitreux qui se produit alors est peu considérable. Autrefois on employait la quantité d'acide sulfurique exactement nécessaire pour former du sulfate neutre de potasse ; à la température convenable l'azotate de potasse n'était pas entièrement décomposé et, si l'on chauffait davantage, l'acide azotique se détmisait partiellement en dégageant des vapeurs nitreuses. On arrive à un excellent résultat en employant, comme Ta conseillé Thenard, une dose d'acide sulfurique double de celle qui donne un sulfate neutre. Afin d'obtenir i acide azotique suffisamment concentré, il importe, vers la (in de l'opération, de ne pas chauffer trop fortement ; une partie de leau retenue par le bisulfate de potasse à une température modérée serait expulsée par une température plus élevée.
Dans l'opération précédente, suivant Soubeiran, chaque kilogramme d'azotate de potasse fournit de 6 à 700 grammes d'acide nitrique fumant, marquant de 47 à 50 degrés R, et possédant une densité d'environ 1,5. Cet acide est chargé d'une assez notable proportion (le produits nitreux. L'acide (fni distille est d'autant plus fort que l'opération approche de son terme.
Si l'on n'a pas besoin d'acide aussi concentré, il y a avantage à étendre l'acide sulfurique qui sert à la décomposition d'un poids d'eau égal au sien ; dans ce cas, la proportion des vapeurs nitreuses diminue considérablement.
En opérant sur 3 parties d'azotate, Soubeiran a obtenu A parties d'acide. La première partie marquait i^", la seconde 22°, la troisième 30°, et la quatrième 56°. Le mélange de ces acides marquait 38 degrés B = 1,24 deusimèlre.
L'acide azotique obtenu dans l'opération que nous venons de décrire n'est jamais pur; il contient, suivant l'origine de l'azotate alcalin, des quantités variables de chlore, d'acide hypoazotique et d'acide sulfurique.
Afin de séparer l'acide sulfurique, on distille l'acide azotique impur dans une cornue de verre, après l'avoir additionné de 60 grammes d'azotate de potasse par kilogramme.
Lorsque l'acide azotique renferme des composés nitreux dont on tait le débarrasser» on a recours au procédé de MiUon; il consiste à
200 MÉDICAMENTS GUINIQUES/
distiller le liquide aven 1/60 de son poids de bichromate de potasse; l'acide azoteux passe à l'état d'acide azotique. On reconnaît la pureté du produit à ce que, étendu de 2 parties d'eau, il ne donne pas dedi-^ pôt de soufre par son mélange avec une solution d'acide sulfliydrique.
Dans les laboratoires, on se contente le plos souvent de purifier l'acide, azotique que l'industrie prépare au moyen de Tazotatede soude du Chili et du Pérou et de l'azotate de potasse des Indes.
Pour séparer le chlore, on ajoute peu à peu à l'acide azotique une dissolution concentrée d'azotate d'argent, jusqu'à ce qu'elle cesse d y faire naître un précipité. Comme le chlorure d'argent formé ne se dépose qu avec lecteur, il faut, vers la fin de l'opération, filtrer une petite quantité d'acide sur du verre pilé et l'essayer au moyen de la dissolution d'azotate d'argent. Aussitôt que la précipitation cesse, on porte l'acide dans un endroit obscur et on l'abandonne jusqu'à ce que tout le chlorure d'argent soit déposé; ce qui est fort long. On adapte sur la tubulure du flacon qui contient l'acide un bouchon percé de deux ouvertures : dans l'une, s'engage la branche la plus courte d'un siphon qui pénètre jusqu'à une petite distance du précipité de chlorure d'argent; dans l'autre ouverture, on introduit un petit tube qui affleure la surface de l'acide. En soufllant par ce tube, on augmente la pression intérieure et l'on détermine l'ascension de l'acide dans le siphon. Quant à la portion d'acide qui reste mêlée au dépôt de chlorure d'argent, on la sépare en la filtrant sur du verre en poudre.
Tout le chlore est précipité; mais l'acide azotique impur tient en dissolution du sulfate d'argent provenant de l'acide sulfurique qu'il peut renfermer, et de plus l'excès d'azotate d'argent dont on s'est servi pour séparer le chlore; il faut le distiller. L'opération s'exécute dans une cornue de verre, placée, dans un fourneau à réverbère; on distille presque à siccité. On peut, en fractionnant les produits, obtenir de l'acide à différents degrés de concentration; 1 acide condensé le premier marque 20^ = 1,116 D. ; sa force augmente, à mesure que l'opération avance, depuis 30® jusqu'à 48** de l'aréomètre de Baume = 1 ,412.
Un procédé de purification très-incomplet, mais plus économique, consiste à distiller l'acide, en mettant de côté les premiers liquides, dans lesquels une forte proportion de produits nitreux et chlorés se condensent.
Pour obtenir l'acide azotique monohydraté, Villon prescrit de distiller l'acide du commerce, en faisant usage d'une cornue de verre, dans la panse de laquelle on introduit des fils ou mieux de l'éponge de platine. Le premier tiers de l'acide qui distille contient environ la
ACIDE PHOSPHORKHJE OFRCINAL. SOI
ë de Tcxcès d*eau. On ajoute au reste de Tacide son volume d'nnilfiirique concentré, et l*on recueille un acide très-deuse qu'une elle distillation avec Tacide sulfuriquc donne .plus concentré en- Ce liquide est redistillé une dernière fois afin d'isoler les ders traces d'acide solftirique. Lorsqu'on veut le dépouiller des coiut nitreux, il faut le porter à la température de l'ébullition, et re passer un courant de gaz carbonique jusqu'à ce que Tasoit refroidi. Quant aux traces d'acide sulfurique qui peuvent passé à la distillation, il faudrait pour en priver ce produit le 1er sur du nitrate de baryte anhydre, avant le traitement par te carbonique. L'adde monohydraté doit être conserve à Tabri lumière, il possède une densité de 1 ,52, bout à + 86" et répand r des fumées abondantes.
^ ACIDE PROSPHORIQUE OFFICINAL.
PhO»,3HO = PhO«,H».
icide phosphorique officinal est une solution aqueuse d'acide phorique ordinaire PhO', H'; on le prépare en oxydant le phose par Tacide azotique.
Pr. : Phosphore i
Acide azotique ftamant 4
Eau 8
ippareil {fig. 8) se compose d'une cx)rnue tubulée, et d'un ballon i de deux tubulures, dont l'une reçoit le col de la cornue qui se sur un triangle ou sur un bain de sable. Pendant tout le m que dure l'opération, le ballon doit èlrc refroidit par uu coud*eau froide.
I introduit d'abord dans la cornue le mélange d'eau et d'acide, le phosphore ; on élève ensuite la température afin d'entretenir action, celle-ci est modérée, parce que l'acide azotique n'est pas concentré. Elle est accompagnée d'un dégagement abondant de durs rutilantes qui se condensent en grande partie dans le ballon; >iitÎDue l'opération jusqu'à ce qu'une portion notable de l'acide azoe ait passé dans le ballon. On reverse cet acide dans la cornue, et l'on iiue le feu jusqu'à ce que le phosphore soit entièrement oxydé issous. A cette époque, on reverse de nouveau dans la cornue de du récipient, afin de transformer en acide phosphorique un aine quantité d'adde phosphoreux produit pendant la réaction.
202 HÉniCAMEKTS CHIMIQUES.
Celle-ci ne peut être considérée comme terminée que lorsque le dégagement de vapeurs nitrraseB cesse complètement pendant qu'on chauffe le liquide.
Fif . 8.
Lorsqu'on estarrivé k ce momentde l'opération, le liquide est Tersé dans une upsule de pinline et il y est concentré et débarrassé da dcrnièrestraces d'acide azotique, aune température voisine de + 190*. Le résidu possède la consistance d'un sirop épais ; on l'amène par l'addition de l'eau distillée jusqu'à une densité de 1,45 à + 15*. C'est cet ocide dilui^ que l'on considère comme ordcinal.
I,orsque la distillation de l'acide azotique a été très-repide, on quand on a trop attendu pour verser dans la cornue l'acide du récipient, il arrive souvent que des A'Bgments de phosphore viennent nager lli surface du liquide et y briller. Afin d'éviter cet acddeni, «a introduit dans la cornue l'acide azotique dëjft distillé; celui-ci diminue la densité de la liqueur et entraîne la précipitation du phosphore.
Vers la fin de la concentration, il se dégage souvent d'abondantes vapeurs nitreuses dues à l'oiydation de l'acide phosphoreux; si, dans ce cas, l'ébullition était poussée trop vivement et si la masse sur laquelle on opère était considérable, il pourrait en résulter unt projection capable de briser les vases et de blesser l'opérateur. Eo conséquence, il convient de conduire le feu doucement, quand on est arrivé au terme de l'opération.
Les proportions de matières indiquées par Soubeiran pour la préparation de l'acide phosphorique sont confonnes aux prescriptions