‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 105 sur 494 · II. — fIfiMT · texte numérisé non relu

II. — fIfiMT

HËDICAKENTS GHUUQDBS.

Môlez dans un flacon à l'émeri que vous ne bouchci-ez qu'aprèï plusieurs jours et que vous conserverez à l'abri de la lunoière.

Le mélange des deux acides présente inuDédiatement une coloration jaune ; il a l'eçu des anciens chimiates le nom d'Eau régale i cause de la propriété qu'il possède de dissoudre l'or en le Iransfoi^ manl en chlorure.

D'après Gay-Lussac, la réaction des deux acides donne naissance à de l'acide liypochloroazotique AzGIK)*, à du chlore et à de l'em; ce savant rcprûsente les phénomènes par l'équation suivante : AiU*,ll + 3ClH = AzCl'0' + :tllO-«-Cl.

M. Wurlz considéra le mélange des acides chlorhydriqne et azotique comme engendrant de l'acide hypoaiotique, du chlore et de l'eau. II interprète la réaction par l'équation : AiO*,ll + CIH = AzO' + en- ll'O».

L't^au régale soumise à l'action di; la chaleur dégage d'abondant» vapeurs rutilantes, lesquelles renferment indépendamment de Cl e1 d'AzO*, Aea\ combinaisons intéressantes. L'une a pour formule AzCl'O*, c'est l'acide bypochhroaîotique, résultant de la substilutiua de 2C1 è 20 dans la molécole AzO* ; l'autre est l'acide chloroaioteux AzClO*, qui prend iiaissniiee par la substitution de Cl A 0 dans la nii^ lécule de l'anhydride azoteux AzO*. H. Wurtz considère ces deux produits comme jouant un rt^le secondaire dans l'action chloruranlc et oxydante de l'eau régale; suivant lui, la chloniration el l'oxydation résulteraient presque exclusivement du clilore et de l'acide hypo azotique.

H. Chancel explique diflferemmcnt les phénomènes et suppose que les réactions énergiques de l'eau régale sont dues à la production d'im composé AzO*,Cl qu'il désigne sous [enom de chlorure de nitryteon mieux d'à soly Je.

En vai-iant les proportions d'acide azotique et chlorhydrique dans l'eau régale, on peut faire prédominer l'action chlorurante ou l'eftet oxydant du mélange, d'après le but qu'tm se propose d'atteindre. H. l.i>rort a insisté sur ce fait connu et a recommandé l'emploi d'une eau ri'gale formée de5)iarlies d'acide azotique et d'une partie d'acide chlorhydrique, lorsqu'il s'agit de transformer rapidement et intégralement le soufre en acide sulfurique.

ACIDB QHROMIQUE OFFICINAL. 211

Bien qiie Peau régale possède des propriétés caustiques très-puis- >iintes, elle nest presque jamais employée en médecine; c'est un a^'ent réservé aux opérations chimiques et dont on fait un fréquent usage dans l'essai et l'analyse des substances métalliques.

ACIDE CHROHIQUË OFFICINAL.

CrO» -+- Aq.

(SoloUon ofl&cnMile d'aoîdUi'ch^pBiiqiiea)

f t Bichromate de potasse cristallisé. ...» 100

Eau dbtilléc. . . t ^000

Acide sulfunque i 1,84 2000

On opèrobla dissolution aqueuse du sel dans une terrine de grès \emisisée et l'on maintient le liquide ù une température d'environ dO**, au moyen d'un bain-maric. Dans la solution chaude, on verse Tacide sulfurique, en ayant soin de ne l'ajouter que par petites quantités à la fois et d'agiter vivement le liquide à l'aide d'une baguette do verre.

Le mélange est placé dans une pièce dont H température est voisine de 2h à 30^, et on le laisse en repos pendant vingt-quatre heures. Après ce temps, on trouve la terrine tapissée par une couche épaisse d'acide chromique cristallisé en prismes aciculaires d'une belle cou* leur rouge. La liqueur acide qui surnage les cristaux est décantée a\ec soin, et quand, par une inclinaison convenable de la terrine, on a fait écouler la plus grande partie des eaux-mères, on détache les cristaux au moyen d'une lame de platine, et on les fait égoutter sur im entonnoir dont le bec renferme quelques fragments de verre. Le |K>ids des cristaux ainsi obtenus est de 650 grammes pour 1000 grammes de bichromate de potasse. Placés sur une plaque de porcelaine dégourdie ou sur une brique poreuse et maintenus dans une étuve iiiauffée à 35 degrés, ces cristaux éprouvent une nouvelle dessiccation, dont l'effet est de réduire leur poids à 620 grammes environ.

C'est avec les cristaux ainsi sécliés que l'on prépare à la pharmacie centrale la solution caustique d'acide chromique employée dans les hôpitaux de Paris.

(SohtUon OMifUqiM d^aoîde, ohroini<iue.) (H^pîUiax.)

Acide chromique cristallisé et séché à 35* 100

Eau distillée 100

213 HËIttCMlKNTS

La solutioii s'opOrc immèdialement par simple nMuige ; elle marque 1,47 au densimèlre à la tempà^ture de +15*.

Bien qu'il existe une combinaison définie d'atàde chroniique et d'acide nilfurïquc, on ne peut pascraindreicisa formation, puisqueli l'éaction de l'acktc ^utrurique sur le bichromate de potasse a lieu au sein de l'oau et qu'en présence de ce liquide la combinaison CrO*,SO*lI se détruit immédiat snient et donne naissance à de l'acide vliromique et à de l'acide sulfurique.

Les cristaux dont nous venons d'indiquer le mode de préparation sont bien constitués par4,'adde cliromique et île ne renferment, quand ils ont été bien égoMfes, que des quantités insignifiantes d'adde sulfurique et de bisulfate de potasse résultant de l'interposition des eaux-mères. Au point de vue des applications thérapeutiques, cet acide chromique est très-su flisamment pur et les traces d'acide sulfurique qu'il retient, 1/iOO environ, ne nuisent en ricnàse^ropriélé».

Si l'on voulait priver complètement ces cristaux de l'acide sullurique qu'ils contiennent, il suffirait de les dissoudre dans l'eau distillée et d'ajouter peu à peu à la dissolution du chromate de baryte. Il se forme du sulfate de barjte qui se dépose et de l'adde chromique qui reste avec celui qu'il s'agit de purifier. La liqueur décantée et soumise i Tèvaporatiou dans le vide ou dans un couraul d'air chaud donne de l'acide chromique cristallisé et pur. Notons encore une fois que cette purification est inutile pour l'adde destiné à la préparation de la solution caustique.

Outre les acides minéraux dont nous venons de donner la préparation, le Codex mentionne encore diverses solutions acides que nous étudierons ultérieurement. L'acide tttlfhydrique disions sera traité à propos du soufre et dos sulfures ; \'acide cyanhydrique médicinal avec les cyaniques; et Y acide carbonique dissous dans le chapitre résené aux eaux minérales gazeuses.

EMPLOI THÊnArEUTIQDE DES ACIDES H1«ÉBjLL'X.

Les acides minéraux, suivant leur état de dilution ou de concentration, sont employés comme médicaments tempérants, astringents, et enfin certains d'entre eux comme caustiques potentiels.

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