HYDRATE DE SOUDE
NaO.ltO.
L'hydrate de soude possède des propriétés physiques qui le font ressembler beaucoup à l'hydrate de potasse. Exposé au contact de l'air, d'ab<ird il se liquéfie en raison de sa gr<iiide alïimté pour l'eau ; ultérieurement, la solution s'erfleurit en absorbant l'acide cjirboniquc et en formant du carbonate de soude, qui perd une partie de son eau de cristallisation. L'hydrate de potasse, dans les mêmes circonstances, demeure liquide, car le carbonate de potasse est déliquescent.
L'hydrate de soude s'obtient absolument de la même manière que riiydrate de pelasse; on prépare d'abord do la soude à la chaux, en faisant réagir (Voir lli/drale de potasse) : carbonate de soude sec, 10 parties; eau, 80 à 100 parties; chaux, 8 parties. Lorsqu'on se sert de carbonate de soude pur, il est inutile d'avoir recours au traitement de la soude îi la chaux par l'alcool. Dans le cas contraire, on opère la dissolution dans l'alcool et l'ûvaporatiou, ainsi qu'il a été dit pour la potasse h l'alcool.
Les matières étrangères que l'on doit rechercher dans la soude sont d'une nature analogue fi celles qui existent dans la potasse. Les essais auxquels il est nécessaire de soumettre cet alcali caustique sont en conséquence du même genre que ceux que nous avons indiqués pour l'hydrate potassique.
SOLUTION d'hTDIIATE DE SOODC.
(Sonde liquide, LeHiTC dei laTonBien.)
On préparc la lessive de soude comme la potasse liquide, au moyen d"S proportions indiquées ci-dessus pour la soude à l'alcool.
Si l'on veut obtenir de la lessive de soude parfaitement incolore, il est nécessaire d'évaporer les liqueurs à siccitè, de faire éprouver à la soude la fusion ignée, puis de la redissoudre dans une quantité d'eau froide telle que la dissolution marque 1,554 Dens. = S6* B.
Vm HÉUIUUENTS ClUlIlUUtS.
La lessive des xavoiinicra laisse déposer à la longue la plus grande partie des sels étrangers qui accompagiieut l'hydrate de soude, bile contient envimn le tiers de son poids d'iiydrale de soude NaO,llO.
EUPLOl TllËHAl'EUTIQUE tlKS ALCALIS CAUSTIQUES.
L'hydrate de potasse fondu en fragments, eu cylindres ou en pastilles, est employé en chirurgie comme caustique sous les noms de pierre à cautère et dépotasse causiiqtie. Bien que l'hydrate do soude possède sous ce rapport des pi'opriétùs identiques, il est à peine usité ; on doit néanmoins remarquer qu'à défaut de l'une de ces combinaisons, l'autre pourrait la remplacer d'une façon satisfaisante. Déposés sur les téguments, ces alcalis désorganisent les tissus, eu produisant un ramollissement plus on moins complet des parties qu'ils touchent. Quand on les applique sur la poau, ils détruisent presque instantanément l'épiderme, et, après quelques heures, le derme. L'eschaie est molle, mal circonscrite, et l'action du causiiqtie s'étend ordinairement au delà du point sur lequel ou a voulu la limiter. On reproche aux hydrates alcalins de produire souvent des hëmorriiagies ; ce fDcheux effet dépend de leur action dilfliiente sur le san^', laquelle s'oppose à la formation d'un caillot susceptible de clore les vaisseaux divisés.
Lorsqu'on veut établir un cautère au moyen de la potasse on coupe un morceau de sparadrap diachylon gommé de 10 à 15 centimètres de diamètre, puis un pratique vers son centre une ouvertui^> circulaire offrant la grandeur de l'eschare que l'on doit obtenir. On applique cet écusson sui* la peau ; un place le fragment de potasse caustique en contact u\ecle tégument sur le point ouvert de l'écusson et on le fixe en posant dessus uti morceau de diachylon gonnné plus petit que le premier ; celui-ci recouvre la potasse et adhère par sa périphérie à la surface du premier emplâtre.
Nous avons dit que la pierre à cautère a l'inconvénient de fuser souvent entre la peau et l'emplâtre et de produire une esctiare trop étendue. Quand la potasse est inlimenient mélangée à la chaux, comme d ms la poudre de Vùnne, le danger de cette diffusiou du caiiMiipie est considérablement atténué.
L'a [iplica lion de la jmudre de Vienne se pratique de la façon suivanle : on délaye une petite quantité de poudre dans de l'alcool, de façon à obtenir une pûte que l'on place sui* la peau préservée par le sparadrap diachylon de la même manière que poui* la pierre Ùl eau-
CARBONATES DE POTASSE. Ui
iM"; on rprflmrc ff,'îilemonl In paie rniisliqnc à l'aiilp rt'iin second mnrreaii li** sparadrap, [/nilinn est vive, ne din-e qii'nnf. denii-lieiin*, l'I si l'opéralmn a êlé [initiqiiôeavet' snJn, lt> caustique il<!soi^anÎ!<e une partie de la peau parrailciuent (-irconscrile.
Le raunlitfue de t'îllios, finlce h la l'orme qn'il a reçue, est commode pour raul^riser rintérieni' des cavités ; il n'est pas diniuenl comme la potasse caustique ordinaire et détermine des escliares bien assez Hmilées.
Lorsqu'on veut se servir de ce caustique, on taille le cylindre de plomb comme un crayon e1 l'on touche les parties que l'on doit cautériser. Dès que l'opération est terminée, il faut avoir soin de bien essuyer le mélange cansti<|uc et de le renfermer dans le tube de verre.
ALCALIMB.
CARDONATES DE POTASSE.
Deux carbonates de potasse sont employés en pharmacie : tcciirbonale neutre CO'.Kn et te bicarbonate (;*0*,KO,IIO ; on fait itsat;c, eu outre, de la polasse ilu commerce.
Le produit que l'on nomme polasse du commerce est un carbonate neiiire de potasse impur, contenant souvent un peu de potasse caustique et toujours du snllale de potasse, du chlorure de potassium, de l'alumine, de la silice, delà chaux, des oiiydesdc ferelde manganèse et souvent du suiriire de polassiiiin. I^ polasse du commerce est diversement chargée d'alcali libre, suivant son origine.
§ I. — CARTtONATE NEUTRE DE POTASSE.
(lop ■ ■ omIki B«ta ds potaiie, Carbonate potaidqne.) CO'.KO.
Te sel est solide, incolore, trés-dëliquescentn l'air et par eonséqnenl Irés-soinhie dans l'eau ;sasaveiirest rtcre sans être o^nslique. Comme il ne s'obtient que diflicilement crislallisé, on l'emploie toujours A l'étal sec. Il est insoluble dans l'nlcool et verdit fortement le sirop de violelles. Pour préparer cesel à l'état de pureté, ondiauffe à une température un peu inférieure au roufe du bicarbonale de potasse, afin d'en chasser l'eau et l'acide carfoonique ; on dissout le résidu dans - l'eau ; l'acide eilîcique qu'il contient quelquefois reste à l'élat insoluble et l'on évapore la solution. Si l'on chaulait le produit au rouge,
us MËUCAHENTS CD1HIQUES
la silice se combinerait à l'alcali, et le sel conliendrail du silicate de potasse. Le carbonate de potasse amené à ce degré de pureté n'est pas employé en médecine, car le carbonate neutre de potasse est presque eiclusjvement destiné à l'usage externe.
Le sel donlonsesert est obtenu par divers procédés que nousallons examiner successivement ; il porte, suivant le mode de préparation usilé, des noms consacrés par une lon^e habitude, et qu'il n'est pas inutile de conserver puisqu'ils coirespondent â des degrés de pureté fort différents. Ces produits, dont le carbonate neutre de potasse forme la plus grande partie, sont : le sel de tartre ; le nilre fixé par U charbon iXf: nilre fixé par le tartre; nousallons examiner successivement CCS matières dont les noms ont vieilli, afin de déterminer leurs caractères spécifiques.
SEL DE TiRTHE.
Le sel de tartre n'est rien autre chose que le carbonate neutre de potasse presque pur résultant de la calcination de la crème de larlre ou bitarlrate de potasse. Pour le préparer, on opère de la manière suivante.
On prend de la crème de tartre; on la chauffedans une chaudière de fonte rougîe jusqu'à ce qu'elle cesse de dègngcr aucune vapeur. On épuise, au moyen de l'eau froide, le résidu formé par un mélange de charbon et de carbonnie de potasse ; on filtre la solution et on la fait évaporer à siccilè dans une bassine d'ai^ent.
Un procédé très-ancien consiste é réduire en psudre grossière de la crème de tartre et à en remplir des cornets de papier ; on trempe ceux-ci dans l'eau el on les dispose sur un lit de charbon, dans un fourneau, en ayant soin de placer du charbon entre chaque cornet. On achève de remplir le fourneau avec un mélange de charbon et de cornets; on allume le charbon par sa partie inrérieure, el. quand tout est brillé, on relire le résidu laissé par le lartre ; on le dissout dans l'eau ; on filtre la solution; on l'èvapore àsiccité, et l'on calcine le résidu. Ce mode opératoire est presque abandonné, parce qu'il exige des précautions minutieuses ; si l'on ne chauffe pas sunisaniment le mélange, une partie du tartre demeure indécomposée ; si on le chauffe trop, le carbonate alcalin entre en fuaion, coule dans le cendrier, et souvent même se combine â une partie de la silice des cendres. C'est pour éviter ces inconvénients que Rouelle a jadis conseillé de brûler le tartre dans une chaudière de fonte ; l'opération devient à la fois simple et facile.
CAnBONATGS DE POTASSE. 205
Aiiisi que nous l'avons dil, le caibonate de potasse, fabriqué au
moyen de la crème de tartre, est presque pur.
l>;ia est vrai surfit lorsqu'on Hubstilue la crème de larlre au tartre
brut dans lequel on trouve quelques sels étrangers qui se dissolvent
aitc le produit de la calcination.
Legelde larlre eu digsoluliort dam l'eau distillre n'etl prècipite'ni ftar le chlorure de baryum, ni par V azotate d'artfent, lorsqu'il est sature' par un ercès d' aride azotique el convenablement dilué. L'oxalateiT ammoniaque y décèle à peine la présence delà chaux.
Ajoutons toutefois que la raldnalion dans un creuset d'argent dn sel d'oseille purifié donne plus sûrement encore du carbonate de p<»- I^sse neutre parfaitement pur.
MTItE FIXE rAB LE CHARBON.
Un fond l'azotate do potasse dans un creuset de terre, et dans le sel liquéfié on projette, par petites cuillerées, du charbon en poudre, jtitqu'â ce que toute réaction cesse de se manifester. Les premières puiiions de cliarbon introduites dans le nitre déterminent une véritable détonation; plus tard, il y a seulement déflagration. Dés que le ctiai-bon ne parait plus agir, on donne un coup de feu ; on laisse refroidir le creuset et l'on épuise son contenu au moyen de l'eau ; la solution est enfui filtrée, puis évaporée à siccité.
C'est au point de vue historique seulement que nous décrivons ce prociHlé, car il est mauvais; le charbon, à ta vérité, décompose l'aride azotique, dégage des combinaisons oxygénées inférieures de l'azote, et est transformé en acide carbonique qui reste combiné A l'alcali. Hais une forte proportion d'azotate échappe constamment à une décomposition aussi avancée, et se convertit seulement «n azolite de potasse ; de telle sorte qu'une notable proportion de ce dernier set reste mêlée au carbonate alcalin. On ne parvient à se débarrasser lie l'azolîte que par une calcination trés-longlemps soutenue: or, à la température nécessaire pour détruire ce sel, l'alcali attaque fortement les creusets et se charge d'acide sîlicique et d'alumine.
KITHE ¥Ui PAR LE TABTRE.
(Alii^ ntamporaat.)
On mélange 1 partie d'aiotale de potasse et 5 parties de bitartrate de potasse pulvérisé ; on tes projette par portions dans une chau-
%M MËUICAHKNTS CHIMIQUE!-,
dièrc de Tt-r dont le Tond esl à peine rougi. Il se produit une déflagration énergique ; dès qu'elle est terminée, on projette une nouvelle quantité de sels, jusqu'à ce que tout le mélpige soit décomposé. On se contente quelquefois d'allumer le mélange des deux sels, au moyen d'un charbon incandescent ; mais la décomposition complète est moins assurée. Le résidu de Hopération est épuisé par l'eau ; la dissolution étant llllrée, onl'évaporcà siccité, et l'on chauffe au rouge le sel obtenu.
Le produit de celte décomposition est du carbonate de potasse i peu près pur. La base est roiirnie fi la fois par le nitreet par la crème de tarife ; l'acide carbonique rësidte de la combustion du carbone de l'acide tartrique par l'oxygène de l'acide exotique, I^n même temp^i que le carbonate de potasse se forme, il se dégage des oxydes d'azote provenant de la décomposition de l'acide azotique, de l'eau et de l'acide carbonique dérivant de la réaction du nitre sur l'acide tartrique.
Guibourt a fait remai-quer l'utililè d'opérer & une température qui ne soit pas trop élevée; par exemple, d'allumer le mélange ou de le projetei' dans une chaudière A peine rougie, et non dans un creuset fortement chaufTé. Dans ce dernier cas, en effet, il se produit du cyanure de potassium (Guibourt), dâ h l'action réciproque des éléments de l'acide azotique et de l'acide tartrique. La production de ce sel est un fait constant ; mais la proportion de cyanure formé est trésfaible dans les conditions prescrites plus haut ; elle varie d'ailleurs avec la grandeur du creuset et la température plus ou moins élevée A laquelle il est porté.
Une autre condition, importante pour la réussite de l'opération, consiste dans l'emploi d'un excès de tartre. Qu^pd on prend pai*lins égales des deux sels, comme plusieurs auteurs le recommandent, le nitre se trouve en excès, et le carbonate de potasse obtenu contient toujours de l'azotite potassique ; dans ce cas, le produit de la déflagration est incolore, parce que tout le carbone a été brûlé. En cmployanUrois parties de lartro,lo caibone est enexcÈs, et il ne reste aucune trace d'azotite dans le produit.
Cet ancien procédé de préparation du carbonate neutre de potasse n'ayant aucun avantage sur la simple calcinationdelacrèmede tai-tre et offrant deux écueils difTiciles à éviter, la formation du cyanure de potassium ou cf lie de l'azotite de potasse, est maintenant entièrement abandonné. De même que le précédent, c'est seulement ft titre historique que nous avons cru devoir le mentionner.
OABBONATES DK POTAS^, 2115
FQRIFtCATiOH DE I.A POTASSE OU COIMERGR.
four eiéciilcr celte opération on pulvéïise grossièrGnioiil lo potasse (lu commerce, et on la distribue dans des entonnoirs de verre dont In douille e«t garnie de quelques fi-agments du verre qui s'opposent à la sortie du sel alcalin. Ces entonnoirs sont couverts de papier qui protège le sel contre les poussières, et sont places â la cave sur des récipients. Peu A peu, le carbonate de pelasse attire l'humidité de l'air et s'écoule sous la forme d'un liquide sii-upeux ; quand l'écoulement cesse totalement de se produire, on érapore la solution à siccitë dans une lia.sRine d'argent.
Dans ce procédé fort simple, la purification de la potasse du commerce est fondée sur la propriété que possède le carbonate de potasse d'être déliquescent, tandis que le sulfate et le chlorure de potassium ne se liquéfient pas par la condensation de la vapeur il'oau contenue dans l'air. Le liquide qui s'écoule forme une solution Irès-dense (1,57° D. ;= 52° B.) : les anciens chimistes "loi donnaient le nom bizarre d'hvile de tartre f>ar défaillance. Cette liqueur contient plus de la moitié de son poids de carbonate de potasse, une petite quantité de chlorure de potassium, et des traces à peine sensibles de sulfate de potasse.
OUe purification s'exécute plus rapidement en mélangeant la potasse incolore avec sou poids d'eau distillée froide, décantant la liqueur après 24 ou i8 heures de contact, et la faisant évaporer; il est même possible, pourperdre moins de temps, de filtrer la liqueur.
Enfin, on peut s^ borner à dissoudre la potasse du commerce dans 1 eau ; on filtre la dissolution, et ou l'évaporé dans une bassine d'argent, jusqu'à ce qu'elle possède une densité de 1,5=: 48" B., puis on l'abandonne à elle-même dans un endroit frais. La plus grande partie des sels étrangers finit par se déposer sous la forme d'un précipité cristallin.
La potasse provenant de la purification de la potasse du commerce ronlicnt toujours une petite quantité de silicate alcalin soluble dans Tt-au.